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Î50 SUR LE œMMERCX;, LA FABRICATION ET L'USAGE
être la ville de Tripoli de Syrie, sur la côte de la Méditerranée, plus habituellement nommée par nos anciens écrivains Triple j Trible ^, mais que certains d'entre eux nomment Tripe :
lÀ rois de Tripe en Tabarie Fait l'avant^arde et les os gnie.
lyjiu ei de Pnpheiiat, Ut. de laBibl. ut. n* 71 SI, fol. 4 14 ▼eno, col. I, T. 8S.
On lit plus loin :
Tant recpierront Dripe et Cartage.
Ibid.^ fol. m YOTK», col. 4, T. 10.
Mais là , il s'agit vraisemblablement de Tripe en Barbarie , ainsi nommée dans li Romans (fAlixandrCj pag. 121 , v. 4. Trip«. Aujourd'hui , on le sait , la tripe ou trippe , mentionnée
chez nous dès 1458 *, et peut-être en Espagne six ans plus
' < Tripolis Tel Triple. » Gesta Deiper Fronças ^ pag. 370, lin. 34, 52. — c Tripla^ cpuB ett Tripolis. » Ibid. , pag. 333, lin. 11. Cf. pag. 361, lin. ult., et HUt. de S. Loua, par Jehan aire de Joinyilie, édit. da Louvre, pag. 109, 249, etc., etc.
SniTant l'éditeur de cet oaTrage , la tireiaine devait ton nom à celui de Tyr, TÎlle Toisine de Tripoli. Le Duchat (Dict, étpnol, de la langue fran^oue , par Ménage, édit. de Jault, tom. II, pag. 529, col. 2) n'eat point deoetayis. A l'en croire, le mot tiretaine nom Tient des Espagnols, « qui appellent tiritana une sorte de très-fin drap. • Certainement ce n.*est pas là la définition du grand Dictionnaire de la langue castillane, où je Tois, tom. VI, pag. 282, col. 1, tiritana rendu par tela de seda delgada. Un passage de la nuet^a Reeopilacion de lot Uyes del Reiao ne laisse aucun doute sur Pezactitude de cette traduction : c Las tiritanas , y est-il dit, han de UeTar la misma cuenta de la seda, que liera un tafetan doble, s etc. Lib. y, tit. zn, 1. 22.
Quelle que lût , chez nous , la matière primitive de la tîretaine, il est certain que cette étoffe était autrefois rangée parmi les tissus précieux ; on le Toit par un passage du Roman de la Hase, que nous aTons cité plus haut, tom. I*', pag. 206. Deux autres passages auxquels nous aTons venToyé, tom. II , pag. 169, not. 8 , nous montrent le tartaire, quiy est nommé tartaine^ euToie de fusion aTec tiretaine^ ou ptee persa. * Comptes de rargenierie, etc., pag. 357, col. I . On lit aussi tripe (It. vMuo di tripa, Esp. pelludo de tripa) dans le Nomendator octUinguis omnium rerum propria nomina eontinens, par Adrien Junius et Hermann Germberg, qui écriTait en 1599. Voyez l'édition de Paris, m. do. ti., in-folio, pag. 177, col. 1.
tôt \ est une sorte d'étoffe veloutée qui se fabrique au métier comme le velours ou la peluche ; le poil qui fait le c6té de l'endroit , est tout de laine , et la tissure qui forme le fond, est entièrement de fil de chanvre. « Les tripes, ajout&Savary, qui écrivait au commencement du xvin* siècle, se tirent presque toutes de Flandres, particulièrement de Lille, d'Orchie et de Toumay.... 11 y en a de rayées de différentes couleurs, et de pleines ou unies, dont quelques-unes sont gaufrées, ce qui fait paroltre des fleurs ou figures en relief comme aux velours cizelés *. »
Nous avons encore rencontré dans l'inventaire de 1315, o«apqui nous a fourni les mots de tuljret de tripe^ celui de Gaugi accolé au nom d'une étoffe employée en vêtement d'église' : à quoi se rapporte-t-il ? Toutes les recherches que nous avons Eûtes à cet égard sont restées sans résultat. Je me trompe : j'ai trouvé qu'en 1380, il y avait un consul de Montpellier nommé Gaugi ^j ce qui permet de conjecturer, mais je ne le crois pas , que la tunique d'étoffe bleue de Gaugi pouvait bien être d'une étoffe alors connue sous le nom de son fabricant.
