CHAPITRE DEUXIÈME
épithélial de Debove; enfin, quelquefois aussi dans le tissu conjonctif tout voisin.
Quelquefois on trouve avec les virgules d'autres bactéries qui ont pénétré, elles aussi, dans les glandes tubulées et dans le tissu immédiatement avoisinant, ainsi, par exemple, des bacilles grands ou petits, épais ou minces. C'est ce que l'on observe également dans toutes les altérations nécrosiques de l'intestin, la diphthérie, les ulcérations dothiénentériques, où des bactéries non pathogènes pénètrent secondairement les tissus nécrosés. (Koch, Première Conférence^ p. 1).
Voies biliaires, foie. — Dès la première épidémie, nous signalions la présence des virgules dans le canal cholédoque et dans la vésicule biliaire. Sur cinq fois que nous l'avions recherchée dans la vésicule biliaire, nous l'avions trouvée deux fois. Nous avions même obtenu avec de la bile une série d'inoculations sur les animaux.
Nous avons multiplié, en 1885. nos investigations dans ce sens. La bile a été examinée treize fois soit directement, soit par ensemencement dans la gélatine fait de la façon suivante: Sur le cadavre, tôt après l'ouverture de l'abdomen, on pique la vésicule avec une aiguille rougie à la flamme, on la remue dans la vésicule pour la retirer tout aussitôt et en inoculer des tubes de gélatine. Sur treize autopsies, la bile a donné trois fois des virgules, dont deux fois à l'état de culture pure.
En tenant compte des résultats des deux épidémies, nous avons donc rencontré le bacille cholérigène cinq fois dans la bile sur dixhuit autopsies ; ces cinq cas sont tous anciens.
Là où nous avons pu le savoir exactement, la maladie datait de cinq et de dix jours ; dans deux autres cas, le malade avait séjourné . à l'hôpital une fois quatre jours, et l'autre cinq; dans le dernier cas, enfin, où le malade était entré du matin, la réplétion énorme
DISTRIBUTION
AUTRES BACTÉRIES
de la vésicule, la décoloration de la bile et les autres signes indiquaient, de reste, que l'on avait affaire à une mort tardive.
Les deux fois où nous avons eu des renseignements i^récis sur la maladie, les malades étaient morts en réaction typhoïde.
Sur quatorze examens du foie, faits en 1885, des virgules ont été trouvées en culture impure deux fois. Ces deux cas concernent des individus morts: l'un, après onze jours de maladie; l'autre, après treize jours. La culture a été faite à l'aide d'une aiguille piquée d'abord dans l'organe et ensuite dans la gélatine : un tronc biliaire avait donc pu être traversé. Les semis de parenchyme du foie isolé au scalpel n'ont pas donné de résultat. Nous insistons sur ce fait, parce que le foie est le seul organe dans lequel nous ayons retrouvé le parasite cholérique.
Nous étudierons plus tard, à propos de la pathogénie, ce qu'il faut penser de cette coïncidence entre la virgule dans les voies biliaires et les symptômes de réaction typhoïde.
Sang. — Nous avons fait des cultures avec le sang de onze cadavres. Le procédé employé a été le même que pour la bile : piqûre avec l'aiguille chauffée au rouge dans l'oreillette droite, aussitôt à l'ouverture de la poitrine. Deux fois aussi nous avons ensemencé le sang d'une veine mésentérique. Nous n'avons pas été plus heureux que Koch, que Strauss et Roux, que Ceci. Jamais nous n'avons obtenu des colonies de virgules.
Raie, reins, muscles, cerveau. — Les résultats ont été tout aussi négatifs dans l'examen de ces organes et nos expériences ici concordent encore avec celles des auteurs que nous venons de citer. Pourtant nous avons, à diverses reprises, ensemencé des quantités considérables de parenchyme pris d'après le procédé que Gaffky a décrit pour la fièvre typhoïde (Mitih. ans dem Kais. Ges. II), où il donne des résultats très sûrs, comme nous l'avons vérifié noustnêmes.