‹ Recherches sur le choléraChapitre 82 sur 95 · HA.P1TRE SIXIEME · texte numérisé non relu

HA.P1TRE SIXIEME

exposée au soleil une journée tout entière. Dix-neuf personnes en burent ensuite ; cinq furent atteintes du clioléra dans les 36 heures suivantes.

Le champ d'action directe du microbe cholérique est l'intestin et l'intestin seul avec son annexe les voies biliaires. Encore les voies biliaires ne sont-elles envahies que très tardivement, ce qui doit faire renvoyer ce dernier point à l'étude des accidents tardifs de la maladie.

Mort rapide.

Pour expliquer la raorl par les seules altérations de l'intestin, nous trouvons deux hypothèses en présence :

a. L'une est la théorie mécanique ou hydraulique du choléra, qui a trouvé dans le célèbre Pacini (^) un chaud défenseur. Ce savant a même cherché à en établir la formule mathématique. D'après cette théorie, les accidents sont dus à la perte de liquide qui serait la conséquence de l'entérite. Le sang, devenu épais, ne circule plus que difficilement dans les capillaires, et en particulier dans les capillaires pulmonaires, d'où l'asphyxie et la mort.

On est d'accord généralement aujourd'hui pour considérer comme insuffisante cette théorie, parce qu'elle n'explique pas la mort dans les cas de choléra sec, ces cas foudroyants entre tous, où il n'y a presque pas d'évacuations et où, en même temps, le liquide n'est point accumulé dans Fintestin en quantité exceptionnellement grande.

b. L'autre hypothèse, pour expliquer la mort par entérite, pourrait être appelée ; la théorie yierveusè réflexe du choléra. Pour elle la

(1) Voir la traduction de l'ouvrage de Pâcini par le D' Bos, iu Marseille médical 1880 et 1881. C'est à cette théorie que l'on doit les essais de transfusion qui, finalement, n'ont pas abouti. L'amélioration momentanée observée parfois, peut être mise à l'actif d'une dilution de la substance toxique et partant à l'actif de la théorie de l'empoisonnement.

gastro-entérite agirait comme fait peut-être la hernie étranglée, suivant la comparaison avancée pour la première fois par Griesinger. Il y a, en effet, entre les deux états une analogie symptoniatique qui a de bonne heure frappé les médecins à tel point que l'on parle de choléra herniaire.

En admettant que l'anurie soit un phénomène réflexe, l'anurie est-elle capable à elle seule de provoquer la mort rapide par la rétention de l'urée et d'autres déchets organiques normaux de l'économie? L'expérience est contraire à cette hypothèse.

Les animaux, en effet, auxquels on extirpe les reins, ne meurent pas en quelques heures comme on voit mourir les cholériques. Pour nous en assurer, nous avons pratiqué l'extirpation des reins sur trois chiens en pénétrant par la région dorsale et en employant toutes les précautions usuelles. Le premier est mort après deux fois vingt-quatre heures; le second et le troisième sont morts après trois fois vingt-quatre heures.

Nous ne savons pas, dans l'état actuel de nos connaissances en physiologie, d'autre phénomène réflexe de l'irritation intestinale capable de donner la mort

Il nous reste à examiner une dernière théorie, celle de l'empoisonnement par une substance toxique développée dans l'intestin sous l'influence de la fermentation bacillaire. Cette théorie a pour elle la découverte d'un alcaloïde dans les matières intestinales des cholériques et dans leui's organes, et la découverte d'un alcaloïde très probablement identique dans les cultures pures du bacille-virgule.

Les animaux empoisonnés par ces alcaloïdes ont succombé avec des convulsions, en algidité. Ouand la dose a été moins forte, on a constaté cet état parétique des extrémités et particulièrement des extrémités postérieures que l'on retrouve dans l'inoculation des cobayes. La vessie s'est trouvée vide, les reins injectés. Nous avons observé les premiers sur les chiens, à qui nous avions injecté

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