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IX. — APPAREIL DE LA RESPIRATION

Pour les organes respiratoires comme pour l'appareil digestif, nous prendrons comme point de départ de notre description le fœtus de 1,30. (4) Sur les coupes transversales, la disposition de ces faisceaux élastiques parallèles et com-

plètement isolés les uns des autres, offre un aspect très particulier et qui pourrait facilement induire en erreur sur la nature du tissu examiné.

Nous la ferons suivre des particularités observées sur des pièces provenant d'animaux adultes. Rappelons que la description des narines et de l’évent a déjà été donnée (Voy. ci-dessus, p. 15 et suiv.).

Fœtus de 1",30. — Les deux poumons sont de forme ovoïde, non partagés en lobes (1). Ils paraissent fortement rejetés en arrière, leurs bords antérieurs dépassant à peine en avant les oreillettes. La trachée est déprimée, comme l'avait reconnu Jackson; ses anneaux sont complets. Intérieurement, la muqueuse qui la tapisse est plissée. Il y a deux bronches à droite, placées l’une au-dessus de lautre (aspect stermal), et s’ouvrant dans la trachée par deux orifices distincts (2). L'inférieure (bronche principale) est la plus grosse et rigoureusement symétrique de la bronche gauche. La bronche accessoire (3) se rend au sommet même du poumon

droit. Les mesures suivantes sont celles que nous relevons sur ce fœtus de 4*,30:

Diamètre de la trachée (aplatie sur elle-même)............... 0,026 lonsueuridela bronche droites -©--".-e"--tr-r--- re... 0 ,046

— — ANNE GS cononnobdoc oser osos 0 ,049 Largeur de la bronche droite principale ..................... 0 ,014

— — —MACCESSOITE eme eect est cesele 0 ,010

— — ANA ssbcocovauoesosdcuovouovoooc 0 ,016 Mongueundtipoumon droiterr---e----tePeer-ChcCe cree 0 ,143 Largeur — = oonbonnodoooonsbdonnoavoc sons 0 ,073 Longueur — DAUCDOR Ets eee eee Tee 0 ,120 Largeur — + dosoocobonooboootocoonéosposes 0 ,076 Épaisseur des POUMONS. re... Environ 0 ,027

La région saillante du larynx engagée chez le vivant dans l’orifice palatin a la forme générale de celle des Cétodontes (4). Cette portion saillante mesure 25 millimètres de haut et autant de large.

La glande thyroïde repose sur le cartilage cricoïde. C’est une masse

(1) A la partie supérieure et antérieure (aspect sternal) du poumon gauche est attachée une sorte d’auricule mince, lamelleuse, longue de 4 centimètres environ sur 2, étroitement appliquée contre le poumon et d'autre part libre dans la plèvre. IL semble difficile d’y voir un lobe; l’état de la pièce ne permet pas d’ailleurs d’en apprécier au juste la signification.

(2) Jacxsow, Dissection ofa Spermaceti Whale, 1842, décrit la bronche accessoire comme branche de la principale, commençant, dit-il « just at its origin rather than from the trachea ».

(3) BeaureGarD et BouLarr, Journ. de l’Anat. et de la Physiologie, t. XVIIE, p. 623, la nomment «bronche supplémentaire ».—Max Weger, Studien über Saügethiere, 1886, propose la dénomination de «bronche trachéenne ». Nous adoptons le nom plus ancien de bronche accessoire donné par DE Sancris, loc. cit., 1881.

(4) Le larynx nous a paru sur notre sujet un peu tordu sur lui-même mais peut-être n’élait-ce qu'une altération cadavérique.

aplatie et lobée; ses lobes, un droit et un gauche, sont reliés sur la ligne médiane par une sorte de pont de tissu glandulaire contourné en S. Le lobe droit, bifide en haut, est le plus développé; le gauche est entier, à contour irrégulièrement circulaire.

