‹ Recherches sur la trachéotomieChapitre 4 sur 10 · TT · texte numérisé non relu

TT

Morts.

Ou 36 guérisons pour 100 opérations.

Ou peut constater dans la statistique précédente que le bas âge a fourni le plus grand nombre de décès. Cependant il ne faut pas considérer le bas âge comme une contre-indication absolue. Les faits de Scoutetten, Bell d’Edimbourg, Barthez, Trousseau, etc., en sont la preuve.

M. Yauthier écrivait dans les Archives générales de médecine , en février 1849, que jusqu’à cette époque il n’y avait pas eu un seul croup trachéotomisé guéri à l’Hôpital des Enfants.

Dans le courant de 1849, il y a eu 3 guérisons bien constatées. En 1850, comme nous venons de le voir, 5 guérisons sur 18 cas. En 1851, 12 guérisons sur 29.

Gazette médicale de Paris , 1852, p. 347.

Croup chez un enfant de 5 ans, trachéotomie, mort 3 jours et 16 heures après l’opération. (Dupuy.)

Laryngo-trachéotomie pour une laryngite œdémateuse. Guérison.

P. 592. Trachéotomie suivie d’une hémorrhagie secondaire. (Sloan).

« Les veines incisées pendant l’opération de la trachéotomie peuvent être momentanément fermées par un caillot obturateur et le chasser ensuite sans qu’aucune cause mécanique très-violente ait agi de nouveau. » (Sloan.)

1853. Thèse de Bataille. (De quelques points de l’étiologie et du traitement du croup chez les enfants).

En 1852, Trousseau comptait 44 guérisons sur 459 sujets opérés, Guersant 1 1 succès sur 40 opérés en ville.

Dans le cours de 1850, sur 20 opérés â l’hôpital, on compte 7 guérisons. A la fin de 1851, sur 31 opérations, 13 guérisons.

En tout, 250 opérations, 75 guérisons, c’est-à-dire 30 succès sur 100 ou 1/3.

1853. Mémoires de la Société de chirurgie. Réflexions sur la trachéotomie dans le cas de croup (Guersant).

« Observation d’un enfant atteint de croup deux fois en deux ans et opéré deux fois avec succès. » La première trachéotomie de Guersant date de 1834.

1538. Gazette médicale de Paris , p. 552. Observation de trachéotomie faite avec succès pour l’extraction d’un haricot (Dufour).

1855. Archives générales de médecine. De la trachéotomie dans la période extrême du croup et des moyens les plus propres à en assurer le succès (Trousseau).

En 1854, sur 9 opérations pratiquées par Trousseau, nous avons 7 guérisons à enregistrer. Dans les quatre dernières années, 24 trachéotomies lui donnaient 14 guérisons.

1856. Note sur une opération de trachéotomie nécessitée par la présence d’un haricot dans les voies respiratoires. Guérison (Aubry). Le larynx fut fixé par le ténaculun ; on employa la méthode lente.

Bulletin général de thérapeutique , 1854, p. 427. Trachéotomie pratiquée avec succès dans un cas d’ulcération syphilitique de la gorge et du larynx. Canule portée par la malade depuis six ans (Méthode du trocart (Hilton).

1857. Thèse d’André (Du traitement des cas de croup observés, à l’Hôpital des Enfants en 1856.

Dans la première épidémie, du 7 janvier au 22 août 1856, 49 opérations, 18 guérisons. Dans la seconde épidémie du 12 octobre au 14 décembre, 5 opérations, pas de guérison. En réunissant les cas cités dans les thèses d’André et de Letixérant nous trouvons 101 opérations.

Sur ces 10 1 opérations 71 ont été faites à la troisième période et ont donné 9 guérisons; 30 à la seconde période ont amené 24 guérisons. On a donc beaucoup plus de chances de succès quand on opère de bonne heure.

1857. Thèse de Thibault (De l’opportunité de la trachéotomie dans

le traitement du croup). Nous y trouvons plusieurs statistiques intéressantes que nous transcrivons.

Statistique des opérations de trachéotomie pratiquées à l'hôpital des Enfants depuis 1830 jusqu à 1837.

20 opérations.

6 guéris, ou

On voit que certaines années sont plus favorisées que d’autres. Il est des influences diverses qui ne sont pas signalées ici et qui seules pourraient donner à une statistique la valeur et l’autorité qu’elle doit avoir.

Statistique de Trousseau jusqu'en 1833.

167 opérations. oO guérisons ou 1/3.

A partir de 1819, époque où l’illustre praticien s’occupa d’une façon spéciale des soins consécutifs à l’opération, il y eut à l’hôpital les 2/6 de guérisons.

En ville Trousseau comptait :

En 1851 6 opérations. 2 guéris. 1/3

Statisque de Guersant communiquée à la Société de chirurgie.

Après ses 40 premières trachéotomies, il n’avait eu que 4 guérisons. Sur ses 40 dernières il en obtint 11.

En 1849 Laloy opère deux croups, et il a 2 guérisons [Archives de médecine , t. II, 1849).

Bouillaud et Déperet, de Limoges, comptent en 1850, 3 succès sur 3 opérations.

Voilà des chiffres qui à coup sûr sont plus probants que tous les raisonnements possibles.

1857. Gazette médicale de Paris, p. 401. Trachéotomie pratiquée pour combattre une asphyxie due à la compression de la trachée par le corps thyroïde hypertrophié (Dr François).

(La canule fut maintenue par du collodion).

P. 767. Observations et réflexions sur la trachéotomie dans le croup (Chassaignac).

Croup vrai chez un enfant de 5 ans. Trachéotomie par un nouveau procédé et avec emploi du chloroforme. Accès pernicieux pendant la convalescence de l’opération. Sulfate de quinine. Guérison.

