‹ Recherches sur la Valeur Morphologique et la Signification des Differents types de Globules BlancsChapitre 6 sur 27 · VALEUR DU DIAMÈTRE DES ÉLÉMENTS ET DE LA FORME DU NOYAU · texte numérisé non relu

VALEUR DU DIAMÈTRE DES ÉLÉMENTS ET DE LA FORME DU NOYAU

La distinction des différents types de globules blancs dans le sang est-elle justifiée par des différences morphologiques tranchées ou bien existe-t-il toutes les formes de passage ?

Technique. — Je me suis servi pour cette étude de préparations de sang étalé en couche mince sur lame au moyen du dos d’une lame rodée et desséchée rapidement par agitation à l’air libre. La préparation est fixée par l’action instantanée d'une solution d'acide chromique à 1 p. 100 (Malassez) ', ou par les vapeurs d’acide osmique; le sublimé. en solution saturée, les mélanges de sublimé et d'acide chromique, l’alcool au tiers (qui ne conserve pas l’hémoglobine des globules rouges), le mélange à parties égales d’alcool absolu etd’éther m'ont donné aussi de bons résultats. Comme colorant du protoplasma, j'ai surtout employé l’éosine, comme colorant nutléaire, l’hématoxyline nouvelle de Ranvier, l’hématéine, le bleu de méthylène, la thionine.

Sur des préparations de sang de l’homme traitées de cette façon, si on examine les globules à noyau arrondi, on se rend compte qu'il existe entre les formes extrêmes une différence très marquée : d’une part, les plus petits globules qui ont un gros noyau très colorable remplissant presque tout l'élément, d'autre part, les grandes cellules à noyau plus grand, ovalaire ou légèrement échancré, faiblement coloré et entouré d’une grande quantité de protoplasma. Mais si on observe les éléments intermédiaires par leurs dimensions, on voit qu'à mesure qu’on examine des éléments plus volumineux, on se rapproche davantage du type extrême. Au point de vue morphologique il existe ainsi tous

1. Pour plus de détails sur cette technique, cf. Archives de méd. exp., 4896, Sur la numération des différentes variétés de globules blancs.

ne les types intermédiaires entre les plus petits et les plus grands mononucléaires.

Existe-t-il aussi tous les types intermédiaires entre les leucocytes à noyau arrondi et les leucocytes à noyau polymorphe ?

La plupart des leucocytes à noyau polymorphe (leucocytes à noyau polymère, lobé, bourgeonnant, découpé, multiple, fragmenté, leucocytes polynucléaires) étaient considérés autrefois comme possédant plusieurs noyaux séparés. M. Ranvier a montré que ces formes réellement plurinucléées étaient moins nombreuses qu'on ne le croyait. Ehrlich, Flemming', Heidenhain® ont de nouveau insisté sur ce point. Pour Flemming même, dans les cas où les noyaux (ou fragments de noyaux) semblent bien séparés, ils sont en réalité réunis par des filaments nucléaires très fins. C’est la raison pour laquelle M. Ranvier s’est élevé contre l’épithète de polynucléaire qui leur est donnée le plus souvent; il faut dire, ilest vrai, que la plupart des auteurs n’emploient cette désignation que parce qu’elle est commode, et se rendent bien compte qu’elle ne s'applique pas à la lettre”. Le noyau multiple n’est qu'une forme exagérée du noyau découpé; on s’en rend compte en examinant les noyaux contournés moniliformes, et aussi en voyant à côté les unes des autres des cellules renfermant un noyau bourgeonnant et étoilé, et d’autres renfermant plusieurs noyaux séparés en forme de larmes dont la partie effilée regarde le centre de la cellule comme s'ils étaient ainsi écartés d’un point central commun“. Quant aux noyaux annulaires, nous pensons, d’après l'examen comparatif des formes intermédiaires, qu’ils proviennent d’un noyau en U dont les branches se sont rejointes, et que leur aspect n’est qu’un des résultats du remaniement de la forme du noyau, au même titre que les figures envie X;5S,elc:,

1. FLEMNG, Ueber Theiïlung und Kernformen bei Leukocyten, ete. (Arch. f. mikr. Anat., 1891, 37, p. 249).

2, HripenraN, Kern und Protoplasma, i» Fest{schr. Külliker, Leipzig, 1892, p. 459:

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