' « Trapetes de todos colores, del mat fino, cada Tara doscientos é qnarenta laaiav. > Ordenaïua real en que se tasan las numufacturat de dentro y fuera del Rejno, ano li42. {Jpéndice d la Crômca.,, del S' Rey D, Juan elll, etc., pag. 108, art. 34 : Pannos de seda é bocaranes,)
Je trouve dans la Vida del gran Tamorlan, par Ray Gonzalez de GlaTÎjo, édit. de M. DOC. Lxxxn., pag. 33, lig. 13, mention d'une ile appelée TYtpe^ qui appartient an royaume de Naples : on Terra si Ton doit y ratucher en quelque manière le trtqtete en question. Cf. Diceionario de la lengua eastellana, tom. VI, pag. 358, col. 2, au mot Tiripe.
* Dictiomnaire unwenel de commerce^ art. Tripe on irippe.
* € Item. Tunica de inde de Gaugi. » The Hitt. and Antiquit, ofthe eaih. Chureh o/Canterhwjy the append. , n<^ Ti , pag. Tii.
* Le petit Thalamus^ pag. 401, en note.
MuUJinmat.
Spaddrapore.
Muglia^.
Gorgoran, grogram.
TeUes sont les étoffes dont il est fait mention dans les comptes y les inventaires et dans les autres monmnents historiques ou littéraires des xrv", xv* et xvi* siècles. Il s'y trouve bien encore d'autres tissus de prix indiqués; mais ils le sont d'une manière tellement vague, qu'il parait impossible de les rapporter à telle ou telle catégorie. Qui peut dire, par exemple, ce que c'est que le mulcbumat % et le spaddrapore dans lequel le corps de saint Henri de Baucen, mort en 1 31 5, fut enveloppé ' ? Je sais bien que le P. Papebroch conjecture que ce dernier tissu devait être un drap de Frise, dans la meiUeure acception de ce mot*, c'est-à-dire considère spaddrapore comme synonyme àefrissatus pannus, que l'on ren* contre dans une autre vie de saint * ; mais ce n'est là qu'un soupçon dénué de toute espèce de preuve. De même , que faut-il voir dans le muglias , que nous trouvons , en 1 409 , employé à doubler une petite bourse de soie'? Est-on bien sûr aussi que le gorgoran, nommé dans la Cinthia de D. Ga»
* Glou, med, et înf. Latin. , tom. IV, pag. 567, col. i .
* Mirac. B. Henrici Baùcenens., apud BoUand., Acta sanctorum Junii, tom. II, pag. 276, col. I,C-
* « Pairao Phrygio, si non follor. » Voyez ci-dessus, tom. I**, pag. 318-326. Je persiste d'autant plus dans ce que j*ai dit sur le double sens du mot Frise , que je puis apporter de nouyelles preures en foreur de mon opinion. Par exemple , un ancien traducteur de la Chronique de Turpin rend les mots rex Afri^ eus qui s*y trourent , par uns rojrs païens qui estait de Frise (Ks. de la Bibl. nat. n* 7060 , fol. 146 yerso, col. 1), et un glossaire latin-français du fonds de Saint -Germain -des- Prés traduit Frigium par mitre ttevesque que l'en fait en Frige. »
* c ... quidquid... fustani, et purpurœ, frissati, firitsali quoque, seu alterius cujuslibet optimi generis rel coloris pannorum coemere potens, in sarcinas concludes, 9 etc. Fita S. Ottonis^ episc. Bamh,, etc., cap., t, n» 188; in Aet. sanctorum^ tom. I Julii, pag. 420, col. 2, E. Cf. ci-dessus, tom. I'^, pa^. 326, en note.
* Lettres de rémission dans le Trésor des chartes, reg. 163, ch. 310.
briel delCorralS dans Guzman de Alfarache* et dans la GarduOade Sevilla^^ ait été, comme le ferait croire un passage de Sir Walter Scott , qui nomme le grogram à la suite des tissus de soie ^, et comme le veut Chambaud, l'équivalent du gros de Naples ou du gros de Tours'? En vérité, je n'ose m'a» Étjmoiogîe