1858. Gaz. méd., p. 102. Corps étranger dans le larynx. Trachéotomie (Weelhouse).

2 observations. 1 guérison.

P. 423. Trachéotomie dans un cas extrême de croup. Enfant de 4 ans. Guérison (Stromberg).

P. 644. Mémoire sur la mortalité du croup à domicile et dans les hôpitaux de Paris, de 1826 au 15 septembre 1858 (Bouchut).

Acad, de méd. : Commissaires : Andral, Rayer.

De 1826 à 1840, la mortalité par le croup a été de un sur trois, quatre, cinq et six mille habitants. Dans la deuxième moitié de cette période elle était de 1 sur 3000, 2000 et 1400 âmes.

Il faut expliquer cette proportion assez considérable de décès par le petit nombre de trachéotomies qui se faisaient à cette époque. D’autre part, Bouchut, comme nous le verrons plus loin, n’a pas été heureux dans ses recherches statistiques, car les résultats qu’il a trouvés sont absolument différents de ceux de Roger et Germain Sée, Trousseau, etc.

P. 701. Recherches sur le croup (Roger et Sée). Il ressort du résumé présenté à la Société des Hôpitaux par Roger et Sée, que depuis l’extension prise par la trachéotomie, sur 562 croups, on a obtenu en bloc 175 guérisons, c’est-à-dire 31 p. 100. 466 ont nécessité l’opération et ont donné 126 succès ou 27 p. lOO. Sur 62 opérations à la période ultime du croup, il y a eu 13 succès ou 21 p. 100.

Sur 39 opérations avant l’asphyxie complète, on a eu à enregistrer 25 guérisons ou 64 p. 100. Les statistiques antérieures à la trachéotomie ne donnaient que 14 succès pour 100.

P. 724 et 783. Nous allons ici mettre en regard les statistiques obtenues par Bouchut et Trousseau, statistiques qu’ils présentèrent

à l’Académie de médecine lors de la fameuse discussion sur le tubage de la glotte et la trachéotomie. La différence que l’on va constater se comprend assez facilement, si l’on songe que Bouchut, partisan acharné du tubage de la glotte, voulait autant que possible substituer sa méthode à celle dont Brétonneau était le père et Trousseau le parrain.

Statistique de Bouchut.

Gosselin, sur. . .

a eu 23 morts,

et 0 guérisons

Brochin

Follin

Broca

Depaul

Ad. Richard. . . .

A. Guérin

Michon

Déguisé

Laugier

Velpeau ... . . .

Huguier

Jarjavay

Faure

Auzias

Robert

Nélaton

Jobert de Lamballe.60

Lenoir

Desormaux . . . ,

Monod

Cette statistique est tout simplement désolante. Eleureusement, il s’en trouve d’autres qui rassurent et puis, M. Bouchut ne s’est pas appliqué à rechercher les résultats qui parlaient en faveur de la trachéotomie et la remettaient conséquement au rang qu’elle doit occuper.

Statistique de Trousseau.

Sur 57 trachéotomies faites par Bardinet et ses

confrères à Limoges, on a eu 17 guérisons

6 Saussier, de Troyes 3

13 Beylard 4

17 Moynier . 8

21 Archambault 8

6 Lalois de Belleville 3

2 Yiard de Montbrard. 1

9 Petel 5

Depuis, dit Trousseau, qu’on a porté une plus grande attention sur le traitement consécutif, le nombre des succès s’est accru :

Richet, sur

Follin,

Broca,

Richard,

Demarquay,

9 opérés,

39 opérés.

compte 5 guérisons.

17 guérisons.

Auparavant sur 20 opérés, on avait 20 morts.

1858. Thèse de Créquy (Notice sur le croup et les affections diphthéritiques observées à l’hôpital St-Eugénie, pendant le premier semestre de 1858).

18 opérations. 5 succès.

Créquy cite 3 observations personnelles.

Obs. I. — Enfant de 5 ans. Croup. Trachéotomie en un seul coup de bistouri. Mort.

Obs. II. — Enfant de 4 ans. Group. Trachéotomie. Guérison.

Obs. III. — Enfant de 6 ans. Croup. Trachéotomie. Guérison au bout de dix jours.

1858. Thèse de Millard (De la trachéotomie dans les cas de croup). Observations recueillies à l’hôpital des Enfants-Malades Années 1857 et 1858 (premier semestre).

Opérés.

39 garçons. \

4 guéris.

31 filles.

23 garçons.

4 guéris.

(1er semestre.)

4 garçons.

3 guéris.

(juillet.)

5 filles.

Ainsi dans l’année 1 808 jusqu’au 1er août :

27 garçons. 7 guéris. g 1/4

36 filles. 13 ' 1/3

63 opérés. 20 guéris. 1/3

il est curieux de rapprocher ces faits de ceux qui ont été rapportés par Trousseau dans le Journal des Connaissances médico-chirurgicales de 1834.

D’autre part, nous lisons dans la thèse de Bataille de 1853, qu’en 1852 sur 16 guérisons après trachéotomie, il y avait dix filles. En 1856, à l’Hôpital des Enfants, les garçons ont donné 11 succès sur 33 ou 1/3, tandis que les filles n'en ont donné que 6 sur 21 ou 2/7.

Pourquoi ce nombre plus considérable de guérisons dans le sexe féminin? Adhuc suh judice lis est. Ce n’est peut-être que l’effet d’une simple coïncidence. En tous les cas, il y a à tenir compte de conditions beaucoup plus sérieuses que le sexe et ces conditions ne sont pas malheureusement consignées dans toutes les observations.

Millard rapports 56 faits. Nous y trouvons 34 morts et 22 guérisons.

Date de l’ablation de la canule dans les 22 cas de guérison rapportés par Millard.

7» jour — 1

D’après ses calculs la durée moyenne du traitement peut être estimée approximativement à 29 jours (de 14 jours à 51).

