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ment frappé de la ressemblance de ces formes avec certaines figures de grands mononucléaires.
b) Humeur aqueuse de la grenouille. — Les faits précédents se vérifient facilement avec l'humeur aqueuse de la grenouille, examinée après ponction de la cornée ‘. On observe de plus avec cet objet d’études des faits qui existaient bien dans les expériences précédentes, mais d’une façon moins apparente.
On trouve quelquefois un assez grand nombre de globules qui ont été saisis par le fixateur pendant leur division directe : les deux cellules filles ne sont plus réunies que par un filament protoplasmique mince, étiré et droit. Ces figures sont connues. Leur observation est excellente pour se convaincre de l'influence que le protoplasma exerce dans ses mouvements sur la forme du noyau. La direction toujours rectiligne du filament protoplasmique d’union est la preuve de la brusquerie avec laquelle se fait tout d’un coup l'éloignement des deux corps cellulaires, ce qu’on observe sur les leucocytes vivants. Parmi ces figures de division il en est un certain nombre sur lesquelles une des deux masses séparées ne possède aucune portion du noyau. Assurément, nous savons, comme M. Ranvier l’a montré, que les deux fragments d’un globule divisé, réunis seulement par un filament, peuvent, au lieu de se séparer complètement, venir de nouveau se fusionner”. Cependant, l'observation de pareilles figures, assez nombreuses, nous conduit à penser qu’un certain nombre de ces masses protoplasmiques sans noyau se seraient bien effectivement séparées de la cellule mère. Cette hypothèse devient beaucoup plus vraisemblable encore, lorsqu'on voit, dans la contiguité de pseudopodes effilés ou en massues, des corps qui,
1. M. Ranvier a montré que l'humeur aqueuse normale de la grenouille était un milieu défavorable aux cellules lymphatiques (Leçons sur la cornée, 1881, p. 293,343). Au contraire, ces cellules existent en abondance dans l’humeur aqueuse à la suite d'une ponction de la cornée. J. Arxocn {Ueber Theilungsvorgänge an der Wanderzellen, etc. [Arch. f. mikrosk. Anatomie, 1887, p. 205]) a déjà indiqué ce moyen pour obtenir des leucocytes présentant une grande activité amiboïde.
2. On peut même voir, dans la Iymphe normale de la grenouille, un globule blanc se diviser en deux parties égales ou inégales et la fusion de ces deux parties absolument séparées (en apparence, tout au moins)se faire ensuite.
Du DR
pour la réfringence, les propriétés de coloration, ne laissent aucun doute sur leur nature protoplasmique et leur origine leucocytaire. Il n’y a rien là de comparable, ni aux boules byalines et sarcodiques émises par les leucocytes au moment, de leur mort, ni à la destruction brusque des leucocytes granuleux. Il ne s’agit pas non plus pour nous de phénomènes semblables à ceux qui ont été décrits comme se passant au niveau des leucocytes sous l'influence de certains réactifs, ou bien à l’air ou pendant la coagulation‘. Pour nous, les faits que nous décrivons ne sont pas des phénomènes de destruction; c’est l'abandon par la cellule de fragments de son protoplasma, comme conséquence de mouvements brusques, phénomène dont on peut donner une comparaison éloignée à quelques égards, en rappelant les phénomènes d’autotomisme de certains animaux. Ce phénomène se rapproche de la « clasmatose », fragmentation physiologique du protoplasma découverte par M. Ranvier* sur les globules blancs immobilisés dans le tissu conjonctif des membranes des batraciens. Le fait dont nous parlons se voit sur des globules en activité et nous semble jusqu’à un certain point une conséquence directe de cette activité’. Le corps cellulaire s’étire, une portion s’écarte de l’autre; si le noyau s’est trouvé là, il est étiré aussi; si le noyau était tout entier en dehors du point qui s’étirait, le fragment abandonné ne contiendra pas
