CHAPITRE PREMIER
selles de douze cas de diarrhée; nous n'avons pas trouvé de bacille pouvant, même par sa forme et ses dimensions, être confondu avec la virg-ule.
Des recherches bien plus nombreuses ont été faites par plusieurs autres auteurs; ainsi, déjà, pendant son expédition dans l'Inde, Koch avait examiné {Première Conférence, p. 24) de nombreuses selles dyssentériques et l'intestin de 31 individus ayant succombé pour la plupart à des affections intestinales ; plus tard, il continua ces essais avec Sthal, en s'adressant surtout aux diarrhées infantiles et d'adultes, à la salive, au mucus buccal.
Dans sa Deuxième Conférence, p. 4, Koch parle encore de quelques centaines d'examens de salive, fèces, etc., entrepris dans le même sens. Jamais on ne trouva le bacille-virgule.
Strauss [An. Méd., 5 août 1884) signala dans les écoulements leucorrhéiques des bacilles recourbés, faciles à confondre sous le microscope avec ceux du choléra; il en avait seulement conclu que la forme en virgule n'est pas caractéristique par elle-même, et qu'il faut y joindre d'autres indices, tels que l'aspect des colonies. Malgré cela on s'est souvent appuyé sur ces indications de Strauss pour refuser toute spécificité à la virgule, et identifier même les deux bacilles que par l'examen microscopique seul on arrive cependant à distinguer une fois qu'on a pris l'habitude du microbe du choléra.
Lewis rr/ie Lancet, 20 décembre 1884) considéra comme identique à la virgule du choléra, un bacille courbe qu'il trouva dans la salive, et qui avait été, du reste, déjà observé avant lui. Mais ce microbe ne peut se cultiver dans la gélatine (Miller, Koch, Frœnkel) ; il se distingue, du reste, même par sa forme, étant plus grand, plus efiQlé aux deux extrémités, comme on peut s'en assurer par l'examen de la fig. 3 pl. II qui représente un bacille pris dans une dent cariée.
Nous avons trouvé aussi un bacille courbe présentant une certaine ressemblance avec la virgule dans les matières intestinales
CARACTÈRES DU BACILLE
de l'homme sain et de divers animaux ('). Dans nos cultures sur lame, nous avons trouvé, à diverses reprises, des colonies ayant, à première vue, un aspect assez semblable à celui des colonies du bacille cholérigène ; elles étaient constituées par un bacille ayant tout à fait la même forme que celui que nous venons de mentionner. Il semble donc que ce soitlàune bactérie très répandue et dont les spores existent probablement dans l'air. Les colonies ont un aspect hyalin ; mais elles sont plus grises, plus foncées que celles de la virgule ; elles sont aussi plus uniformément granuleuses, et la limite externe ondulée est marquée de nombreuses stries rayonnantes, ce qu'on ne voitjamais dans les colonies de virgules .10 pl. II). A la périphérie, ces stries sont isolées et très nettes ; plus à l'intérieur elles deviennent moins distinctes; enfin au centre se trouve un noyau gris et finement granuleux. Plus tard, on voit apparaître en dehors une zone de liquéfaction sous forme de ruban festonné (fig. 11) dont les ondulations correspondent à celles de la zone moyenne, laquelle présente toujours à sa limite externe une striation radiée bien nette ; mais elle ne devient jamais lacunaire comme dans les colonies de virgules, et son aspect est toujours plus uniforme. En même temps, le noyau se désagrège ordinairement en fragments irréguliers. Les colonies s'étendent beaucoup plus rapidement à la surface de la gélatine qu'elles liquéfient aussi bien plus vite; elles peuvent acquérir un grand diamètre.
Si, pour les bacilles isolés, la confusion est possible, il n'en est plus de même des préparations qui en contiennent beaucoup, surtout de celles faites avec les colonies. On voit alors facilement {fig. 4) que la fausse virgule est plus volumineuse, plus épaisse surtout que le microbe cholérigène ; notablement moins incurvée, fréquemment même droite ou presque droite. Nous n'avons pas fait de cultures dans le bouillon; dans la gélatine nous n'avons pas
(1) Revue Scientifique, 25 novembre 1885, et Revue d'Hyniène, t, VII