chapitre des satins , que nous plaçons immédiatement après
dans la hiérarchie des soieries , quoique , au xvi* siècle, Us
supénorité fussent réputés supérieurs aux damas , déchus de leur rang
de rette étoffe sur , , ,
le damas, au iMimitif '. En efTct, si , dans les cérémonies où fissuraient les parlements , un président était habillé de velours ' , les conseillers et maîtres Tétaient de satin , et le damas était laissé Richease aux greffiers, comme le taflfetas aux huissiers^. Certains de
de certains satins ^ ^ , ,
ces satins y au moins au xv" siècle , étaient d'une grande richesse. Ainsi Ton trouve dans des comptes de cette époque, un satin cramoisi broché d'or, du prix de cent écus d'or la pièce '9 du même « à ouvrage de pos de marjolaine , » acheté à Marc Guidecon, au même prix*; enfin un satin figuré de noir et de vert broché d'or, moins cher de dix écus par pièce \ Dans V Histoire du petit Jehan de Saintré^ la reine donne à quatre barons « à chascun une pièce de satin azuré figuré et broché d'or, et aux aultres chevaliers à chascun une pièce de satin azuré figuré, et à chascun une
chlamyde impériale de Charles VI , aa coaronnement de la reine en 1389 , et let jmAom imperiaUê dont étaient Tétas Temperear d'Orient et son fils quand let vit ClaTijo, doWent peat-étre s'entendre par robe et manteau d'impérial. Voyea U Boman du Renart, tom. IV, pag. tt5; la Chronique du Religieux de Saiut»Dêmx*9 Ut. X , ch. Yn, tom. I*% pag. 614 ; et la f^ida delgmn TumorUn^ pag. 83, lig. 30.
* Voyez les Ducs de Bourgogne, 3* partie, tom. !•', pag. S74, n« 97 1 .
* Voyez le Cérémonial françoie^ tom. I**, pag. 596.
* ÀQx obsèques de Gbarles VII, en 1461, présidents, conseiliers, fanissicrs, tout le parlement était véta d'écarlate. Voyez les Chroniques de Mtmtihieu de Coussjr^ ch. cxxt; édit. du Panth. liit, , pag. 334, col. 3.
* Le Cérémonial franfoiSf tom. I**, pag. 966.
* Compte de 1416. (Les Ducs de Bourgogne, 3* partie, tom. !•% pag. 13S, n*408.)
* /^(</., pag. 154, n« 493.
' /^iW., pag. 133, n* 408.
DES ÉTOFFES DE SOIE, D'OR ET D'ARGENT. tli
pièce de satin azuré plain '. » Plus loin , il est fait menlion d'une housse « qui estoit d'ung très-riche cramoysy de satin figuré en drap d'argent *. » Enfin dans un inventaire des reliquaires, des vases sacrés, ornements, etc., de la cathédrale d'Auxerre, en date de 1 531 , nous trouvons a quatre chappes de satin blanc veloté, scemées d'aiglan (suivant toute apparence, de glands) d'or et de feulles de chayne vert, » etc., a une chappe de satin de cramoysy scemée de feulbige de drapt d*or, » puis, « une chasuble de satin rouge scemée de lyons reropens , ensemble le feuUaige d'or Élit au mestier, » une chasuble de satin noir veloutée de feuilles de chêne vert, le tronc d'or, et ce une autre 'chappe de satin blanc scemée de paons et de griffons et feullaiges, garnye d'orfiroy d'or de Chippre à ymaiges et aigles •, )} etc.
Ailleurs y c'est du satin frisé d'or\ du satin vert recamé, Eap^ret dWemt c'est-à-dire brodé d'argent \ du satin vert à fleurs de pensées', du satin cramoisi éimaillé de rouge clair ^, du satin blanc, du satin noir*, du bleu \ du vermeil'*, du cramoisi",
* Bist. et jUais. Cron. du pet, Jehan de Smintre\ etc., ch. uv; tom. II, pag. 366.
* IM., pag. 583.
* Arch. histor. de l'Yonne, fonds du chapitre d'Auxeire.
* Le Cérémonial fran^oU^ tom. I'% pag. 713. » iM., pag. S49.
* VHitt. dupetit Jiehan de Se'mtré, eh. jxa ; tom. 1% pag. 184. ' ibid., ch. imn^te^. I«% pag. 189.
■ Lee Duee de Bourgogne , 2* partie, tom. I*% pag. 12, n*" 57 ; pag. 289^ n"" 1020.
* Vffist. dupetit Jehan de Saimiré, cb. xun; tom. II, pag. 290.
** Les Duee de J}oiir^^«, 2* partie, tom. I**, pag. 12, u* 57 ; pag. 244, n* 825; pag. 294, n« 1046.
*' /4iJ.,pag. 287>n* iOii. VHiet. dupetit Jehan de Saimré, ck.ixr; tom. II, ptg. 365.
222 SUR LE œMMERGE, L4 FABRICATION ET L'USAGE
du satin en graine S du gris% du satin gris de lin, ou fleur
de pécher •, moitié noir moitié bleu *, du satin noir figuré ',
du satin noir renforcé', du satin figuré bleu et blanc ^, du
Locution satin cannelé % etc. Nos ancêtres affectionnaient tellement
prontéeauMtiii. cettc étoffe, quc lorsqu*ils voulaient caractériser quelqu'un
de très-gai , ils le comparaient au satin *. Patrù du satin. D'où vcuait cctte sorte d'étoffe ? Sans aucun doute d'Orient , Atlas de Roum qù Vatlûs du Davs dc Roum j c'est-à-dire de Grèce , et celui
et de Bagdad. . ,
de Bagdad étaient célèbres ^. On fabriquait aussi du satin en zeuniraao, Italie, OU on l'appclait du nom de zetani raso^\ qui paraît
tuni, aceytani ^
raso. --____--^^.__^.^___-— —-—-.— --^-—-.^-^—--—^—--— -——--.^^^^^-^^—
' Les Ducs dé Bourgogne, 2* partie, ton. I*, pag. 289, n* iOlS. ' Ibid., pag. 284, n« 1002; pag. 290, n« 1023.
' Mémoires tTORvier de La Marche^ îvr. II, ch. nr; édit. du Panth. iitt,, pag. 561, col. 2. — £e vfof Théâtre J^honrteur et de ckepalerie^ 2* partie, ch. xxxxir, pag. SM)2.
* Les Dues de Bourgogne , 2* partie , tom. I*', pag. 184, n* 648.
Selon toute apparence, il t'agit ici d*nne étoffe pareille à celle de la robe du roi Muleaaae, c qui ettoit de soye , changeante de verde en bleue. » Voyez VHutoire de Paolo Jovio, Ut. XXXIV, tom. Il, pag. 305, B, et, sur les étoffes changeantes, ci-dessus, tom. II, pag. 57-o9.
• Ihid,, p. 295, n- 1040; p. 434, n« 1505; p. 450, n* 1691 ; p. 451, n* 1702.
• iùid., 2* part., tom. I", pag. 293, n» 1038. Pag. 203, n» 690, on trouve aussi du satin renforcé, mais sans désignation de couleur.
' Les Ducs de Bourgogne, 2« partie, tom. I«% pag. 202, 203, n* 690.
* Le Cérémonial franeois, tom. I*', pag. 946. Cf. pag. 945.
> Et qne je seray godinet.
Je scray pins gay qne satin.
La Femme veuve, farce à .xm. personnages, etc., pag. 40. (Aecueii de farces, moralités et termoms Jcyeux, etc , tom. III.)
** Voyez, sur le mot atku ( i/^ > ), par leqvd les Arabes désignent le satin , et qui a passé en allemand et même en latin , VBist» des suit, mami, de tÉgjrpte, tom. II , 1" partie, pag. 70, en note; et Seip. LmtuU Neap, Ung^ ital, Jnstit,, etc. PaUTÏi, M.Dc.xxxxi., in-8*, pag. i36, col. 1.
*■ Voyez la Prattiea dalla manaturaj par Ant. da Uzzano. {Délia Décima^ etc. , tom. IV, pag. 108.)
Les écrivains latins du même pays disaient rasium , rasa , et rasus sericus. Voyez le Cérémonial ambroisien cité par du Gange, tom. V, pag. 604 ; la Chronique de
avoir passe dans la Péninsule. Je ne saurais, en effet, traduire autrement les mots raz et ras^ que je lis dans les Actes de saint Ferdinand , infant de Portugal , et dans la chronique catalane de Carbonell *, raso , que l'on rencontre fréquemment dans les écrivains espagnols*, et acejrtunij aceytuni raso y que je. trouve dans une ordonnance de Jean II, roi de Castille, en date de 1442, dans laquelle ces étoffés sont taxées quatre cents , trois cents et cent quatre-vingts maravédis la verge'. Malheureusement elle nous laisse dans une ignorance complète au sujet du pays de production de ces satins, et Ton ne peut dire si ceux qui avaient cours en Espagne à Tépoque, étaient espagnols ou étrangers. Nous ne sommes pas moins embarrassé pour déterminer s«tm
de Malicfiucs.
à quelle localité ou doit attribuer le satin deMalicques, dont
Tarvîâno, dans le grand recueil de Moratori, tom. XIX, col. 803 ; et le liv. VI de l'Eut* de Sicile de Tabbé MaorolicOy cité plus haut, tom. II, pag. 182, not. 5.
' ^ef.^.7iM.,t. I,p. 563. — 6/^.iM<l.ef cii/.Xal., t.V, p. 37, c. 1.
