CHAPITRE PREMIER
en fer blanc que l'on suspend dans le courant pendant une heure ; une seule opération est presque toujours suffisante pour les tubes ; pour les matras, il sera prudent de recommencer deux fois à 24 li. d'intervalle.
Quel que soit le procédé employé, on ne fera jamais usage du milieu nutritif qu'après s'être assuré qu'il est bien réellement stérilisé, et pour cela, on conserve les récipients 10 à 15 jours à une température de 25 à 30° ; on n'emploiera que les vases dont le contenu ne montre, dans ces conditions, aucune trace de végétation, ni aucun trouble.
Avec 1 kilog, de viande maigre hachée, nous préparions ordinairement deux litres de bouillon. On peut soumettre la viande à deux ou trois ébuUitions successives, réunir les colatures et les traiter comme ci-devant. On peut aussi faire une pâte avec la viande hachée et l'eau, laisser macérer 12 à 24 heures à basse température, exprimer le tout et porter à l'ébuUition pour coaguler l'albumine dissoute.
2° On obtient un liquide plus nutritif en ajoutant au bouillon des peptones sèches dans les proportions de 1 ou 2 pour cent et même davantage ; nous sommes allés souvent jusqu'à 5 0/0. On fait dissoudre les peptones dans le bouillon avant de le neutraliser, car elles sont toujours acides, puis on achève l'opération comme il a été dit.
3° Mais on peut aussi très-bien se dispenser de préparer du bouillon et faire une simple solution de peptones dans l'eau distillée ; on neutralise à chaud comme pour le bouillon ; on peut ajouter 1/2 0/0 de phosphate disodique, et 1/2 à 1 0/0 de sel marin; mais ces additions même ne sont pas nécessaires (du moins quand il s'agit du bacille-virgule). La préparation de ce troisième liquide nutritif est beaucoup plus simple et plus rapide, et aussi notablement plus économique ; il a l'avantage de ne pas se troubler pendant la stérilisation.
CARACTÈRES DU BACILLE
Milieux solides. (^Koch). — 1" Gélatine. On prépare un des trois liquides nutritifs que nous venons d'indiquer. Le bouillon simple' devra être très-concentré ; mais il sera toujours préférable de l'additionner de 1 0/0 de peptones ; on pourra aussi avoir recours . à une solution aqueuse à 2 0/0 de peptones. Avant de neutraliser on fait dissoudre dans ce liquide, à une chaleur modérée, delà gélatine très-blanche dans la proportion de 10 0/0 en été, et 5 ou 6 à 8 0/0 en hiver, suivant le climat. On neutralise ensuite comme il a été dit plus haut; on peut alors laisser refroidir en partie cette solution et ajouter du blanc d'œuf pour la clarifier ; cette addition est inutile si on fait dissoudre la gélatine dans le macéré de viande obtenu à froid. Dans les deux cas, il faut avoir bien soin de maintenir ensuite le liquide au bain-marie ou dans le courant de vapeur jusqu'à coagulation complète de l'albumine, autrement des flocons se forment encore pendant la stérilisation. On passe ensuite sur du feutre ou de la flanelle dans un entonnoir à double fond maintenu à 100°.
On peut aussi clarifier la solution de gélatine par flltration au papier dans un pareil entonnoir, en ayant soin de reverser sur le filtre jusqu'à ce que le liquide passe clair. Cette flltration est assez longue.
Dans l'un et l'autre cas, on reçoit le liquide dans des matras stérilisés dans lesquels on peut le conserver ; une partie sera transvasée encore chaude dans des tubes à essai soit directement, soit mieux à laide d'une pipette. On stérilise encore une fois les tubes et les matras garnis comme il a été dit plus haut. Pour la gélatine, il y aurait inconvénient à chauffer trop souvent et trop longtemps ; elle se figerait moins bien. Pour s'assurer que la stérilisation est complète on conserve encore ces tubes une quinzaine de jours avant de les employer; mais il ne faut pas que pendant ce temps la température dépasse beaucoup 20°, la gélatine se liquéfiant vers 25-26°.