X. — APPAREIL CIRCULATOIRE
Comme nous possédions un cœur de femelle adulte en parfait état de conservation, envoyé, avec les nombreuses pièces que nous avons déjà signalées, par M. le Consul Dabney, nous commencerons par décrire l’or-
(4) Chez les Dauphins qu'on peut facilement observer dans certaines circonstances, le poumon est toujours en état d'inspiration. L'animal, arrivant à la surface, fait une forte expiration suivie immédiatement d’une inspiralion aussi rapide, et s'enfonce pour recommencer ensuite.
(2) Nous n'avons pas besoin de faire remarquer que la pression se répartit également dans tous les organes et dans tous les tissus de l'animal qui se trouvent dès lors dans les conditions mêmes des tissus et des organes chez les animaux vivant aux grandes profondeurs,
gane central de la circulation chez l'adulte. Nous décrirons ensuite l’appareil circulatoire, dans son ensemble autant que nous avons pu l’injecter et le disséquer sur notre embryon de 1"30.
ADULTE. — Cœur.— Sur le cœur de l’animal frais observé par nous à Lagens (voir [°° partie p. 6) nous avons été frappé par la coloration päle et Jaunâtre du muscle cardiaque, contrastant avec la couleur rouge-foncé de la plupart des muscles de la vie animale. Ce cœur est en plus remarquable par l'abondance extraordinaire des vaisseaux sanguins qui l’alimentent.
Le cœur de Cachalot adulte © qui nous avait été adressé, arriva en très bon état. On avail seulement coupé une expansion graisseuse et la section par suite a intéressé certaines grosses branches de la coronaire. Malgré cela l'organe a pu être injecté convenablement avec l’aide d’un de nos assistants, M. Boulart. Un moulage en a été fait ensuite, puis la dissection, après quoi la pièce a été séchée et préparée pour figurer à côté du moulage dans le Cabinet d'Anatomie comparée (1).
L'organe se présente extérieurement sous la forme d’une masse ovoïde à grand axe transversal. Il n’est pas bifide. La base des ventricules est très chargée de graisse; celle-ci s'étend sur les bord droit, inférieur et gauche, logeant un très riche plexus vasculaire. Toute cette graisse est formée d’un tissu adipeux mou, transparent, n'ayant aucune analogie avec le lard compact sous-cutané, ni avec le lard qui remplit l’excavation crânienne.
Nous relevons les dimensions suivantes :
BIS nan de ALE EUR er om nn ee 0m,94 Hauteur au niveau de l'artère pulmonaire............. 0 ,48 Ventricule gauche, plus grande largeur. .............. 0 ,43 — — — HAUTEUR ET ARS 0 ,50 droit, — TAEREUT AE eee 0 ,45 — — — RAUTEUT 20 de 0 ,48 Oreillette gauche, diamètre transversal. .............. 0 ,30 — — — antéro-postérieur....,.... 0: ,20 — droite, — transversale rer 0 ,40 = — — antéro-postérieur......... 0 ,26 Artéreipulmopaire, diante tre em 0 0 ,20 Épaisseur del Saiparoiese te Une 2056 (y AODTEMUIANN E LRO ARS 2 = Ce MIN RO EE) HpaissenndeSapano se ee rune 0 ,02
(1) Ces deux pièces portent respectivement les n° À 9,138 et À 9,139.
(2) Henri Woops (1829, p. 202) signale une section d'aorte de Cachalot existant à la Société z00logique de Londres et mesurant 15 pouces de diamètre (= 38 centimètres). C'est l'aorte d’un animal long de 62 pieds échoué en 1829 sur la côte du comté de Kent.