' c Venia un page Testido de raso pajiso prensado , con un guion de taleun morado, » etc. Diego de GolmenareSy HUtoria de,,, Segovia, etc. Segovia, D. Dies, i637, in-folio, cap. xlix, g 1 6. — c La (rara ) de rasos de c61ores altos de Toledo 6 Granada, à yeinte y ocho reales« » Pragmàika de tassas^ ano 1680, fol. 6. — c Sus Testidos son de terciopelo , damasco, nuo, ù tafetan. b Luis del Marmol, Descripeionde Afriea^ lib. IV, cap. xxn. Ce dernier passage, dans lequel réerirain donne au rtuo la place que nous aurions donnée au satin , achève de pronrer que c'était hien la même étoffe, et non une yariété de ydour», comme on pourrait le croire en Toyant des mentions de Tdours roM, pareilles à celle qui se lit dans le Mercure franfois , ann. m.dg. xxm, tom. IX, pag. 543.
* Apémdiee d la Cràniea... del à' Rey />. Juan el //, etc., por el P. Fr. lâciniano Saea, pag. 108, art. 34. On troure deux autres exemples, Tun de va»o oieiitmi^ l'antre d^ttxeituni hrœado de orOf dans le grand Dictionnaire de la langue oastil* hme, tom. I*', pag. 516, col. 2, art. jâzeitmni. A Toir l'auteur présenter ce mot comme synonyme à'aaeitunado (de couleur olire ) , il est évident qu'il ne l'a pas comfiris. jigaitum n'est autre chose que le mot satin^ qu'un écrivain de la même nation appelle sutini^ /eftmi, tetum*. Voyex Fida del gran Tamorlan^ por Ruy Gonlales de Clavijo,pag. 01, 169, 170, 214.
on trouve trois mentions dans un compte de 1416 ^ Nous avions d'abord pensé à Malines, ville des Pays-Bas autrichiens, déjà célèbre au xiii* siècle par ses étoffes*; mais nous avons renoncé à lui faire honneur des satins de Malicques, en lisant le nom de Malica dans les Annales de Gènes du scribe Bartolomeo '. 11 est parfaitement sûr néanmoins que si Ton ne fabriquait à Malines que des draps de laine \ on faisait beaucoup de soieries en Flandre, surtout à Bruges, dont les satins étaient célèbres au xvi* siècle ', et je soupçonne fort le satin et les rubans d'Espagne, dont il est si souvent fait mention dans les comptes et dans les inven-
* Les Ducs de Bourgogne, 2* partie, tom. I*', pag. 117, n«* 333, 334, 335.
' Voyez les poéneB de rarchipn^Cre de Hka dans la Collection de Sancfaez , pag. 225» ▼.1371.
Dans une ordonnance dn roi de Catulle, de Pan 1442, il est question de pelarte de MeUinas, Voyez Apéndhe d la Xràntca,,, del s^ Rey D, Juan el II, pag. 107, n* 33; et Memériat histérlcas sohre la marina, comercio y artes de.,, Bareelona, tom. III, part, m, ch. n, pag. 340.
M. Depping traduit velarte par velours [Bist. dueomm. entre le Levant et t Europe, ch. Yi, tom. I*', pag. 326), sens différent de celui que donne è ce mot le Dictionnaire de la langne castillane, dit des Autorités» Voyez tom. VI, pag. 435, col. 1.
* «Nosiri... venerunt Malieam.,,, JTanuenses... mpnà Malicam consilium cele«braverunt, » etc. Bartholonuei Scribm Annales Genuenses ab anno iiccxxiv. (Rer, liai. Script.^ tom. VI, col. 472, A.)
^ Voyez Cattd. anal, des arch. de M, le Baron de Joursanvault^ tom. I**, pag. 92, n»» 603, 604. — Notice des ouvrages de Philippe de Maizieres, par l'abbé Lebeuf. ( Mém. de tAcaâ, des inscr. et belL-lett., tom. XVI, pag. 229.)
' a Item une chape de drap d'or fîrizé. . . doblé. . . de satin de Burges rouge. ... — ... une autre chappe en figure de damas d'or et d'argent... doblée de satin vert de Bourges.... — Item deux paremens d'autel derelours noir, le bas croisé tout au long de satin i>lanc de Brouges, » etc. Invent, des vases sacrés et ornem. de la eath. d*Auxerre m 1531 ; arch. de l'Yonne, fonds du chapitre. — «Plus un lict de satin de Bruges blancq, » etc. Invent, des meubles du.,, château de Pau, janvier 1635, art. 6 ; arch. des B.-Pyrén., exti*. de la liasse 427, n« 9. — «Une couverture dudit autel en satin de Bruges. • Très, des égl. de Reims, pag. 116. Voyezaussi pag. 117.
Dans un compte de 1532, il est question de satin de Bruges employé pour un manteau d^Anne Boleyn. Voyez The privy PurseExp. of King Henry VUI, pag. 222.
taires de cette époque*, detre venus, uon de Fautre côté des Pyrénées , mais des Pays-Bas j qui étaient alors sous la domination espagnole*
SHI faut en croire Savary, le satin de Bruges, inférieur satm de Bruges,
• .1.1 1 1 A . «*'"* caffactl.
aux autres, en ce qu u avait seulement la chaîne en soie et le reste en fil, portait aussi le nom de satin cafTard*. Quelle peut être la source de cette dénomination , que nous trouvons également associée à du damas vert et rouge , et à du satin jaune et rouge'? Suivant toute apparence, cette expression désignait une nuance; il faut remarquer, cependant, qu'il y avait une étoffe appelée caffa^ que l'on trouve c:affa. mentionnée dans un ancien compte anglais et ailleurs ^, et qu'une recherche un peu attentive ferait peut-être retrouver dans les nôtres, plus négligés jusqu'ici. Sauf meilleur in-
* m Mercure estoît accoustré tout ainsi que le desciiyent les poètes , yestu de ■afin incamadin d'Espagne, » etc. BaUt comique dé la reyne, dans le Recueil des plus exctUens ballets de ce temps. A Paris, chez Toussainct du Bray, k.dg.xii., in-8*, pag. 444. a Quatre chappes de satin de couleur incamadin d'Espagne... du don des Altesses des Pa^s-Bas, en 1617. » Trésors des égTtses de Reims^ pag. 102. Voyex encore ci-dessus, pag. 101 , not. 1.
Le second des passages qui Tiennent d*étre cités prouverait presque que l'exprestton à'Espaigne ne s'appliquait qu'à la couleur. Il y avait, au reste, du velours incamadin de ce pays. Voyez ci-dessus, tom. II, pag. 206.
■ Dictionnaire universel de commerce, au mot Satin,
* a Une housse de velours bleu (doublée] de satin caphart jaulne et rouge, » etc. Estât des meubles (du château de Pau) qui ont esté portés à Paris.,. (1602], ch. des hamoîs, fol. 8 recto ; arch. du départ, des Basses-Pyrénées.
Voyez ci-dessus, pag. 215.
^ « Item... for xviij yardes and one quarter of white caffa.., vj liv. vij s. ix d. > Ilie privy Purse Expences of King Henry the Eighth, etc., pag. 134. c In hîs gaUeiy there was set divers tables, where upon which a ricli number of rich stuffs of «ik în Mrhole pièces, of ail oolours, as velvet, satin, damask, caffa, taffeta, grograine, sarcenet, and of other not in my remembrance. » 7A« Life of Cardinal Wolsey^ by G. Gavendish, etc^ S. W. Singeras edit., Ghiswick andLondon, 1825, m-8% Tol. I, pag. 132.
226 SUR LE œMMEaCE, LA FABRICATION ET L'US^AGE
formé , je crois ce nom dérivé de celui de Caffa^ ville de la petite Tartane sur la côte méridionale de Crimée, comme il se pourrait bien aussi que le mot caffard vint du nom de la ville de Capharda^ dont il est plus d'une fois question dans les historiens des croisades ^ Quoi qu'il en soit, il y avait sans doute du caflfa de toutes les couleurs : ce qui nous le fait supposer, c'est le soin que Ton a pris à spécifier que celui du compte de la dépense particulière de Henri YUI était blanc.
SutîD de Chypre. Il £siut raugcr dans la même catégorie le satin de Chypre , que Ton voit apparaître au commencement du xvu' siècle ; du moins je ne Tai rencontré que dans un ouvrage imprimé à cette époque , où cette dénomination est donnée comme synonyme de s^estis subserica^ tramoserica^ ÛTRKnrjpixov*.
Piîxd«s satins (Ju mot maintenant sur les prix des satins. Aux termes des
enFranre
au zTf siècle, ordonnauces de Henri III sur le fait de la police générale du royaume, les satins rayés d'or et d'argent étaient taxés trois écus l'aune, le satin cramoisi rouge de Venise deux écus deux tiers , les satins et damas de Gènes , comme les satins rouges et violets cramoisis de Florence et de Bologne, deux écus. a Quant aux aultres satins et damas de toutes couleurs qui ne sont de Gennes, est-il ajouté , d'autant qu'ils ne se peuvent vendre à l'aulne, ains à la livre, le prix de chacune livre de noir , du pois du pays , sera de 3 écus 2 tiers la livre de couleur*. Demi-^aUn. Après Ic satin vient l'étoffe, peu commune, il est vrai , ap-
' Gttta Dei per FrancM, pag. 24, Un. 5i-56 ; pag. 70, lin. 55 ; pag. 71 , lin. 6
* Nomenelator octilmguuy etc., ab Adrîano Jnnio, éd. Hermanno Germbergio. Parisiisy apnd Dayidem Douceur, m. dg.ti., in-folio, pag. 178, col. 1.
