‹ Recherches sur le choléraChapitre 21 sur 95 · CHAPITRE 1>REMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1>REMIER

riolog'iste exercé. Or, c'est là le seul point important au point de vue de l'étiologie du choléra.

Nos connaissances sur les bactéries en général sont bien trop incomplètes encore pour songer à établir une classification rationnelle dans tous ses détails; on ne peut aujourd'hui que tracer quelques règles générales pour un pareil système, qui devra tenir compte, avant tout, de la fructillcation et des formes constantes ou habituelles. Le bacille du choléra sera, sans doute, réuni avec celui de Fhikler et Prior dans la division des spirochètes, mais cela n'impUque en aucune façon une parenté étroite, et celle-ci même n'impliquerait pas une analogie de propriétés pathogéniques. Il ne semble pas, en effet, que d'une façon générale, ces propriétés puissent être considérées autrement que comme le résultat d'une adaptation secondaire, relativement récente et par conséquent moins fixe; elles peuvent être très différentes pour des bactéries fort rapprochées et indubitablement d'origine commune (bactéries charbonneuses virulente et atténuée). On ne peut donc se baser sur des considérations de ce genre pour établir une parenté étroite entre deux bactéries, pas plus que l'on n'invoquera la propriété de nager, ou de grimper, ou de voler pour amalgamer dans une même division tous les animaux qui en sont doués.

Il n'est nullement démontré, il est même fort douteux que le bacille de Finkler et Prior produise le choléra nostras. D'un côté, en effet, ces auteurs ne l'ont trouvé que dans cinq cas, et encore leurs recherches ont-elles eu lieu, en grande partie au moins, sur des selles déjà anciennes de quatorze jours et en état de putréfaction (') ;d'un autre côté, d'autres investigateurs n'ont rien pu découvrir de semblable à des bacilles courbes dans le cholér'k nos^ tras, et le nombre des cas négatifs, examinés jusqu'à présent, dépasse de beaucoup celui des cas positifs de Finkler et Prior (^).

(1) Finkelr et Prior reconnaissent eux-mêmes que la présence couslaule dp leur bacille dans le choléra nostras n'est point démontrée l. c. p. 413.

(2) Koch, 2"= Conférence, page 2.

CARACTÈRES DU BACILLE

Mais, en admettant même pareille relation de cause à effet entre le bacille de ces Messieurs et le choléra nostras, l'analogie des symptômes entre cette maladie et le choléra asiatique ne peut, en aucune façon, impliquer, d'après ce que nous venons de dire, une parenté étroite, une communauté de souche entre deux bactéries qui n'ont d'autre lien que d'être toutes deux des spirochètes. Il existe, en effet, entre elles des différences très notables.

1° Si l'on fait des préparations avec des cultures obtenues avec le même milieu et dans les mêmes conditions, le bacille de Fin- IderetPrior se montrera toujours très notablement moins incurvé, plus long, mais surtout plus épais, moins fortement coloré. Il est certain que les deux bactéries présentent chacune une grande variabilité de forme et de dimensions, et que l'on pourra trouver de petits bacilles de Finkler, très rapprochés des gros bacilles du choléra; mais, si l'on tient compte de l'ensemble des individus d'une préparation, on verra que les différences indiquées sont constantes. Or, il est évident que., quand ils se montrent constants, ces caractères différentiels de forme et de dimension sont des plus importants pour la différenciation et la classification des bactéries (comparez la fig. 5 Pl. II avec les f-g. 1 et 2) (');

2° A une température où la multiplication du microbe cholérigène est presque nulle (température inférieure à 17-18°), le bacille de Finkler et Prior se développe encore très vite, et à des températures supérieures à 17-18°, l'accroissement de ce dernier est beaucoup plus notable.

Nous arrivons maintenant à des différences qui ne se manifestent que dans des conditions créées artificiellement et dont il est impossible, par conséquent, de connaître encoi-e la valeur au point de vue d'une classification naturelle, mais qui n'en sont pas moins

^ (1) Nous devons à l'obligeance de M. le docteur Frank, assistant de M. Koch, l'envoi d'une culture du bacille de Finkler et Prior.

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