CHAPITRE PREMIER
lumière oblique, et avec un peu d'habitude on évitera cet écueil que nous avons cru devoir signaler aux commençants.
Les figures 1 k 8 de la planche I représentent des colonies plus âgées telles qu'elles apparaissent quand elles sont parfaitement isolées. La figure 1 est une lame portant quatre colonies vues dans leur grandeur naturelle. Ce sont tout autant d'ulcérations creusées à la surface de la gélatine, ayant à leur centre une excavation - (cavité nucléaire) plus profonde dans laquelle on reconnaît un noyau blanchâtre. La figure 2 représente une coupe schématique des mêmes colonies, destinée à bien montrer la petite cupule au fond de l'excavation générale. La figure 3 est une colonie dans un tube, vue par dessous, de façon à bien montrer également la même disposition.
Si l'on examine ces mêmes colonies au microscope (flg. 5), ou y distingue des détails nouveaux. C'est d'abord au fond de la cavité nucléaire et au centre de la colonie le 7ioyau (cl) rappelant la colonie plus jeune précédemment décrite ; il est d'une iaible teinte grise tirant un peu sur le jaune, paraît grossièrement granuleux et souvent comme craquelé à la manière des jeunes colonies. Autour de lui est une zone intermédiaire (c) aux bords déchiquetés , laissant presque libre des espaces irréguliers qui font l'effet de lacunes (/) (zone lacunaire de notre précédent travail). Enfin il y a la zone pé7-ij}héricjue (b) marquée seulement de très petites granulations espacées et dont le bord extérieur, qui forme la limite de toute la colonie, se présente comme un liséi^é (a) un peu plus foncé et finement dentelé. La figure 6 est une coupe idéale à travers la même colonie.
Dans les colonies plus grandes (fig.l) il est facile encore de distinguer les mêmes zones.
Quand les cultures sont maintenues à basse température (16-17° environ), le développement en largeur est relativement plus lent et la véo-étation semble se passer tout entière au voisinage imuié-
CARACTÈRES DU BACILLE
diat du noyau cfui va creusant devant lui en profondeur. La zone externe n'est plus représentée que par un espace uniforme à peine ponctué dont le liséré n'est plus dentelé, mais forme une ligne continue. Des lignes concentriques apparaissent dans la zone moyenne indiquant autant d'étages dans la cavité nucléaire qui devient extraordinairement profonde [fig. 8 et 9).
L'excavation creusée par la colonie à la surface de la gélatine donnerait presque à croire, comme l'a dit M. Koch, que le bacillevirgule détermine l'évaporation de l'eau.
Le bacille-virgule fluidifie la gélatine ; mais ce n'est pas là un caractère qui lui est propre. Cette fluidiflcation ne se fait pas à distance : partout, en effet, où la gélatine est liquéfiée on trouve des bacilles-virgules disséminés.
Le développement continuant, les colonies arrivent à se toucher, puis à se confondre ; la gélatine est liquéfiée peu à peu dans toute sa masse, et il ne reste bientôt plus que des noyaux ou des débris de noyau nageant dans ce fluide.
Il ne faut pas attendre aussi longtemps pour employer cette première culture à en faire de nouvelles : le premier ensemencement fait avec les matières cholériques donne, en effet, toujours naissance à des colonies diverses. Si on n'a semé que très-peu de matière, elles pourront être assez espacées pour qu'il soit aisé de toucher l'une d'elles seulement avec une tige de platine, sans effleurer aucunement les autres, et on pourra alors transporter directement cette deuxième semence dans la gélatine solide contenue dans un tube.
Si ces conditions ne se trouvaient pas réalisées dans la culture, ou dans une des trois cultures dont nous avons parlé plus haut, il faudrait recommencer tout le procédé en prenant pour point 'de départ cette fois une des colonies que l'on touche avec une tige de platine ou même avec une fine aiguille flambée, en s'aidant de la loupe ou du microscope, et ce seront alors les nouvelles colonies ^lu deuxième serais qui serviront à inoculer des tubes.