• Arch, cur, de CHUt, de France, i^ série, tom. IX, pag. 211, il2.
DES ÉTOFFES DE SOIE, D'OR ET D'ARGENT. t27
pelée demi-salin , nous ne savons pourquoi. Dans les Mémoires d'Olivier de la Marche, on voit des destriers harnachés pour un pas d'armes , couverts d'un demi-satin vert , d'un demi-satin bleu, d'un demi-satin vermeil*, ce qui pourrait, à la rigueur, s'entendre par une demi-pièce de satin ; mais on doute de cette interprétation en lisant , dans les Honneurs de la cour^ de la vicomtesse de Fumes *, qu'à l'un des deux grands lits qui se trouvaient dans la chambre où naquit Marie de Bourgogne, en 1 456, il y avait des rideaux de demi-satin vert, et en voyant dans un inventaire de 1531 « deux sendalles de demy-satin blans garnyes de ruben d'or*. » Il ne faut pas songer non plus à identifier cette étoffe avec le samit, déjà déchu de sa splendeur première, en voyant plus loin , dans le même ouvrage , ce dernier tissu nommé et associé à du satin ^.
11 me semble convenable à présent d'évoquer une étoffe satanin dont le nom ressemble à celui du satin , de façon à faire croire que c'est le même, augmenté dans un but sarcastique. Je veux parler du satanin. Les premières mentions que je rencontre de cette étoffe , se trouvent dans l'inventaire de Charles V, et elles sont nombreuses. On y voit du satanin de toutes couleurs employé en chapelles *, en custodes d'au-
* liT. I", ch. IX, ann. 1443 ; édit. du Panth. litt,^ pag. 386, col. 2, et pag. 388, col. 1 et d. Voyez ci-dessuB, tom. II, pag. 178.
* Mémoim sur Faneienne chevalerie, édit. de u. dgo. ux., tom. II, pag. 217, 218.
* IupetU. des vases sacrés et ornements de la cathédrale d^Juxerre; arch. du département de l'Yonne, fonds du chapitre,
* Mémoire* sur l'ancienne chevalerie, tom. II , pag. 230.
' Hb. de la Bibl. nat. n« 8356, fol. Cxiiij recto, n« 1090; fol. Cxvij recto, D*«lilietlll4.
Dans le testament du cardinal Ânglic Grimoard, qui est de 1 388, on voit figurer
228 SUR LE œMMERGE, LA FABRICATION ET LUSAGE
tel S en touaille d'autel parée *, en ornements sacerdotaux \ en chaperons* 9 et jusqu'en chemise de livre'; et vers la même époque, c'est un beau, pavillon de trois draps d^or, ourlés dehors de satanin bleu tout semé de fleurs de lis d'or, etc., sous lequel Charles VII fait son entrée à Montpellier en 1389', et « une chambre à demi-ciel de sathanin vermeil^ où il a une brebis de six sarges rouges ^. » Comme nous l'avons vu pour d'autres étoffes , il y avait du satanin renforcé', ou renforcier^ si Ton peut se servir de l'expression du rédacteur de l'inventaire des chapelles de Charles VI, qui en enregistre trois', et en signale une comme étant d'un satanin de cette dernière espèce.
Étymoiogic A quellc source rapporter ce mot ? A la ville de Satalie ,
da ce mot. | ^ ^ * * ^
en Asie Mineure , où cette etofTe pouvait avoir été originairement fabriquée, et que nos ancêtres citaient au moins pour ses manufactures d'armes ^', ou au mot arabe sultan ( jLkL), dont ils avaient fait Soudan^ par lequel ils désignaient
Qoe cliapelle de satamino , ce qui est , à &*en pa» douter, une faute de rancien eopiste ou de IHmprimeur. Voyez Fîtœ paparum Jvenionensium^ toin. II, col. 1038. ' M», n* 835S, £61. cxix recto, n* liâ4.
• ibid., fol. ij*iiij"vj, recto n«» 3344.
» Ihld.^ fol. Cvij yerso, n" 1041; fol. Cvnj recto, n* 1045, et Cviij Terso, D* 1048, fol. ij'iiij"vj recto, n« 3443.
• Invent, des chapperons qui furent à la royne Jehanne de Bourbon^ etc., à la fin de rinrent. de Charles V, Ms. n» 8356, fol. iij'xxvj recto, n" 3901, 3903-3906.
• Ms. 8356, fol. ij'lxîij verso, n» 3056.
• Le petit Thalamus^ pag. 416.
' InTent. de Tau 1393, Ms. de la BIhl. nat. n* 9484*, fol. 367 verso.
• Invent. de Charles V, Ms. n« 8356, fol. ij'iiij"vij recto, n« 3356.
» Collection des meilleures dissertations, tom. XIX, pag. 229, 231, 232, 233.
** Forgier le (U par gnnt mettrie
Ens en Tille de SaUlie.
Renart U Wowel, t. 8819. (X# Homan du Renart, ton. IV, pag. M2.)
tn
un certain peuple infidèle ^ ? C'est là un point qu'il me parait impossible de décider d'une manière définitive. J'avoue* rai néanmoins que je me sens porté vers la première de ces étymologies , en voyant satallin employé avec le même sens dans un testament de l'an 1375*9 ^^ soudanin figurer dans l'inventaire de Charles V/ en même temps que satanin , ce qui exclut l'idée que ces deux mots aient eu la même signification. On entendait par soudanin un drap d'or apporté d'Orient : deux articles de l'inventaire cité plus haut, ne permettent aucun doute à cet égard *, et tous les autres concourent à représenter l'étoffe en question comme l'une des plus riches qui eussent cours à Tépoque. Us présentent, en effet, « deux pièces de soudanin pareilles sur champ raze, ouvrées à grans pommes d'or et, environ lesdictes pommes, à lettres de sarrazin et à fueillages enlassiez ; » deux autres pièces de soudanin sur champ d'or « eschicqueté à fueillages sur blanc et sur bleu ; » une autre pièce de soudanin a à cinq lectres larges du long, dont les troys sont lettres de sarrazin sur champ azur^ et les autres sur menuz feuillages en* lassez ^ ; » enfin , un autre soudanin sur champ d'azur semé
SauUin.
SooUauiu.
Rif:hesse du •ODcUuio.
* Puis A traite Tcspée, tb farir .1. Sautant^ etc.
La Chanson des Saxons, tom. I", pag. 123. •H. cheralîer le 8e[r]7eiit, que Saisoe que Soutani, Ibid., pag. 162.
* YoytzVBhtoîre de la maison JtAwergnty de Baluze, toiu. Il, pag« 616. ict Bénédictins, qni ont cité dans leur édition du Glossaire de du Cange, tom. VI, pag. 73, col. 2 , le passage du testament de Guy de la Tour dont nous voulons parler, veulent que le satallin et le satin aient été la même chose ^ chose et mot , et D. Garpentier se montre disposé à croire que le premier de ces deux termes n*est antre que satanin ou sathanin, dont il rapporte deux exemples,
* Bis. 8356, fol. vj«ij. verso, n» H56; et fol. ij*iiij"«iiij recto, n» 3318.
* IBid., fol. ijSiij"viij recto, n«« 3369, 3370, 3371 . Voyez encore n«« 3373-3376.
t30 SUR LE œBIMERGE, LA FABRICATION ET L'USAGE
de petites feuilles et de petites roses d*or; a et sont, ajoute le rédacteur de l'inventaire , les ouvraiges et pommettes où il y a ung enlasseiz , ou mylieu , et quatre croissans ou mylieu du lasseiz ^ »
Dnp de loie. Dans un inventaire plus ancien , il est fait mention y après une chasuble de samit rouge , d'une autre de drap de soie à oiselets jaunes*, et dans un testament de 1397, d'un vêtement semblable en drap de soie rouge , sans doute avec des oiseaux à tête d'or *. Plus tard nous voyons figurer dans un compte de la cour de Bourgogne ^, un drap de soie « pour parer et mettre environ les fonts , » le jour du baptême d'un jeune prince , et dans la relation de l'entrée de la reine Éléo* nore à Lyon, le 27 mai 1583, (c les enfants de la ville, habillez de rouge et blanc, tous de drap de soye, la pluspart recamé*. j> U est permis de croire qu'il s'agit ici de l'étoffe que nous appelons aujourd'hui drap de soie; mais il est tout aussi probable, je l'avoue, que l'auteur de cette relation et les rédac^ teurs de ce compte, de cet inventaire, auront pris le mot drap dans le sens générique qu'il avait autrefois dans notre langue *,
* lis. n« 8^56, fol. îj«iiij"vîij ^erso, n* 3377.
* Invênt, des biens de la reine Clémence dé Hongrie, dam le second volume des MéUmges de Qérembaat, Bibl. nat., pag. 88, n^" 710.
* c Item do et lego nepoti meo... casiilam meam panni serici com capitibos auri, robei coloris, ut cnm illa... celebret, habens memoriam mei, quia est optimi panni) » etc. Test, Joh. de Muroli eard., ap. Baluz.^ F'itœ paparum A9enio' nensium^ tom. II , col« 1098.
* Les Ducs de Bourgogne, 3* partie, tom. I*', pag. 321, n* 1079.
' Le Cérémonial françois , tom. I*', pag. 805. Voyez plus haut , pag. 838 , on autre exemple du mot recamé.
* Mdt richement le fia apareillier
De dras de soie et d'argent et d'onnier.