Sur notre sujet nous trouvons appliquées à droite et à gauche sur la veine cave supérieure, des masses glandulaires irrégulièrement arrondies qui se touchent sur la ligne médiane, et que nous considérons comme le thymus. La masse droite reçoit à la face antérieure (aspect ventral), une artère volumineuse, qui naït du point même où la carotide primitive se divise en ses deux branches interne et externe.

Arrière-cavité des fosses nasales (PI. VI, fig. 3). — La longueur totale de l’arrière-cavité des fosses nasales, depuis le fond du eul-de-sac, en arrière du bord de l’orifice qui reçoit le larynx, jusqu’à sa partie antérieure, mesure 13 centimètres. Sa paroi est lisse, mais l'aspect de la muqueuse permet d'y distinguer deux régions bien distinctes, leur limite correspondant exactement au niveau du bord postérieur des fosses nasales osseuses. Soit une région postérieure el une région antérieure.

La région postérieure a des parois épaisses surtout à sa face inférieure, où elles mesurent sur la ligne médiane 5 millimètres. C’est sur cette paroi, autant que sur la paroi æsophagienne, que viennent se distribuer les fibres antérieures des muscles cérato-palatin et naso-thyroïdien.

La région antérieure présente une muqueuse beaucoup plus lisse qu’en arrière. À la face supérieure s'ouvrent les deux fosses dont les orifices se continuent par des sortes de gouttières séparées elles-mêmes par une crête sous laquelle on sent les os du crâne. La narine droite mesure environ 5 millimètres de diamètre. La narine gauche, beaucoup plus large, ovale, ayant 20 millimètres de grand diamètre, s'enfonce obliquement en avant.

Muscles de l'hyoide (PI. XI, fig. 1). — Ils présentent la même disposition générale que chez les Marsouins. Nous les décrivons dans l'aspect sternal.

Ou trouve sous la peau de la région du cou, de chaque côté de la ligne médiane, un large et épais plan musculaire à fibres parallèles à l’axe du corps; c’est le sferno-hyoidien. Il s’insère en bas au bord supérieur et à Ja

face antérieure du sternum ; en haut au bord supérieur et à la face antérieure de l’hyoïde.

A ce même niveau, les extrémités inférieures des fibres du #yl0-hyoëdien forment un plan continuant le sterno-hyoïdien. En haut le mylo-hyoïdien vient se fixer de chaque côté au bord antérieur (aspect sternal) de la branche correspondante de la mandibule. L'insertion commence à 3 ou 4 centimètres au-delà du condyle, et se termine à 3 ou 4 centimètres également de la symphyse.

Il est à remarquer que les deux sterno-hyoïdiens ainsi que les deux mylo-hyoïdiens se confondent presque complètement sur la ligne médiane, formant une large nappe musculaire, étalée devant toute la région du cou, comme l'avait déjà décrite Cuvier sur le Marsouin.

En arrière du sterno-hyoïdien, on dégage facilement un épais cordon musculaire fusiforme, dont les fibres dirigées obliquement de dedans en dehors, et de bas en haut, vont du sternum au voisinage de la bulle tympanique. C'est le s{erno-mastoidien. Il complète en dehors le plan musculaire ventral de la région du cou.

Quand on a divisé par le milieu les deux muscles qui précèdent et relevé leurs extrémités, on aperçoit une seconde couche musculaire que nous allons maintenant décrire.

C’est d'abord le s/erno-thyroïdien, triangulaire, placé immédiatement en dedans du sterno-mastoïdien et sur un plan un peu plus profond ; il s’insère au bord supérieur du sternum, où ses insertions se confondent avec celles du sterno-hyoïdien. Son sommet se prolonge en haut, par un tendon peu épais, venant se fixer, à l’aile du cartilage thyroïde.

Ce muscle est continué en quelque sorte par le #4yro-hyoïdien, ruban musculaire peu épais, s’insérant en bas à toute la région externe de l’aile du cartilage thyroïde, immédiatement en avant de l'insertion du musele précédent. En haut il s'attache à la face antérieure du corps de l’hyoïde, près de son bord inférieur. Les deux insertions des thyro-hyoïdiens sont séparées par la masse saillante et médiane du cartilage thyroïde.