Comme l’indiquent les mesures que nous donnons, les deux ventricules ont à peu près la même longueur, bien que le droit soit cependant un peu plus court que le gauche, ce qui rapproche le cœur du Cachalot de celui du Dauphin. Chez le Cachalot, le cœur est globuleux et rappelle par là le cœur des Balænides (1). On peut dire que c’est un cœur de Baleine, très large, dont le ventricule droit, bien qu'inférieur en hauteur au gauche, descend un peu plus bas que ce dernier. Le Cachalot semble tenir sous ce rapport le milieu entre les autres Cétodontes et les Mysticètes. Comme chez ceux-ci la séparation entre les deux masses musculaires des ventricules remonte jusque vers la moitié de la hauteur du cœur. Quand on a enlevé le tissu adipeux où plongent les vaisseaux, on trouve les deux ventricules séparés par un sillon large, profond, nettement accusé surtout en avant où ses bords sont occupés par deux larges veines, origines de la branche droite de la veine coronaire. Les ventricules, d’inégale hauteur, comme on l’a vu par les mesures données, ont leurs bords arrondis.
CONFORMATION INTÉRIEURE. — ° Ventricules. — La paroi des cavités ventriculaires est remarquable par le volume des aréoles et des colonnes musculaires. Celles de ces colonnes qui donnent insertion aux cordes tendineuses des valvules, sont des masses musculaires épaisses comme la main, largement appliquées par une de leurs faces contre la paroi ventriculaire. Elles se présentent comme suit :
a. Ventricule gauche. — NW offre deux de ces masses musculaires, l’une appliquée contre sa paroi antérieure, l’autre contre sa paroi postérieure, L'antérieure est épaisse, irrégulièrement polygonale, large de 8 à 9 centimètres, adhérant à la paroi dans une grande partie de son étendue. De
ses bords, partent en s’irradiant quatre colonnes volumineuses, également
(4) Le Dauphin et le Marsouin, par la forme générale du cœur, se rapprochent assez des Mammifères terrestres. La pointe est bien nette, formée par le ventricule gauche qui se prolonge assez loin au-dessous du ventricule droit. Chez les Baleines au contraire (B. antipodum, fœtus) le ventricule droit, beaucoup plus large que le gauche, offre également une hauteur un peu plus grande, Le ventricule droit mesure 106 millimètres de large, tandis que le gauche n'a que 68 millimètres. La hauteur du ventricule droit est de 116 millimètres, celle du ventricule gauche seulement de 109 millimètres. C’est donc un cœur plus haut que large. Il ne présente pas de pointe et sa forme est à peu près globuleuse. Chez le Lamantin, les mèmes caractères se retrouvent et en plus la bifidité de la pointe. Enfin ici encore le ventricule droit l'emporte en largeur et en hauteur sur le ventricule gauche.
aplaties, qui rampent contre la paroi mais n’y adhèrent que par leur origine formée de plusieurs racines qui se confondent entre elles et avec les colonnes du fond du ventricule. Par sa face libre, la masse musculaire antérieure donne insertion à plusieurs tendons dont un en particulier plus large que les autres se rend au bord de la valvule.
La masse musculaire postérieure offre à peu près les mêmes dimensions et la même structure que l’antérieure.
Valvule mitrale. — Elle est formée de quatre lobes très inégaux. L'un antérieur et interne est de beaucoup le plus grand, puis par ordre de dimension viennent : un lobe postérieur et externe ; un lobe antérieur et externe ; enfin un lobe postérieur et interne de beaucoup le plus petit, réduit à un lambeau triangulaire mesurant 4 centimètres de haut sur 6 centimètres de large environ. Les cordes tendineuses se distribuent de la manière suivante : celles des grands lobes prennent leur insertion mi-partie à la masse musculaire antérieure et mi-partie à la masse musculaire postérieure. Celles de chacun des petits lobes s’attachent à la colonne charnue de la face qui leur correspond.
b. Ventricule droit. — Deux masses musculaires comparables à celles du ventricule gauche donnent insertion aux cordes tendineuses de la valvule tricuspide. Comme à gauche, il existe une masse antérieure et une postérieure, Toutefois, l'insertion des cordes tendineuses est un peu différente. C'est ainsi que la masse postérieure, vers son bord externe, se prolonge en une colonne libre, longue de 3 à 4 centimètres et large de 3 centimètres sur laquelle viennent s’insérer une partie des cordes tendineuses de la valvule; d'autre part, la même masse charnue prolonge son bord interne en une colonne musculaire cylindrique volumineuse qui traverse le ventricule en restant libre dans toute son étendue et va s’insérer, après s’être ramifiée, à la paroi opposée ou interne. Cette remarquable colonne transversale mesure 9 centimètres de long sur 4 centimètres d'épaisseur environ. Elle est un peu arquée et vers son milieu reçoit perpendiculairement une partie des cordes tendineuses de la valvule.