Le Bcmat^ ^Ansës de CarAage^ Ht. a* 7191, fol. 14 retto, «ol. 4,v. S8.
sans entendre désigner aucune étoffe en particulier, soit qu ils ne pussent pas préciser celle dont il s'agissait, ou qu'ils jugeassent inutile de le faire.
L'embarras est moins grand pour un article des comptes de Bourgogne consacré à un certain Jehan de la Rue, <c pour avoir relyé tout de neuf et couvert de drap de soye et estoffes de mesmes , et de parchemin , et doré les feuilletz de huit livres ', » etc. Cette fois , à ce qui me semble, il n'est guère permis de supposer que drap de so/e se rapporte à autre chose qu'à une étoffe particulièrement connue sous ce nom.
On peut , à l'aide d'une induction pareille» fournie par un passage des Annales de Plaisance *, en dire autant du mot zeioninOj que l'on rencontre fréquemment dans les ouvrages écrits en Italie au xrv* et au xv^ siècle, surtout dans l'inventaire des bijoux de Valentine de Milan. On y voit qu'il y avait du zetonino de toutes les couleurs, et que souvent cette étoffe était décorée de précieuses broderies*. Il est inutile, je pense , de faire remarquer l'air de famille que présente son nom avec les mots italien, espagnol et français, zetaniy RnMmbUnce
- . , , - de zetonino avec
ace/tunij satanin^ soudanin^ qui viennent de passer sous zetam.ac^tuni,
satanin, souda"
Zetonino.
Je te donrai por diargier z& souniers De dru de soie , de or fin , de deniers.
Li Romans de Raoul de Cambrai^ coupl. cclxxxv, pag. 270.
Voytz également ci-desBUS, tom. X", pag. 91 , 229 , 362 , 363 ; et deux articles du Compte de Michel de Bourdene des choses appartenons à la chambre le roy^ etc.» ans. 1306-1307. {ColUct. des meiileures dissert., iom, XIX, pag. 46.)
' Les Dues de Bourgogne, 2* part., tom. I'% pag. 258, d*> 895.
* € ...lectosomnes tribus coopertos coopertoriis , uno videlicet cethonino, alio purpura, tertio auriintexti. » Annal, Placent.^ ad ann. 1473, ap. Murât. , Rer. Ital. Script. , tom. XX, col. 944, B.
* Inyentar. jocal. Valentîn. Mediolan. , in Annal. Mediolan., ad ann. 1389. {aer. ïtal.Script. , tom. XVI, col. 809, A, B; col. 810, A, B; col. 811, A.)
23S SUR LE COMMERCE, LA FABRICATIOjH ET L'USAGE
nos yeux ; il n'échappera à personne, et Ton en tirera telle induction que de raison.
On pourrait peut-être encore donner le sens de drap de soicj tel que nous Tentendons aujourd'hui , aux mo\!& pannus sericus d'un article de l'inventaire de l'église de Noyon, rela-
smdapiiium. tîf à dcux chapcs j dont l'une était doublée de sendapillum vert ^ ; mais il est fort douteux, quelque parti que l'on veuille tirer d'un passage d'un testament du xv' siècle', que cette étoffe ait été de soie. Il y en avait de toutes les couleurs et on l'employait, entre autres usages, à faire des draps mortuaires * : ce qui était peut-être son affectation primitive. On est du moins fondé à le penser en voyant le sens du mot latin sandapila^j qui a traversé le moyen âge presque sans altération dans sa forme.
sericam, wrge. Mdls Ic mot serlciwi du testament de Michel de Creney ne signifierait-il pas serge ? Il y a motif à le croire, surtout après
' InTentar. y ann. 1419, ex tabul. ecd. Noviom. (Une Cité picard mu mojrem dge, etc., pag. iS3.)
* « Item tunicam et dalmaticam pro epîscopo» de serico rubeo piano ÛTe tendapilo. » Testam. Michaelis de Creneio episc. Autissiod. ann. i409, ex legest. capit. ejusd. eccl.
Je ne crois pas que l'on pmsse reconnaître cette tunique et cette dalmatîqoe dans l'article suivant d'un inTentaire des reliquaires, vases sacrés, ornements, etc., du trésor de la cathédrale d'Auxerre, dressé en juillet 1531 (arch. hist. de rVonne, fonds du chapitre d'Auxerre) : «4 chappes de satin rouge tel quel, garnies de hayes et fuUages d'or, semées de bisches d'or et d'orfroys d'or de Chypre à hystoires, chasuble, tunicque, damaticque semblables... laquelle chapdle communément appelée Us Crenetz. » Voyez encore Mémoires nw IHîst, J^Auxerre^ tom. I**, pag. 506.
* ff Item. Quatuor panni linet croisSati nigro tendapillo, ad ponendam tupra corpora defunctorum. » InTentar. ecd. NoTÎom. (Z/m Citépîcarde^ etc., pag. ISO. Cf. pag. 160.)
* Jovenal, sat. rm, ▼. 175. Dosanlx tndnit/a^nM snuUpUanm ^nfkhrkênu iê eereueUê,
avoir vu le pluriel de ce mot employé dans ce sens *. On
m^objectera , je le prévois bien j qu'une tunique et une dal-
matique destinées à un évéque ne pouvaient être que d'un
tissu précieux : à quoi je répondrai qu'il y avait telle serge
qui pouvait revendiquer une place ^dans cette catégorie.
L'Étoile rapporte que, le 24 juin 1 584, Henri III, allant jeter
de l'eau bénite sur le corps de son frère, sortit du Louvre
vêtu d'un grand manteau de serge de Florence violette, et s^rgc
précédé d'un grand nombre de prélats revêtus de rochets ^* ^*o««««-
avec le scapulaire et le manteletde serge de Florence noire*.
On trouve dans un inventaire que j'ai déjà cité plus d'une serge de soie, fois, trois parements de serge de soie blanche, l'un semé « de plusieurs ystoires de Nostre-Dame, » l'autre au milieu duquel on voyait u une magesté et les quatre evangelistes , scemé de plusieurs ymaiges, le tout de broderie d'or de Chippre, » comme dans le précédent'.
J'ouvre l'inventaire après décès de Richard Picque, et j'y serge de caen. vois a une sarge vermeille de Quein , » prisée quarante-huit sous , « quatre pièces de couvertures de sarges perses de Quein, » etc., a une sarge de Quein vermeille, » enfin « une
• Voy. cx-dessas, tom. I**, pag. 97.
• Invent, des vases sacrés et ornements de la cathédrale étAuxerre en 1931 ; arcb. da département de T Yonne, fonds du chapitre.
• Journal,,, de Eenry IJI, etc. A Cologne, mdggxx, în-S', lom. I*', 1" partie, pag. 70, 71 . AiUeurs on lit que Henri III, à la mort du duc d'Alençon, se fit babiller denoir, contre l'usage de ses prédécesseurs. Voyez la lettre XXXVIII de Boabec (1584), dans les ^rc^. cur. de PHist, de Pr., 1'* série, tom. X, pag. lltt; et ci-dessos, tom. II, pag. 19 et 20. Mais l'ancien usage, qui était aussi celui des cardinaux [Chronologie septénaire ^ etc., Paris, m.d.gv. , in-8*, fol. 36 verso, ann. 1598), ne fut pas pour cela abandonné; on le voit par ce qui se passa le S5 juin 1610, où Louis XIII alla en manteau de deuil de couleur violette, donner de l'eau bénite au feu roi son père. Voy. le Mercure fr., tom. I"', folio 474 recto.
pannes, pennes.
I3à SUR LE GOIOIERGE, LA FABRICATION ET L'USAGE
Serge saTgc de tiretaUie^ » D'où venaient ces sarges de Quein^ qui trouvaient ainsi place dans luie gardenrobe archiépiscopale ?
Fabriques Dc Cacn en Normandie, où il existait de longue date des fa* briques de serges , aussi anciennes peutnètre que celles de Bonneval^ Charles V,,qui approuva en mars 1367, le règlement dresse pour les manufactures d'étoffes de la ville de
Paines, Caeu , Hous apprend que Ton y febriquail aussi des paines , (c étoffiss de soye, dit Secousse, d'après Borel, nommées plus communément, pannes on pennes^. » Quelque désir que je ressente de reculer les origines de l'industrie de la soie dans notre pays , je conçois plus que des doutes sur l'interprétation du mot paine par le savant que je viens de citer^, et par-
' Édit. de M. Tarbé, pag. 21, 26, 54, 64. Voyez aussi pag. 24, 25.
* c Inhtbemus etiam ut moniales habeant tunicas de cordeto CastriduneDsi , aut sargia de Bonayalle. » Stat. Mauricii episc. GeBoman. ann. i227., {Glas, med. et inf. Latin*y toin. Il, pag. 600> col. 2, y" Cordetum.)
• Ordonnances des roys de France de la troisième race y etc., tom. V, pag. i05, 106. — Eoùif historiés $ur la viUê de Caen^ par M. Tabbé de la Rue. Gaen, 1820, in-8^ tom. II, pag. 329. Voyez ci-dessus, tom. I**, pag. 341, noC. 1.
^ On lit ce mot dans une satire du commencement du xvn* siècle dirigée contrc les enrichis, les financiers du temps, chez qui, dit l*auteur, l*on ne voit que Tapisserie de soye , à fonds d'or cannelée , Ciels de licts de drap d'or, on de toille d'argent , Courtines de Telours, oooTerles de clinquant , etc.
