IV. — Températures extrêmes
La marche des moyennes des maxinia est parallèle à celle des moyennes mensuelles. A Bakel, ces maxima élevés sont assez nombreux, pour influencer suffisamment les moyennes, c’est ce qui place à Bakel le moment le plus chaud de l’année, au moment des plus forts maxima; tandis qu’à Dagana les maxima du printemps, tout en étant aussi élevés que ceux de Bakel, n’ont, par leur rareté, qu’une faible influence sur la marche générale de la température.
Dans la dernière colonne du tableau des températures nous avons inscrit les températures extrêmes les plus prononcées, indiquées chaque mois dans les journaux météorologiques; cela donnera une idée suffisante de la valeur de ces extrêmes.
Ainsi, la plus basse température observée à Bakel, a été de 14°, 6 (le 1" décembre 1860), la plus haute a été de 43°, 6 (le 29 avril 1861).
Ce dernier chiffre montre l’exagération de ceux qui signalent 60° comme la température à laquelle atteint souvent 1 atmosphère du Sénégal, et le ridicule de l’indication du mot Sé-
TEMPÉRATURE
négal sur les thermomètres, au niveau du cinquantième degré de cet instrument.
D’après une note accompagnant les observations de M. Verdier, en 1872, au moment d’un maximum de 41°, 7 à l’ornbre, un tbermomètre promené au soleil pendant un quart d’heure s’est élevé à 45% placé sur le sable du sol il s’élevait jusqu’à 60° et 61°. Mais ces dernières conditions d’exposition sonttoin d’indiquer la température de l’atmosphère. Une série d’observations du thermomètre-fronde, faites au-dessus du sol sablonneux, en plein soleil, les jours de vent d’E, présenterait un grand intérêt. Elle indiquerait d'une manière assez exacte la température à laquelle peut accidentellement se trouver soumis un voyageur ou même un corps de troupe, si jamais la nécessité de faire marcher des troupes sous les ardeurs d’un soleil semblable pouvait se présenter. Nous signalons aux futurs observateurs rutililé de cette expérience.
Revenons à l’examen de la température de l’atmosphère à l’ombre, seule condition où, jusqu’ici, on ait trouvé le moyen de faire des observations pouvant être comparées les unes aux autres.
Nous avons compté dans les journaux météorologiques de l’année que nous étudions plus spécialement, quelle a été la fréquence des hautes températures.
Le maximum de 40° n’a jamais été atteint dans les cinq derniers mois de riiivernage, ni dans les quatre premiers mois de la saison sèche, mais dans les trois autres mois la température a atteint ou dépassé 40°, 36 fois, savoir : i 5 fois en avril, 15 fois en mai et 6 fois dans la première quinzaine de juin.
11 esl rare que le maximum diurne n’atteigne pas 30°.
Le maximum de 35° est très-fréquent.
Dans la saison sèche et fraîche, en hiver, ce maximum a été atteint 2 fois en décembre, 1 fois en janvier, 14 fois en février.
Dans la saison sèche et chaude, au printemps : en mars, avril et mai, tous les jours, entre 1 heure et 4 heures du soir, la température s'élève au-dessus de 35°, pendant un certain nombre d’heures. Parfois même, en avril, cette forte élévation de
CLIMAT DE BAKEL
la température se maintient de il heures du matin à 10 heures du soir. De sorte qu’en avril 1861, la moyenne diurne conclue des quatre observations de 6 heures et 10 heures du malin, 4 heures et 10 heures du soir, a été supérieure à 33® pendant 7 jours, dans le dernier tiers du mois. On conçoit qu’une chaleur souvent égale et même supérieure à la lempéralure du corps humain, se maintenant pendant de longues heures, et cela pendant une série de 7 jours, doit, malgré sa sécheresse qui l’empêche d’êtremorlelle, produire sur l’économie humaine un effet dont on garde le souvenir. Ces chaleurs sont toujours accompagnées de vent d’E; nous en avons décrit les principaux effets, lorsqu’en parlant du climat de Dagana, il a été question de ces vents.
Ces chaleurs se montrent dans des régions heureusement peu fréquentées par les Européens. Elles font contraster fortement le climat du haut Sénégal avec le doux climat du littoral de celte contrée. On peut dire qu’il y a plus de différence entre le climat de l’intérieur du Sénégal et celui de Corée, qu’il n’y en a entre ce dernier et celui de la France pendant l’été.