Valvule tricuspide. — La valvule tricuspide est formée de trois lambeaux, un antérieur, un interne etun externe. Les cordes tendineuses pré-
sentent les insertions suivantes : celles provenant de la moitié externe du
bord du lambeau antérieur et celles de la moitié externe du bord du lambeau externe s'attachent à la colonne charnue. Les tendons partant des moitiés internes des lambeaux antérieur et interne se fixent au milieu de la colonne charnue transversale. Toutes les autres cordes tendineuses s’attachent à la masse musculaire antérieure.
2 Oreillettes. — Des deux oreillettes la droite est la plus volumineuse, elle mesure 40 centimètres transversalement et 26 centimètres d'avant en arrière. Les dimensions respectives de l'oreillette gauche sont 30 centimètres et 20 centimètres. Leur surface externe est marquée de bosselures inégales qui correspondent à des aréoles nombreuses limitées, d’ailleurs, à la région postérieure et aux auricules. La paroi des oreillettes dans le reste de son étendue est complètement lisse.
a. Oreillette gauche. — L'état de la pièce ne nous a pas permis d'étudier la disposition des orifices des veines pulmonaires. Le trou de Botal n’a laissé comme trace qu’un repli vertical ouvert en arrière, assez grand pour abriter la moitié de l’ongle.
b. Oreillette droite. — Les sections faites pour isoler le cœur paraissent avoir respecté les orifices des deux veines caves qui seraient fort écartés sans se confondre en un sinus commun. Celui de la veine cave supérieure mesure 12 centimètres, celui de l’inférieure 19 centimètres. L’orifice de l’artère coronaire est placé immédiatement à la partie déclive de loreillette, contre la cloison interauriculaire. On ne voit aucune trace du trou de Botal.
3° Aorte et artère pulmonaire. — Les orifices de ces vaisseaux ont les dimensions suivantes. Le diamètre de l’aorte mesure 15 centimètres et l’épaisseur de sa paroi atteint environ 5"". Le diamètre de l'artère pulmonaire est de 20 centimètres environ avec une paroi épaisse de { centimètre. Les valvules sigmoïdes, dépourvues de nodules comme chez les Balænoptères, mesurent 10 centimètres de hauteur à l'aorte et 9 centimètres à
l'artère pulmonaire.
Vaisseaux Du cour (1) (PI. XI, fig. 4 et 5). — Le cœur du Cachalot est
(1) Nous décrirons les artères et les veines en partant des troncs vers les divisions de ces troncs. Ce mode est évidemment irrationnel et antiphysiologique quand il s’agit des veines, mais il est en somme préférable au point de vue de la clarté d'une description purement anatomique.
remarquable par le volume extraordinaire des troncs vasculaires qui l'alimentent. Ils sont plus volumineux que les troncs vasculaires qui distribuent le sang à tout le corps d’un cheval ou d’un bœuf. Leur mode de répartition sur l'organe n’est pas moins intéressant. Tandis que les faces antérieure et postérieure des ventricules présentent simplement de gros troncs vasculaires espacés les uns des autres, tout le bord marginal de l'organe est occupé par un plexus de troncs veineux d’un volume considérable — plusieurs sont plus gros que les veines caves de l’homme — au milieu desquels se répandent les branches artérielles. Ce plexus est logé dans le pannicule adipeux dont nous avons parlé. Les parois des oreillettes sont très peu vasculaires.
Nous considérerons successivement l'artère coronaire gauche ou antérieure, la droite ou postérieure et la veine coronaire qui paraît unique. Pour plus de facilité dans l’exposé de l’agencement de ces vaisseaux, nous commencerons par les veines.
