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Lucques.
218 SUR LE œMMERGE, LA FABRICATION ET L'USAGE
Si j comme la chose est probable , le duc de Bourgogne n'avait rien changé à ses habitudes passées, et si Louis d'Orléans , en donnant onze aunes d'étoffe à Guyot de Renty pour faire une houppelande , ne s'était point relâché de sa magnificence habituelle, le drap acheté de Paul Helian était de même sorte et provenait de la même fabrique que les deux autres : ce qui nous permet d'allonger d'un article le catalogue des produits des manufactures lucquoises au Dér«d«Dce XV* siècle* A cette époque , le damas avait bien perdu de sa
du damas et prix , ^ *
de cette étoffe en splcudcur première, au moins en Espagne; nous voyons,
Espacoe au i ^
xy*tiè3t;beiiut eu cffct, daus une ordonnance royale de 1442, le plus fin petet, taxé deux cent quarante maravédis la verge, à la suite des satins et du belliU bellutado taxés quatre cents maravédis, d'une autre classe de satins qui Test à trois cents, et de tissus appelés trapetes , dont le prix est fixé à deux cent quarante maravédis \ On est autorisé à croire la même chose pour notre pays, mais plus tard , en voyant , dans un ouvrage du XVI* siècle, une femme « habillée les jours ordinaires d'une robbe de damas , et les feriaux d'aultres habits plus riches , eu esgard à la dicte robbe*. » Or, de quelle étoffe auraient donc pu être ces habits de fête, si ce n'est de ce drap de Damas que nous avons vu dans les inventaires, à partir de celui d'Etienne de La Fontaine? Mais de même que, selon toute apparence, les expressions de drap de Damas et de
• Apéndice â la Créniea:.. dêlf Bar D, Juam ei il, etc., por el P. Fr. Liciniano Saes, pag. 108, art. 34. Dans le tarif de 1680, fol. 6, la verge de damât cramoîn de Tolède est taxée à Tingt-oeiif réanx, et, aux termea de la loi XXIII , liv. V, tit. xn, de la RecopUaewn de Un Ujet dd Mmo, la verge de damas noir devait peser qtiatre onces et demie.
» Formulaire fort récréatif, , . fait par Bredin le Coeu, édit. des Joyetuttez^ |Mig. 83.
DES ÉTOFFES DE SOIE, D'OR ET D'ARGENT. â19
damas tout court s'appliquaient , au xiv* et au xv"" siècle , à deux sortes d'étoffes différentes y indiquant chez les unes leur provenance vraie ou supposée, chez les autres le dessin dont elles étaient décorées , de même il est probable qu'au XVI* siècle cette distinction s'étant efTacée, il n'y avait plus que des tissus damassés, qui n'étaient pas toujours de soie^ Nous avons parlé des impériaux % où l'on peut voir une satio.
* < Une pièce de toille ouvrée i l'œuvre de Damas, i Invent, du cardinal dAm" hoUê /"% etc. (Comptes de dépenses de la eonstr. du château de Gaillon, pag. 491.) Voyez encore le Cerem, /r., tom. I*', pag. 8SV3 ; et leGlotsaire de du Gange, tom. VI, pag. 598, col. \ , au mot Toalha^ et, auparavant, tom. U, pag. 738, col. 3, au mot Damaciumf où Ton voit qu'il j avait aussi des bijoux ouvrés à Pceuvre de Demas.
Cette espèce de travail est également nommée dans les statuts des tisserands d'Amiens, avec l'ouvrage de Venise, qui l'est aussi dans Tinventaii^ ci -dessus, pag. 497 du recueil de M, Deville, et dans un document anglais rapporté par tir Henry £lHs ( Original Letters, vol. I , pag. 273) et analysé pag. Ixxi, Ixxii, des Christmas Carols, etc., de W. Sandys (London : Richard Beckley, 4833, in-8«) , document où il est question d'une robe of carnation satin ofthe Feniee fashion. Par l'article l*' de ces statuts, il était défendu aux ouvriers en toile de fiedre napes de Venise, de Damas, ou tout autre ouvrage du métier, « qu'ilz n'eussent premièrement Êiit chief-d'Œu^re de une laine à l'ouvrage de Veniu ou de Damas, fait pourlicbier , merquer, selicbier, entraire , cerbester et embriefver, pendre dessoubz ou deffence et ourdir une pièce appartenant à ladicte laine, » etc. Quant à ceux qui ne savaient pas faire ces deux ouvrages, « mais seullement faire toilles à ouvrage de panche de vacqne , j» ils n'étaient pas dispensés do chef-d'œuvre, qui devait être « d'une laine à trois marehes. » Tons ces moto techniques paraissent avoir fort embarrassé l*éditeur des Monuments de Ckistoire du tiers état , qui , tom. II, pag. 489 , conclut de certains d'entre cet tenues qu'A l'époque où le règlement de iS03 dont ils font partie fut rédigé , les tisserands ne fabriquaient plus seulement, comme dans les temps anciens, des toiles et du linge unis, mais des étoffes de laine on de soie, façon de Venise et de Damas, etc. Or, dans la pièce en question, le mot de soie ne se trouve pas une seule fois, et le mot de laine semble avoir une antre signification que celle qui lui est donnée aujourd'hui. Sans diercher k pénétrer ce sens caché, je ferai observer que dans une charte de l'an 1019 rappoitée par Muratori (Antiquit. Ital. med. œvi, tom. IV, col. 768, D), le mot lena présente une valeur différente de celle de lana .• « Posuimns autem super ipsnm altate una lena serica Constantinopolitana. » Cf. Gloss. med. et inf. Latin. , tom. FV, pag. 67, col. 1 , v* Lena, n* 3.
• Voyez d-dessus, tom. !«', pag. 395-358.
La robe d'or entperial de saint Jean, dans ie Couronnemens Renart, v. 1501 , la
ail XY*.
variété de baldaquins * ; nous allons aborder maintenant le