Le crico-thyroïidien très peu épais, parait moins développé que chez le Marsouin. Il forme une lame musculaire oblique de dedans en dehors et de bas en haut, insérée en bas à la face antérieure du cricoïde; en haut ses

fibres divergentes s’insèrent au bord inférieur du cartilage thyroïde et à tout le bord antérieur de sa corne.

L’aryténo-hyoïdien est médian et situé sur un plan plus profond que les muscles précédents. C’est une lame musculaire, qui prend insertion en bas, sur l'extrémité inférieure des cartilages arylénoïdes et qui va en haut s’insérer à toute la face postérieure (aspect sternal) du corps de l'hyoïde (1).

Quand on écarte les cornes postérieures de l’hyoïde des antérieures, on voit qu’elles sont unies l’une à l’autre par un plan de fibres musculaires. C’est le muscle s{ylo-hyoïdien. I est court et large, ses fibres se portent en effet de tout le bord inférieur (aspect sternal) des petites cornes au bord inférieur des grandes cornes et aussi à leur face postérieure.

Tout à fait au voisinage du musele précédent, mais n’appartenant plus à l’hyoïde, nous devons décrire un muscle triangulaire, à direction à peu près transversale, que nous appellerons ##4st0o-thyroïdien. I s'insère d'une part à la région mastoïde, au-dessus de l'extrémité supérieure du plexus jugulaire, immédiatement en arrière de la région de la bulle, sur laquelle repose le cartilage styloïde unissant la petite corne de l’hyoïde à la bulle. De là, ses fibres disposées en éventail vont pour une part s’insérer au bord externe de l'aile du cartilage thyroïde, en dehors des insertions combinées du sterno-thyroïdien et du thyro-hyoïdien, tandis que les plus inférieures se recourbent en bas pour descendre sur l’æsophage. La nappe musculaire allant au cartilage thyroïde, est traversée par un nerf émané du pneumogastrique, au moment où celui-ci croise les branches de la carotide enveloppées par le plexus jugulaire (PI. XI, fig. 1).

La petite corne de l’hyoïde, outre le stylo-hyoïdien déjà décrit, donne insertion à deux muscles, le stylo-glosse et le stylo-pharyngien. Le s/7/0glosse a été décrit avec la langue. Voy. p. 37.

Nous décrivons sous le nom de s{ylo-pharyngien un musele court et triangulaire, à direction oblique de haut en bas et de dehors en dedans, qui s'attache par une insertion très nette à l'extrémité inférieure de la petite corne, immédiatement en avant du point où elle se continue avec son pro-

(1) Nous n'avons pas retrouvé ce muscle chez le Marsouin. Son existence est d'autant plus intéressante à noter que, suivant Cuvier (Anat. comp., 4° partie, p. 481, 1835), « le caractère principal « de l’hyoïde des Cétacés de tout régime est d’avoir peu de liaison et même pas du tout avec le « larynx... ».

longement cartilagineux. De là, les fibres un peu étalées en éventail vont tomber à cheval sur un large plan musculaire, que nous allons décrire sous le nom de pharyngo-staphylin.

Nous donnons ce nom de pharyngo-staphylin à un muscle de la région pharyngienne qui s'étend, de chaque côté, de l'os ptérygoïde à l’æsophage, qu'il enveloppe latéralement pour venir s’insérer au bord supérieur de l’aile du cartilage thyroïde. Ce muscle nous parait avoir des auxiliaires, mais qu'il nous a été impossible d'étudier, vu l’état de la pièce.

JEUNE MALE. — Nous avons pu étudier l’arrière-cavité des fosses nasales sur la tête de notre premier jeune ÿ. Elle forme un conduit à peu près cylindrique, dont l’orifice inférieur, large de 5 centimètres environ, est nettement limité par un repli de la muqueuse en bourrelet. Ce bourrelet, haut de 25°", offre une couche musculaire épaisse, formant un sphincter destiné, comme chez les Dauphins, à embrasser étroitement la portion du larynx qui pénètre dans l’arrière-cavité et à occlure hermétiquement celle-ci. La portion du larynx qui pénètre dans l’arrière-cavité des fosses nasales mesure 12 centimètres.

