VII. — Températures extrêmes
D’après ce que nous connaissons déjà du climat de Corée nous ne devons pas nous attendre à trouver de ces élévations du thermomètre qui, toujours exagérées, ont fait considérer le Sénégal comme le point le plus chaud du globe.
A mesure que nous avancerons dans nos recherches on pourra juger les erreurs qui sont répandues sur le Sénégal. Les idées les plus fausses régnent sur cette contrée. Les opticiens gravent sérieusement sur leurs plaques thermométriques, à plus de 10“ au-dessus de la température humaine,, le mot Sénégal.
Celte température, dont aucun des nombreux journaux météorologiques ou rapports médicaux que nous avons étudiés, n’ont pu nous donner d'exemple, même dans le haut Sénégal, est retenue par l’esprit comme un fait normal et ordinaire. Aussi, rien n’égale l’étonnement d’un grand nombre d’Européens lorsque, débarquant sur les côtes de notre colonie, ils reconnaissent qu’ils ont été transportés dans un milieu dont leur imagination avait fait une sorte de fournaise et qui ne leur donne, s’ils débarquent dans la saison sèche, que des sensations de fraîcheur souvent fort accusées, et, s’ils arrivent au milieu de l’iiivernage, que des sensations de chaleur trèssupportables. Ce n’est pas, en effet, pour les nouveaux débarqués que les chaleurs de l’hivernage sont pénibles, c’est lorsqu’ils auront deux ou trois ans de séjour que leur santé épuisée, leur susceptibilité exagérée aux variations atmosphériques les porteront à se plaindre de l’élévation de la température.
Mais avant de chercher quels sont les effets produits sur l’économie humaine par la chaleur et d’étudier les appréciations individuelles de ses manifestations, il nous faut terminer notre étude de l’appréciation expérimentale de la chaleur à l’aide du thermomètre.
Nous possédons, pour l'année 1860, les moyennes des mi-
TEMPÉRATURES EXTRÊMES
nima et des maxima de chaque mois : les moyennes des minima ne sont inférieures aux moyennes de six heures du matin que de 0%3. Les moyennes des maxima diffèrent trèspeu de celles d’une heure du soir.
En consultant, pour les autres années, les températures moyennes à six heures du matin et à une heure du soir, on aura, approximativement au moins, une idée de ce que doivent être en général les minima et les maxima de chaque mois.
L’examen des tableaux des températures extrêmes de chacune des dix années présente beaucoup d’intérêt. On trouvera les faits les plus saillants qu’ils présentent résumés dans le tableau suivant qui est lui-même extrait de celui plus complet que nous avons donné dans l’Annuaire de la Société météorologique, t. XVII.
GTemiiératurcs extrêmes oliservées à Ciorée pendant dix ans.