Veine coronaire (fig. 5, v). — La veine coronaire se montre à la face postérieure du cœur, au point de jonction du sillon longitudinal et des deux sillons auriculo-ventriculaires. Elle se divise immédiatement en trois trones pour chacun d’eux, que nous appellerons coronaire gauche, c. droite, ce. verticale. Le volume de ces veines est considérable. Les deux premières mesurent environ 3 centimètres et la dernière 5 centimètres de diamètre.
a. Coronaire gauche (fig. 4, v). — C'est la plus volumineuse des trois branches. Elle se place en général, avec ses ramifications, au-dessous des divisions de l'artère coronaire correspondante. Elle contourne le bord du ventricule gauche, passant à la face antérieure; puis elle s’incurve dans le sillon interventriculaire en restant au-dessous et à gauche des branches de l'artère.
Dans ce trajet, elle reçoit au niveau du bord externe du cœur : (a) la veine marginale gauche; cette veine a un volume qui dépasse celui de la veine cave de l’homme; elle se continue en un plexus de grosses branches qui oceupe tout le bord du ventricule et se relie soit à des veines nées directement du tronc de la coronaire gauche, soit à des veines nées de la coronaire verticale ; () toute une série de larges veines qui rampent
sous le péricarde à la face antérieure du ventricule gauche et (c) une veine
contournant l'insertion de l'artère pulmonaire au ventricule droit, apportant le sang de la partie supérieure et antérieure de ce ventricule, La coronaire gauche arrivée au milieu de la hauteur du sillon interven- ‘triculaire, après avoir reçu encore (d) de grosses veines provenant de la face antérieure du ventricule droit, se divise en deux branches. Celles-ci accompagnent les branches de l'artère coronaire, descendent avec elles jusqu’à l'extrémité du sillon et viennent tomber dans de vastes dilatations veineuses qui servent en même temps d’aboulissant à la coronaire verticale logée dans le sillon postérieur.
b. Coronaire droite. — Elle se place dans le sillon auriculo-ventriculaire droit, d’abord au-dessus (fig. 5), puis en arrière de l'artère coronaire correspondante. Arrivée au bord droit du cœur elle se continue par une veine marginale droite qui se perd dans un plexus à gros rameaux occupant le bord du ventricule, tout à fait comparable à celui qui occupe le bord gauche du cœur. Il se termine d’ailleurs comme lui et s’entremêle comme lui de branches artérielles.
ce. Coronaire verticale. — Elle descend dans le sillon longitudinal postérieur à côté de branches volumineuses de l'artère coronaire. Dans la première moitié de ce trajet elle ne diminue point de volume. Arrivée à l’extrémité du sillon elle se recourbe par un double coude subit en avant, pour se continuer en deux sinus marginaux occupant les extrémités des deux ventricules et se reliant d'autre part, comme nous l’avons dit, à la branche gauche et à la branche droite de la veine coronaire.
Il ne nous reste plus qu’à décrire les branches sous-séreuses de la face postérieure du cœur qu’on peut considérer comme autant de voies de communication entre le plexus marginal de chaque côté et les trois trones principaux de la veine. Cette communication a lieu par des troncs variqueux, espacés, descendant verticalement des branches droite et gauche ou descendant obliquement de la branche verticale sur les deux plexus.
Il existe en conséquence sur le cœur une distribution veineuse très caractéristique. Toute l'étendue des bords inférieur et latéraux de l'organe est occupée par de vastes sinus veineux, tandis que ses faces sont parcourues par des veines isolées et relativement peu nombreuses.
Artère coronaire gauche ou antérieure (pl. XI, fig. 4). — Elle surgit entre
l'oreillette gauche et la base de l'artère pulmonaire. Elle mesure à son origine 4 à 5 centimètres de diamètre et se divise presque immédiatement en trois grosses branches dont deux suivront le sillon interventriculaire.
a.— La première de ces trois branches (artère marginale gauche) s'étend dans le sillon auriculo-ventriculaire gauche, enveloppant de ses rameaux la veine coronaire correspondante. Ceux là passant au-dessous de celle-ci vont se répandre dans le ventricule en fournissant une série d’artères qui deviennent bientôt récurrentes ; on les voit en effet, après un trajet rectiligne assez long, se recourber subitement en même temps qu’elles se divisent.