1859. Thèse de Duhomme (Quelques considérations sur la trachéotomie).

L'auteur cite la statistique de l’hôpital des Enfants pour l’année 1855 (40 opérations, 10 succès) et celle de la Maison de Santé pour 1858. Voici cette dernière :

Obs. I. — Grippe. Laryngite. Rétrécissement du larynx. Homme de 37 ans. Trachéotomie. Guérison.

Obs. II. — Homme de 51 ans. Plaie par arme à feu de la langue, du voile du palais et du pharynx. Enorme tuméfaction des parties. Trach. Guérison.

Obs. III. — Laryngite ulcéreuse. Œdème de la glotte. Homme de 40 ans. Trach. Guérison.

Obs. IV. — Laryngite, chronique nécrose des cartilages. Homme de 55 ans. Trach. Guérison.

Obs. V. — Rétrécissement syphilitique de la trachée pris pour une laryngite syphilitique avecœlèmede la glotte, mort. (L’obstacle existait plus bas que l’orifice inférieur de la canule).

En tout 5 opérations, 4 guérisons.

La statistique allemande nous montre que les corps étrangers de la trachée fournissent un quart des décès sur le nombre des opérés.

Nous trouvons encore dans la thèse de Duhomme une observation prise au bulletin de thérapeutique du mois de mars 1857, p. 138. C’es'; un cas de croup consécutif à une rougeole. M. Edwards (Edinburgh, Meclic. Journal , 1856) fit la trachéotomie et guérit son malade.

1859. —Thèse de Menocal. Du croup des adultes. 5 observations, 5 morts.

Obs. I. — Femme de 27 ans, trachéotomie, mort.

Obs. II. — Femme de 22 ans, trachéotomie, mort.

Obs. III. — Homme de 35 ans, angine et coryza couenneux, croup à forme maligne, trachéotomie, mort.

Obs. IV. — Homme de 26 ans, phthisie au 3® degré, hypertrophie du foie et de la rate, quelques symptômes de leucémie, angine diphthéritique, trachéotomie, mort.

Obs. V. — Femme de 23 ans, croup, trachéotomie, mort.

Pour expliquer le résultat fâcheux que nous venons de signaler, laissons parler Menocal lui-même :

« Les accidents, dit-il dans ses conclusions, qui surviennent dans le croup des adultes ne réclament que très-rarement l’intervention de la trachéotomie et, dans les quelques cas où elle est indiquée, il existe le plus souvent des complications telles qu’elles laissent au médecin peu d’espoir sur les suites de l’opération. »

1859. Gazette médicale de Strasbourg , p. 42. Cas de croup traité par les vomitifs, par la méthode de Loiseau et enfin par la trachéotomie. Enfant de 2 ans 1/2, guérison. (Radat.)

P. 154. Observation de croup, trachéotomie, guérison. (Belin de Colmar.)

1860. Thèse de Garnier. Compte-rendu des faits de diphthérie observés à l’hôpital Sainte-Eugénie dans le service de Barthez pendant l’année 1859.

Il note sur 69 opérations, 3 emphysèmes, 3 abcès du mcdiastin, 5 ulcérations de la trachée.

1860. Gazette médicale de Paris.

P. 655. Plaie pénétrante du larynx, asphyxie, laryngo-trachéotomie, guérison. (Reynier.)

P. 752. Trachéotomie dans un cas d’asphyxie produite par le chloroforme (Langenbeck).

P. 752. Rapport sur 24 opérations de trachéotomie pratiquées dans la dernière période du croup, 10 guérisons. (Fock.)

1862. Archives générales de médecine.

Statistique du croup a l’Hôpital des Enfants en 1859 et 1860.

(Roger.)

En 1859 En 1860

231 cas.

215 cas.

71 guérisons.

64 guérisons.

Sur ce nombre il y a une part à faire au traitement médical, une au

traitement chirurgical, une peut-être aussi à la natura medicatrix. Voici celle du traitement chirurgical :

La moyenne des guérisons a donc été de 2-4.68. Pour la généralité des cas, dit Roger, les chances de salut qu’apporte l’opération sont en moyenne de 19 à 20 p. 0/0.

C’est autant d’individus qu’on arrache à une mort certaine, car il ne s’agit ici que du croup mortel et non des cas relativement bénins qui se guérissent pour ainsi dire tout seuls.

1862. Union médicale, p. 277 : 3 cas de trachéotomie, 2 guérisons. (Cl. Gigon.) Le cas le plus curieux est le suivant :

Enfant de 3 ans 1/2, croup, végétations polypiformes trachéales, 2 opérations de trachéotomie pratiquées à un mois de distance sur le même sujet, guérison.

P. 475. Note sur la trachéotomie. (Legros.)

Enfant de 4 ans, guérison. L’opération fut faite par la méthode lente et l’on se servit du ténaculum de Chassaignac pour fixer la trachée. Dans le but d’éviter une hémorrhagie gênante, Legros décolla une portion de la thyroïde.

1862. Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie , p. 641.

Deux cas d’ossification de la trachée par l’effet de la canule à demeure chez l’homme. (Farge d’Angers).

Bouley signale la même année à l’Académie de médecine une sécrétion osseuse de la trachée chez le cheval produite par la présence des canules. (Gaz. médic., 1862, p. 617.)

P. 702. Trachéotomie sur un enfant de 3 mois (Annandale),mort.

Enfant de 7 mois (Bell d’Ëdinbourg), guérison.

Enfant de 13 mois (Barthez), guérison.

En 1830, Scoutteten avait opéré sa fille âgée de 6 semaines, et en 1834 Trousseau un enfant de 13 mois. Ces deux opérations avaient été suivies de succès.

Le D1’ Dumontpallier en conclut que le jeune âge ne saurait être une contre-indication de la trachéotomie.