Les habits de ces gens-là , ajoute-t-il , sont à Ptrenant :
Ce ne sont que manteaux dooMës de plain velours , De penne ou de satin ; mais parions des atoan Qu'il convient à madame , ou à msdemoiaeUe : Tant de robes de soye elle porte sur elle , Qu'on est tout admiré ; tant d'exquis cotillons De velours figuré en cent mille fa^ns , A fonds d'or ou d'argent , relevé à fueillage , De satin esgralPé, ou damas à ramage , De taftas fa^nnë , découpé , chiqueté , Chanuinié de elinquant, fil d'or on argenté, ftr.
Les Satyres du sieur de Courval»S<mnet. A Parti , chez Rolet Boutonné, m. dc.xzi., in-8*, sat. ir, )iag. êX.
tant y $ur l'existence d'une fabrique de soieries à Caen^ qui n'a pas même conservé ses manufactures de draps. U est vrai commimauté qu'il existe une sentence de police du Chàtelet, en date du bwiSS^d^^' 4 juillet 1686 , qui ordonne le clief-d'œuvre à un maître tîsr sutier-rubannier de Caen , encore qu'il fût ancien juré de sa communauté ' , et nous savons que cette classe d'artisans comprenait les ouvriers en draps d'or et d'argent ^ en étoffes de soie , en tissus ^ en rubans , en passements d'or et d'argent'; mais ces ouvriers étaient autorisés a faire bien d'autres étoffes de la catégorie de celles que l'on fabriquait à Caen 9 comme camelots , ostade % demi-ostade% serge ^ bureau et étamine, le tout de laine et sayette bonne et valable '. £t puis j qui nous dit que le maître de Caen , aspirant à la maîtrise auprès de la communauté de la ville de Paris, n'ait pas cbercbé à obtenir ce grade pour s'y établir ?
Sous Henri III, que nous avons vu plus haut vêtu de serge Prix de Florence, cette étofTe, dont il y avait sans doute de plus fio»^^ de
j> 1 A • 1 / 11 !• 1 Milan en 4678.
d une couleur, coûtait deux ecus 1 aune , tandis que les serges de Milan ne valaient que trois quarts d'écu dix sous. C'est là du moins le prix fixé pour les unes et les autres dans les Ordonnances du roy sur h fakt de la police générale de son rojraume, rendues en 1578*.
• Ordonnances du roy Henry ///... contenant les statuts des maitres lisâutietiu ruianniers, etc. A Paris , m. dcgxui. , in-8*, pag. 69-72.
• Jbid.^ pag. 3, 5, 6, 14, 17-19; art. i, xvm, xxv-xxxn.
• Je trouTe dans Pinventaire da cardiDal d'Amboise I** deux robes à^estadine ronge, dont l'^ofTe était sans doute une Tariété d'ostade. Voyez Comptes de Jepm€S de la construction du ehâteau de GaiHon^ etc., pag. 487.
^ Voyez le Gloss. de du Cange, au mot Meia-hosuda^ tom. lY, pag. 344, col. 2. ■ Ordonnances^ etc., pag. 19, art. xxxir.
• Arch, car. de PHist, de Fr., 1«» série, tom IX, pag. 212. Cf. tom. VHI, P»g.363.
Xerga, zergailla; sirgo.
Fernande, ferrande.
Ferrandine.
Florentin.
236 SUR LE œMMERCE, LA FABRICATION ET L'USAGE
A rëpoque où rordonnance dont nous avons tiré ces renseignements fut rendue, les Espagnols avaient chez eux plusieurs étoffes dont le nom se rapproche du mot de sergs à croire que c'est le même. Que xerga^ xerguilla viennent d'un mot arabe , origine que leur attribue le grand Dictionnaire de la langue castillane , je le veux bien ; mais je réclame sirgo j que l'on trouve dans la Chronique de D. Jean II \ pour le rattacher au mot qui nous occupe , et je ne répondrais pas que segri n'en vint aussi.
A la (in du xvi* siècle, et plus sûrement au commencement du suivant , il existait en Espagne une espèce de serge de soie appelée fernaride ou ferrande*. C'est, à n'en pas douter, de ce mot que vient celui de ferrandine^ par lequel on désigne, chez nous, une étoffe légère dont toute la chaîne est de soie et la trame de laine , et de là est venu ferrandinier^ nom que l'on donnait aux ouvriers qui fabriquaient cette étoffe et en général toute espèce de soieries.
Je trouve encore de l'autre côté des Pyrénées, du moins dans un écrivain de la Péninsule , l'indication d'une étoffe en usage au xv* siècle, sous le nom de florentin ^ Si elle ne différait pas de celle qui, chez nous, était connue à la fin du xvn*, c'était une espèce de satin façonné ordinairement blanc, mais dont il y avait aussi de diverses couleurs. Comme le florence , espèce de taffetas qui depuis longtemps se fabrique
* « Y el Moro... traxo al Rey... panot de oro y seda... é al Infante traxo... dos piezas de sirgo, » etc. Crénica del ténor rey Don Juan II, etc., édit. de Valence, M.Dcc.LXXix., in-foliOy pag. 73, col. 1.
* Première Continuation du Mercure fran^ois, ann. 1612, fol. 471 recto.
» Fida del gran Tamorlan, por Ruy Gonzalez de Clavijo, édil. de Madrid', x.Dcc.Lxxx. , in-4<>, pag. 139, lig. 34.
à Lyon , le florentin devait indubitablement son nom à celui de la ville dont on tirait anciennement cette éto(Te.
Le taffetas , auquel nous arrivons enfin , existait déjà sous T«freus. ce nom depuis le xrv* siècle , peut-être même dès la fin du précédent ^ sans faire double emploi avec le cendal, qui subsistait toujours. Nous trouvons dans le compte de GeoSroi de Fleuri , dressé, comme on sait, en 1316, quatre aunes de taffetat vert a pour faire boursses cotes pour madame- la royne*, » et dans les comptes de la garde-robe d'Edward II en 1317, deux pièces de raffata employées à une offrande de funérailles* ; mais il faut remarquer que ces mentions sont les seules , et descendre jusqu'à Fan 1 320 , et plus sûrement encore jusqu'à l'année 1 328, pour trouver d'autres mentions de taffetas : c'est dans une charte sans date , citée par du Gange *, et dans Tinventaire des biens de la reine Clémence de Hongrie , où Ton voit a une robe de tiretaine noire de Saint-Marcel en graine de 8 garnemens fourré de taffetais , presié 8 1. , » et une autre robe de même tiretaine tannée
* Après avoir annoncé qu*il a découyert des traces de Part de traTaiUer la soie dans la yille de Marseille vers la fin da xm* siècle, l'abbé Papon ajoute : « On y connoissoit le tafifetas, ainsi nommé dans une charte de Charles II. » (tfûtoire générale dé Provence^ liy. IX, eh. xxn, tom. III, pag. 409.] S'il faut en croire M. Raine {Saint Cuthhert, pag. 34, en note), après la mort de Hngh Pudsey, évéqne de Darham , en ii94, on trouva dans sa succession des chasubles de taffetas rouge, brodées de feuilles d'or, de besants , de grosses perles et de pierres précieuses, de griffons et d*étoiles d*or ; des étoles brodées de rois et de tours , et des aubes de taffetas bleu décorées d'aigles et de lions. Il est à regretter que ni Papou ni M. Raine n'aient songé à donner la totalité ou un extrait des pièces sur lesquelles ils se sont fondés pour avancer ce que nous venons de rapporter.
' Comptes de V argenterie , etc. , pag. 35.
» A briefSummarj of the fTardrohe Aecounts ofthe 10/A, Mth, and iAth Yearsof Edward 11^ etc., by Thomas Stapleton. (Arekœologia, vol. XXVI, pag. 339.)
* Gioss, med. et inf. Latin, y tom. VI, pag. 487, col. 3, v^ Taffata, Taffatin.
238 SUR LE COMMEUGE, LA FABmCATiaN BT L'USAGE
vermeille , également doublée de taffetas , et prisée quatre livres dix sous parisis ^ Le taffetas Eo 1 389, le taffetas devait être devenu bien commun chez
commun chez haï i
noù à la fin du nous, pour que 1 on en put tendre tout un pont, comme cela
eut lieu à l'entrée d'Isabeau de Bavière à Paris*; il l'était
certainement en Catalogne avant Tan 1 375 , où le pouvoir
législatif le frappa en même temps que les brocarts d'or et
d'argent y les velours et les camelots, d'un droit d'entrée de
deux et demi pour cent. Il y a toute apparence qu'on le tirait
d'Italie.
Emploi Comme le cendal et le tiercelin , le taffetas était principa*
a ta etas. |ç|QgQ|^ affecté aux doublures et aux étendards * ; et, dans une
occasion , au moins , on le fit servir à couvrir le plancher
Il yen avait d'uuc sallc OU devaicut dîner deux souverains^ Il y en avait
ie»coaieun. dc toutcs Ics coulcurs , du blauc '^ du noir% du gris, du
vert, du violet', de l'azuré', du violet azuré*, du ver-
■ N*»" 286, 288. pag. 40; en tête du tom. II des Mélanges de QéreinbAiit.
* Histoire de Charles VI^ roy de France ^ par J. Joyenal des Ursins, édît. de I D. Godefroy, pag. 7i .
' Confetêion catholique du sieur de Sancjr^ Uv. Il , ch. ▼!. I * Mém. de du Bellay» ann. 1534. (Édit. du Pauth. Uu., pag. $04, col. 2.)
* ■ Les i>ucs de Bourgogne, 2* partie, tom. 1", pag. 503 ^ Y. 1958.
i • Uid. , pag. i90, n« 641; pag. 273, n* 965. Voye» encore pag. 3T8, «• 1332.
