‹ Recherches sur le choléraChapitre 51 sur 95 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

assez intense qu'il aurait éprouvée par l'inhalation des vapeurs de la base et gui aurait débuté dix-huit heures après celte inhalation. M. Pouchet qui était parvenu, avec le produit brut séparé des déjections par le chloroforme, à tuer une grenouille en moins de deux heures, n'a plus réussi avec le produit purifié qu'à déterminer chez un cobaye « l'irrégularité des mouvements du cœur et un frisson passager qui n'a été suivi d'aucun accident grave. »

En reprenant, en 1885, nos recherches sur le choléra (*), nous nous étions proposé d'acquérir des données plus positives sur l'action physiologique de la ptomaïne des cholériques, et d'examiner si les cultures de bacille-virgule contiennent un poison exerçant des effets analogues. Notre programme pour les cultures était déjà rempli, en grande partie, quand M, Pouchet fit paraître une note sur le même sujet (Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, 24 août 1885) :

ft Dans une note présentée à l'Académie, le 17 avril 1884, ainsi que dans deux notes publiées ensuite, j'ai établi l'existence, dans les déjections des cholériques, d'une substance alcaloïdique très altérable et se comportant comme un poison violent à l'ég-ard de Thorame et des animaux ; il était intéressant de déterminer, au point de vue de la pathologie elle-même, le mode de production ainsi que le rôle de cette substance dans les manifestations cholériques.

« Pour y parvenir, j'ai analysé, à l'instigation de M. le professeur Brouardel, des bouillons de culture pure du microbe de Koch, et j'ai pu y constater la présence, à l'état de traces, il est vrai, d'un alcaloïde liquide et dont les caractères (odeur, altérabilité, toxicité pour les animaux) paraissent identiques à ceux de la substance isolée des déjections des cholériques. «

(1) Les résnltats ont été indiqués dans nos notes des 1" octobre, 1" novembre et 15 novembre, du Journal de pharmacie et de chimie. Voyez aussi la communication faite par M. Riche à l'Académie de Médecine, le 27 octobre 1885.

PTOMAINE DU CHOLERA.

On 'se demande comment, avec des traces de cette substance, M. Pouchet a pu établir son identité avec la ptomaïne des cholériques, étant données surtout les expériences physiologiques bien incomplètes relatées plus haut, ainsi que l'accident à peine (y^oyable observé par M. Pouchet sur lui-même et dans lequel la plomaïne n'aurait agi que dix-huit heures après son inhalation. M. Pouchet exagère donc quand il prétend avoir démontré l'identité des deux ptomaïnes(5<i//e/m de l'Académie de Médecine, 3 novembre 1885); non seulement il n'a pas démontré cette identité, mais il n'a même apporté aucun fait positif sur l'action toxique de la ptomaïne des cultures.

Voici l'exposé de nos expériences :

Ptomaïne des cultures.

Exp. I. Un litre de bouillon à 15 p. 1000 de peptones et 5 p. 1000 sel marin, matras rempli presque jusqu'au col ; température 30 à 35 degrés les premiers jours après ensemencement ; laissé végéter quatre semaines. On a vérifié alors que le liquide était une culture pure de bacilles-virgules. Acidulé par l'acide tartrique, réduit au bain-marie au quart du- voIume, additionné le résidu de son double volume d'alcool à 90", liltré, évaporé en extrait ferme, repris par alcool H 92°, filtré, évaporé à sec. Le résidu est dissous dans un peu d'eau, additionné de carbonate de soude, agité trois fois avec de l'étlier, chaque fois avec trois ou quatre volumes. L'éther décanté est agité avec quelques centimètres cubes d'eau acidulée par l'acide chlorhydrique. La solution aqueuse chauffée à 3.5''-40° jusqu'à disparition de toute odeur étliérée est neutralisée par le carbonate de soude. On obtient S"-"' dont 3 sont injectés sous la peau d'un jeune cobaye pesant 130 grammes Après quelques moments, paresse des membres postérieurs; l'animal tombe sur le côté à chaque pas en marchant ; puis, il ne fait plus que se traîner sur le ventre en tombant encore à chaque instant ; enfin il reste couché sur le flanc. Contractions spasmodiques du diaphragme ; plus tard, secousses convulsives des membres, des postérieurs surtout. Bave s'écoulant de la bouche ; mouvements des mâclioires comme pour mâcher. Respiration notablement ralentie, quand il reste couché

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