La muqueuse de l’arrière-cavité est sillonnée de plis longitudinaux, profonds et irréguliers. De chaque côté, à la face postérieure (aspect sternal) du conduit, se voit l’orifice de la trompe d’Eustache (voir plus loin) à une distance de 12 centimètres du sphincter. Au-dessus de ce point, la muqueuse des fosses nasales devient à peu près lisse.

ADULTE. — Sur l'individu de l’île de Ré nous avons prélevé le larynx et la plus grande partie de la muqueuse de l’arrière-cavité des fosses

nasales. Le sphincter, très puissant, correspond à un bourrelet haut de 4 centimètres. La largeur de l’arrière-cavité atteint 19 centimètres et les orifices des trompes d'Eustache sont à 27 centimètres au-dessus du sphincter. La portion du larynx engagée dans l’arrière-cavité des fosses nasales ne mesure pas moins de 24 centimètres de long.

- Larynæ (PL. HI, fig. 1). — Nous le décrirons d’après le larynx du Cachalot de l’île de Ré (1). La pièce est complète. Elle a été prélevée avec

(4) Nous avons de plus en notre possession l'extrémité supérieure du larynx d'une femelle adulte et celle du larynx de notre premier jeune mâle, mais ces pièces sectionnées au niveau des carlilages n’offrent aucune particularité qui puisse motiver une description spéciale.

la muqueuse du pharynx et des arrière-narines de telle sorte qu'il est possible de rétablir les rapports exacts de l’appareil. La partie du larynx qui traverse le pharynx et pénètre dans l’arrière-cavité des fosses nasales, représente une sorte de colonne conique haute de 25 à 30 centimètres. Elle partage le pharynx en deux couloirs : le gauche est beaucoup plus spacieux que le droit. La colonne laryngienne est comprimée latéralement. Ses faces latérales mesurent 19 centimètres de large dans leur région moyenne; ses faces antérieure et postérieure 8 centimètres seulement. À son extrémité, elle se dilate pour former les deux lèvres de la glotte.

L'orifice de celle-ci mesure 13 centimètres. Il figure une ligne sinueuse présentant trois courbures successives. Les lèvres en sont formées : l'antérieure par l’épiglotte, la postérieure par les extrémités des aryténoïdes. L'une et l’autre sont épaisses; l’antérieure ne dépasse pas sensiblement la postérieure, toutefois elle offre en son milieu une forte saillie mesurant près de 3 centimètres de diamètre qui proémine dans l’orifice glottique et sert peut-être à l'occlusion. Cette saillie est l'extrémité d’une haute crête longitudinale qui s'étend dans le tube laryngien sur toute la longueur de sa paroi antérieure. De chaque côté de la saillie en question, la lèvre antérieure offre une profonde dépression. D'autre part, la lèvre postérieure présente en son milieu une concavité prononcée qui, lorsque les deux lèvres s'affrontent, embrasse exactement le tubercule de la lèvre antérieure. Deux épaississements latéraux répondent de même aux dépressions de la lèvre antérieure.

Quand on a disséqué la muqueuse qui recouvre la colonne laryngienne, on trouve les cartilages qui la composent, enveloppés dans un épais périchondre fibreux d’une grande densité, qui après dissection laisse à nu un cartilage à surface rugueuse. Ces cartilages sont : antérieurement le cartilage épiglottique, postérieurement les cartilages de Santorin. Nous pouvons en conséquence dénommer la colonne laryngienne, colonne arylénoépiglottique.

