‹ Recherches sur le climat du SénégalChapitre 109 sur 125 · I. — Vents à Bakel · texte numérisé non relu

I. — Vents à Bakel

Les observations que nous possédons sur les vents ont porté sur les cinq derniers mois de l’année 1872 et les sept premiers mois de l’année 1873. Nous avons ainsi une série d’une année entière, elle est due' à notre collègue de la marine, M. Verdier.

üu mois d’août au mois de mars de l’année suivante, les vents dominants de chaque jour ont seuls été notés. D’avril à juillet, il a été fait chaque jour soit 4, soit S observations. Ces observations nous ont permis d’établir les roses des vehis, à Bakel, dans chaque trimestre {voir la carte du climat et de l’état sanitaire du Sénégal).

Comme dans les autres parties du Sénégal, les vents peuvent à Bakel se diviser en deux catégories, celle des vents réguliers et constants oscillant entre le N et l’E, celle des vents variables faibles et irréguliers provenant plus ou moins du SO.

Les vents deTa première catégorie correspondent à l’époque où les alizés soufflent avec régularité sur le parallèle de Bakel, à la saison sèche. Ceux de la seconde correspondent à la mousson de SO de l’Atlantique du nord, c’est-à-dire à l’hivernage.

La période d'hivernage commence un peu plus tôt à Bakel que sur le littoral. Dès le mois de mai les vents deviennent irréguliers et ce n’est qu’en novembre que les vents de NE reprennent. Les vents de N disparaissent presque corn-

DES VE>’TS

plétement en janvier et février, époque à laquelle les vents sont d’une manière presque constante à l’E ou au NE, parfois au SE. L’énergie de ces vents, leur provenance rendent compte de l’ascension prononcée de la moyenne tliermométrique du mois de février qui, nous l’avons vu, est loin d’être comme sur le littoral le mois le plus froid de l’année.

En mars et avril, même prédominance des vents de l’E et du NE, cependant les vents du N réapparaissent; mais les vents d’E présentent une très-grande énergie, leur siccité est extrême, ils donnent les maxima excessifs dont nous avons parlé plus haut.

L’absence complète du vent de la partie ouest, pendant toute la durée de la saison sèche, montre que l’on n’observe pas, à Bakel, ces légères brises de l’O qui viennent, à Dagana, rafraîchir quelques-unes des soirées qui suivent les pénibles journées pendant lesquelles le vent du désert a soufflé avec énergie. Les vents de SE, qui font défaut partout, se présentent assez souvent à Bakel, en même temps que ceux de LE; cela provient probablement de l’exposition locale.

La lecture des rapports médicaux faits sur le poste de Bakel, pendant de nombreuses années, fait reconnaître que, dans cette localité, les propriétés des vents diffèrent très-peu de celles que nous avons indiquées comme leur appartenant sous le climat de Dagana. Sécheresse extrême des vents de NE et d’E produisant les effets que nous avons signalés. Faiblesse, humidité des brises de l’hivernage, salubrité relative plus grande des vents de NE; mais ces vents soufflent pendant de plus longues heures qu’à Dagana, aussi le climat de Bakel est-il beaucoup plus fatiguantpour l’Européen. Il faut y joindre l’impossibilité des communications avec les centres civilisés, qui isole Bakel, pendant tout le temps de l’année où le fleuve n’est pas navigable, et empêche les Européens malades de fuir un climat pernicieux.

CLIMAT DE BAKEL

n. — Pluies.

Voici les seuls renseignements que nous ayons pu nous procurer sur ce phénomène. Les pluies ne tombent pas avant le mois de mai, si ce n’est en quantité inappréciable, elles disparaissent avant le commencement d’octobre. La seule année où il ait été fait mention de la pluie, en mai, est l’année 1862; il est tombé d’eau en deux jours à la suite d’une tornade « annonçant l’iiivernage. »

Nous possédons, pour deux années, des observations de la pluie au mois de juin; dans l’une en 1861, il y eut quatre jours de pluie, et la hauteur totale de la pluie tombée à la suite d’orages dans les soirées a été de 78““. L’année suivante, le même mois a offert 10 jours de pluie et une hauteur d’eau tombée égale à 319““.

Nous possédons, pour le mois de juillet, deux observations de la pluie : en 1861 , en 6 jours, 154““ d’eau; en 1862, 7 jours de pluie donnèrent seulement 42““ d’eau.

Nous n’avons trouvé qu’une seule observation de la pluie faite au mois d’août, ce fut en 18S6 : 13 jours de pluie donnèrent 273““ d’eau.

En septembre 1860, il est tombé 78““ en 7 jours.

En octobre, les pluies disparaissent ou sont de quantité inappréciable.

On voit d’après ces renseignements, malheureusement incomplets, qu’il y aurait à peu près une trentaine de jours pluvieux dans l’hivernage. Nous ne pouvons pas, à l’aide de renseignements aussi incomplets, avoir une approximation suffisamment exacte de la quantité d’eau tombée, mais en réunissant les différents mois dont nous avons l’indication comme s’ils appartenaient au même hivernage, nous pouvons indiquer le chiffre de 5S0““, comme exprimant la hauteur d’eau tombée à Bakel dans une année, qu’il ne nous est pas possible de reconnaître comme sèche ou pluvieuse, vu le manque de détails sur ces observations.

DES PLÜIES.

Les observations plus récentes font croire que le nombre des jours de pluie appréciable doit êtrè beaucoup plus considérable que le chiffre que nous venons de donner approximativement. Ainsi en 1870, il y a eu dans Thivernage 61 jours de pluie. En 1871 il y en a eu 61. En 1873, 66; mais on aurait compté comme jours de pluie, tous ceux dans lesquels il n’était tombé que quelques gouttes d’eau. Toutes ces observations ont besoin d’être refaites. Nous pensons que les pluies sont plus abondantes à Bakel qu’auprès de l’embouchure du fleuve.

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