‹ Recherches sur le Cœur SénileChapitre 9 sur 22 · BR · texte numérisé non relu

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l'avons trouvée comparable à ces formes de sclérose si intense que l’on voit envahir si souvent le rein du vieillard ; bien rarement même elle nous a semblé atteindre l'étendue de ces cirrhoses discrètes ou confiuentes que Juhel-Renoy a décrites dans le cœur de l’adulte. Nous lavons toujours vu procéder par îlots ; lorsqu'ils sont visibles à l'œil nu, ce qui est l'exception, ces îlots se présentent sous forme d'une petite tache d’un blanc grisâtre, large comme une tête d'épingle ; en regardant attentivement, on distingue souvent à leur centre un petit pertuis qui est l’orifice d’un vaisseau ; de leurs bords on voit partir de fines trainées blanches que l’on peut suivre sur l'étendue de deux ou trois millimètres. Dans les piliers des ventricules, et surtout dans ceux de premier ordre, aux points correspondants à ces épaississements de l’endocarde si fréquents à leur surface, les taches de sclérose peuvent être plus étendues, et occuper quelquefois toute la surface de section du pilier, qui est alors dur, résistant à la coupe.

Mais ce n’est qu'à l’aide du microscope que l’on peut comprendre la manière dont procède la myocardite scléreuse du vieillard. :

Etudiée dans les piliers du ventricule, où elle est toujours plus caractérisée, cette sclérose affecte plusieurs aspects ; souvent, sur plus de la moitié de sa surface de section, le pilier est transformé en une masse de tissu conjonctif pur, très serré, composé de fibres connectives enchevétrées en tous sens ; la plupart du temps il est difficile, sinon impossible, d’y retrouver la trace de fibres musculaires ; au sein de cette masse fibreuse, on distingue quelquefois des amas circulaires de cellules et de noyaux fusiformes, plus vivement colorés ; ce sont les vestiges de vaisseaux atteints d'endartérite, dont la lumière est complètement effacée. De la périphérie de ces noyaux fibreux partent des travées

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conjonctives se subdivisant en tous sens pour dissocier les fibres musculaires qui sont isolées par groupes de deux, trois où quatre ; mais à mesure que l’on s’éloigne de la zône de tissu conjonctif pur, les travées deviennent de plus en plus minces, leurs réseaux s’élargissent, et il arrive un inmoment où le tissu musculaire est à peu près intact; si dans ces points il y a des petites artères, elles présentent à leur périphérie des lésions caractéristiques, qui éclairent la pathogénie de la sclérose cardiaque sénile.

Toujours atteintes à un degré quelconque d’endartérite, elles présentent en même temps de la périartérite, caractérisée par une zône épaisse de tissu conjonctif dont les fibres sont plus ou moins régulièrement concentriques à la lumière du vaisseau ; l'artère malade est plongée dans une gangue connective, formée de cellules jeunes, de noyaux fusiformes, de fibrilles ; ces éléments envahissent sur un certain rayon le tissu musculaire avoisinant, dissociant les fibres d'autant plus qu’elles sont plus rapprochées du centre de l'ilot: à côté de fibres qui ont conservé leur volume: normal, on en voit d’autres qui présentent un diamètre beaucoup moindre. Ailleurs, au lieu d’envahir directement le muscle avoisinant, le noyau fibreux envoie entre les fibres des bandes de tissu conjonctif, qui se subdivisent de manière à former un réseau dans lequel sont plongés les éléments musculaires. Plus rarement nous avons vu se détacher, de la paroï externe même de l'artère, des faisceaux conjonctifs, qui, ensuite pénétraient dans le tissu musculaire.

C’est sous la forme d’ilots périvasculaires, que nous avons toujours vu se manifester la sclérose dans les parois des ventricules et dans la cloison interventriculaire ; jamais nous n’avons vu, comme dans les piliers, la cirrhose assez intense pour y étouffer complètement la fibre musculaire, et

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