1° Le cartilage épiglottique est une pièce impaire, considérablement développée, mesurant 45 centimètres de long. Sa forme est très irré-

geulière, rappelant une pyramide triangulaire. Son sommet répond au

tubercule de la lèvre antérieure de la glotte. Dans les deux tiers inférieurs du cartilage ses faces latérales élargies mesurent 15 à 16 centimètres, elles s'unissent à angle sur la ligne médiane. Toute cette région est profondément sillonnée d’excavations irrégulières, obliques ; on dirait des anneaux cartilagineux qui se seraient confondus en une pièce unique. Dans son tiers supérieur, le cartilage épiglottique est à peu près cylindrique et ne mesure plus que 6 à 7 centimètres de diamètre. C’est insensiblement que se fait le passage de la forme pyramidale de la base à la forme cylindrique du sommet. La face laryngienne est concave dans toute son étendue, mais relevée sur la ligne médiane, d’une erête haute de près de 3 centimètres, que termine l’épaississement médian de la lèvre épiglottique. Cette crète recouverte par la muqueuse du larynx, y détermine de chaque côté une profonde rainure du diamètre du pouce à peu près.

Il nous reste à décrire comment se comporte le cartilage épiglottique pour former la lèvre antérieure de la glotte. On le voit à son extrémité s’étaler latéralement un peu à la facon du bord libre d’un pétale de fleur, puis il se replie en avant sur lui-même et ce repli, recouvert seulement par la muqueuse, se termine en un bord déchiqueté qu'une figure fera mieux connaître que toute description (PI. III, fig. 3). Entre ce repli et le corps du cartilage existe une épaisse couche de tissu fibreux; on pourrait comparer la lèvre épiglottique à une gouttière cartilagineuse bourrée de tissu fibreux et recouverte par la muqueuse.

La partie postérieure de la colonne aryténo-épiglottique est formée par les cartilages de Santorini (1), rapprochés jusqu’à se toucher sur la ligne médiane, au moins dans leurs deux tiers supérieurs. [ls mesurent 40 centimètres de long. Chacun d’eux constitue une épaisse lame très fortement bombée en arrière et excavée par sa face antérieure que tapisse la muqueuse du larynx. Nous leur considérerons, outre ces deux faces, deux bords, un externe et un interne. Le bord externe affronte, ou à peu près, le bord correspondant du cartilage épiglottique. Le bord interne, dans ses deux

tiers supérieurs, s'applique exactement contre son correspondant de l’autre

(1) Nous désignons ainsi les deux organes cartilagineux que nous allons décrire, parce qu'ils se trouvent à l'extrémité des aryténoïdes. On remarquera leurs grandes proportions relativement aux dimensions restreintes des aryténoïdes proprement dits.

côté. Dans leur tiers inférieur les deux carlilages s’écartent, laissant entre eux un espace triangulaire en partie comblé par le cricoïde.

L’extrémité supérieure du cartilage de Santorini s'élargit en cuiller et son bord libre mesure {1 centimètre environ d'épaisseur. En même temps ce bord se replie en arrière et forme sous la muqueuse une sorte d’auricule cartilagineux. Ce repli toutefois est beaucoup moins développé que celui du bord libre de l’épiglotte.

L'extrémité inférieure du cartilage de Santorini est tronquée de haut en bas et d’arrière en avant; elle s'appuie directement sur le cartilage aryténoïde auquel elle est rattachée par une forte couche de tissu fibreux.

Les aryténoides forment de chaque côté, une courte pyramide tronquée, dont le sommet est en bas et s'articule sur le ericoïde, tandis que la base est en haut et supporte les énormes cartilages de Santorini que nous venons de décrire. Cette pyramide mesure 16 centimètres de haut; son sommet à 4 centimètres, sa base tournée en haut a 12 centimètres de large. Elle est épaisse de 3 à 4 centimètres.

En avant (aspect sternal) le cartilage aryténoïde offre une surface articulaire demi-cylindrique, mesurant environ 9 centimètres de long sur 3 de large. Cette surface, lisse, correspond à une tête cartilagineuse convexe, que présente le cricoïide. Quant à l'extrémité inférieure de l’aryténoïde elle repose sur l’arceau latéral du cricoïde que nous décrirons dans un instant. Elle y est fixée par un épais ligament.