4. Voir à ce sujet : Max Scnurrzr, loc. cil., p. 36; — Lôwir, Ueber die Beziehung der weissen Blutkôrperchen zur Blutgerinnung (Zieglers Beitrüge, V, 1889, p. 469); — Lüwir, Die Blutplättchen, ihre anatomische und chemische Bedeutung, in Ergebnisse der allgemeine Pathologie v. Lubarsch und Osterlag, 1895, p. 642; — H. Griessacn, Beiträge zur Histologie des Blutes (Arch. f. mikr. Anat., 31, 1891, p. 22); — Lixenrecr, Hämatologische Untersuchungen, I. Ueber die morphologische und chemische Beschaffenheit der Plättchen und ihre Abstammung (Arch. f.Anat.u.Phys.,Phys.Abt., p.115, 1892); — KrüGer, Ueber die Leukocyten des Blutes und Blutgerinnung (S/.-Peterb. med. Wochenschr., 1893. n° 39); — Marassez, Remarques sur la coagulation (Soc. de biol., 1896, p. 597); — Vaquez, Des coagulations sanguines intravasculaires (Rapport présenté au 11° Congrès français de médecine, Nancy, 4896); — WLassow, Untersuchungen über die histologischen Vorgänge bei der Gerinnung und Thrombose mit besonderer Berucksichtigung der Enstehung der Blutplättchen (Ziegler’s Beilräge, 1894, t. 15, p. 543).
2. Rawvier, Des clasmatocytes (C. R. de l'Ac. des sciences. 27 janvier 1890). Les clasmatocytes in vitro de M. Ranvier sont, d'après sa description, des cellules immobilisées in vitro et non des cellules qui se fragmentent.
3. L’adhérence aux surfaces est probablement nécessaire à la production de ce phénomène.
de portion du noyau. Dans la lymphe péritonéale saine, ou l'humeur aqueuse enflammée fraîche, in vitro, le phénomène s’observe sur des cellules vivantes; mais, dans ces conditions, il est difficile d'affirmer que le fragment détaché ne possède pas de portion de noyau. Cependant, chez l'axolotl, cela nous a semblé quelquefois possible.
Nous ne savons pas si le phénomène que nous venons de décrire est fréquent et général, s’il se produit effectivement dans l’organisme. Ceci mérite de plus longs développements; nous nous contentons de signaler le fait en passant, parce que nous pensons qu’il peut servir à éclairer notre manière de voir sur les relations qui existent entre la déformation du noyau et l’activité protoplasmique.
c) Au point de vue de la relation qui existe entre la forme du noyau et l’activité cellulaire, les observations précédentes faites sur la lymphe de la grenouille fixée en pleine activité sont absolument comparables à celles qu'on peut faire sur les globules blancs de l’axolotl. Comme l’a montré M. Ranvier, on observe ici encore une relation constante entre l’activité du protoplasma et la production de bourgeons nucléaires; on observe facilement les changements de forme simultanés du corps cellulaire et du noyau. « Le noyau éprouve, sous l'influence des môuvements protoplasmiques, des changements de forme véritablement passifs. Les bourgeons, les étranglements et même les divisions qu'il présente se produisent sous l'influence directe de l’activité motrice de la masse cellulaire". » « Le protoplasma joue un rôle actif dans le phénomène du bourgeonnement, en étranglant, par une sorte de contraction, des portions de la masse nucléaire, comme le ferait un anneau sur un sac?. »
Cette manière de voir de M. Ranvier a été combattue par Lavdowsky”, à la suite d'expériences 2n vitro, sur l’axolotl également. La contraction du protoplasma n’a, dit-il, aucune influence sur la forme, ni sur la situation du noyau, forme
4, Ranvier, Arch. de physiol., 1815, p. 14.
2. Ranvier, Trailé lechnique d’histologie, 2° éd. 1889, p. 137.
3. Lavpowsky, Mikroskopische a einiger Lebensvorgänge des Blutes (Virchow’s Archiv, 1884, t. 96, p. 60).