‹ Recherches sur l’Anatomie comparée des Calycanthées, des Mélastomacées et des MyrtacéesChapitre 24 sur 134 · C. — Différences spécifiques · texte numérisé non relu

C. — Différences spécifiques

CALYCANTHUS FLORIDUS L.

Les nœuds de la tige du C. floridus sont courts, renflés, à coussinets saillants. Ils limitent brusquement les régions intranodales. Les entre-nœuds sont plus grêles que chez le C, occidentalis. La tige est plus noueuse; ses cordons angulaires se détachent nettement aux angles des entre-nœuds âgés. La surface de la tige jeune est pubescente. Les lentilles sont grosses, nombreuses et arrondies.

De toutes les Calycanthées, le C. floridus est celui dont le parenchyme médullaire est le moins développé. Les cellules de ce parenchyme sont grandes, à parois minces. Il ne renferme que peu de cellules à parois épaisses contre la couronne ligneuse. Les macles d’oxalate de chaux y sont peu nombreuses.

Dans la couronne normale, le bois primaire des faisceaux foliaires est bien développé. Les fibres du bois secondaire sont larges et régulières. Les vaisseaux sont disposés en files obliques au rayon et les fibres striées sont très nombreuses.

Les flots de fibres libériennes sont petits. Le reste du liber primaire est écrasé contre la face interne de ces ilots de fibres et transformé en une bande cornée tangentielle. Les îlots grillagés du liber secondaire sont nombreux, petits, presque exclusivement formés de cellules grillagés et à parois fortement diffluentes.

Les massifs corticaux sont triangulaires, leur angle externe étant plus obtus que chez le C. occidentalis. Les deux faisceaux S et P n'y sont jamais lobés que dans le voisinage immédiat des nœuds.

(1) Ce fait se retrouve d’une façon-presque constante dans les feuilles.

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Le parenchyme cortical contient de nombreuses cellules oléifères très volumineu- .ses et de nombreux sclérites. Ces derniers éléments sont, comme chez le C. occidenlalis, localisés contre le liber primaire de la couronne centrale,

Les poils sont très allongés.

Le parcours des faisceaux dans le segment est le même que chez le C. occidentalis.

CaLycanrTHus cLaucus, Willd. C. fertilis, Walt.

La tige du C. glaucus ressemble beaucoup à celle du C. occidentals; les entrenœuds sont longs. Les coussinets très accusés se détachent insensiblement de la tige et non brusquement comme chez le C. floridus. Les cordons angulaires sont nets. La surface, presque glabre, ne présente que de très petites lenticelles près des nœuds.

Le parenchyme médullaire est très développé. Ses cellules ont des parois minces et renferment presque toutes de petites macles. 11 n’existe que peu de cellules à parois épaisses contre la couronne ligneuse.

Les fibres ligneuses sont larges, disposées en files régulières. Les vaisseaux sont de grande taille, distribués en lignes presques radiales. Les fibres spiralées sont peu nombreuses. Lesilots libériens sclérifiés sont très larges, sans jamais cependant arriver à former une gaîne continue. Dans le liber mou les îlots de cellules grillagées sont réduits à quatre ou cinq éléments dont les parois sont tellemeut diffluentes que leur cavité peut en être obstruée.

Les rayons de faisceaux ressemblent à ceux du C. floridus.

Dans les massifs angulaires le bois est très peu développé ; il est étalé contre les fibres mécaniques extérieures ; le liber est très développé.

Parmi les cellules intérieures du parenchyme herbacé, il en est peu qui se sclérifient. Les cellules oléifères sont nombreuses ; elles sont moins grandes que celles du C. floridus.

CALYCANTHUS LÆVIGATUS, Willd.

La tige de ce Calycanthus dont certains auteurs font une espèce distincte, ne peut être différenciée anatomiquement de celle du C. occidentalis (1).

CHIMONANTHUS FRAGRANS, Lyndl.