Voici du reste des faits qui semblent lui donner raison.

P. 807. Trachéotomie chez un enfant de 22 mois atteint de croup.

1859 164 opér.

1860 130 opér.

1861 (10 mois) 82 opér.

124 morts. 40 guér. ou 24,39 0/0

105 morts. 25 guér. ou 19,23 0/0

25 guér. ou 30,48 0/0

Moreau.

Grand nombre d’accidents consécutifs parmi lesquels un vaste érysipèle du tronc; guérison complète.

— Trachéotomie chez un enfant de 23 mois; croup, guérison malgré une scarlatine intercurrente.

— Trachéotomie chez un enfant de 28 mois atteint de croup, rougeole, puis scarlatine intercurrente; impossibilité pour le malade de se passer de canule pendant plusieurs mois, nécessité d’un nouveau débridement, guérison.

— Trachéotomie chez un enfant de 29 mois atteint de diphthérite nasale, pharyngée et laryngée ; guérison.

Les cas précédents sont empruntés au Dr Laborde.

P. 603. Tube à trachéotomie tombé dans la bronche gauche, opération, guérison. (Spence.)

P. 101. Observation de croup ayant débuté par le larynx chez un enfant de 3 ans et 6 mois, guérison par la trachéotomie sans accidents consécutifs. (Ledru de Clermont.)

1863. Thèse de Fischer. (Des soins consécutifs à la trachéotomie), 5 observations.

Obs. I. — Enfant de 4 ans 1/2, trachéotomie faite par Guersant, pneumonie consécutive, guérison.

Obs. II. — Trachéotomie pour un corps étranger, enfant de 7 ans, pleuro-pneumonie, guérison.

Obs. III. — Enfant de 3 ans, trachéotomie, mort 36 heures après.

Obs. IV. — Enfant de 3 ans, trachéotomie, emphysème cutané guérison.

Obs. V. — Enfant de 9 ans 1[2, trachéotomie, éclampsie, guérison.

En tout : 4 guérisons sur 5 cas.

Sur neuf trachéotomies faites par Guersant en 1862 et 1863, nous avons 6 guérisons à noter.

La statistique donnait alors 1 succès sur 2,6 à Paris, sur 3,6 en province, sur 3,8 à l’Hôpital des Enfants.

1863. Thèse dePouquet. (Considérations pratiques sur la trachéotomie dans le cas de croup.)

Statistique de l'hôpital Sainte Eugénie .

En 1854

Cas de diphthérie.

Trachéotom.

Guérisons,

Cette statistique diffère de celle donnée par Fischer et Bricheteau, ainsi que de celle de Sanné. Tout cela dépend de la façon dont on s’est procuré les chiffres. Sur les registres administratifs, il y a forcément beaucoup d’omissions, tandis que les renseignements pris auprès des internes et des chefs de service qui notent avec soin les différents malades qu’ils ont eu à traiter sont toujours plus exacts.

Statistique de Fischer et Bricheteau.

1854 6trachéotom. 0 guérisons.

La proportion de 1 guérison sur 6,8 qu’on avait alors à l’hôpital Sainte-Eugénie était de 1 sur 4 à l’Hôpital des Enfants.

On ne peut mettre en doute l’habileté des opérateurs. Est-ce le milieu, est-ce le procédé opératoire suivi qu’il faut mettre enjeu?

4863. Gazette médicale de Paris, p. 554.

Trachéotomie faite chez un enfant âgé de 3 mois, œdème de la glotte, mort au bout de 7 semaines.

4863. Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie , p. 278 et 63.

Traitement du croup. (Fischer et Bricheteau.)

Du mois de mars 1854 au 15 avril 1861, on a observé à l’hôpital Sainte-Eugénie 534 croups, 37 i ont été trachéotomisés, 160 non opérés, 58 ont guéri parmi ces derniers. Il en ressort que par le traitement médical il y a eu 10,8 0/0 de succès et 90 0/0 d’insuccès. Sur

les 374 trachéotomies, il y a eu 67 guérisons. En résumé, 123 malades ont guéri . C’est une proportion de 23,4 0/0

A l’Hôpital des Enfants malades, 1006 opérations ont fourni

264 succès ou 26,2 0/0.

Avec le traitement médical, on y a obtenu, en 1839, 35 guérisons sur 234 cas.

D’un autre côté, le traitement médical donnait à l’hôpital Sainte- Eugénie :

En 1858 10 guérisons sur 145 cas

Comme on le voit, le traitement médical a donné des résultats trèspeu satisfaisants. La trachéotomie, au contraire, a prouvé amplement ce qu’on pouvait attendre d’elle. Si elle n’a pas toujours répondu à l’attente des médecins, c’est qu’elle était pratiquée Souvent dans de fort mauvaises conditions et que son traitement consécutif n’était pas quelquefois très-rationnel.

La statistique de Bourdillat nous montrera la progression croissante des guérisons à l’hôpital Sainte-Eugénie de 1860 à 1867.

1864. Bulletin de thérapeutique (De la trachéotomie dans le croup (Guersant). 32 opérés avec une canule simple. 30 morts.

1867. Bulletin de la Société méd. des Hôpitaux 2° série, p. 180.

Un cas de trachéotomie heureuse chez un enfant de 16 mois, par le Dr Isambert. Le procédé employé fut celui de Chassaignac.

P. 200. De la trachéotomie dans la période ultime du croup (Archambault).

67 trachéotomies, dont 65 pratiquées chez des enfants et 2 chez l’adulte ont donné 21 guérisons pour les premiers, 2 morts pour les seconds.

P. 217. Statistiques pour servir à l’histoire de la trachéotomie (Bourdillat).

16 opérations faites à l’hôpital Ste-Eugénie dans le service de M. Bergeron, ont été suivies de 10 guérisons. Le procédé employé a été le procédé mixte de Bourdillat.