S'il faut en croire l'auteur du Divorce satyrique , la reine de Navarre reoerait .' l'un de ses amants dans un lit éclairé de plusieurs flambeaux, entre deux drapa 4e
taffetas noir. Voyez Journal des choses mémorables advenues durant le règne de Benry UI, etc. A Cologne, Mpcoxx, in^rS", tom. I«, V* partie, pag. 178, 179. i ' L'Hist. du petit Jehan de Saintré, ch. xxxvm; tons. II, pag. 211. -^ CsOnl,
\ anal, des arch. deM.lt baron de Joursanvault^ tom. I**, pag. 123, n« 795.'
I * a Item , ix piesses de tafetas asmes ( Us. msuroz ), an feur de xn frans la pieise.
' Item, L taffetas ou satins, pour la chambre, de batcure, à ym frans la piesse. »
Louis et Charles f ducs d^ Orléans ^ V* partie, pag. 65. [ * Extr, cur. des div, confies de P ordre de la prevasté sU Pùriê , de 1515 à 1531.
I ( ColUct. des meUl, dissert. , tom. XIX , pag. 278.)
meil% dé rincârnat', du UfTetas couleur de feu, dont se Tétaient les prostituées de Londres au temps de Shak*spere ', du tanné ou amarante *, et du changeant % du blanc rayé d'or et de l'argenté*. Ces taflfetas, légers ou renforcés ', venaient de Gènes et de Florence ; il nous en arrivait cependant de la Chine, du moins nous trouvons ^ en 1612 et en 1616, mention de taffetas de cette provenance, indiqué comme étant rayé de bleu, d'incarnat, de jaune, d'or et d'argent*, et de taffetas en losanges, blanc, bleu et incarnat, en façon de la Chine *.
Prostitaées
déliOddresvfitueft
de tafTetis
couleur de feu .
ProTenance du taffetas.
' Complet de Tanneguy du Chastel [iA^i) ^ dans la CoUect, det meill, dissert, ^ tom.XIX,pag. 242.
* Mém. de Martin du Bellay, cités plus haut. -— Comptes des dépenses de Charles IX. (Aroh. cur. de fHht. de Fr,, i" série, tom. VIII, pag. 363.)
* c ... the blessed sun himself a fair hot wench in flame colour*d taflPata. » Kfng Bemy IV^ act i, se. 2.
^ Inpent, des meubles du roy quy sont dans U ehasteau de Pau, etc. , chapp'* des rideaux, art. 7 ; extr. de la liasse 427, n** 9, fol. 5 recto.
' Comptes de Tanneguy du Chastel, dans la CoUect. des meill. dissert. ^ elc , tom. XiX, pag. 242, 243. Ces deux articles se rapportent à deux chemises de taffetas changeant, l'une pour la personne du roi Charles VU, l'autre pour sa statue.
* tnventar. jocal. Valent, Mediolan., in Annal. Medlolan. , ad ann. 1389. (Rer. Ual. Script., tom. XYI, col. 811, A.) <^ Le Cérémonial fraMçois, tom. 1",
' On trouve au n^ 2914 de l'kiventaire de Charles le Téméraire une rohe de talTetas renforchis de satin : <pie fiewit-il entendre par là ? Voyez les Ducs de Bourgogne, 2' partie, tom. II, pag. 106.
* Le Cérémonial français , tom. II, pag. 68. — Le vray Théâtre d*konneur et de chepolerie, par Marc Wlson s' de la Colombiere, 1'* partie, ch. xxvn, pag. 465.
Si nous nous laissions aller à sortir du moyen âge , nous citerions encoi*e Brebeuf, qui parle du taffetas ondoyé de la Chine, Sans doute parce qu'il était usité de son temps. Voyez Lucain trapesty, etc. , imprimé à Rouen par L. Maury, etc. , M. Dc. Lvi. , in-8'', pag. 16.
* Le vray th. d'honn., 1«* partie, ch. xxtv, pag. 393. Plus loin, pag. 465, il est question de deux femmes qui figurèrent dans des fêtes, vêtues en hohémiennes d'une rohe de satin a la Chine. Il faut sans doute entendre par cette expression une étoffe chinée, pareille à celles qui nous venaient du Céleste Empire.
240 SUR LE œMMERCE, LA FABRICATION ET L'USAGE
Prix En 1 578 j tous les taffetas qui avaient cours à l'époque ,
fin^dJ^xTi* siècle, furent taxés ainsi qu'il suit : l'aune de taffetas deux fils fort battu y un tiers d'écu et deux sous; les quatre fils, un demi écu; les six fils, trois quarts d'écu; « les autres taffetas, est-il dit dans l'ordonnance où nous puisons ces détails, ne se pouvant vendre à prix arresté, pour ce qu'il y en a de trop de sortes, se vendront à la livre, à sçavoir : les noirs quatre escus deux tiers, ceux de couleur cinq escus un tiers. » Les taffetas forts et les satins rayés d'or et d'argent furent tarifés à trois écus l'aune ; les petits taffetas de Milan rayés de même, à deux tiers d'écu ; les taffetas chenilles noirs et de couleur, deux écus deux tiers; enfin les veloutés noirs et de couleur, deux écus et demi *.
Étymoiogie Rcstc à parler de l'étymologie du mot taffetas. Sans reta/fetas. çQ^ju^uç^p jçj j^g recherchcs dont le résultat se trouve consigné dans le Dictionnaire étymologique de Ménage ^ nous nous empressons de déclarer que nous partageons l'opinion de Samuel Bochart et de Sébastien de Cobarruvias', qui voient dans ce mot une onomatopée. En effet, les syllabes taftaf représentent assez bien le bruit produit par le taffetas quand on l'agite. Au milieu du xvii* siècle , voulait-on dire familièrement qu'un homme avait grand'peur, tremblait de peur, on disait que le cœur lui faisait taf tap. De là sûrement le mot d'argot taffetas, synonyme de crainte^ de frayeur.
' Ordormances du rcy sur Ufaict de la police générale de son royaume^ etc. (^rch. cur. deTHist, de Fr., i^ série, tom. IX, pag. 211-213.)
* Édit. de Jault, tom. II, pag. 509, col. 1.
' Tesoro de la lengua casiellatia, etc. En Madrid , por Luis Sanchez , M. dg. xi. , in-fol. , 2« partie, fol. 36 verso, col. 2.
* Curiositez francoises ^ etc., par Antoine Oudin. Ronen et Paris, m.dg.lti. , in-S"*, pag. 170 et 409.
3e n'hésite point à ranger dans la même catégorie Y armesino , mot dont Roquefort fait arme fin et qu'il traduit par taffetas pour doublure \ Là cependant ne se bornait pas l'usage que Ton en faisait au xvi* siècle , époque à laquelle il parait avoir commencé , et le nom lui-même de ce tissu avait plus d'une forme. Ainsi dans le récit de la translation de saint Ântonin , en 1 589, il est dit que le corps du bienheureux fut revêtu d'une chasuble d'ermisino rouge richement décoré') et du Saussay, remarquant que cette étoffe était interdite aux ecclésiastiques pour leur costume privé, lui donne le nom d'ormesina, qu'à l'exemple de Huet', il dérive, avec beaucoup de justesse y de celui de Tile d'Ormus , dans le golfe Persique. A l'en croire , et si du moins j'ai bien compris ses parolçs, on aurait ainsi désigné de son temps, non pas du taffetas , mais diverses espèces de velours *. Je renonce à démontrer l'erreur du savant docteur, de même que j'ai déjà renoncé à examiner si le tissu nommé dans Anastase imizillus^ mizilusy imizinum^ mjrzinwTij ne serait pas la même chose que Xermesino des Italiens"; et me bor-
Armesino, ermiiino.
Étjmologie de ces œoU.
' Glossaire de la lattgue romane^ tom. P', pag. 69, col. 1. Il est possible que Tautear ait mis armesin, comme Técrit Monet, et que ce mot ait été défiguré par l'imprimeur.
* c ... sanctum corpus planeta ex ermisiuo rubeo... peniculamentis aureis cum ricamis canetiglisB aureis et argenteis iutertexta... dominus cardinalis Testi- ▼it. » jieta sanctorum Maii, tom. I*', pag. 768, col. 2, D.
D. Carpentier, relerant avec raison Terreur de du Gange , qui ayait proposé de lire cremasinus (cramoisi) au lieu à^ermisinus, me semble en commettre une autre en présentant pour un fabricant d'armoisin, Varmoiseur qu'il trouve dans des lettres de rémission de Pan 1421. Voyez le Glossaire de du Gange, tom. III, pag. 73 , col. 3, au mot Ermisinus,
* Dictîonn. étym, de la langue françoise, édit. de Jault, tom. II , pag. 88, col. i,
* f Ormesina... rasa, semirasa y velours raz, ou demjr raxy seu velours figurez, a Panoplia cUricalis^ etc., pars II, cap. ▼, pag. 522.
* Voyez ci-dessus, tom. I", pag. 12.
u. Si
nerai à faire observer qu'en 1577, époque où Jérôme lippomano était en France, la bourgeoisie employait Xarmesino à son costume, à Fexdusion de toute autre espèce de soierie ^ On le retrouve encore, sous le nom ^armoisin^ au commencement du siècle suivant ', et, à la fin du dernier, dans le Dictionnaire de Trévoux, auquel nous nous contenterons de renvoyer, o^ Le crêpe, dont il nous faut parler maintenant, était connu
sous ce nom dès le xiv* siècle , peut-être dès le xm* *. On trouve, dans l'inventaire de Charles V, c< une petite pièce de soye crespe eslroicte par manière de toille , contenant environ six aulnes trois quartiers ^. » Froissart , racontant l'entrée d'isabeau de Bavière à Paris, nous dit que le présent de la ville était dans une riche litière, et il ajoute : «... et estoit
cr^ de soie, la licUerc couverte d'un ciel fait d'un délié crespe de soye , par quoy tout parmy on pouvoit bien voir les joyaux qui sur la licliere estoient *. » A partir du xiv* siècle, il est fréquem-
Drap de cr^. mcut fait mcutiou de drap de crêpe *, de crêpe de soie ',
' Relations des ambassadeurs vénitiens^ tom. I*', pag. 536.