La tige du CA. flagrans est presque ronde, les cordons angulaires y étant peu marqués. Les nœuds de cette tige sont courts, peu renflés, sans commissure transversale

(1) Outre ces échantillons appartenant aux espèces de Calycanthus ci-dessus décrites, nous avons trouvé, dans les cultures des horticulteurs belges, d’autres spécimens qui présentent les caractères des Calycanfthus, mais qui ne se rapportent à aucune des espèces précédentes. Toutefois, ces échantillons étant trop incomplets’, trop jeunes, sans fleurs et sans indication exacte de provenance, nous ne nous croyons pas le droit d'établir de nouvelles espèces. Les particularités de ces échantillons ne sont peut-être que des particularités individuelles dépendant de la culture

nette. Les coussinets sont petits et brusquement limités. Les lenticeiles sont grosses, très allongées. La tige est rugueuse de haut en bas. Les cicatrices foliaires sont légèrement embrassantes. Elles portent souvent trois crevasses verticales.

La tige du CA. fragrans est peu aromatique.

Son parenchyme médullaire est exclusivement formé de cellules à parois épaisses, couvertes de ponctuations simples, servant de réservoir amylifère. Les petites macles d’oxalate de chaux y font complètement défaut.

Les tissus ligneux primaires, Fig. 1, PI. 4, pénètrent dans le parenchyme médullaire plus profondément que chez les Calycanthus. Par suite, les faisceaux primaires de la couronne normale sont plus faciles à distinguer. Dans le bois secondaire, les vaisseaux aréolés {tantôt lisses, tantôt striés) et les fibres striées sont réunis en larges bandes séparées par des régions exclusivement formées de fibres lisses, petites, à section transversale irrégulière, à parois épaisses qui donnent au bois un aspect corné.

La zone cambiale #e contient jamais de Calycanthine.

Le liber de la couronne est relativement plus épais que chez les Calycanthus. Les massifs grillagés très nombreux sont petits, peu distincts au premier coup d'œil. Les îlots de fibres libériennes sont petits et peu nombreux.

Les rayons de faisceaux ne comprennent qu'un seul rang de cellules.

Les massifs libéro-ligneux corticaux sont triangulaires. Leur région libérienne n’est séparée du liber de la couronne normale que par deux ou parfois trois assises de parenchyme cortical. Les faisceaux libéroligneux de ces massifs sont peu distincts l’un de l’autre, sauf au voisinage immédiat des nœuds. Leur bois peu développé forme une bande étalée contre la face interne des îlots mécaniques extérieurs.

Les éléments internes du parenchyme cortical sont sclérifiés. Ils forment une gaîne mécanique continue, peu épaisse, accolée aux îlots fibreux libériens de la couronne normale, Fig. 2, PI. 4. Vis-à-vis des massifs angulaires cette gaîne se détache de la couronne normale et englobe ces massifs, Fig. 1, PI, 4.

Les cellules oléifères sont très rares dans le parenchyme cortical du Chimonanthus. Elles sont toujours petites.

La surface porte deux sortes de poils unicellulaires. Les uns sont petits, crochus, à pointe tournée vers le haut de la tige, les autres sont longs et larges. En vieillissant la base des petits poils s'élargit, soulève

autour d'elle les cellules épidermiques et détermine une sorte de cratère au fond duquel elle est cachée.

Le nombre des faisceaux de la couronne normale du Ch. fragrans est beaucoup plus grand que chez les Calycanthus. Test généralement de 18, et quelquefois de 22 faisceaux. Cela tient à ce que les faisceaux des feuilles (N + 3), (N + 4) et même (N + 5} sont déjà indiqués dès l’entre-nœud N.

Les faisceaux des massifs angulaires sont moins lobés, au niveau des nœuds, que ceux des Calycanthus. Assez souvent leurs. arcades transversales manquent partiellement ou totalement, ou bien encore elles sont dirigées obliquement le long de l’entre-nœud inférieur.

En résumé la tige du Chimonanthus diffère plus de la tige des Calycanthus que les tiges des différentes espèces de ce genre ne diffèrent entre elles.

Les tiges des Calycanthus les mieux caractérisées comme espèces distinctes sont c’est celle du C. foridus et celle du C. occidentalhs.

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