‹ Recherches sur le Cœur SénileChapitre 7 sur 22 · ER LE · texte numérisé non relu

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croyons-nous que l’altération des origines des artères coronaires n’a pas sur la nutrition du myocarde, l'influence qu’on lui a attribuée. | +

Les petites branches de l’artère coronaire, encore visiples par transparence sur des coupes fines, nous ont toujours présenté des modifications de leurs parois, portant sur la tunique interne seule, ou plus souvent sur les trois tuniques.

L’altération de la tunique interne se caractérise par une multiplication des cellules endothéliales qui, en se développant régulièrement, peuvent rétrécir en tous sens le calibre du vaisseau ; dans ce cas, la lame élastique interne semble plus éloignée de la lumière de l'artère, qu’elle ne l'est habituellement. D’autres fois le développement cellulaire s’exagère sur certains points en forme de bourgeons qui font saillie à l’intérieur du vaisseau.

Quelquefois cette altération existe seule, la plupart du temps elle s'accompagne de périartérite : la tunique externe est alors augmentée d'épaisseur et présente entre ses faisceaux des cellules jeunes, nombreuses ; par places même, les fibres musculaires de la zône moyenne ont disparu et sont remplacées par du tissu conjonctif qui se continue sans démarcation avec la tunique externe; la plupart du temps, dans le tissu de périartérite, on voit des vaisseaux beaucoup plus petits, dont les parois vivement colorées et épaissies rétrécissent ou obturent la lumière ; ce sont sans doute des vasa-vasorum altérés.

Quant aux fines artérioles visibles seulement au microscope, leurs lésions nous ont semblé constantes, endartérite toujours, comme pour les artères, un peu plus grosses et périartérite presque toujours. La lumière du vaisseau est entourée d'une zône de tissu néo-conjonctif, rétrécissant circulairement la lumière du canal ou la réduisant à une

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simple fente ; il est difficile au milieu de ce tissu vivement coloré de retrouver les traces des cellules contractiles, qui dans les dernières ramifications des artères, constituent la tunique moyenne.

Les lésions artérielles que l’on a observées dans le rein, la moelle, le cerveau, etc., nous les avons retrouvées dans le cœur de tous les vieillards que nous avons examinés, quels qu’aient été leur genre de vie, leur profession ; si nous ajoutons, que de nos recherches, nous avons exclu autant qu’il était possible de le faire, les rhumatisants, les goutteux, les vieux syhilitiques, tous ceux que leurs diathèses prédisposent plus tôt aux maladies artérielles, nous pouvons conclure que l’artérite généralisée peut être le fait des ans et la manifestation sur les artères de l’involution sénile.

Les altérations généralisées à tout le système artériel peuvent être plus prononcées dans certains organes, où elles accompagnent d’autres manifestations importantes de la sénilité : tel sera plus vieux par son cœur, tel autre par ses reins, tel autre par son cerveau ; mais en tout cas, d’après tous les auteurs, elles semblent débuter par l'aorte et les gros troncs artériels. Tandis que d’après Cornil et Ranvier (1)les foyers athéromateux résulteraient d’une transformation graisseuse primitive de la tunique interne, déterminant ensuite autour d'elle de l’endartérite chronique, d’après Virchow (2) et Lancereaux (3) ils seraient l’effet de la nécrobiose des cellules endartérielles qui, après s’être multipliées par places, meurent faute de matériaux nécessaires à la nutrition.

(1) Manuel d'histologie pathologique. ” (2) Pathologie cellulaire, p. 451.

(3) Union médicale, 1881, p. 121.

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H. Martin (1), pense que la lésion débute par les artérioles : sous des influences diverses, et la vieillesse est de ce nombre, les petites artères qui suivent la tunique conjonctive externe des gros troncs s’enflamment, leur paroi interne prolifère et diminue la lumière vasculaire ; dans les points de l’endartère correspondant au rétrécissement de l'artériole nourricière, se produit, par insuffisance de la nutrition, un foyer de dégénérescence graisseuse entouré d’une zône de tissu néo-conjonctif : la nécrobiose de la tunique interne et la prolifération inflammatoire circonvoisine seraient indépendantes l’une de l’autre et. résulteraient toutes deux de la même cause pathologique, l’endartérite des vasa-vasorum.

Après l'apparition de l’athérome dans l'aorte et les principaux troncs artériels, qu'il soit primitif ou consécutif à l’altération des vasa-vasorum, survient au bout d’un temps plus ou moins long, l’endartérite d’abord, puis la périartérite dans les petites artères ; en même temps se développe dans les parenchymes, et dans le cœur en particulier, un nouveau processus que nous allons étudier.

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