II. — Température moyenne des saisons
La température de la saison sèche est,’ à Bakel, de 29°,l ; celle de l’hivernage est de 28°,3. Ainsi, la température de l’hivernage ne serait supérieure à celle de la même saison à Corée que de l",3. Mais nous ne pouvons accorder aux moyennes obtenues, pour une seule année à Bakel, la valeur de celles conclues de dix années d’observations à Corée. On peut penser que, pendant Thivernage, la température varie d’une région à l’autre encore moins que ne le ferait croire le résultat de ces observations. L’exposition du thermomètre à
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ro a dû élever les moyennes de Bakel. Ces motifs nous portent à penser que la moyenne de Thivernage indiquée par nos tableaux doit être un peu supérieure à la moyenne qui sera déterminée par les observations à venir.
L’énorme différence qui existe entre la moyenne annuelle de Bakel et celle de Corée provient uniquement de la différence existant entre les moyennes de la saison sèche dans chacun de ces points. Cette différence est de 8°, b. 11 en résulte que la saison sèche se trouve être, à Bakel, la saison la plus chaude, du moins si l’on ne considère que les moyennes.
Dans le haut Sénégal, la saison humide mérite aussi bien que sur le littoral le nom de saison chaude; c’est la saison des chaleurs constamment élevées, tandis que la saison sèche ne mérite le nom ni de saison fraîche, qui serait impropre, ni celui de saison chaude, qui ne s’appliquerait qu’à quelques mois. Cette période de l’année est la saison des plus grandes chaleurs, en même temps que celle des plus grandes fraîcheurs ; c’est celle des grandes variations thermométriques.
A Corée et à Saint-Louis, l’hiver et le printemps ont, au point de vue de la température comme sous beaucoup d’autres rapports, des caractères identiques; l’été et l’automne présentent entre eux des caractères très-voisins qui ne permettent [las de reconnaître comme logique autre chose qu’une division de l’année en deux semestres, l’un frais et sec, l’autre chaud et humide.
A Bakel nous trouvons encore, dans l’hivernage, identité de caractère entre l’été et l’automne; les moyennes de la température sont, pour le premier de ces trimestres, 28%4, et pour le second, 28°, 1.
La différence qui existe au contraire dans la saison sèche, entre le trimestre d’hiver et le trimestre du printemps, est considérable. La moyenne de l’hiver est 25<»,9, celle du printemps, 33°,2.
On ne trouve donc que peu de raison pour réunir sous une même dénomination, relativement à la température, deux périodes qui sont si différentes entre elles. L’absence des
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pluies, la sécheresse de l’air, quelle que soit son élévation thermomélrique, faible ou forte, sont les seules propriétés communes des différents mois de ce semestre. Ces propriétés sont sous la dépendance de la régularité des vents du N à l’E.
On peut diviser, à Bakel, l’année en trois périodes : la saison sèche et froide, les trois mois d’hiver; la saison sèche et très-chaude, les trois mois de printemps; la saison humide et chaude, l’iiivernage, les six autres mois.
Tandis que la graduation des chaleurs se fait à Corée, de l’hiver à l’automne, à Bakel, à la saison la plus froide, l’hiver, succède brusquement la saison la plus chaude de l’année, le printemps. L’été est plus froid de i°,0 environ que le printemps, et la température de l’automne est sensiblement la même que celle de l’été.
A quoi peuvent être attribués cette élévation brusque de la température moyenne et les maxima considérables du printemps ?
Le nombre des jours de vent de l’E au NE est de 76 pour l’hiver, et de seulement 47 pour le printemps. Ce n’est donc pas d’une manière absolue la fréquence plus grande du vent d’E qui rend supérieure la température du printemps à celle de riiiver. Comme à ces vents sont intimement liés les forts maxima, pn est tenté de leur attribuer la hauteur des moyennes plus grande des mois du printemps; mais d’un autre côté les plus faibles minima sont aussi liés à la présence de ces vents en hiver.
Pourquoi ces mêmes vents du N à l’E sont-ils froids en hiver et chauds au printemps? Et surtout pourquoi la différence entre la température des diverses masses d’air qu’ils apportent est-elle si considérable dans l’intérieur du pays, tandis qu’elle est moins prononcée sur le littoral ?
Il est incontestable, les journaux météorologiques en font foi, que c’est au vent d’E que sont dus les très-faibles minima comme les plus forts maxima.
Le vent du NE à l’E, l’barmatan, vient du désert. En hiver, ces vastes plaines, sous une atmosphère privée presque corn-
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plétement de vapeur d’eau, éprouvent un refroidissement considérable qui abaisse les minima jusqu’à 12° (Médine), et sans doute beaucoup plus bas. La plus grande longueur des nuits, l’obliquité des rayons solaires suffisent pour en rendre compte. En somme, le refroidissement des nuits, du matin et du soir, l’emportent sur l’écliauffement relativement moins prolongé et moins fort du milieu du jour.
Dès qu’avec le printemps, le soleil s’élève au N, lorsqu’on avril il passe au zénith; la durée plus longue des jours, la direction de plus en plus voisine de la normale des rayons solaires produisent un résultat inverse ; l’accumulation delà chaleur l’emporte sur le rayonnement nocturne. Comme aucune vapeur d'eau ne vient jouer le rôle de compensateur dont nous avons expliqué le mécanisme en parlant du climat de Corée, il arrive alors, à Bakel, ce qui arrive dans toutes les contrées limitrophes du grand désert, quelle que soit la situation géographique de ces contrées.
Les causes de ces changements de température sont, au Sénégal, les mêmes que dans la mer Rouge; l’alternative des vents du désert, d’une fraîcheur glaciale en hiver et d’une chaleur étouffante au printemps, est très-prononcée dans cette mer intérieure. Nous avons pu, en passant cinq fois dans ces parages, constater, et les froids pénibles qu’on y éprouve souvent, et les dangereuses et parfois mortelles chaleurs auxquelles, dans certains autres mois, sont exposés les équipages des navires.
Dans l’hivernage, à Bakel, comme dans tout le Sénégal, les vents d’E sont remi)lacés par des brises d’O qui accumulent sur le ciel des nuages épais, apportant une grande quantité de vapeurs d’eau remplissant alors le rôle des vapeurs d’eau qui saturent presque l’atmosphère des côtes en toute saison. L’effet du voisinage du désert est alors complètement atténué.
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