L'artère marginale gauche continue son trajet sur le bord du cœur, fournissant des rameaux à toute la paroi. A ce niveau l'artère est placée en arrière de la veine marginale correspondante, par conséquent un peu reportée sur la face postérieure du ventricule où elle décrit des anses considérables. On suit ses derniers rameaux gros comme l’humérale de l’homme jusqu’à 15 centimètres environ du sillon médian, sur le bord inférieur du cœur. L'artère et toutes ses branches sont plongées dans une sorte de réseau admirable veineux à vaisseaux d’un calibre ne dépassant pas le volume d’une plume de corbeau et que nous avons dû partout sacrifier pour la dissection.
bete. — Les deux autres branches nées de la trifurcation de l’artère coronaire gauche descendent l’une derrière l’autre dans le sillon interventriculaire antérieur, au milieu du tissu adipeux qui le remplit. Chacune est grosse au moins comme l'aorte de l’homme. Elles se placent l’une devant l’autre à droite de la veine coronaire.
L'antérieure décrivant une sinuosité considérable semble principalement destinée au ventricule gauche; du moins la voit-on enfoncer plusieurs de ses rameaux transversalement dans la paroi de celui-ci, tandis qu’un autre, croisant en arrière la veine coronaire, revient se mettre à gauche de celle-ci sur le bord même du sillon qu'elle longe jusqu’à l'extrémité. La branche antérieure s’incurve finalement sur le bord inférieur du cœur, envoyant ses dernières ramifications à la rencontre de celles de l'artère marginale gauche.
La branche postérieure placée d’abord en arrière de la précédente
fournit un rameau grêle (gros comme l’iliaque de l’homme) qui contourne
l'insertion de l’artère pulmonaire, puis d’autres rameaux pour le ventricule droit; on la voit ensuite descendre sur le côté droit du sillon interventriculaire à l'extrémité duquel elle s’incurve sur le bord du ventricule, étendant ses ramifications à la rencontre d’une branche de l’artère coronaire postérieure.
Artère coronaire droite ou postérieure. — Elle se place immédiatement au-dessous du péricarde dans le sillon auriculo-ventriculaire, donnant tout d’abord des rameaux volumineux qui descendent sur la face antérieure du ventricule droit. Un autre rameau puissant accompagne le tronc principal.
Parvenue au bord droit du cœur la coronaire postérieure donne une artère marginale droite. Celle-ci descend en décrivant des sinuosités considérables sur les bords droit et inférieur du cœur où on en suit les derniers rameaux jusqu'à 20 centimètres environ du sillon interventriculaire.
Le tronc de l'artère coronaire postérieure continue son trajet à la face postérieure du cœur, placé d’abord au-dessus (aspect sternal) puis en avant, puis au-dessous de la veine coronaire droite. Au voisinage du sillon postérieur il se divise en plusieurs branches. La plus volumineuse, qui est en même temps la plus antérieure, pénètre directement entre les deux ventricules. Une seconde branche formant une anse considérable s'enfonce un peu plus loin également entre les deux ventricules.
Du tronc même de l’artère dans son trajet horizontal et de la seconde de ses branches terminales partent des ramifications nombreuses, grosses environ comme la crurale de l’homme. Elles gardent en général une position superficielle et forment un riche réseau artériel à la surface postérieure du ventricule droit.
FŒTUS DE 1,30. — Pour la description des gros troncs vasculaires, nous devons forcément nous reporter à notre fœtus de 1°,30. L’injection poussée par l’aorte a assez bien réussi (PI. X). Les gros vaisseaux de la base du cœur sont injectés et bien visibles après l'enlèvement du thymus.
Cœur. — Le cœur a été trop fortement injecté. Il convient, en conséquence, de regarder la description que nous en donnons comme s’appliquant à un organe dilaté presque outre mesure.
Vue par devant, la portion ventriculaire se présente comme une masse
presque cylindrique placée transversalement. Le sillon vertical est peu marqué, et à sa partie supérieure la valvule sigmoïde de l’artère pulmonaire s’accuse par une large ampoule (PI. X,s). La hauteur de la masse ventriculaire à ce niveau ne parait pas dépasser 15 millimètres.
