C. — Caractères morphologiques
Dans les préparations faites soit avec les selles ou l'intestin des cholériques, soit avec les cultures, les bacilles- virgules se montrent sous forme de bâtonnets légèrement recourbés (Pr,. n, fîg. \) (comme une virgule, M. Kocli); cette courbure est d'ailleurs assez variable suivant les individus : on en trouve qui ne sont que faiblement arqués, et d'autres formant un demi-cercle. La longueur est aussi très variable; dans les cultures, on trouve fréquemment des individus très courts, ne dépassant pas 0 |j. 5 à 0 |a 7 ; on serait presque tenté de les prendre pour des coccus, n'était leur courbure ordinairement bien marquée. Chez d'autres individus, tout aussi ou même plus courts, cette courbure est plus ou moins effacée ; on en trouve enfin, surtout dans les milieux épuisés, qu'il nous a paru impossible de distinguer des coccus.
La longueur moyenne des bâtonnets est d'environ 1 ,u. 50 ; dans les préparations avec selles et intestin elle ne descend guère audessous de 1 (X. Mais il est plus difficile d'indiquer une limite supérieure; les individus, en effet, restent facilement agrégés, surtout dans les milieux liquides, sans qu'il soit possible de distinguer les
CARACTÈRES DU BACILLE
cloisons de séparation ni à l'état vivant, ni dans les préparations coloriées ; le plus souvent ils se disposent alors en spirale ; mais des individus peu nombreux (2 surtout) peuvent aussi être réunis en un simple arc ou ter à cheval. Cette réserve faite, on trouve fréquemment des bacilles approchant ou atteignant 2 |^ ou les dépassant même.
L'épaisseur est plus constante; elle nous semble cependant un peu variable : les bacilles conservés depuis quelques semaines dans l'eau salée nous ont paru, en effet, plus fluets en général ; dans l'intestin des cholériques on les trouve aussi parfois un peu plus gros que d'habitude.
Dans l'intestin et la gélatine, on ne rencontre que des spires rares et très courtes ; il faut dire cependant qu'elles paraissent toujours plus nombreuses en examinant ces matières à l'état vivant, les spires semblent donc se désagréger, en partie au moins, par le fait même de la préparation.
Les mouvements rapides que possèdent les bacilles-virgules ou leurs agrégats à de hautes températures (28 à 35° et au-delà) paraissent suffire aussi pour produire cette même désagrégation. Les cultures dans le bouillon, mieux encore, dans le bouillon à peptones, ou une simple solution de peptones, montrent de nombreuses spires d'une grande longueur, souvent de véritables touffes de spires, quand elles ont été faites à des températures relativement basses (18 à 22°) oîi la croissance est encore marquée et où les mouvements se trouvent déjà très ralentis (Pl. U, fig. 2). Dans les mêmes milieux, maintenus à des températures plus élevées (30-35°) les spires .sont, au contraire, bien plus rares et plus courtes. Les tours de spire peuvent être fort rapprochés, elles ondulations sont alors brusques ; mais ils peuvent aussi s'allonger de façon à donner à la spire entière l'apparence d'une ligne presque droite. On obtient fréquemment des figures fort caractéristiques et dues, sans douie, à des spires désagrégées pendant la préparation ; ce sont des vir-