PI. XII
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DES PLUIES
Ces pluies surviennent soit à la suite d'orages, soit en coïncidences avec de forts vents de SO ou d’O.
Les observations recueillies dans Thivernage de 1873 ont permis de tracer, dans la planche ci-contre, les hauteurs des 33 pluies de cet hivernage.
On voit que les pluies peuvent en un seul jour atteindre une grande hauteur. Nous avons eu soin de placer au-dessous de ces représentations des hauteurs des pluies, leur date, et de les espacer à des distances proportionnelles aux nombres de jours sans pluies. Ceci nous évite une description et permet de se faire, avec la plus grande facilité, une idée de ce qu’ont été les pluies de cet hivernage, d’ailleurs relativement assez sec. On y trouvera tous les renseignements sur l’abondance des pluies, sur leur fréquence, sur les séries des jours pluvieux et les dates ces jours. Les plus longues séries sont de quatre jours consécutifs. Mais il ne faudrait pas croire que la pluie ait été continue pendant ces quatre jours, elle n’a duré qu’un certain nombre d'heures, chaque jour ou même moins. La plus forte pluie a atteint Si millimètres, le 7 octobre, elle n’a duré que trois quarts d'heure, elle succédait à un violent orage. Pendant ce court espace de temps, cette masse d’eau est tombée sur le sol, à raison de plus de l millimètre par minute.
Comparez l’abondance des pluies à Saint-Louis et dans les autres régions tropicales, comme nous l’avons déjà fait pour Corée (page 10b). On comprendra l’influence considérable des pluies sur l’état sanitaire. Mais il ne faut pas oublier que l’exposition des localités apporte de grandes modifications dans les quantités de pluie, modifications qui sont toutes locales.
Nous pouvons citer, comme exemple de l’influence de l’exposition d’une localité sur l’abondance des pluies, une ville de l’Inde, Cherrapunji (l), au pied de l’Himalaya, à une alti-
(1) Ces chiffres sont rapportés au tome VU de la Société météorologique
CLIMAT DE SAINT-LOUIS
tude de 1 250 mètres. On a constaté en ce point une moyenne annuelle de pluie de 14“,200. Dans le mois de juillet seul, il tombe en moyenne 4 mètres d’eau; en 1861, il est tombé en juillet 9“,296.
Pendant tout le mois de juillet, nous avons comparé aux résultats que nous fournissait le pluviomètre de l’école des Frères ceux que donnait un autre pluviomètre, situé dans la cour de l’hôpital, à 1 mètre au-dessus du niveau du sol. Les hauteurs observées étaient les memes, a quelques dixièmes près.
L’effet des pluies sur l’état sanitaire est, à Saint-Louis, ce qu’il est dans tout le Sénégal. Elles sont le signal du réveil des miasmes paludéens. L’aggravation la plus forte dans l’insalubrité du pays coïncide non avec les pluies, mais avec leur disparition et avec le retrait des eaux du fleuve, qui se fait au même moment.
C’est à cette époque que les marécages produisent avec plus d’énergie que jamais cet agent, dont les effets graves nous sont surtout connus et que l’on a appelé malaria ou miasme paludéen.
La ville de Saint-Louis est bien construite. Les rues y sont droites, larges, bordées de trottoirs, pourvues de ruisseaux. La plus grande partie des eaux pluviales s’écoule facilement vers le fleuve. Une certaine quantité de cette eau est recueillie comme eau potable. Une faible quantité d’eau pénètre dans le sol, dont la nature exclusivement sablonneuse jusqu’à une grande profondeur permet une absorption rapide. La ville est très-bien entretenue. L’hygiène a beaucoup fait pour améliorer un état sanitaire autrefois des plus mauvais. Le temps n’est pas encore éloigné où la partie N de l’île n’était qu’un vaste marécage qui, dans l’hivernage, répandait ses émanations pestilentielles. Dans plusieurs autres points, des terrains
d’Autriche, qui les cite d’après uu travail de Blassford dans le Journal of the asiatic Society of Bengal, part. 11, 1870. [Note communiquée par M. Renou.)
DES PLUIES
bas formaient, dans cette saison, autant de foyers à émanations fébrigènes, faisant lourdement sentir leur influence sur la population européenne.
Grâces aux mesures hygiéniques qui, d’année en année, ont été toujours se complétant, la ville de Saint-Louis est devenue pour l’Européen, au point de vue sanitaire, le meilleur lieu d’habitation de la colonie, après la ville de Corée.