CHAPITRE DEUXIÈME
rations anciennes, où elle lui avait échappé en premier lieu ; il arriva finalement à la même conclusion que tous les auteurs précédents.
Emmerich, tout en attribuant la propriété cholérigène à un bacille différent, reconnaît cependant avoir constaté la présence de la virgule dans 8 cas sur 10 autopsies.
Klein fit une expédition dans l'Inde pour contrôler les assertions de Koch, contre lesquelles il avait déjà nettement pris position avant son départ. Klein fut cependant obligé finalement de reconnaître que les bacilles-virg-ules se rencontrent habituellement dans les cas de choléra; il prétendit seulement;
1° Que leur nombre est d'autant plus faible que l'examen a eu lieu plutôt après la mort ;
2° Que dans les cas rapides dont l'autopsie a été faite très peu de temps après la mort, on n'en trouve pas du tout.
Quant à la dernière assertion de Klein, nous n'avons pu la confirmer en aucune façon, ni en 1884, ni en 1885, pendant nos recherches faites au Pharo. Dans les cas très rapides, à autopsie immédiate, nous avons trouvé, au contraire, le plus souvent, une véritable culture pure.
Il y a quelque chose de vrai dans la première assertion de Klein, en ce sens, que si l'on place en chambre humide un fragment d'intestin de cholérique fendu longitudinalement, il y a une multiplication très-rapide de la virgule, de sorte qu'après 24 à 48 heures, on ne distingue plus d'éléments histologiques et que la muqueuse s'est transformée en une purée de bacilles cholérigènes. On ne les trouvejamais aussi nombreux, cela est incontestable, sur l'intestin d'un cholérique examiné peu après la mort. Leur énorme augmentation dans ces conditions semble due à l'accès libre de l'oxygène relativement rare dans l'intestin in situ et à l'assimilation plus facile de la muqueuse morte que de la muqueuse vivante. Cette dernière raison explique que l'on peut obtenir de très belles cul-
DISTRIBUTION. — AUTRES BACTERIES.
•turessur l'intestin d'animaux qui paraissent absol ument indemnes, et elle semble aussi devoir faire admettre une certaine multiplication de la virgule dans le cadavre de l'homme pendant les premières heures après la mort. Néanmoins, dans les examens faits presque immédiatement après la mort, nous avons trouvé les virgules d'autant plus nombreuses en général que le cas avait été plus rapide.
Actuellement le choléra est une des maladies sur lesquelles on possède le plus d'observations au point de vue micro-biolog-ique ; le nombre des cas étudiés atteint peut-être ou dépasse même mille, et le bacille-virgule s'est rencontré dans tous les cas rapides, tandis qu'il a souvent fait défaut, quand l'examen a été effectué au-delà du quatrième jour de maladie, ou quand, en l'absence d'indication à ce sujet, la présence de globules roug-es dans le contenu intestinal montrait que l'on avait à faire à un cas ancien. Nous sommes donc en droit de conclure que le bacille-virgule se rencontre, au début au }7ioins, dans tous les cas de choléra asiatique.
B, — Dans les tissus et les organes.
Paroi intestinale. — L'examen doit en être fait sur des coupes après durcissement à l'alcool. Nous nous sommes servis pour leur coloration du procédé de Loeffler {Mittheilungen ausdem kaiser. Gesundheitsamt II, p. 439). Eau à 1/10000* de potasse caustique, 100 centimètres cubes, solution alcoolique saturée de bleu de méthylène, 30 centimètres cubes. On y laisse séjourner les coupes quelques minutes, puis successivement dans l'alcool à 60% 90°, 100% On éclaircit dans l'essence de cèdre, de bergamotte ou de térébenthine, et l'on monte dans le baume.
^ On constate la présence des virgules dans l'épaisseur de l'épithélium, au-dessous de lui, entre celui-ci et l'endothélium sous-