VI. — Marche de la température pendant le jour
Le minimum de la température a toujours lieu avant six heures du matin. Après six heures^ la température, sous Tinfluence du soleil, monte rapidement de 2° jusqu’à dix heures. Elle croît ensuite d’un peu plus de 1° de dix heures du matin à une heure du soir. Le maximum de la température a lieu entre une heure et quatre heures du soir, mais entre ces deux observations la température varie peu. Pendant l’hivernage elle est à peine, vers quatre heures, plus basse de quelques dixièmes de degré. En juillet la tempéreture de quatre heures du soir dépasserait même celle d’une heure, si l’on ne pouvait accuser la position des instruments d’être peutêtre la cause de ce résultat de l’observation. Quelques observateurs ont noté des jours où le maximum avait eu lieu vers dix heures du soir et en ont même fait l’objet d’une mention spéciale.
A partir de quatre heures du soir, la température baisse rapidement de 2° environ jusqu’à dix heures. Cette baisse porte surtout sur les heures qui suivent le coucher du soleil.
De dix heures du soir à six heures du matin le refroidissement est peu considérable et ne dépasse guère 1°,S. Il doit y avoir, il est vrai, dans la nuit une oscillation un peu plus forte que celle que nous indiquent nos observations, mais la température de six heures est trop voisine du minimum pour que cette différence soit sensible.
C’est très-brusquement que le thermomètre baisse après le coucher du soleil. Dans le reste de la nuit, dans les huit heures qui séparent l’observation de dix heures du soir de la première observation faite le matin, l’abaissement du thermomètre n’est en moyenne qu’un peu supérieur à 0°,5 dans la saison sèche et un peu inférieur à cette quantité dans la saison d’hivernage. La baisse nocturne varie d’ailleurs suivant les différents mois, elle n’atteint 1“ qu’aux seuls mois de mars et d’octobre. C’est donc dans les premières heures de la nuit
CLIMAT DE CORÉE
que l’hygiène recommandera surtout de craindre un refroidissement que nos organes trouvent en général beaucoup plus considérable que ne le ferait supposer le thermomètre.
Comment expliquer le peu d’effet du rayonnement nocturne dans la plus grande partie de la nuit?
Nous croyons pouvoir l’expliquer par l’un des phénomènes les plus remarquables des nuits sous les tropiques : la rosée.
C’est dans la saison sèche que les rosées sont d’une abondance extrême, c’est aussi dans cette saison que le ciel le plus souvent serein, favorise le refroidissement nocturne. Au début de la nuit le refroidissement considérable qui se 'produit est dû surtout à la disparition du soleil au-dessous de l’horizon : aussi le thermomètre baisse-t-il rapidement de 6 heures à 10 heures. Dans te reste de la nuit, il s’établit un balancement entre le refroidissement produit par le rayonnement nocturne et te réchauffement que produit dans Falmosplière le passage d’une grande quantité d’eau de l’état de vapeur à l’état liquide. Le froid produit par le rayonnement l’emporte, il est vrai, mais il devient alors beaucoup moins considérable qu’il ne le serait sans le phénomène de la rosée.
Dans l’hivernage, si le ciel est couvert cela suffit pour expliquer l’absence de refroidissement nocturne. Si le ciel est serein, te phénomène de la rosée se produit, moins prononcé que dans la saison sèche, mais encore sensible.
L’eau suspendue dans l’air remplit un admirable rôle de compensateur. Au moment où le soleil échauffe puissamment le sol, le pouvoir hygrométrique de l’air augmente, l’eau qui se trouve à la surface du sol s’évapore et, en changeant d’état, absorbe une grande quantité de chaleur. Lorsque le soleil vient de se cacher sous l'horizon, la terre tend à se refroidir parle rayonnement, ainsi que l’atmosphère elle- même; alors la vapeur d’eau se condense, et en passant à l’étai liquide rend à l’air toute la chaleur qu’elle avait dissimulée [tendant la journée.
Dans les pays tempérés où la moyenne thermométrique est
MARCHE DE LA TEMPERATURE
plus basse et les quantités absolues et relatives de vapeur d’eau, contenues dans Tair, beaucoup plus faibles, le phénomène des rosées est moins sensible qu’au Sénégal, aussi la différence entre la température de la nuit et celle du jour estelle beaucoup plus considérable, malgré les assertions contraires, souvent répétées.
La marche diurne de la température n’est, telle que nous venons de la décrire, que d’une manière générale. Pour en juger, il suffit de constater que la moyenne des oscillations diurnes est dans la saison sèche de 3“,6, tandis qu’elle n’est dans l’hivernage que de 2°, 8. En cherchant les différences des moyennes horaires consécutives entre elles pour chaque mois et [lour chaque saison dans le tableau de l’année moyenne (p. -IC), on dressera facilement celui du mouvement de la température pendant le jour, aux différents mois de l’année et pendant les saisons. — Ce tableau permettra de constater que les oscillations d’une des heures d’observations à la suivante sont à peu près les deux tiers pour l’iiivernage de celles de la saison sèche. La différence est surtout sensible entre six heures et dix heures du matin, et quatre heures et dix heures du soir. Les mouvements du thermomètre dans la journée se font d’une manière plus uniforme dans l’hivernage en même temps que les variations sont moins étendues. C'est au mois de mars que les oscillations sont les plus fortes, elles atteignent 4®,3, tandis que la moyenne des oscillations dans les cinq antres mois de la saison sèche est à peu près fixe et de 3“,S. Ceci peut s’expliquer par l’énergie des vents d’E et de NE pendant le mois de mars. Le mois de mars est, dans un certain nombre de points de l’intérieur du Sénégal, celui des plus grandes variations diurnes, et ces variations sont manifestement sous l’influence des vents venant du désert. Nous trouvons donc à Corée, malgré la fixité de son climat, due au voisinage de la mer, une trace des variations bien plus sensibles qui existent dans l’intérieur sous l’influence de fharmatun ou vent du désert.
CLIMAT DE GOUÉE.