L’oreillette droite (0) est extrêmement volumineuse, avançant jusqu’à la moitié du diamètre transversal du ventricule. Elle se présente comme une masse ovoide, à grand axe transversal. L’oreillette gauche (0°), beaucoup plus réduite, s'élève comme une pyramide à gauche du cœur, appliquée contre l'artère pulmonaire (p).
Entre les deux oreillettes se montrent l’origine de l'artère pulmonaire, et un peu plus haut un tronc veineux transversal (v) (veine jugulaire gauche), cachant l’origine du canal artériel. Au-dessus de ce trone veineux transversal, on voit naître de la crosse de l'aorte le tronc brachio-céphalique droit (b) et la carotide gauche (4).
Sur la face postérieure du cœur, le sillon interventriculaire et les deux sillons auriculo-ventriculaires sont nettement accusés. Le sillon interventriculaire est presque médian. Entre les deux oreillettes on aperçoit les terminaisons des veines caves et des veines pulmonaires.
Mesures prises sur le cœur et les gros vaisseaux :
Diamètre transversal du cœur....................... 0,126 Distance du bord gauche du cœur au milieu de l'artère
PUR OTEILEREEE AE cc ec oboovb ado tie 0 ,085 Diamètre transversal de l'oreillette droite (face anté-
MONTRE) be dodsonoonononec ce ao ouoe Doooane 0 ,074 HauteunIdela MEME ere ece emenre eee 0 ,055 Diamètre transversal de l'oreillette gauche .......... 0 ,030 HAUTEUMAeNAMEME Per ee nee 0 ,060
L'artère pulmonaire, à 40 millimètres environ de son origine, donne le canal artériel long de 2 centimètres environ et large de 1 centimètre. En arrière du canal artériel, au-dessous de lui et de la crosse de l’aorte, l’artère pulmonaire se divise. Sa branche gauche, très courte, contourne l’oreillette et vient pénétrer dans le poumon gauche, en avant de la bronche (aspect sternal) et au-dessus de la veine. Sa branche droite est beaucoup plus longue ; elle mesure 12 millimètres de diamètre. Elle se place entre le tronc très court de la veine cave supérieure et la bronche principale.
Elle est, comme à gauche, au-dessus de la veine. Elle se bifurque à 2 cen-
timètres avant d'atteindre le poumon et son rameau supérieur pénètre dans l'organe immédiatement au-dessous de la bronche accessoire.
L'aorte, à 4 centimètres environ de son origine, donne le tronc brachiocéphalique et la carotide gauche, qui s'écartent l’un de l’autre presque à angle droit. Le tronc brachio-céphalique est large de 12 millimètres et long de 20 millimètres environ jusqu’à sa bifurcation. À 4 centimètres plus loin, au sommet de la crosse et un peu à gauche, naît la sous-clavière gauche. C’est dans l'intervalle que l'aorte reçoit, un peu en arrière, le canal artériel.
Les veines pulmonaires présentent une disposition très simple. De chaque poumon naît une veine, placée comme nous l’avons dit, au-dessous de l’artère (aspect sternal) au-devant de la bronche. Leur direction est transversale. La gauche, plus courte, longue seulement de 20 millimètres, s'applique sur l'oreillette gauche ; la droite, plus longue, mesurant 40 millimètres, croise en dessus l’origine des veines caves. Les deux veines continuent de marcher transversalement à la rencontre l’une de l’autre, et s'unissent, sans s’incurver, pour donner naissance à un frone commun qui descend directement en bas (aspect sternal), entre l’origine des veines caves et l’oreillette gauche.