• Voyez Nomenclator octil'tnguis^ etc., ab Ad. Junio, éd. Herm. Germbergio, pag. 178, col. 1 ; et Dtctionario itatianoefrancese.,. per M. Pietro Canale. Stampato in Parigi, Tanno m.dc.xi., îd-S*, art. Ormetino val Armesino.
^ As hostex Tont cil escaier. . .
Crespes et mevrechiet crq>ir, etc.
Les Tournois de ChatufencL.. dérrits par Jacques Bretex, 1285. VslencieniMSy 1835, io-8*, pag. 100, t. S386.
• M«. n» 8356, fol. if.lxxj. recto, n» 3160; inventaire du 13 avril 1380.
■ Les Chroniques de sire Jean Froissart^ ann. 1389; liv. IV, ch. I". (Édîr. du Panth, litt.^ tom. III, pag. 3, col. 2. — Le Ceremoniai français, tom. !•', pag. 6i4.)
• Voyez les Honneurs de la cour, à la suite des Mémoires sur Caneienne chevalerie , ^dit. de M.Dca. ttx. , tom. ïî , pag. 220, 224, 229, 235, 239, 249, etc. Dans la plupart de ces passages , cette étofFe est indiquée comme empesée : ce qui nous donne l'étjrmologie du verbe crépir.
' Le Cérémonial français , tom. !•', pag. 851, 862.
de toile de crêpe de lin ^ Quelquefois cette étofTe ëtait bro- Toiie
de crêpe de lin.
chee d or' et d argent %
On en peut dire autant de la gaze \ dont il y avait d'autres oa», tocque. variëtës ; car je trouve, en 1 61 4 , de la gaze blanche rayée "• Celle d*or et d'argent portait le nom de tocque^ emprunté à Titalien tocca , qui a le même sens. En voyant cette racine , proTemnea U vient tout natureUement à l'esprit que la tocque nous était %tofreT° fournie par Tltalie, comme une bonne partie des soieries débitées chez nous du xiii" au xvi" siècle. On voit , par une ordonnance de Henri III , relative aux maîtres tissutiers-ru- Fabriques banniers et ouvriers en soie de la ville de Paris, qu'en \ 585, et^rgTm k on y faisait déjà de la tocque d'or et d'argent fin*, étoffes "^dl^^^à *' que l'on employait surtout dans l'ameublement '. Ce ne fut *"'** *"* qu'environ vingt ans après qu'il s'établit dans le château de la ville de Mantes une manufacture de crêpes fins façon de Bologne, crêpés et lisses, de toutes sortes enfin , qui, auparavant, se faisaient exclusivement en Italie ^
Une désignation que je n'ai vue que dans un seul inven- Soie d'iriande.
* Compte de i498. ( CoUect. des meilL dissert. , tom. XIX, pa^. 252. — Souve^ mn historiques des résidences royales de France , par M. Vatout , tom. VI , château d'Amboiae. A Paris, chez Firmin Didot frères, 1849, m-8% pag. 436.)
* Le Cérémonial françois , tom. !•', pag. 899.
* Ordonnances des maures tissutiers^rubanniers , ouvriers en draps dory d argent et sojre^ de la ville de Paris, art. i*' et xxvi. {Ordonnances du roy Henry JII, etc. A Parii, M.Dccxui.y in-iSy pag. 5, 17.)
« iMem.
' Le Cérémonial /rançois y tom. II, pag. 339. ' Ordonnances, etc., pag. 5, 17.
' invent, du mobilier du cardinal ^jimboise l^r^ etc. {Comptes dé dépenses de la eansiruction du château de Gaillon, etc., pag. 487, 488, 489. Cf. pag. 541, 542.)
* Recueil de ce qui s* est passé à rassemblée du commerce, etc. {Àrch. car. de PHist. de Vr,^ 1" série, tom. XIV, pag. 223.)— Chronologie uptenairef etc. A Pari», par Jean Richer, m.d.gy., in-S", fol. 449 recto.
Robes de la
reine Clémence
en soie
d^Irlande.
Nature de la soie d'Irlande.
Vogue des étoffes irlandaises dans notre pays ; étymologie du mot dtoguet.
Soie d* Allemagne».
244 SUR LE œMMERCE, LA FABRICATION ET L»USAGE
taire et dans un tarif des marcliandises qui se vendaient à Paris à la fin du xiii* siècle*, c'est celle de soie d'Irlande. La reine Clémence avait deux robes de cette étoffe, Tune violette, Tautre sans indication de couleur', et la première est prisée vingt livres parisis, tandis que la seconde ne l'est que la moitié de cette somme ; mais cette différence ne tient, selon toute apparence , qu'à la fourrure de menu-vair dans la robe violette, de cuissettes de lièvres blancs dans la seconde. Au reste, n'oublions pas de dire qu'il s'agit, d'une part comme de l'autre , d'une robe de trois garnements, c'est-àdire non pas de ce que nous entendons aujourd'hui par robe, mais d'un costume composé de trois pièces '.
Tout cela , il est vrai , ne dit pas ce qu'était la soie d'Irlande. Suivant toute apparence, c'était une laine douce et moelleuse , que l'on avait nommée ainsi à cause de ses qualités. Déjà connues à Rome dès le temps de Juvénal , qui compare un certain Polémon à un marchand de drap d'Irlande et de drap blanc de Cahors\ les étoffes irlandaises eurent de bonne heure cours dans notre pays, où elles étaient assez goûtées, et notre droguet ne fut originairement qu'une étoffe fabriquée à Drogheda.
Je ne vois pas d'autre explication à donner de l'expression de soie d'Allemagne, que je trouve dans les statuts de
* a Item, la pièce de soye d*Illande, m d. » Revue archéohgiqtte, etc., 9* année, 4- livraison, iS juillet 1852 , pag. 225.
* Invent, de* meuble* de la reine Clémence de Hongrie , en tête du second volume des Mélanges de Qérembaut , pag. 40 , n«' 284 , 285.
* Voyez la table des mots techniques des Compte* de rargenterie^ etc., pag. 378, col. 2.
* Sat. vn, V. 21. Dussault traduit Hiberne* tegeti* niveique Cadurd par man(eaux <thiver gro**ièrement ti*sus.
la ville d'Ast, à l'article des droits d'entrée \ à moins qu'il ne s'agisse de cespailes tiois^de ces belles toiles allemandes célèbres pendant tout le moyen âge ', de l'espèce de celles que DOS fabricants de linge de table appellent du satin. Un passage d'un ancien registre du Vatican , où l'on voit des serviettes d'outre-Rhin mises au même rang que des serviettes de soie ' , nous montre l'estime que l'on &isait des premières. Qui sait si au commencement du xiv* siècle elles lUcha deaskt
lie oertaànettoiln
n'étaient pas déjà décorées comme les nappes de toile de Hol- àe HoiUBdc. lande qui figuraient au nombre des présents envoyés, en 161 2 y par les États des Provinces-Unies au Grand Seigneur, a aucunes desquelles, dit une relation du temps, estoient undées et pai'semées de fleurs représentées au naturel en leurs vives couleurs *. »
À la soie d'Irlande et d'Allemagne, il faut joindre la soie SoiedcToun. de Tours , non que nous ayons des preuves de son existence à la même époque ; mais parce qu'elle était diflerente de la soie proprement dite. Quant à dire en quoi elle consistait , cela nous est tout aussi dillicile ; la seule chose que nous puissions affirmer, c'est que cette soie était inférieure à l'autre. On la voit assimilée au fil et au fleuret ou filôselle , dans une sentence de police qui ordonne une assemblée de
*-« Toagle, yeleri et copgieri de seta clamante solvant pro qaalîbet p<'tia lîb. 4. » Ghss. med. et inf. Latin. , tom. YI , pag. 598, col. 1 .
* Voyez ci-dessus , tom. I**, pag. 334.
' c Item 20 tobalias, tam sericeas, quam operis AlemanDÎci. » Ânniçertaria ba-siiicœ yattcanaïf apud Joannem Rubeum iu Vita Bonifacii VIII PP., pag. 345.
* Tro'uUsme Tome du Mercure francoU, ann. 1612, pag. 20. Parmi ces pré<«nts it ' se troQTait encore a quarante pièces de drap d'or de diverses couleurs , cinq pièces de draps de soye, cinq de damas, cinq de soye ondez, et cinq de non: ondez. 9
la communauté, pour dëlibérer si la soie de Tours doit être mêlée avec la pure soie, et qui détermine les ouvrages dans lesquels on peut permettre ce mélange '. Dans cette pièce, qui est du 20 janvier 1700 , le prévôt de Paris rappelle un arrêt de la cour de parlement, du 13 août 1682, par lequel cette assemblée avait été ordonnée, et où se trouve con* séquemment la dénomination de soie de Tours ^ que nous n'avons pas rencontrée antérieurement.
saye. Une circonstance qui a pu contribuer à valoir le nom
de soie à la matière d'étoffes fabriquées autrement qu'avec de la soie pure , c'est qu'il y avait une substance appelée saye , à distinguer de la soie , bien que souvent ce dernier mot dût se prononcer comme Vautre *• « L'enfant , dit la vicomtesse de Furnes, parlant d'un prince nouveau-né, doibt estre apporté en une chambre , et doibt estre le bers tendu ÀD if ùècie, d'un pavillon. .. et doibt estre de soye ou saye ; mais la soye * bon^ilT est plus honorable et plus riche. Touttefois l'on en a bien
et moins riche que la soie. . ■
' Ordonnances du roj Henry III.,, contenant les statuts des maâres tissutters» ruhamùers... de Paris. A Pftm, m.dogxlic. , in-iS , pag. 73-78.
