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V..., 71 ans, ancien journalier, a eu à 18 ans une fluxion

de poitrine et une fièvre en 1849 ; du reste, il s’est toujours bien porté ; depuis deux ans, il tousse quelquefois, mais n'a jamais d'oppression et travaille au jardinage.

C’est un homme amaigri, aux artères flexueuses, dures ; le pouls est régulier, égal, assez ample, à 70; le cercle sénile de la cornée est complet. La pointe du cœur bat au 6° espace à un centimètre de la ligne mamillaire ; à l’auscultation le premier bruit systolique est suivi immédiatement d’un souffle couvrant .le petit silence, et précédant immédiatement ce premier bruit. À la base, au niveau de la partie supérieure du sternum, souffie doux systolique ; deuxième bruit net. La respiration est faible, sans râles ; la santé générale très bonne.

Le souffle postsystolique et présystolique, rarement isolé, accompagne presque toujours le souffle systolique, et alors il indique un rétrécissement combiné à une insuffisance de la valvule mitrale ; le rétrécissement mitral, sans insuffisance est très rare, si tant est qu’il existe. Aussi croyonsnous que dans l'observation que nous venons de rapporter, le souffle post et présystolique -est dû au frottement du sang, passant de l’oreillette dans le ventricule, contre des rugosités ou des petites végétations, comme il en existe quelquefois à la face supérieure des valves de la mitrale athéromateuse.

Tels sont les principaux types de cœur sénile que nous avons observés; on pourrait en imaginer d’autres, mais vouloir nous y arrêter davantage serait passer en revue la pathologie cardiaque, et nous ne voulons donner que le résultat de nos observations.

En considérant ces typ2s d’une facon générale, on voit qu’ils peuvent se diviser en deux grands groupes ; dans l’un, le cœur, quoique atteint par les altérations de la sénilité,

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accomplit ses fonctions sans faiblir, c'est le cas le plus fréquent, et nous l’avons observé plus de cent fois sur les 140 vieillards que nous avons examinés ; dans l’autre groupe, le muscle cardiaque dont la dégénérescence est plus prononcée éprouve des moments de fatigue, qui se traduisent par des contractions irrégulières et surtout plus faibles, de la dyspnée d'effort, une sensation de froid aux extrémités, de la dilatation des veinules du visage, un peu d'æœdème malléolaire. Dans le premier, comme‘ dans le second groupe on peut rencontrer au niveau des orifices du cœur des bruits anormaux, qui se rattachent plus souvent, croyons-nous, a des frottements du sang contre des surfaces raboteuses, qu’à des modifications considérables d’orifices, et dont l’existence ne semble avoir que fort peu d'influence sur la marche de l’involution sénile dans le cœur.

Tout l’équilibre circulatoire dépend de l’état du myocarde qui, toujours plus où moins granulo-graisseux, est prêt à défaillir pour peu que sa tâche augmente : que le vieillard soit atteinc d’emphysème ancien, de bronchite chronique, il deviendra bientôt un cardiaque et mourra souvent en cardiaque ; que dans le cours d’une saine vieillésse survienne une pneumonie, une bronchite aiguë, le cœur surpris par un obstacle imprévu, sera en imminénce d’asystolie. Nous avons observé un vieillard de 79 ans qui éñ pleine santé fut pris d’une bronchite aiguë, alors qu'étant couvert de sueur, il était entré dans une église : presque en même temps le pouls devint irrégulier, les veines du cow sé gonfièrent, l’œdème apparut aux membres inférieurs. L’asystolie ne fit qu’augmenter et sans que la digitalé ait pu remonter la contraction cardiaque, la mort survitit au bout d’un mois. — Une vieille femme de 81 ans, qui avait toujours joui d’une santé excellente, et qui depuis sa vieillesse

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n’avait jamais toussé, ni éprouvé d’oppression, ést prise, à la suite de scènes violentes que lui fait son fils, de palpita” tions, de douleurs à la région précordiale : l'émotion en réagissant sur le cœur avait éveillé les symptômes de la myocardite granulo-graisseuse et scléreuse, qui était restée latente jusqu’à ce moment : les jambes se mirent à enfler, la dyspnée força la malade à rester assise sur son lit; Six mois après elle entra à l’hospice dans le dernier degré de Pasystolte. Elle présentait à à ce moment un symptôme que Hayne (1) donne comme pathognomonique de la dégénérescence graisseuse du cœur chez le vieillard : ce sont les ‘ douleurs épigastriques, les nausées, les vomissements muqueux et surtout un dégoût invincible pour tout aliment solide ou liquide. Pas plus que dans le cas précédent, le sulfate de sparteine, la digitale, le café ou le régime lacté n’arrêétèrent les progrès de l’asystolie et elle mourut par son cœur six mois après le début des accidents.

Cependant nous croyons que l’asystolie et la mort parle cœur est très rare dans la vieillesse, lorsqu'elle n’est pas appelée par une cause extérieure à lui, telle que maladies chroniques de l’appareil pulmonaire, maladies aiguës ou secousses morales vives, ou par sa rupture. Le cœur, si'nécessaire à la vie résiste le dernier; lorsque la mort naturelle arrive, elle se fait par tous les organes, et le cœur cesse de battre parcequ’il ne trouve plus dans l'organisme la raison de se contracter.

(1) On the diagnosis of fatty degeneration of the heart. The Lancet, 1873. Vol. I, p. 43.

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