Il n’y a point, à proprement parler, de veine cave inférieure. Au niveau même du diaphragme trois trones veineux considérables, gros comme le doigt, forment un confluent large de 35 millimètres au moins, dans lequel viennent encore s’aboucher à droite et à gauche deux veines diaphragmatiques. Ce confluent, logé dans le sillon interventriculaire, se place à droite du sinus des veines pulmonaires, au-dessous de la bronche et des vaisseaux du poumon droit, en se réunissant à la veine cave supérieure. On peut, en effet, donner ce nom à un tronc très court (PI. X, k), formé principalement par la réunion de deux veines descendant de la partie supérieure, veine j'ugulaire et veine sous-clavière droites, et d'une troisième, que nous avons déjà signalée comme passant devant l'aorte, et qui est en réalité un #ronc veineux brachio-céphalique gauche. Ce tronc, dans son trajet transversal, long de 60 à 70 millimètres, ne reçoit aucune branche veineuse. Le point où s’unissant aux deux autres veines il vient former la veine cave est situé immédiatement en avant et au-dessous de la bifurcation du trone brachio-
céphalique artériel.
TRoNG BRACHIO-CÉPHALIQUE (PI. X, b). — Long de 2 centimètres environ, il passe obliquement au-devant du 2° et du 3° anneau de la trachée et se divise aussitôt pour fournir la sous-clavière droite et la carotide droite. De la sous-clavière naît une branche qui paraît être la mammaire interne.
{1° La sous-clavière après un trajet de 6 centimètres environ se bifurque. Des deux rameaux qu’elle fournit, l’antérieur s'engage entre le musele sterno-maxillaire en dessous, et un autre muscle en dessus. Il paraît donner une humérale et une sous-scapulaire.
2° L'autre branche se dirige en bas et en dehors. Nous la désignons comme mammaire interne (PI. X, #1). Elle donne plusieurs rameaux, et parait descendre jusqu’à l’insertion du diaphragme.
CAROTIDE PRIMITIVE DROMTE (d).— Après un trajet de 2 centimètres environ, la carotide primitive droite se partage pour donner : 1° la carofide interne ; 2° la carotide externe ; 3° une petite branche très grêle pour le lobe droit du corps thyroïde.
A partir de ce point, situé un peu en dehors de l'extrémité inférieure du cartilage thyroïde, les deux carotides disparaissent sous un grand plexus veineux (/) au niveau et au-dessous du renflement æsophagien.
CAROTIDE PRIMITIVE GAUCHE (g). — Elle naît comme le tronc brachio-céphalique, de la convexité de la crosse de l’aorte. Après un trajet de 3 centimètres environ, elle se divise en un bouquet de branches nombreuses :
1° En arrière, la carotide externe ;
2° En avant, deux grosses artères paraissant répondre à la carotide interne (PI. X,:);
3° En dehors, une petite artère qui se rend au lobe gauche du thymus ;
4° D'autres petites branches, dont une se joint aux deux grosses artères répondant à la carotide interne ;
o° En dedans, au même niveau, une petite artère (7) qui s'enfonce dans le tissu cellulaire séparant la bifurcation de la carotide primitive du cartilage cricoïde (g).
En avant de la carotide existe un plexus veineux, formé des vaisseaux qui se réunissent, comme nous l'avons indiqué, pour constituer la veine cave supérieure et qui paraissent pour une partie provenir de la région dorsale.
ARTÈRE SOUS-CLAVIÈRE GAUCHE. — Elle naît de l’aorte à 3 centimètres au delà de la carotide gauche. Elle est volumineuse et paraît se diriger vers la face interne de la première côte. Elle croise une grosse branche veineuse qui rejoint la veine jugulaire. |
ARTÈRE MAXILLAIRE INTERNE. — En suivant la carotide externe dans sa distribution, on la voit donner au niveau du condyle de la mâchoire une branche volumineuse, qui semble la continuer et qui, passant en dedans de ce condyle, vient se placer entre les deux muscles ptérygoïdiens, en dehors des nerfs lingual et dentaire inférieur. Conservant son volume, elle finit par s'engager dans le canal sous-orbitaire, d’où on la voit ressortir pour former à la face l’artère sous-orbitaire (PI. XII, fig. 1, 4).
Chemin faisant, l’artère maxillaire interne, vraie branche terminale de la carotide externe, donne :
1° En dehors, un rameau pour le muscle temporal ;
2 Vers le milieu de son trajet, en dedans, deux branches. L’une va en arrière gagner la région postérieure du crâne, où nous la perdons de vue au niveau du rocher; l’autre, dirigée en avant, se distribue aux muscles ptérygoïdiens.