Statistique des trachéotomies à l'hôpital Ste-Eugénie depuis 1860.

En 1860

55 opérations.

8 guér., soit

1867 (1er

semest.) 62

Pendant cette période sur 158 malades non opérés 94 guérirent.

De 1854 à 1860, tandis que la mortalité par le croup était de 85 p. 100 à l’hôpital Ste-Eugénie, elle n’était que de 75 aux Enfants- Malades. Nous venons de voir les brillants résultats obtenus grâce h l’opération. On pourra peut-être s’étonner du chiffre très-respectable des guérisons survenues chez les individus non-opérés (94 sur 158). Mais il faut ne pas oublier que la trachéotomie est réservée en général aux cas les plus graves, tandis que l’on traite seulement par les moyens médicaux les cas relativement bénins. 11 serait bon pourtant, afin de pouvoir mieux asseoir son jugement et prendre une décision plus valable de noter toujours chez les malades que l’on a à soigner, les différentes conditions favorables ou défavorables, dans lesquelles ils se présentent à vous, c’est ce manque de renseignements qui nous oblige à ne pas nous prononcer d’une façon absolue.

1869. Thèse de Sanné (Etude sur le croup après la trachéotomie. Evolution normale. Soins consécutifs. Complications).

Hôpital Ste-Eugénie (Service de M. Barthez).

En 1855 ! » cas.°Pérés-

( 2 guérisons.

1 complication.

En 1856

14 opérés.

3 guérisons.

4 complications.

1 complication.

La statistique de 1857 manque, mais nous l’avons rapportée plus haut (Thèse de Bouquet, traité de Fischer et Bricheteau).

En

73 opérés.

6 complications.

11 guérisons.

1 complication.

En

76 opérés.

13 complications.

20 guérisons.

En

34 opérés.

13 complications.

7 guérisons.

1 complication.

En

37 opérés.

18 complications.

1 guérison.

2 complications.

En

62 opérés.

34 complications.

19 guérisons.

14 complications.

En

54 opérés.

18 guérisons.

10 complications.

En

39 opérés.

29 complications.

27 guérisons.

22 complications.

En

( 64 opérés.

29 complications.

1 22 guérisons.

12 complications.

(1 guérison sur

En

( 30 opérés.

17 complications.

1 10 guérisons.

En

I 82 opérés.

44 complications.

1 17 guérisons.

12 complications.

(1 guérison sur

Sur les 17 sortis guéris dans cette dernière année, 12 avaient offert des lésions du même genre.

S’appuyant sur 108 observations, Sanné nous apprend que c’est entre le cinquième et le neuvième jour que l’ablation définitive de la canule s'est, faite le plus fréquemment. La cicatrisation de la plaie a été complète 46 fois sur 68 dans les 22 premiers jours.

Voyons maintenant quels ont été le degré de fréquence et la nature des complications imputables à la trachéotomie.

Hémorrhagie. — Sur 19 cas, 11 décès ont été causés soit directement par Phémorrhagie, soit par l’anémie consécutive.

Érysipèle <

En 1856

sur 4 complications 1 érysipèle.

érysipèles sur

211 complications et

sur 391 opérations, c’est'

,10 sur 100 complications et 3.32 sur 100 opérations.

Gangrène.

En 1855

sur 4 complications 1 gangrène.

2 ou 3

gangrènes sui

* 239 complications

et sur 507 opérations.

42 gangrènes sur 100 complications et 20 sur 100 opérations.

En 1855

Diphthérie.

4 complications 2 diphthéries.

sur

1862 sur 84 complications 5 diphthéries

74 diphthéries sur 233 complications et sur 434 opérations ou 31,7 pour 100 complications et 17 pour 100 opérations.

Sanné a noté dans 16 autopsies l’état de la plaie de téguments et il a trouvé :

6 fois la gangrène,

2 fois la diphthérie,

2 fois une ulcération simple,

6 fois la plaie était saine.

Sur 31 observations consignées dans cette thèse, nous remarquons 20 cas de mort et 11 de guérison. Voici ces derniers :

1. Enfant de 5 ans. Angine et paralysie diphthéritiques. Asphyxie lente. Troisième période. Trachéotomie. Cicatrisation de la plaie le seizième jour. Ablation delà canule le cinquième.

2. Enfant de 5 ans. Trachéot. à la troisième période. Paralysie. Diphthérie de la plaie. Ablation de la canule le treizième jour. Cicatrisation le vingt-unième.

3. Enfant de 6 ans. Convalescence de scarlatine. Urticaire. Angine couenneuse. Croup. Trachéotomie à la troisième période. Albuminurie. Ablation définitive de la canule le dixième jour. Cicatrisation le dix-neuvième.

4. Enfant de 6 ans. Rougeole. Croup. Trachéotomie à la troisième période. Accès de suffocation. Paralysie du pharynx et des membres. Ablation définitive de la canule le neuvième jour. Cicatrisation le vingt-deuxième jour.

5. Trachéotomie à la troisième période chez un enfant de 3 ans. Eruption scarlatiniforme. Rejet de fausses membranes jusqu’au vingt-deuxième jour. Ablation de la canule le trente-deuxième jour. Cicatrisation presque complète le trente-troisième. Hémorrhagie par la canule le dix-huitième jour.

6. Enfant de 6 ans. Croup à la troisième période. Trach. Hémorrhagie après l’opération. Gangrène de la plaie. Paralysie. Ablation

de la canule le neuvième jour. Cicatrisation le vingt-quatrième jour.

7. Enfant de 4 ans. Croup à la troisième période. Trachéotomie. Emphysème sous-cutané. Erysipèle de la plaie. Ulcération consécutive. Ablation de la canule le dix-septième jour. Hémorrhagie consécutive. Cicatrisation presque complète le vingt-unième jour.

