CHAPITRE PREMIER
observé de spires. On rencontre souvent deux individus soudés et formant un bâtonnet plus long, plus recourbé, mais articulé en son milieu comme en a a {fig. 21). Ce bacille ne foisonne pas dans le linge humide.
M. le docteur Héricourt a aussi signalé (')i dans les eaux de la basse Deule, à Lille, un bacille courbe ayant quelque ressemblance, par sa forme, avec le microbe cholérigène. M. Héricourt a bien voulu nous envoyer de cette eau ; en en semant quelques gouttes dans la gélatine, nous avons obtenu de nombreuses colonies identiques à celles que nous venons de décrire. Vu le nombre de ces colonies et leur présence sur toutes les lames couvertes par la culture, nous pensons que le bacille de ces colonies provenait bien de l'eau et n'était point dû à l'atmosphère du laboratoire. 11 était certainement identique avec notre fausse virgule ; nous ne pouvons, en l'absence des caractères des colonies, émettre la même affirmation pour les bacilles plus ou moins courbes contenus dans les préparations que M. Héricourt a bien voulu nous faire parvenir. Mais nous inclinons fortement dans ce sens. Il est certain que ces derniers se distinguent même morphologiquement de la virgule du choléra, quand on fait l'examen comparatif sous le même grossissement.
Klebs sig-nala des bacilles semblables à la virgule dans les déjections d'un malade atteint de pneumonie ; mais tous les essais de culture de cette bactérie ayant échoué, Klebs semble avoir renoncé à la considérer comme identique à celle du choléra. Klebs envoya une de ses préparations et une partie de ces déjections à Koch, qui ne trouva rien pouvant être confondu avec le bacille cholérigène.
(1) Revue Scientifique, 25 novembre 1885, et Revue d'Hygiène, t. VII, n» 1, 1885.
CARACTÈRES DU BACILLE
Une découverte qui fit sensation, fut celle de Finlder et Prior (*). Ces auteurs trouvèrent dans les déjections de quelques malades atteints du choléra nostras un bacille qu'on ne pouvait, d'après eux, distinguer de celui du choléra, ni par sa forme, ni par son mode de végétation dans la gélatine. Des cultures de ce bacille furent envoyées, par MM. Finkler et Prior, à Koch, d'un côté, et à Van Ermengem de l'autre, qui, tous deux, reconnurent qu'elles étaient impures et constituées par un mélange de plusieurs micro-organismes. Koch (-) y trouva : 1° des bactéries qui ne liquéfient point la g-élatine, mais la colorent en vert ; 2° des bactéries plus courtes, rectilignes, ne liquéfiant pas non plus; 3° des bacilles rectil ignés qui se développent à la surface des cultures en formant des dessins caractéristiques et qui liquéfient la gélatine ; 4" des bactéries qui liquéfient aussi la gélatine et qui ont une certaine ressemblance de forme avec celle du choléra ; ce sont ces dernières qui sont les véritables bacilles en virgules de Finkler et Prior. Elles liquéfient la gélatine beaucoup plus vite que le microbe cholérigène et végètent vigoureusement sur des tranches de pommes de terre, à une température (17-18°), où ce derniér ne se développe pas dans ces conditions ; elles forment sur ces tranches une masse muqueuse d'un gris-jaunâtre, tandis que le bacille de Koch (à une température plus élevée) forme des colonies colorées en brun-foncé.
MM. Finkler et Prior ont cherché à se défendre contre les reproches qui avaient été adressés à leurs premières publications, à jus* tifier et à compléter celles-ci. Dans leur mémoire (^), ils ont fait de notables efforts pour rapprocher leur bacille de celui du choléra, et pourtant à chaque page on voit éclater l'aveu de différences très réelles qui rendent impossible la confusion pour tout bacté-
(1) Deutsche Med. Wochenschrift, 1884, n° 3G et 39.
(2) Deutsche Med, Wochenschrift, n» 45, 1884, et Semaine Médicale, 8 novembre 1884.
(3) Ergànzunshefte zum Centralhlatt fûr allf/emeine Gesimdheitspflege, B. I, H. 5 et 6. Bonn 1885.— m pages et 7 planches.