I. — ALTÉRATION DES ARTÈRES
Sur 24 cas où nous avons pu suivreles artères coronaires en les sectionnant avec de fins ciseaux, nous les avons trouvées 23 fois atteintes de lésions athéromateuses à des degrés différents, petites plaques chondroïdes ou calcaires, du diamètre d’un grain de millet, disséminées ou presque confluentes ; d’autres fois une grande partie de leur face interne était occupée par des plaques cartilaginiformes ou calcaires qui, par places, rétrécissaient leur calibre; dans un Cas, nous avons vu une des coronaires à deux centimètres de son origine, convertie, sur l'étendue de un centimètre, en un cylindre calcaire, percé à son centre d’un étroit canal. Pour Le Piez (1), la cause la plus fréquente des ruptures du cœur, qui ne se produisent du reste guère que pendant la vieillesse, serait l’infarctus du cœur, résultant de la thrombose du tronc ou d’une branche de l'artère coronaire athéromateuse : il ne nous a pas été donné de vérifier le fait.
Dans un seul cas, chez une vieille femme de 73 ans, les artères, à l’œil nu, semblaient intactes, mais au microscope, nous vimes les artérioles du myocarde atteintes d’endartérite, ce qui montre que les dernières ramifications de l'artère peuvent être atteintes d’artérite sans que le tronc d'origine le soit.
Dans la moitié des cas, les orifices des coronaires étaient intacts ; dans l’autre moitié, ils étaient entourés d’une zône plus ou moins grande de tissu ayant subi la transformation chondroïde ou calcaire. L'état du cœur ne différait pas d’une facon appréciable dans ces deux séries de cas, aussi
(1) Ruptures spontanées du cœur, Le Prez, thèse de Paris, 1873.