ARTÈRE SOUS-ORBITAIRE GAUCHE (PI. XII, fig. 1). — A sa sortie du trou sousorbitaire, l'artère est volumineuse et mesure près de 4 millimètres de diamètre. Elle est accompagnée de deux nerfs, terminaisons du nerf maxillaire supérieur. À peine dégagée du trou sous-orbitaire elle donne : 4° Une branche externe volumineuse (b), qui se ramifie après un trajet de 6 millimètres en de nombreuses branches serrées pour la peau de la partie supérieure de la tète.—2° Quelques millimètres plus loin, une branche (e) qui se rend aussi dans la peau et, après un très long trajet en ligne droite, s’y distribue en nombreuses ramifications. —3° Un peu plus loin, une nouvelle branche (d, d) destinée également à la peau. — 4° En ce même point prennent naissance plusieurs rameaux grêles, dont cinq ou six se distribuent au côté interne du muscle de la narine gauche.
Plus loin, en avant, l'artère sous-orbitaire plongeant dans le lit adipeux se divise bientôt en deux branches : 1° une interne plus superficielle, volumineuse, donnant deux rameaux qui se partagent à leur tour, de manière à former quatre artères parallèles cheminant jusqu’à l’extrémité
RECHERCHES SUR LE CACHALOT. girl
antérieure du museau ; — 2° une branche externe, se divisant bientôt en trois rameaux qui plongent profondément dans la masse adipeuse.
JuGuLAIRE DROITE (PI. X, 7). — Elle croise d'abord obliquement, de dedans en dehors l'artère sous-clavière droite. Aussitôt elle donne naissance en dedans à un bouquet vasculaire considérable, qui vient envelopper les deux carotides interne et externe à leur origine. Ce bouquet naît de la veine par de très gros trones, sur une étendue de près de 5 centimètres. L'un de ces troncs, en arrière, esttrès volumineux et s’enfonce profondément dans la région dorsale.
En dehors, au niveau des branches de ce plexus, naît un autre bouquet (r) de veines allant se jeter dans les muscles de l’aisselle, et d’autres encore, se faisant satellites des branches de l'artère sous-clavière.
JuGuLAIRE GAUCHE (PI. X, 7°). — Elle suit un trajet presque horizontal (v) au-devant de l’aorte, au niveau de la naissance du tronc brachio-céphalique et de la carotide primitive gauche. Puis elle décrit une courbe à concavité antérieure, croise l’artère pulmonaire un peu au-dessus de son origine, et c’est seulement à ce niveau, entre l’artère pulmonaire et la carotide primitive gauche, après un trajet de près de 7 centimètres, qu’elle donne une première branche qui s'enfonce en arrière et parait recevoir le sang des environs de la trachée.
A partir de ce point la jugulaire gauche donne encore plusieurs branches dirigées en dehors, sur un seul plan, formant un plexus appliqué contre le péricarde ; et au même niveau une branche volumineuse dirigée en arrière, qui croise, comme nous l’avons dit, l’artère sous-clavière gauche.
Deux centimètres plus loin environ, la jugulaire continuant son trajet oblique, donne en dedans plusieurs grosses branches, dont deux principales, qui vont constituer le plexus carotidien. Celui-ci est sensiblement différent du plexus de droite. II est moins considérable, et ses branches . Ce plexus,
6) mm 2!
n’enveloppent la carotide externe que sur une étendue de d’abord composé de gros vaisseaux, se résout bientôt comme le plexus carotidien de droite, en un grand nombre de petites branches longeant l'artère en avant et la séparant de la petite corne de l’hyoïde. — Une branche, naissant au même niveau, en dehors, et accompagnée de plus petites, correspond au bouquet de veines que nous avons décrit du côté droit, et va comme lui se jeter dans les muscles de l’aisselle,
À partir du point où la veine jugulaire a donné ces veines pour l’aisselle, elle ne fournit plus, jusqu’au moment où elle arrive au niveau de la face, qu'une dernière branche dirigée en dedans.