‹ Recherches sur le choléraChapitre 91 sur 95 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

ces mesures s'impose d'autant plus qu'elles se montrent eilicaces pour la plupart des maladies contagieuses.

Les tinettes filtrantes et les puisards doivent ab.solument disparaître ; ils amènent sûrement la contamination du sol et des puits.

Le meilleur système de vidanges consisterait évidemment en une canalisation spéciale étanche conduisant loin de la ville soit dans une usine, soit dans des champs d'irrigation, soit en pleine mer,' les déjections et toutes les eaux ménagères.

La canalisation spéciale pourrait être au besoin remplacée par un système d'égouts étanches allant déboucher en pleine mer. Par le déversement des égouts dans les ports fermés on constitue des foyers perpétuels d'infection.

Il est indispensable d'assurer une distribution d'eau à l'abri de toute contamination, non-seulement à la source ou au point de départ, mais aussi sur le parcours du canal ; rien de plus faux, au point de vue hygiénique, que de reverser dans la conduite commune des eaux qui ont déjà servi à divers usages, comme cela se pratique à Marseille pour les minoteries.

Désinfection.

Les cholériques doivent être isolés autant que possible ; nous avons vu qu'ils pouvaient avoir des JDacilles-virgules jusqu'au 13"°° jour de la maladie; il est donc indispensable de désinfecter jusque-là leurs déjections, notamment leurs selles, à moins qu'elles ne soienten un moindre temps redevenues tout à fait normales, et que le malade soit entré aussi en pleine convalescence. Malheureusement dans la pratique les premières selles d'un cholérique échapperont bien souvent à la désinfection ; il en sera de même des déjections de ceux qui ne sont atteints que d'un choléra très léger.

APPLICATIONS PROPHYLACTIQUES

En réalité, il faudrait en temps d'épidémie recevoir dans des vases et désinfecter toutes les selles des diarrliéiques ; cela est bien difficile à exécuter. Aussi un bon système de vidanges, de canalisation pour les eaux sales et de conduites pour leau propre, constituerat-il la barrière la plus efficace à opposer à l'épidémie.

Pour les déjections, on pourra .employer un volume égal d'une solution de sulfate de cuivre à 5 0/0, ou d'acide phénique à 5 0/0, ou de chlorure de zinc à 10 0/0, et laisser en contact une heure au moins.

Tous les effets souillés et pouvant supporter l'immersion dans l'eau, resteront 24 heures dans une solution analogue, mais beaucoup plus faible (10 fois, par exemple) ; on peut abréger ce temps en ayant recours à des liqueurs plus concentrées. On pourra encore les plonger dans l'eau, dans un vase approprié, et porter àl'ébullition. Là où existe l'outillage spécial nécessaire, la suspension des effets dans un courant de vapeur d'eau bouillante réalisera un moyen de désinfection aussi rapide qu'efficace ; des appareils mobiles de stérilisation à courant de vapeur d'eau seront donc de la plus grande utilité.

Les effets ne pouvant être soumis à l'un de ces procédés resteront hors de service 6 à 8 jours au moins dans une pièce couverte, bien aérée et chauffée au besoin. Les voitures, vagons, coussins, etc. seront traités de même.

Les parquets, murs, tapis, bois de Ut, enveloppes de matelas, etc. . souillés par les déjections seront frottés avec des linges imbibés d'une des solutions fortes.

Ce qu'il faut éviter à tout prix, c'est de jeter les déjections (et ce qu'elles ont touché) sur le sol ou de les mettre en contact avec l'eau du sous-sol d'une façon quelconque, avant de les avoir désinfectées ou desséchées ; mieux vaudrait encore les abandonner à la putréfaction dans un vase couvert.

Comme on n'est jamais sûr, malgré toutes ces précautions,

Page 1