CHAPITRE PREMIER
séparément la gélatine des trois tubes, soit dans des godets de verre, soit sur les lames de verre.
On peut encore délayer la matière première dans quelques centimètres cubes soit d'eau distillée, soit de bouillon, stérilisés bien entendu, et avec une ou quelques gouttes de ce liquide, ensemencer un tube de gélatine. Mais avec les trois cultures simultanées et de concentration différente, on est plus certain de trouver du premier coup, dans l'une des trois, des colonies assez isolées pour pouvoir être employées à des cultures en tube.
Les godets sont des vases cylindriques de trois à cinq centimètres de diamètre, à fond plat, à rebords peu élevés (à peu près un à deux centimètres pour permettre l'examen à la loupe et au microscope) ; d'autres vases de même forme, mais un peu plus larges, et à rebords un peu plus bas, leur servent de couvercles. Ces deux godets s emboîtent l'un sur l'autre comme les deux parties d'une boîte à pilules. Ces doubles vases sont stérilisés à l'étuve ou par flambage ; on ne soulève le couvercle que pour couler la gélatine et on le replace aussitôt. Comme lames de verre, on peut prendre les porte-objets ordinaires servant aux préparations microscopiques ou des lames plus grandes ; ou les stérilise et. on coule la gélatine contaminée à leur surface en l'étendant avec une baguette de verre flambée. La couche de gélatine ne devra pas avoir plus de quelques millimètres d'épaisseur. On hâtera la solidification en été par refroidissement artificiel. Les godets seront placés en chambre humide ou directemeut dans une étuve chauffée à 18-22° ; les lames seront introduites préalablement dans une chambre humide ordinaire à préparations microscopiques.
Au bout de 24 à 48 heures les colonies sont visibles à l'œil nu dans la gélatine ; on voit alors que la transparence de celle-ci est troublée par de petits points plus ou moins rapprochés suivant la quantités de bactéries ensemencées. Ce sont toujours dans la première culture des colonies très-diverses. Celles du bacille-virgule
CARA.CTÈRES DU BACILLE
ont été déjà décrites par M. Koch ; néanmoins, il ne sera pas superflu de revenir ici sur leurs caractères, en ajoutant quelques détails propres à les faire reconnaître plus facilement (').
Caractères des colonies. — Les plus jeunes colonies de iDacillesvirgules se présentent comme de très-fines gouttelettes incolores, réfring-entes et transparentes ; elles sont tout d'abord homogènes, mais elles ne tardent pas à perdre ce caractère. Examinées à la loupe montée ou au microscope (planche I, fig. 4) à un faible grossissement (^j elles se montrent découpées en fragments irréguliers par de fines stries d'apparence un peu plus foncée ; la petite tache prend un aspect craquelé, rappelant, comme l'a dit M. Koch, un amas de petits fragments de verre. Par réflexion ces colonies sont très-pâles , blanchâtres , un peu chatoyantes ; leurs contours ne sont pas réguliers, mais présentent de petites saillies et anfractuosités. La colonie grandissant et devenant plus épaisse, reste toujours fort pâle, mais laisse reconnaître néanmoins une teinte grisâtre faiblement nuancée de jaune; la ressemblance avec des fragments de verre devient plus grande ; les contours sont fréquemment déchiquetés.
Si l'on a ensemencé d'une façon trop abondante, si des colonies de bactéries diverses sont três-rapprochées les unes des autres, ce stade peut n'être pas dépassé et la gélatine se liquéfie en masse avant que les colonies du bacille-virgule aient pris des caractères plus accentués. Elles pourront donc passer inaperçues, d'autant plus que les autres colonies sont ordinairement plus colorées, moins transparentes, et frappent davantage la vue. La recherche sera facilitée en examinant par réflexion à la loupe ou en se servant de la
(1) Voyez notre note clans Comptes-rendus de VAc. des Se, 26 janvier 1885,
(2) Nous les cherchions ordinairement avec l'objectif 0 de Verick, oculaire 3 s puis nous passions à l'objectif 2 eu tournant le revolver.
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