8. Enfant de i ans. Trachéotomie. Croup à la troisième période. Accès de suffocation. Diphthérie de la plaie. Erysipèle de la plaie et de tout le corps. Ablation définitive de la canule le neuvième jour. Cicatrisation le vingt-deuxième.

9. Enfant de 2 ans 1/2. Trachéotomie. Angine. Accès de suffocation. Hémorrhagie consécutive. Diphthérie de la peau. Gangrène de la plaie. Paralysie. Ablation de la canule le dix-septième jour. Rejet des fausses membranes jusqu’au onzième jour. Cicatrisation complète le vingt-cinquième jour.

10. Enfant de 5 ans. Trachéotomie. Ablation tardive de la canule par spasme de la glotte.

Tl. Enfant de 6 ans \\2. Trachéotomie à la troisième période du croup. Ablation de la canule le cinquième jour. Toux spasmodique après chaque changement de canule. Cicatrisation le vingtième jour. Pleurésie.

Si nous avons signalé en particulier chacune de ces observations, au lieu de donner un résultat brut, c’est que nous avons voulu montrer la gravité exceptionnelle des cas en face desquels on s’est trouvé. L’âge n’a pas été défavorable c’est vrai, mais les accidents fâcheux qui sont survenus dans chacun de ces cas, nous montrent ce dont la trachéotomie est capable. Toutes les opérations, eu effet, ont été faites à la troisième période, e’est-à-dire à un moment où toute espèce de médication est impuissante, où l’enfant abandonné à lui-même est voué à un mort certaine. Et non-seulement, les conditions dans lesquelles on opérait ici, ont été déplorables, mais les accidents consécutifs, hémorrhagie, gangrène, diphthérie, érysipèle, etc., ont été des plus graves et suffisaient largement à eux seuls à amener un dénouement fatal. Néanmoins, la cicatrisation a été obtenue assez rapidement et les enfants ne se sont pas ressentis des suites de leur terrible affection. Toutes ces raisons nous ont déterminé à donner un peu longuement l’exposé qui précède.

1869. Thèse de Planchon (Faits cliniques de laryngotomie). Le Dr Planchon cite 2 observations de section horizontale de la membrane thyro-hyoïdienne, 4 observations de section du crico'ide et des

premiers anneaux de la trachée, c’est-à-dire de laryngo-trachéotomie pratiquée pour des tumeurs du larynx et des corps étrangers. Sur les 29 observations de laryngotomie directe rapportées par l’auteur, nous ne trouvons que 2 guérisons.

Ce n’est guère encourageant, il faut l’avouer.

1874, Gazette des Hôpitaux, p. 281.

Trachéotomie chez un adulte avec le galvano-cautère. Guérison (Tillaux).

L’opérateur fit des incisions lentes avec la convexité d’une alise de platine chauffée au rouge sombre. Cette anse agissait surtout par pression. La trachéotomie dura sept minutes. Outre une eschare assez profonde, on put constater une rougeur intense au devant du sternum ; celle-ci avait été produite par le rayonnement de la chaleur. Le travail de l’élimination des eschares détermina la chute dans la trachée, le long de la canule, de quelques gouttes de sang et de pus. Cela produisit quelques quintes de toux. Le malade guérit.

P. 317. Polype trachéal. Trachéotomie. Mort subite trois mois après.

P. 389. Mort subite plusieurs mois après l’opération de la trachéotomie (Calvet).

P. 737. Croup bronchique chez un enfant de 14 ans. Trachéotomie. Aspiration des fausses membranes à l’aide de la sonde bougie à bout coupé. Guérison (Watelet).

1874. Thèse de Héral (Considérations générales sur la trachéotomie et sur la galvano-caustique thermique appliquée à cette opération).

Héral cite deux observations : celle de Tillaux que nous venons de mentionner et une seconde empruntée à la clinique de Verneuil. Il s’agit d’une laryngite chronique d’origine syphilitique. La trachéotomie fut faite pour un œdème de la glotte concomitant. Une hémorrhagie éteignit le cautère. On fut obligé de terminer l’opération avec le bistouri boutonné et de projeter de l’eau froide pour arrêter cette hémorrhagie. Le malade mourut d’une pneumonie à marche rapide.

1874. Mémoires de la Société de chirurgie de Paris. Le galvanocautère appliqué à la trachéotomie chez l’adulte (Krishaber).

Deux faits. Dans le premier, il s’est produit une hémorrhagie secondaire. Dans le second, une artériole a donné du sang que le cautère n’a pu arrêter. Eu présence des cas précédents qui semblent militer en faveur du bistouri, nous devons cependant mentionner

trois cas de trachéotomie galvanique chez l’enfant. Ces derniers sont rapportés par Verneuil dans son rapport sur le travail de Krishaber. L’hémostase immédiate fut complète et facilement réalisée.

1875. Bulletin général de thérapeutique. Entant de 5 ans. Trachétotomie pratiquée deux fois à un mois d’intervalle. Guérison. (Périer). (Communication à la Société de chirurgie).

1876. De la galvanocaustique thermique. Amussat. Corps étranger dans les voies respiratoires. Trachéotomie faite avec l’anse galvanique. Expulsion du corps étranger. Guérison.

L’enfant qui était âgé de treize ans, fut opéré le 13 avril ; la plaie était cicatrisée le 21 mars. Voici quelques détails sur l’opération :

Le Dr Amussat perça la trachée à sa partie moyenne avec une aiguille courbe portant un fil de platine double et en fit ressortir la pointe au-dessous du cartilage cricoïde. L’espace compris dans l’anse métallique avait environ 3 centim. 1/2 extérieurement. Le fil de platine coupé , on retira l’aiguille et l’un des fils mis en rapport avec une pile chirurgicale; rougit et arrêta le peu de sang coulant par les orifices d’entrée et de sortie de l’aiguille. L’autre fil resta comme fil d’attente, dans le cas où le premier viendrait à casser. La section des tissus compris dans l’anse métallique eut lieu en quelques minutes et sans le moindre écoulement sanguin.

