CHAPITRE SEPTIÈME
exceptionnels; il peut arriver, par exemple, que des mouches aillent se poser d'abord sur des déjections cholériques dont elles sont très friandes, puis sur des substances alimentaires, mais il ne restera attaché aux pattes ou à l'appareil buccal delà mouchequede bien petites parcelles de matières cholériques, qui dessécheront très rapidement. Ce mode de transport n'aura donc guère lieu qu'à faible distance; néanmoins, c'est une éventualité qu'on ne doit pas perdre de vue dans les localités envahies par le choléra.
De ce qui précède découlent naturellement les mesures prophylactiques.
Quarantaines.
Pour nous garantir de l'importation de l'Inde, le moyen le plus simple et le plus efTicace semblerait l'isolement des navires à leur arrivée dans nos ports. Mais les quarantaines jettent une telle perturbation dans les relations commerciales, il y a tant de gens intéressés à les enfreindre ou à les esquiver, qu'elles seront bien souvent illusoires; elles exigent d'ailleurs une entente complète, une action commune de toutes les puissances, au moins de celles confinant à la Méditerranée, et l'on sait combien un pareil accord est difficile. A quoi serviraient de longues quarantaines dans les ports français, si voyageurs et marchandises peuvent être débarqués à Naples et gagner la France par voie ferrée plus rapidement que par mer. Quant aux quarantaines de terre, il semble bien que l'on est à la veille d'y renoncer totalement.
Il paraîtra, sans doute, plus rationnel dans l'avenir de ne plus mettre en suspicion le navire tout entier, mais seulement ce qui peut servir de véhicule au contage cholérique ; on laissera libre pratique à la plupart des marchandises, à tout ce qui est sec notamment, mais :
APPLICATIONS PROPHYLACTIQUES
1° On se méfiera de l'eau de cale, que l'on videra avant l'entrée dans le port ; ?° On désinfectera la cale ;
3° On soumettra à la désinfection les effets de ceux qui ont été atteints de choléra, ou même de diarrhée pendant la traversée;
4° On mettra en surveillance pendant quelques jours les passagers et l'équipage, si cette mesure peut se faire dans des conditions telles qu'elle ne soit pas elle-mêrfie une cause de danger et de propagation ; sinon il est préférable encore de ne retenir que les malades.
Ces moyens prophylactiques pourront encore être simplifiés par une hygiène rationnelle rigoureusement appliquée pendant la traversée. Il sera possible d'isoler les malades suspects; il sera facile de désinfecter leurs déjections et leurs effets par l'eau bouillante ou la vapeur d'eau, de désinfecter chimiquement ou de laisser dessécher tous les objets souillés qui ne peuvent subir ces manipulations.
Les récipients contenant l'eau potable seront rigoureusement surveillés et l'on videra fréquemment par les pompes l'eau de cale du navire, Le personnel se prêtera volontiers à ces mesures s'il sait pouvoir éviter ainsi la quarantaine; pour être bien appliquées elles exigeront une certaine éducation hygiénique de l'équipage qu'il sera sans doute aussi possible de réaliser.
Système de vidanges, égoids, conduites d'eau.
Des mesures générales devront être prises (ou complétées) par les municipalités, surtout dans les grandes agglomérations et dans les localités qui servent habituellement de portes d'entrée aux épidémies ; nous avons nommé Marseille et Toulon. La nécessité de