Le cartilage cricoide chez le Cachalot forme un anneau complet. Il se présente à la face postérieure du larynx sous la forme d’une masse rugueuse, épaisse de à centimètres environ, enchâssée entre les cartilages aryténoïdes et articulée avec eux comme on vient de le voir. Le bord inférieur de cette région centrale du cartilage, plus mince, se prolonge de chaque côté en une branche d’abord à peu près cylindrique mesurant 3 centimètres de diamètre. Mais à mesure qu’elle gagne la face antérieure du larynx, elle s'étale et s’élargit pour se confondre avec sa congénère en une plaque cartilagineuse losangique haute de 14 centimètres, épaisse de { centimètre environ. Sa face antérieure est convexe; ses bords inférieur et supérieur sont sinueux, chacun d’eux présentant sur la ligne médiane un angle saillant (beaucoup plus accusé au bord supérieur), de

chaque côté duquel se dessine une entaille. L'ensemble de l'anneau mesure 75 centimètres de circonférence.

Le cartilage thyroïde est en forme de carène. Ses faces latérales très développées mesurent 29 centimètres de large et recouvrent complètement les aryténoïdes et le tiers inférieur des cartilages de Santorini et de l'épiglotte. La hauteur du cartilage thyroïde est de 42 centimètres au voisinage de ses bords latéraux. Sur la ligne médiane il mesure seulement 35 centimètres. Les bords latéraux sont sinueux, irrégulièrement épaissis. Le bord supérieur est à peu près droit, l’inférieur dessine une concavité prononcée dans laquelle est reçue la saillie du cricoïde dont il a été question plus haut. L'angle résultant de la jonction du bord inférieur et du bord latéral peut être considéré comme un vestige de la corne inférieure du cartilage thyroïde; d’ailleurs il s’articule par une surface cireulaire, concave et lisse, large de 2 centimètres, avec la branche latérale du cricoïde où se voit une surface articulaire convexe de grandeur exactement correspondante. Cette articulation est noyée dans l’épaisse couche de tissu fibreux qui unit sur les côtés le cartilage thyroïde au cricoïde. Le cartilage thyroïde ne présente aucune trace de cornes supérieures.

Quand on examine l’ensemble des pièces que nous venons de décrire, on voit que la face antérieure du cartilage thyroïde est sensiblement parallèle à la ligne ventrale du corps. Il ne participe point à la courbe que le cartilage cricoïde commence à dessiner en se relevant pour laisser pénétrer dans les arrière-narines la colonne aryténo-épiglottique (1).

(4) Le larynx du Dauphin que nous avons étudié spécialement pour le comparer à celui du Cachalot, nous a offert les quelques particularités suivantes : La colonne aryténo-épiglottique est formée par le cartilage épiglottique et par les aryténoïdes; mais ceux-ci, comme cela a déjà été décrit par les auteurs (voir SieBoLp et Srannius), ne sont pas formés de deux pièces comme chez le Cachalot. Un long cartilage unique s'étend de chaque côte, du cricoïde à l’ouverture glottique. D'autre part, le cartilage cricoïde envoie bien deux branches qui contournent le tube aérien et gagnent sa face antérieure, mais ces deux branches ne se rejoignent point par leurs extrémités, et il n'y a rien de comparable à la grande plaque médiane antérieure que nous avons décrite chez le Cachalot. Le cartilage thyroïde présente en outre sur sa face interne une crête médiane mince et saillante dont nous ne trouvons aucune trace chez le Cachalot. Enfin, la forme du cartilage thyroïde est différente. Ce cartilage, chezle Dauphin, est plus bombé, presque sphérique en avant, et n’a pas la forme carénée qu'on observe chez le Cachalot. Ajoutons que le bord inférieur du cartilage thyroïde est profondément échancré, et qu'il forme en arrière, de chaque côlé, une corne assez longue; nous avons vu que chez le Cachalot tout l'espace est comblé et la corne rudimentaire.

