I tf«i« 91- consommation de
production de nos fabriques, ne peut s expliquer que par soieries en France rénorme consommation qu'en faisaient nos ancêtres au xv!"" siècle, non-seulement dans des occasions d'apparat, comme nous l'avons déjà vu bien des fois, mais dans le cours ordinaire de la vie. Au dire d'un économiste qui écrivait sous Charles IX , avant ce prince « on ne voyoit point tant de licts de drap d'or, de velours, de satin et de damas , ny tant de bordures exquises , » toutes choses qui n'avaient pas peu contribué à élever le prix de l'or et de l'argent. « La dissipation, ajoute l'auteur que je viens de citer, la dissipation des draps d'or, d'argent, de soye et de laine, et des passemens d'or et d'argent et de soye est très-grande; il n'y a
* Extraits des comptes de François P'f dans les Archives curieuses de t Histoire de France^ i'* série, tom. III, pag 94.
" Uidem.
chappeaU) cappo? manteau, collet, robbe^ chausse, pourpoint, Juppé, cazaque, coUetin ny auti*e habit, qui ne soient couverts de l'un ou de l'autre passement, ou doublé de toille d'or ou d^ai^ent. Les gentilshommes ont tous or, argent, veloux, satin et taffetas; leurs moulins, leurs terres, leurs preï, leurs bois et leurs revenuz, se coulent et consomment en habillemens, desquels la façon excède souvent le pris des estofles, en broderies, pourfileures, passemens, (ranges, tor* tis, canetilles, recameures, chenettes, bords, picqueures, arriere-poins, et autres pratiques qu'on invente de jour à Quantité autre*, » etc. Avec une pareille profusion, à laquelle Tar- TrrtêT/vt'^ur ticle 100 de l'ordonnance d'Orléans, 1560, avait pour but "en'iMT^'pâr de porter remède*, il ne faut plus s'étonner de ce que dit Pierre de l'Estoile, d'un festin donné en 1577, par Henri III, au château de Plessis^lez-Tours, où les convives , vêtus de vert, furent servis parles dames en habits d'homme de même couleur, qu'à cet efTet il fut levé à Paris et ailleurs pour Énorme soixaute mille francs de soie verte', et l'on sera tout disposé à
Henri II!
consommation
de soieries en croire uu ambassadeur vénitien écrivant, à la date de 1546,
France en i 546 .
• DUcourt sur Us causes dt textremt cherté qui est au/ourd'hui en France, etc. (1S74), dans lc« Jrek. eur, de tHist. de France ^ !•• série, tom. VI, pag. 44!.
• Becueil général des an^^nnes lois françaises, etc., par MM. Isambert, Decruty et Taillandier, tom. XW,V part., pag. 88.
• Journal,,, de Benrl ///, etc., édit. de mdccxx, in-8*, tom. !•*, f part., pag. 17. Voyes, SOT remploi de» oottumet de ooulenr Terte an moyen flge, cî-deatua,
tom. I", pag. i90-194 ; et la note 7 sur la V partie des Mémoires sur Vancienne cltepoUrie, édit. de MDccux., tom. II, pag. 56 , »7. On sait que le vert et le jaune étaient les conleort des fooa. Voye» Coup imil sur Us médailles deplomhy etc., par C. Leber, pag. 63 et suiv. Cf. pag. 151. Suivant le comte de Brienne {Mémoire», Paris, Ponthieu, 1828, in-8% tom. I", pag. 275), le cardinal de Richelieu, dégnisé en baladin , vint danser une sarabande dans la chambre d'Anne d'Autriche ; il était vêtu d'un pantalon de velours vert , avait 4 ses jarretières des sonnette» d'argent, et tenait en main des castagnettes.
que roD coDsotnmait en France une plus grande quantité de draps d'or qu'à Constantinople et dans presque tout le Levant.
A cette époque, si Ton peut ajouter foi au même diplo* imporutioDs mate, notre pays ne tirait de Venise que quelques caisses de Franca7a'^iHeu cristaux, des étoffes cramoisies, des bijouteries, des soies de Vicence, en tout pour soixante raille écus, somme qui aurait pu s'élever jusqu'à un million d^écus d'or, pour peu que la seigneurie ei\t pensé à suivre l'exemple de ses voisins , par exemple des Génois et des Toscans , qui £sdsaient des profits incroyables. « Leur travail, dit Marino CavalU, que je conti- Goût