* c Pour 661 pappeillooy faiz de broudeiire... pour l'or de qaoy il furent brodez, pour saU et pour façon , 6* 6^ pour pièce, » etc. Compte de Geoflroi de Fleuri , parmi ceux de Pargenterie, pag. 50. — c Pour la fiiçon d'un mantdet d'une cote broudée... sur kamokas indes, pour 230 fleur», pour or et pour pour* traire, pour saie et pour façon, 54' 7* 6*^. » Ihid.^ pag. 60. Dans ces deux passages, le mot saie a bien l'air de s'appliquer à de la soie ; mais on ne peut s'arrêter i le croire, en lisant ensuite : c Pour la façon d*un dotet de cendans rouges... pour M/e, pour aniaus, pour ruban de soie et pour façon, 30*. » Voyez encore pag. 403.
Dans le vray Théâtre d'honneur et de chevalerie^ il est firéquemment fidt mention de Bas de saye (1^ partie, pag. 333, 334, 345, 397, 467 ) ; mais on reste oonvaincu qn*il ne peut être question de bas de soie, en Toyant, pag. 395, dans le récit d'an carrousel de i 61 2, buit trompettes vêtus de rasaqnes de satin couleur de chair et de grands bas de saye de velours vert. D'ailleurs , on lit bas de soye^ pag. 466 , et soye , pag. 383. Cf. Mercure fran^is^ ann. 1613; tom. II, fol. 443 verso, fol. 471 recto, et fol. 472 verso.
yen de toille blanche, pour monstrer Testât de celles qui u'avoient point puissance de l'avoir de soye ne de saye*. » Ailleurs, racontant le baptême de rarchiduc Philippe d'Autriche, « la chambre de maditte dame, dit la même, en parlant de la mère, estoit tendue autour de samyt verd , et celle de madame de Charrolois, sa mère , n'estoit tendue que de sajv verde entour ", » etc., preuve que cette dernière ètofFe était inférieure au samit , qui lui-même était déjà déchu de sa splendeur primitive. Au reste, pareil sort était réservé Aujourd'hui à lasaye, qui, après avoir figuré dans l'ameublement des quuoe coton. souverains , n'est plus qu'une étofFe de colonnade , fabriquée par les nègres et généralement teinte en bleu ou en noir V
Quelques pages plus haut*, la vicomtesse de Fumes parle sayette. d'une chambre tendue de sayette verte et vermeille, et de lits couvert» de même étoffe. Ici est-il encore question de saye ? Tant petite qu'elle soit, la différence dans les mots doit indi* quer une différence dans les choses. Pour dire ce qu'était la i>^fi»iti«n sayetle a 1 époque ou écrivait la vicomtesse de Furnes, c'est ce que je suis hors d'état de faire ; mais peut-être n'est-il pas impossible de trouver en quoi consistait celte étoffe à une époque plus rapprochée de nous. Dans les Recherches italiennes et françaises d'Antoine Oudin , scdetta est rendu par sergette^ et dans une pièce du Théâtre italien , Arlequin , entrant en scène avec son chapeau enveloppé de plusieurs feuilles de papier et de deux serviettes, débute ainsi : «Com-
* les Honneurs de la cour^ à la «uite des Mémoires sur Pancie/me thepaierie, édit. de M.DGC.LIX. , tom. II , pag. 243, 244.
* /*«/eifi,pag.235.
* Le ^and Désert, etc., par Eog. Daumas et Aosone de Chanod, pag. 5, not. 1 .
* Mém. sur Cane, chev. , tom. If , pag. 2Î3
248 SUR LE œMMERCE, LA FABRICATION ET LXSAGE
ment après la pluie vient le beau tems, de même affûté de
saiete , me voilà arrivé dans cette fameuse ville*, » etc. La
sayette, au xvii* siècle, était donc une espèce de toile légère,
say»iete, pareiUc à celle que les Espagnols appellent sajralete , dimi-
»«j« , uya, stia. jj^^^jf j^ sayaly qui Test lui-même de sajra , usité en castillan
dans le sens d*étofle et de vêtement*, comme saia Tétait,
Test peut-être encore en italien, avec la signification de
serge,
Tuiy. Avant d'épuiser la liste des étoffes dont le nom se trouve
dans les documents anciens que nous avons examinés, nous
dirons un mot d'un tissu qui s'est déjà présenté sur notre
chemin. C'est celui qu'un inventaire anglais, de Tan 1315,
appelle tuljr, et nous montre associé au drap de Tharse
dans une chasuble'. Le même mot se représente dans mi
poëme de la même époque , où Ton voit des tapis de l'étoffe
en question*, appelée indistinctement tule^ et tuly par le
coajeitare vicux rimcur auglais. Comme ailleurs il parle d'un dais
<le5ir¥^«d.BIad- *
4ni rdatiTement of tryed Tolouse* y Ic savant auquel on doit la publication
* Scènes d' Arlequin fourbe fourbe et demi. {Suite du Théâtre italien , etc. , tom. III. A Genève, chez Jacques Dentand, m.dc. xcvn. , in -8*, pag. 240.)
* Voyez Diceion. de ia Ung, cattelL , tom. VI , pag. 55 , col. 1 , aux mots Sara, Saya de Beina, et Sajra ingiesa.
Nous avions également chez nous, au xti* siècle, un vêtement appelé saye. Voyez ci-dessus, tom. II, pag. 116, not. 1. Du Bellay, racontant l'entrevue de François I" et de Henri Vlil en 1534, nous apprend que le premier envoya au roi d'Angleterre pourpoint, saye et robe, c qui estoit, dit-il , un pourpoint et saye de satin cramoisy, découpés et &its en triangles, lesquels estoient tenus et lassés de perles jointes ensemble. » Voyez Tédit. du Panth, iitt., pag. 505, col. I .
* Voyez ci-dessus, tom. Il, pag. 165, en note.
* Sjrr Gawajrn and the Grene Knjrght, st. xv, v. 858. (Syr Gawarnê,,, by Sir Fred. Madden, pag. 33.)
» iMd. , fytte II , st. IV, v. 568 , pag. 23.
* Ibid,, fytte I , st. IV, V. 77, pag. 6.
des auciens poèmes relatifs au chevalier Gauvain y conjecture que tul/ pourrait bien être l'équivalent du nom de la capitale du Languedoc S qui aurait ëte ainsi renommée pour ses tapisseries. Nous ignorons jusqu'à quel point cette conjecture est fondée ; tout ce que nous pouvons dire , c'est que , selon toute probabilité , l'étoffe de tul^ était de coton , Matière conséquemment d'un rang bien inférieur à celles qui ont ^ hUf^ déjà défilé sous nos yeux : nous ne croyons pas , en effet , pouvoir traduire autrement que par toile peinte^ le mot sindorij après lequel , dans un document dont nous avons déjà fait usage, vient le nom de Tulj^ comme si c'était le nom d'une localité *•
U en est bien plus certainement ainsi pour un autre tissu Étoffe de THpe. que nous avons rencontré plus loin dans le même inventaire' ; mais quelle peut être la localité désignée autrefois par a quelle
1 1 *» . n A A it 1 /•> !• 1 . localité rapporter
le nom de Tripe? A coup sur, et nous 1 avons déjà dit , ce doit ce nom.
* Sjr Gaçt^ne , eic,^ gloasaiy, pag. 418, coU 4, y* Tufy,
* « Item casula ejus ( Jofaannis de Westgate) de mbeo ûndone de Taly. » Ornam. in pestiar, eecles, Cantuar, , A* D. 13i5. [The Eut, and Antiq. of tke cath, Ckunh of Canterèurjr, etc., the appendix, n* vi, pag. xri.)
n est juste, cependant, de fÎBLire remarquer que, dans une charte de Tan 1197, on trouve sindonem de lino. Voyez Vltalia sacra, tom. VII, Rome, hdcux, in-foL, col. 1275, A. On lit un peu plus haut , dans la même pièce : « Unam sindonem franciscam diomatam , unam sindonem cum friso magno , très sindones diomatas , très sindones frandscas &ctas , » etc.
Rencontrant êîndon dans la sixième parde des règlements du palais de Jayme II, roi de Majorque, qui traite des habits et autres ornements, le P. Daniel Papebroch se montre d'ayis de l'expliquer par c /m déliée autrement dit taffetas. » Voyez Aeta sanctorum Junii^ tom. III, pag. Lvn, col. 2, not. b. Cf. ci-dessus, tom. I*', pag. 158, 159, en note.
* c Casula alba de sindone de Tripe, » The Hist. of Canterh. , pag. XTii.
n y avait aussi du camelot de Tripe, marqué six deniers dans un tarif des marchandises qui se Tendaient à Paris à la fin du xxn* siècle. Voyez la Revue arckéala^ giqae, 9* année, 4« Hvraison , 15 juillet 1852 , pag. 234.