1877. Société de chirurgie. De la trachéotomie par le thermo -cautère (Poinsot). Rapport de Saint-Germain sur ce mémoire,

M. Poinsot a fait avec lé thermo-cautère, 6 trachéotomies, à savoir 4 chez l’enfant, 2 chez l’adulte.

Obs. I. — La première date du 10 août 1876, époque à laquelle on n’avait encore fait aucune trachéotomie avec l’instrument qu’a employé le jeune et brillant chirurgien de Bordeaux. Il ne se répandit pas une goutte de sang, tant que l’instrument fut en action. Sous l’infiuence de la dénudation de la trachée à l’aide de la sonde cannelée, il y eut une petite hémorrhagie. L’opération dura deux minutes. Le malade mourut dix-huit heures après.

Obs. II. — Hémorrhagie primitive, le couteau ayant été trop chauffé. Durée de l’opération, 3 minutes. Pas d'hémorrhagie consécutive. Mort le 7e jour. La plaie, siège d’une large eschare grisâtre commençait à bourgeonner.

Obs. III. — Hémostase absolue. Léger suintement au moment de l’ouverture de la trachée par le bistouri. Mort au bout de deux jours.

Obs. IV. — Hémostase complète. Mort le lendemain.

Obs. V. — Phthisie laryngée. La trachée est ouverte sans une goutte de sang. L’opération dura une minute. Le 6° jour, on constatait sur la plaie des eschares de 2 centim. de largeur. Au bout de vingt jours, la plaie était rosée et très-bourgeonnée. Le malade mourut.

Oes. VI. — Fille de 14 ans. Laryngite syphilitique. Au milieu de l’opération, légère hémorrhagie arrêtée par le thermo-cautère. (Ici il est fait mention de l’ébullition de la graisse). Les jours suivants, très-légère hémorrhagie secondaire et élargissement notable de la plaie (4 centimètres de large sur 5 cent. 1/2 de long.) Guérison.

Dans toutes ces opérations dont une seule malheureusement a été suivie de succès, M. Poinsot a employé la méthode qui a été indiquée cette année à la Société de chirurgie, par le Dr Denucé de Bordeaux, méthode qui consiste à diviser les tissus jusqu’à la trachée par le thermo-cautère et à ouvrir le conduit aérien dénudé par la sonde cannelée, au moyen du bistouri dont on se sert habituellement.

Statistique des opérations faites avec le galvano-cautère et le thermocautère.

Galvano-cautère.

6 par Yerneuil.

2 par Burns père.

1 par Yoltolini.

5 par Krishaber.

2 par Labrie.

1 par Bourdon.

1 Tillaux.

Thermo-cautère.

1 par Verneuil.

1 par Mauriac.

1 par Tillaux.

1 par Labrie.

1 Gillette.

3 Denucé.

1 Krishaber.

6 Poinsot.

En tout 33 opérations par les procédés thermiques, rapportés dans le mémoire de Poinsot.

Ces 33 opérations ont amené 15 succès complets et entièrement indiscutables. Dans 12 cas, l’arrêt de l’hémorrhagie a toujours été obtenu. Dans 7 cas, il y a eu des hémorrhagies abondantes. Enfin on a observé 6 hémorrhagies secondaires dans 29 laits.

Dans son rapport, Saint-Germain parle de deux malades opérés par lui avec le thermo-cautère, l’un dans le service de Labrie, l’autre dans celui d’Archambault.

Le 1er a présenté des eschares intéressant le segment antérieur de

la trachée, et offre à considérer, aujourd’hui qu’il est guéri, un enfoncement installé au niveau de la plaie.

Le 2° a vécu trois jours, mais présentait au moment de la mort, une plaie d’une largeur énorme.

Quoi qu’il en soit, dans les 10 opérations de Krishaber, 7 fois la cicatrisation s’est effectuée normalement et même rapidement sans trace d’eschare et de rétrécissement.

Sur ces 10 observations, on a eu à constater une hémorrhagie primitive et deux hémorrhagies secondaires.

1877. 30 mai . Discussion à la Société de chirurgie sur l’emploi du thermo-cautère dans la trachéotomie. M. Paulet a observé un enfant opéré par Yerneuil avec le thermo-cautère. L’incision de la trachée avait été faite au moyen du bistouri. Au bout de 48 heures le malade présentait une eschare ayant la largeur d’une pièce de cinq francs. De plus on constatait tous les degrés de la brûlure du menton au thorax, ainsi qu’une rougeur érysipélateuse de cette région. La douleur était très-considérable.

On ne peut attribuer ici l’eschare au contact de la graisse en fusion, le cou de l’enfant était long et maigre.

Séance du 6 juin. — M. Gillette a vu un malade opéré par Krishaber à l’aide du thermo-cautère, ayant 18 jours après, une perte de substance capable de loger un petit œuf de poule.

Séance du 13 juin. — Lettre de Krishaber. Après 21 opérations dont 11 au bistouri et 10 par les procédés thermiques, le séjour de la canule a été de 75 jours au moins. Le galvano-cautère, le thermocautère ont produit 6 fois sur 10 une tnméfaction assez considérable de tissus mous dès le lendemain de l’opération.

M. Yerneuil cite 2 opérés à l’aide du galvano-cautère, qu’il a revus longtemps après indemnes de toute complication.

Nous rapportons les faits précédents sans commentaires. Nous nous réservons dans la 2° partie de notre thèse en parlant de différents procédés de trachéotomie, de faire ressortir les avantages et les inconvénients de la méthode thermique.