Dans l’hivernage, au mois de juin, qui sert de transition à la saison sèche, les maxima diurnes supérieurs ou égaux à 33® se sont présentés tout le mois, excepté pendant trois jours.
Dans les cinq derniers mois de l’hivernage, la température ne s’est élevée que 3 fois au-dessus de 35®, une fois en juillet et 2 fois en novembre. Ou voit que l’hivernage ne mérite pas, par opposition, le nom de saison chaude ; c’est la saison des chaleurs tièdes et humides si débilitantes pour les Européens ; et, chose importante à signaler, des chaleurs malsaines, précisément parce qu’elles sont non-seulement humides, mais constantes. Dans la saison sèche, au moment de ces maxima diurnes si excessifs, les nuits sont bonnes. Des minima de 21° à 24° sans humidité paraissent très-frais et très-agréables.
Les minima de Thivernage sont rarement au-dessous de 21®, mais ils sont accompagnés d’humidité j aussi les nuits paraissent-elles aussi chaudes ou presque aussi chaudes que les journées.
TEMPÉRATURE
Il est regrettable que nous n’ayons aucune bonne observation psychromélrique. Tout ce que l’on peut dire, c’est que l’atmosphère présente une sécheresse extrême dans la seconde partie de la saison sèche, et paraît avoir dans Thivcrnage les mêmes propriétés que sur le littoral.
V, — Oscillations de la température.
Le climat de Bakel étant celui d’un pays éloigné de la mer, nous devons nous attendre à trouver des oscillations de température plus étendues et plus fréquentes que dans les régions étudiées jusqu’ici.
L’oscillation annuelle du thermomètre est de 29°. Elle est la même qu’à Dagana. Elle est donc bien inférieure aux variations thermomélriques annuelles qui s’observent en France.’
Les oscillations mensuelles sont beaucoup plus considérables que celles du littoral. Si on les compare à celles des climats équatoriaux, elles sont très-élevées, mais si on les met en regard des oscillations éprouvées par la température dans l’intérieur des pays tempérés, on peut constater qu’elles n’ont rien d’exagéré.
Le tableau suivant permettra d’en juger.
CLIMAT DE RAKEL,
ORcillations mensnelleB du thermomètre
Ou différences des températures extrêmes de chaque mois, pendant
l’année i860.
A Versailles
A Bakel
(iscoHseU.
Décembre . .
Février. . .
Mars ....
Avril. . . .
Mai ....
Juin ....
Juillet . . .
Août. . . .
Septembre . .
Octobre. . .
Novembre . .
Moyennes.
On voit que ces variations sont, en général, inférieures à celles qu’à la même époque auraient eues à supporter les Européens habitant Bakel, s’ils étaient restés dans leur patrie.
Les oscillations diurnes offrent p!us d’étendue que dans les autres points du Sénégal. Comme toujours elles sont moindres dans rhivernage. Nous pouvons en avoir la moyenne, en prenant la différence entre la moyenne des minima et la moyenne des maxima de chaque mois. Les variations diurnes sont les plus faibles au mois d’août, elles sont de 5°,1 en moyenne. La plus forte observée n’a été que de 7®,9, le 30 de ce mois. C’est en février que ces variations sont les plus fortes, elles atteignent en moyenne 1 b°,7. Si nous les comparons aux oscillations diurnes moyennes, à Versailles, nous constatons que ces dernières variant entre 4®, 7, pour le mois de. janvier, et 10®,2, pour le mois de juillet, les variations diurnes sont plus considérables à Bakel qu'à Versailles; mais ce sont des
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variations qui, tout en étant considérables, ne présenteraient rien que de fort ordinaire dans les pays tempérés. Voici le tableau de ces variations :
üeB plus forte* Tariation* diurnes obserrees à Bakel en 1860-1801.
Mois.
Variations.
Dates.
Décembre. . . . .
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre ...
Octobre
Novembre . . . .
On voit qu’il ne serait pas difficile de citer des variations diurnes plus considérables, sous le climat de France.
Il ne faut cependant pas oublier que ces mouvements se passent dans les hautes températures et que l'impression produite par des variations de même étendue diffèrent beaucoup, suivant qu’elles se passent dans les températures élevées ou dans les températures modérées. Dans les extrêmes du froid, les variations produisent aussi une impression beaucoup plus grande que dans les températures modérées.