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SO

DES ORAGES ET DES TORNADES

Il est à remarquer que les directions NO et SO du vent, au début des tornades, n’ont été notées qu’au poste de Rufisque seulement ; cela provient-il d’une disposition particulière de ce poste? Y a-t-il eu erreur d’observation ; la dénomination de tornade a-t-elle été appliquée à quelques-uns de ces grains de SO, dont nous parlerons plus tard ? Nous ne pourrions répondre à ces questions, mais nous devons noter ici que les observations faites à Rufisque sont celles qui nous inspirent le moins de confiance.

Quoi qu’il en soit, la direction SE du vent, au début des tornades, est connue depuis longtemps, nous la trouvons indiquée dans tous les journaux météorologiques que nous avons consultés, nous pouvons dire qu’elle est la règle générale presque exclusive.

Elle s’explique facilement, en admettant que la tornade soit animée d’un mouvement gyratoire, dans le sens contraire à celui des aiguilles d’une montre ; c’est la résultante du mouvement général de la bourrasque du S vers le N et de la tangente E et O, que tendrait à prendre une molécule d’air s’échappant de ce tourbil'on au moment où sa partie antérieure arrive sur le lieu d’observation.

Ce mouvement gyratoire, dans le sens contraire à celui des aiguilles d’une montre, n’est pas une hypothèse, c’est le fait commun aux tornades, aux bourrasques et aux cyclones de tout l’hémisphère nord. Il est le résultat des causes de la tornade, causes que nous ne chercherons pas à étudier ici. Se fait-il dans un plan parallèle à la surface du sol; nous en douions. Nous avons déjà signalé le refroidissement qui suit les tornades sèches, comme une preuve de l’obliquité probable de l’axe de ce mouvement.

Ce mouvement étant admis, il devient possible d’expliquer, en ne faisant que des hypothèses vraisemblables, comment, à mesure que la tornade progresse vers le N, les vents doivent prendre, par rapport à un point fixe, une direction apparente qui passera successivement par l’E, le N, l’O et le SO, en même temps que l’énergie plus grande de la bourrasque

CLIMAT DE SAINT-LOUIS

devra être au moment où la direction apparente du vent est le SE.

Mais pour que cette explication soit facile, il faut supposer que le centre du mouvement tournant se trouve à la droite, c’est-à-direà l’Edu point d'observation, il en est en effet lonjonrs ainsi. C’est toujours non-seulement au S, mais aussi à l'E qu’apparaît la tornade, elle se forme, croyons-nous, toujours sur le continent. Lorsqu’il en sera autrement, ta succession régulière des vents du SE au SO, en passant par le N, n’existera plus, et il est probable que lorsque quelque tourbillon vient à passer sur le point d’observation, eu ne suivant pas la marche du tourbillon des tornades, les phénomènes observés diffèrent tellement de ceux que nous avons décrits, que l'observateur méconnaît la nature de ce mouvement, qu’il est alors signalé sous une toute autre dénomination que celle de tornade. C’est dans la catégorie de ces faits que doivent sans dcute entrer les grands mouvements atmosphériques que nous trouvons de loin en loin signalés comme tempêtes ou coups de vent.

Ainsi, au lieu de se généraliser, le mot tornade prend un sens restreint, puisqu’il représente unseul aspect d’un météore qu’il est facile de supposer se mouvant dans une autre direction.

Nous croyons pouvoir en conclure que la tornade est un mouvement cyclonique, prenant son origine dans le SE, marchant du S au N ou du SE au NO ; que la vitesse de ce mouvement doit être d’environ 15 lieues à l’heure (en France, la vitesse moyenne des mouvements orageux est de 1 0 à 1 2 lieues à l’heure), (|u’il a une grande analogie avec les bourrasques, d’été accom|)agnées d’orages qui s’observent en France, que la plus grande régularité et l’énergie de ce mouvement est la seule différence (ju’il y a entre lui et ceux des bourrasques observées dans lus climats tempérés.

Ainsi, la tornade ne serait qu’un cas particulier des cyclones. Celte hypothèse nous paraît londée, elle explique tous les phénomènes.

DES ORAGES ET DES TORNADES

Comme les cyclones, les tornades n’apparaissent que pendant une certaine période de Tannée, correspondant toujours au moment où le soleil séjourne dans Thémisphère où se trouve le lieu d’observation. Comme les cyclones, elles ont un mouvement gyraloire qui, dans Thémisphère boréal, se fait dans le sens contraire aux aiguilles d’une montre.

Comme dans les cyclones, les orages s’observent toujours vers la fin du passage du météore.

Q Nous remarquerons qu’au dire des marins l’énergie des tornades va en diminuant à mesure que Ton s’éloigne de terre. Cette énergie serait à son maximum au début du phénomène et ne tarderait pas à s’éteindre.

Il est complètement faux, est-il besoin de le dire, que les variations barométriques soient sans relation avec ces phénomènes atmosphériques. Les mouvements du baromètre présentent trop peu d’élendue pour pouvoir, dans la pratique, servir aux marins à prévoir les tornades, mais il n’en existe pas moins une relation importante entre la pression atmosphérique et le passage des tornades.

Nous n’avons malheureusement pas pu faire d’observation dans ce sens. Mais nous devons faire remarquer que les plus forts maxima barométriques et les plus faibles minima ont toujours coïncidé avec le passage de tornades très-violentes, soit sur le lieu, soit dans son voisinage, par exemple :

Le minimum barométrique de juillet 1873 756““,8 a été observé à 6 heures du malin le 6, celte diminution de pression coïncidait avec le passage sur Dakar et M’Bidgem, d’une tornade à 3 heures du matin; cette tornade extrêmement violente fut accompagnée d’orage.

Le maximum 761““,7 observé k 10 heures du matin, le 17, coïncidait avec une très-forte tornade passant à 20 lieues au sud de Saint-Louis, à 10 heures 20 minutes.

Nous ne chercherons pas à indi(iuer la valeur de ces observations complélementinsuffisanles, mais elles nous permettent de signaler à l’étude des personnes qui voudront étudier la question des tornades, la nécessité d’observations baromé-

triques très-minutieuses et de corrections faites avec soin.

L’étude de Tozone ne nous a permis de constater d’autre relation entre les tornades et l’ozone, que l’absence d’ozone avant la tornade comme avant les orages et son apparition abondante et rapide à la suite de ces mouvements atmosphériques, qu’ils aient été ou non suivis de pluie.

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