III. — Marche de la températtire à Bakel pendant
l’année.
Nous avons vu, à Corée et à Saint-Louis, les moyennes mensuelles suivre une marche parfaitement régulière, ascendante pendant huit mois, descendante pendant les quatre autres moi s.
Il n’en est pas de même à Bakel : la courbe des moyennes nous donne deux minirna et deux maxima annuels.
En 1860, la température la plus basse est en janvier, c’est le premier et le plus faible minimum de l’année. Le premier maximum (le plus élevé de foule l’année) est en avril. Le second minimum, bien supérieur au premier, se présente en juin; le second maximum en novembre.
Ainsi, à chaque saison correspond un minimum et un maximum des températures moyennes mensuelles; et c’est dans la saison sèche que se trouvent groupés, voisins l’un de l’autre, le minimum le plus bas de l’année et le maximum le plus élevé. Nous avons, sous une autre forme, déjà attiré l’attention sur ce fait.
La différence entre ces moyennes extrêmes est de 10“. Il y a donc dans le court espace de temps qui sépare le mois d’avril du mois de janvier une oscillation d’autant plus considérable qu’il s’agit de moyennes.
Dans l’hivernage, le moment de la température moyenne la plus faible est très-éloigné decelui de la moyenne la plusforte. Lapins basse est placée en juillet : 26°, 5, la plus élevée en novembre: 28°, 4, et malgré l’éloignement de ces deux moyennes, les températures qu’elles indiquent diffèrent l’une de l’autre de moins de 2 degrés. Nous retrouvons donc déjà, par la seule inspection des moyennes, cette tendance aux oscillations moindres, à la fixité de la température que nous avons fait ressortir comme propre à la saison d’hivernage sur le littoral et qui se lie, à Bakel comme à Corée, à l’état d’humidité plus
CLIMAT DE BAKEL
prononcée de Tair à cette époque que dans l'autre saison.
La moyenne de février est toujours supérieure à celle de janvier, il en a été ainsi dans les années 18S6, 1859, 1861 et 1867, seules années dans lesquelles nous connaissons les moyennes de ces deux mois.
La moyenne de décembre a été inférieure à celle de janvier dans les hivers 1861, 1863; elle lui a été supérieure dans les hivers de 1859 et 1867, seules années où nous ayons des observations des températures de ces deux mois.
C’est donc tantôt en janvier, tantôt en décembre que se place le minimum des moyennes mensuelles. 11 y a donc une précocité des fraîcheurs plus grande dans l’intérieur du pays que sur le littoral.
Suivons la marche de la température dans l’année, de mois en mois.
En janvier, la moyenne est de 24°,3, les extrêmes varient entre 15“,5 et 35®, 5, aussi les médecins de Bakel signalent-ils toujours l’apparition de froids relatifs, la salubrité des vents d’E au NE qui régnent à cette époque. En ce moment, sur les bords du fleuve, on signale souvent le matin des brumes épaisses, très-fraîches.
En février, se fait une ascension assez prononcée de la moyenne thermométrique, celte ascension est de plus de 2® et demi sur celle du mois précédent. La température augmente rapidement, malgré quelques rares journées fraîches et des brumes matinales tellement épaisses, qu’il arrive quelquefois que l’on a de la peine à se conduire.
En mars, l’ascension sur le mois précédent conserve la même rapidité, les journées deviennent très-chaudes; quelques brises accidentelles viennent parfois le soir du NO rafraîchir la température.
Avril est le mois des grandes chaleurs, les plus fortes que l’on observe dans les points connus du Sénégal. La moyenne de ce mois a été de 34®, 3 en 2861. Pendant quatre années différentes nous avons des moyennes du mois d’avril ne s’éloignant que d’une fraction de degrés de celle de notre série. Tout
TEMPÉRATURE
nous porte à croire que celte moyenne est exacte. Elle est supérieure de 4 degrés et demi à celle du mois précédent. A cette ascension rapide des hauteurs tliermométriques correspond fort heureusement une sécheresse assez grande, le vent brûlant du désert souffle d’une manière presque continue. Aussi, tous les médecins qui ont passé à Bakel parlent-ils des chaleurs excessives de ce mois; ces chaleurs diffèrent beaucoup de celles de l’hivernage, elles sont moins constantes, quoique plus élevées.
Au mois de mai, la température s’abaisse de 1 à 2 degrés; elle reste donc excessive et elle fournit des maxima diurnes considérables.
Le passage de la saison sèche à la saison humide commence dans le mois de mai, par transitions successives, jusqu’à la fin de juin. Il est annoncé, en mai, par un changement dans la direction des venls qui deviennent NO et même O et SO, puis par l’apparilion des orages et des pluies. Les orages éclatent alors presque tous le soir après le coucher du soleil, ils rafraîchissent considérablement l’atmosphère.
La baisse est un peu plus sensibleen juillet. Tous les observateurs font remarquer que celte baisse de la température de mai à juillet correspond à la présence des orages, des tornades et des pluies abondantes. Comme cette baisse de la température est assez prononcée, mais se fait lentement sous l’influence des pluies répétées, on voit ainsi succéder à une chaleur sèche, très-élevée, une chaleur humide un peu moins élevée, il est vrai, mais beaucoup plus régulière et plus constante, et qui ne tarde pas à devenir beaucoup plus pénible.
Durant tout l’hivernage jusqu’à la fin d'octobre, on peut dire que la température moyenne varie assez peu, l’oscillation est d’environ i demi-degré d’un mois à l’autre, en plus ou en moins, suivant le mode de distribution et l’abondance des pluies. La chaleur est pénible, surtout lorsque le soir, la brise vient à tomber complètement. A la fin d’octobre des alternatives de sécheresse et d’humidité rendent souvent les nuits fraîches.
CLIMAT DE DAKEL.
Le mois de novembre est à Bakel, comme dans le reste du Sénégal, celui dans lequel se termine l’iiivernage sous l’influence de la réapparition des vents réguliers. Quoique sa moyenne soit souvent aussi élevée que celle du mois précédent (comme dans l’année 1860), la sécheresse fait paraître la température froide eu égard aux températures des derniers mois. Parfois (comme en 1871), il y a un abaissement réel et rapide de la température vers la fin du mois.
En décembre, la saison sèche est bien établie. La moyenne de ce mois est toujours inférieure d’au moins 2 degrés à celle du mois de novembre. La température paraît fraîche et même froide à des gens qui ont supporté les températures dont nous venons de parler.