Remarques physiologiques. — On notera d’une manière générale le petit volume des poumons. Sur l'individu de 16 pieds disséqué par Jacxsox (1) le poumon mesurait 25 pouces sur 14. La respiration des Cétodontes et spécialement du Cachalot soulève un problème physiologique des plus intéressants. Il parait hors de doute que l’animal peut plonger à de grandes profondeurs. Quand il estblessé par le harpon, on le voit s’enfoncer avec une rapidité extrème eton peut juger à la direction de la ligne, qu'il plonge à pic. Les auteurs baleiniers parlent tous comme d'un fait ordinaire des circonstances où il est nécessaire d’attacher bout à bout les lignes de plusieurs embarcations alors qu'il est certain que l'animal ne s'éloigne pas. Le capitaine Posr dit expressément (2) qu'il faut dans certains cas mettre trois lignes et même plus si on ne veut voir l'animal échapper. Or, chacune de ces lignes mesure généralement 225 brasses (1 fathom — 1",828), soit ALT mètres ; même en admettant que l'animal ne fonce pas à pic et décrive des cercles de façon à dérouler en quelque sorte la ligne contre l’eau, il n’en faut pas moins admettre qu’il est descendu à une grande profondeur. Posr ajoute d’ailleurs que quand il reparait à la surface il semble épuisé (exhausted). PEcuuez dans Linpeman (3) signale également cette descente à pie avec une extrême rapidité. Un Cachalot aurait ainsi enlevé 2100 pieds de ligne à une embarcation avant que les autres qui étaient à moins de 200 pieds aient pu arriver pour attacher leurs lignes à la première. Le même auteur cite un cas où il a fallu donner ainsi à un Cachalot 3000 picds de ligne.

Que devient dans ces descentes à des profondeurs considérables l'air contenu dans les poumons ? Il doit être évidemment contraint de passer en très grande partie sinon en totalité dans le sang. Pour l’oxygène, iln’y a aucune difficulté. On doit admettre que la capacité respiratoire du sang est considérable chez le Cachalot comme nous savons qu'elle l’est chez le Dauphin. Mais que devient l’azote? N’est-on pas fondé à supposer que la décompression se produisant, des bulles de gaz circuleraient dans les vais-

seaux et causeraient les accidents connus en pareille circonstance ? Il est

(1) Dissect. of a Spermaceti Whale, 1842. “ (2) Dans Maury, Explanations and Sailing Directions, etc., 1852, p. 240. (3) Die arctische u. s. w. Fischerei, Erganzungsheft n° 26, zu Pet’,s geogr. Mittheil., 1869, p. 95. a.

fort peu scientifique de conclure de ce qui se passe chez certaines espèces terrestres à ce qui peut avoir lieu chez les espèces essentiellement aquatiques comme les Cétacés et encore plus particulièrement les Cétodontes qui hantent les mers profondes. Leur mécanique est essentiellement différente et peut présenter telles particularités qui leur permettent de supporter des conditions de milieu que nous sommes habitués à juger incompatibles avec le maintien de la vie des animaux qui nous entourent. On peut se demander si le Cétacé, à mesure qu'il s'enfonce, ne laisse pas échapper l’air contenu dans ses poumons et ses bronches fortement comprimés (1). La cage thoracique étant en partie protégée par les côtes, cette compression doit résulter surtout de l’augmentation de voussure du diaphragme refoulé par les organes abdominaux, et encore plus de l’afflux du sang dans les gros vaisseaux. L'espace à combler est représenté par le volume d'air restant après une expiration complète. Or, nous savons que celui-ci doit être assez peu considérable en raison du peu de volume relatif des poumons. Cette façon d’expliquer les hautes pressions auxquelles peuvent s’exposer les Cétacés et en particulier le Cachalot, nous semble à la fois la plus simple et la plus naturelle (2).

Histoire de nos connaissances sur les poumons, la trachée et le larynæ.

1845. Jackson (Dissection of a Spermaceti Whale) décrit très bien ces diverses parties sur le Cachalot de 16 pieds échoué dans Vineyard Sound, et dont nous avons déjà parlé (voy. 4" partie, page 83, et ci-dessus, p. 29 et 53).

1881. DE Sancnis donne une figure du larynx, de la trachée et des bronches.

1884. BEAUREGARD, publie une Note sur le cœur et le larynx du Cachalot. Bull. de la Société de Biologie, 28 juin.

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