‹ Recherches sur le choléraChapitre 10 sur 95 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

2° Agar-agar. — On trouve cette algue dans le commerce sous forme de longs filaments desséchés ; on les coupe transversalement en petits fragments que l'on recouvre d'eau renouvelée 5 ou 6 fois dans l'espace de 24 à 48 heures. On fait écouler l'eau autant que possible, et l'on ajoute au liquide nutritif l'agar-agar dans la proportion de 1 0/0 calculé sec ; on maintient deux heures au bainmarie ou une heure dans le courant de vapeur; il ne faut pas chercher à faire dissoudre complètement l'agar. On passe sur un linge, on neutralise et clarifie. La flltration au papier est longue; on perd aussi toujours une forte proportion du mélange. On peut placer tout l'appareil de flltration dans le cylindre traversé par le courant de vapeur d'eau,

L'agar-agar a l'avantage de pouvoir être porté sans fondre à des températures plus élevées que la gélatine (40° et plus, d'après la proportion d'agar et la durée de la digestion).

On peut aussi se servir de sérum de sang coagulé (Koch), quoique son emploi dans le cas actuel ne soit pas indispensable.

Quand les tubes ou matras des milieux liquides ou solides devront être conservés longtemps, on fera bien de recouvrir le bouchon de un ou plusieurs doubles de papier buvard fixé par une bandeletté de caoutchouc sur le tube ; on évite l'accumulation de la poussière sur le coton et on retarde aussi l'évaporation.

Les milieux liquides peuvent être conservés presque indéfiniment, sans autre inconvénient que celui de se concentrer; mais la gélatine se dessèche plus ou moins à la surface et quand on la pique ensuite avec la tige de platine, elle se fend et l'on n'a plus l'aspect caractéristique des cultures en tube. On peut remédier à cet inconvénient en faisant fondre par la chaleur la gélatine ainsi desséchée dans les tubes dont on a besoin et en la laissant se solidifier à nouveau ; mais il y a là évidemment une limite, le milieu solide s'appauvrissant toujours en eau et s'enrichissant en gélatine.

CARACTÈRES DU BACILLE

Il ne faut pas chercher à empêcher complètement l'évaporation en couvi'ant, par exemple, les bouchons de coton avec des capsules en caoutchouc ; dans ce cas, en effet, les spores de champignons tombés à la surface du coton ou adhérents au caoutchouc, se trouvant placés dans une atmosphère très-humide, forment des filaments qui traversent le coton, et l'on voit apparaître une végétation à la face inférieure du bouchon; la gélatine, par suite, se trouve forcément contaminée ; c'est ce qui nous est arrivé pour la plupart des tubes ainsi recouverts de caoutchouc. Les bactéries, au contraire, ne semblent pas, dans ces conditions, pouvoir traverser le coton. M. Galippe a déjà signalé une contamination tout à fait analogue pour les tubes conservés dans une atmosphère très-humide (voyez : Société de Biologie^ 17 octobre 1885 et Se^naine médicale, 21 octobre 1885) (').

Procédé pour obtenir des cultures pures. — On emploie de préférence une selle du début de l'accès cholérique ou le contenu intestinal d'un cas rapide, ou encore la muqueuse intestinale. Si les préparations directes ne montrent que peu de virgules dans les matières cholériques que l'on a à sa disposition, on pourra, avant de semer en gélatine, avoir recours d'abord à un des procédés de multiplication indiqués plus haut.

Avec une tige de platine flambée et refroidie, on enlève une parcelle de la matière (flocon, muqueuse ou purée de virgules) et on la délaie dans un tube de gélatine fondue et refroidie vers 30°; on agite de façon à avoir un mélange homogène autant que possible. Avec une tige de verre tlainbée, on prélève trois ou quatre gouttes de cette gélatine pour ensemencer de môme un second tube ; avec le second enfin, on ensemence un troisième. Puis, on coule

(1) Voyez aussi : Hueppe, Die Méthode?», der Dacterien-Forschunn Wie^oacten, 3'- édition, 1886.

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