‹ Recherches sur le choléraChapitre 17 sur 95 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

gules disposées en une rangée, très rapprochées, mais isolées néanmoins et séparées par des intervalles très courts ; le plus souvent elles sont alors concaves toutes, ou presque toutes, dans le même sens.

En somme, le bacille-virgule se nmltiplie par scissiparité, et les cellules filles peuvent rester agrégées en forme de spire ; mais cette soudure esl peu résistante, et malgré les variations morphologiques dont nous avons parlé, la forme fondamentale est toujours le bâtonnet recourbé.

M, Babès a montré que les couleurs d'aniline se fixent souvent d.'une façon plus intense aux deux extrémités du bacille vivant dont la partie médiane apparaît alors moins fortement colorée, ce quia pu faire croire à l'existence de spores. «Mais ces parties foncées sont mal limitées ; elles sont mobiles, se rapprochent du centre et s'y fusionnent à mesure que le bacille grandit; puis elles se séparent en laissant entre elles une raie claire qui indique le commencement de la division » (Comilei Babès, p. 476). Dans les préparations sèches déjeunes colonies, nous avons aussi rencontré fréquemment une partie des bacilles colorés de cette façon particulière; mais, évidemment, cela ne Lient pas à la présence de spores endogènes ; car dans les virgules non colorées, vivantes ou non , on ne trouve jamais de sphères réfringentes, et les cultures d'où provenaient ces préparations ne résistaient pas plus que d'autres à la dessication ou à une température de 60°, etc.

Dans les cultures anciennes, les virgules ou leurs agrégats, en voie de dépérissement, prennent souvent des aspects particuliers; il arrive, par exemple, que la spire se renfle en un de ses points. De pareils bacilles déformés absorbent moins fortement les matières colorantes et se montrent stériles.

Certains auteurs ont donné une importance tout à fait exagérée à ces formes d'involution que l'on a décrites avec beaucoup de détails et considérées comme les représentants de diverses géné-

CARACTÈRES DU BACILLE

rations alternantes. Il ne s'agit, en réalité, que de déformations pathologiques qui ne peuvent guère se rencontrer que dans les conditions artificielles des cultures, et qui n'ont pas d'importance pour l'histoire naturelle du bacille en virgule.

Il n'en serait pas de même de la découverte d'arthrospores faite par Hueppe ('), si elle se confirmait. On sait qu'à côté des endospores qui se forment avec leur membrane dans l'intérieur d'une cellule mère (bactérie) et aux dépens du protoplasma de celle-ci, on a distingué (de Bary) des arthrospores ou gonidies qui résultent de la transformation d'une cellule (bactérie) tout entière ou après division, la membrane de la cellule devenant la membrane de l'artlirospore; celles-ci peuvent se distinguer des cellules végétatives par une membrane plus épaisse, un contenu plus réfringent, une résistance plus grande aux agents de destruction, et aussi par leur forme arrondie, quand ce n'est pas là la forme ordinaire de la bactérie.

Hueppe a observé qu'à une température de 22 à 37% mais surtout de 34-37° (dans des chambres de Geissler et dans l'agar) les spires de la bactérie cholérique, quand le terrain commence à s'épuiser, deviennent d'abord plus lentes dans leurs mouvements, puis se fragmentent en corpuscules arrondis que Hueppe considère comme des arthrospores, à cause de leur réfringence qui serait plus grande, et à cause de la gélification de leur membrane ; ces arthrospores ne se multiplient pas comme telles, mais s'allongent avant de se multiplier et donnent alors de nouveau naissance à des virgules plus ou moins longues ; elles résisteraient aussi mieux à la dessication, sans que Hueppe indique cependant à ce sujet aucune expérience précise. Hueppe semble attribuer à ces arthrospores la longue vitalité des cultures dans l'agar-agar, les états purement végétatifs ne suffisant plus pour expliquer cette résistance.

0) Hueppe, FoHschritte der Médecin, 1" Ocl. 1885.

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