Qu’on nous pardonne donc l’aridité des renseignements que nous venons de publier.

Mai 1877 Bordeaux Médical.

Trachéotomie avec le thermo-cautère chez un enfant de 7 ans. (Lande.)

La trachée a été incisée avec lebistouri selon la méthode de Denucé. A ce moment, il y a eu une petite hémorrhagie. L’enfant a guéri.

Juin, 1877. Trachéotomie avec le thermo-cautère chez un enfant de 4 ans 1]2. (Dudon.) Incision de la trachée avec le bistouri, pas d’hémorrhagie, mort après 48 heures.

Gazette des hôpitaux, 1876, p.'465. A l’hôpital Sainte-Eugénie, pendant le 1er trimestre de 1876, 13 croups opérés dans le service de Gassicourt n’ont été suivis que d’un succès, 21 croups opérés dans le service de Bergeron ont fourni 4 succès.

A l’hôpital des Enfants malades, dans le service d’Archambault, pendant le même laps de temps, le rapport de Besnier relate sur 9 opérations faites sur des filles, 0 succès, et sur 9 opérations faites sur des garçons, 1 succès.

Dans le service de Labrie, 2 succès pour 14 croups opérés.

P. 454. Mémoire de Revillod de Genève, 87 trachéotomies, 38 guérisons.

P. 873. Group, trachéotomie au 4e jour, perte de connaissance, cécité, agitation, mort en quelques heures, infarctus pulmonaires et sous-cutanés, thrombose de l’artère basilaire. (Bouchut, hôpital des Enfants.)

Dans les cas que nous venons de rapporter, l’opération a été faite avec le bistouri par le procédé classique. Nous allons transcrire la statistique des opérations de Saint-Germain donnée dans la thèse de Boissier. Toutes ont été faites en un temps, et c’est à lacrico-trachéotomie qu’on a eu recours.

1877. Des différents procédés de trachéotomie dans le croup et plus particulièrement de la trachéotomie en un seul temps. (A. Boissier.)

Statistique des opérations de trachéotomie, faites par M. de Saint- Germain de 1873 à 1876.

10 opér. |

i 6 en ville.

• 4 à l’hôpital.

4 guéris.

0 guéris.

21 opér. |

i 12 en ville.

! 9 à l’hôpital.

5 guéris.

2 guéris.

18 opér. |

[ 7 en ville.

1 11 à l’hôpital.

2 guéris.

3 guéris.

26 opér. 1

j 15 en villo.

( 11 à l’hôpital.

3 guéris.

4 guéris.

40 en ville.

14 guéris.

35 à l’hôpital.

9 guéris

Opérations de trachéotomie pratiquées à la salle Saint-Jean (service de Labrie) pendant l’année 1876, procédé en un temps :

Au 18 novembre, sur 50 trachéotomies, on comptait 40 morts et 9 guérisons. Un malade était encore dans la salle.

Boissier a pratiqué 25 trachéotomies. Il a obtenu 6 guérisons. 20 fois il a employé le procédé en un temps, 12 fois il a réussi. Les 8 autres fois il a été obligé soit de donner un second coup de bistouri (5 cas), soit d’agrandir avec le bistouri boutonné la plaie trop étroite de la première incision (3 cas).

Dans les 5 autres opérations, faites parle procédé de Bourdillat, il n’a pas eu d’hémorrhagie.

En 1877, Saint-Germain a fait 1 1 trachéotomies qui, ajoutées aux. 25 de Boissier, donnent un total de 36 opérations; 2 fois il s’est produit une hémorrhagie mortelle ; 4 fois une hémorrhagie légère pirla canule; 3 fois l’écoulement sanguin assez fort a été arrêté par l’introduction de la canule. On a observé 2 gangrènes de la plaie et 3 diphthéries.

Laryngo-trachéotomie par le cautère actuel.

Opération pratiquée par Saint-Germain dans son service sur un enfant de 3 ans.

L’opérateur introduisit dans le larynx par la membrane crico-thy roïdienne un bistouri mince et boutonné porté au rouge cerise. Il fit la section, à l’aide du même bistouri resté dans la plaie du cricoïde et de un ou deux anneaux delà trachée.

L’infection diphthéritique continua. Les bords de la plaie étaient grisâtres, œdématiés. L’edfant mourut.

Une seconde opération de ce genre pratiquée par Saint-Germain et rapportée également dans la thèse de Boissier eut une issue funeste.

Ces deux essais de Saint-Germain, si peu encourageants, ont du reste été, croyons-nous, les seuls tentés chez l’homme, bien que le cautère cultellaire ait été préconisé par Héral (thèse 1874) etparMuron qui l’a expérimenté sur 22 chiens et n’a eu que 2 hémorrhagies.

Nous terminerons cette statistique parla liste des opérations pratiquées à Bordeaux par quelques chirurgiens qui nous ont obligeamment donné leurs résultats.

M. le Dr Dudon a fait 21 trachéotomies pour des affections diphthéritiques du larynx. Dans 20 cas, il s’est servi du bistouri et a compté

8 guérisons. Dans un, il a employé le thermo-cautère et n’a pas eu le bonheur de sauver son opérée. Il a toujours noté la durée de la maladie avant l’opération et reste convaincu que la trachéotomie pratiquée dans un moment souvent plus voisin du début du mal aurait pu conserver la vie à un plus grand nombre d’enfants.

En effet, dit-il avec raison, moins les fausses membranes se seront propagées dans la trachée et les bronches, mieux pourra se rétablir la respiration, moins l’asphyxie sera prononcée et le sang moins altéré, plus les forces du malade seront conservées pour résister à la terrible maladie.

Voici sous forme de] tableau la statistique trés-intéressanle de M. le Dr Dudon :

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