‹ Recherches sur le couvent de Romainmotier et ses possessionsChapitre 10 sur 47 · RIVIÈRE · texte numérisé non relu

RIVIÈRE

En 1126 , Humbert de Salins, pénétré d'horreur pour ses torts, abandonne au Monastère romain ce que celui-ci a occupé (investituras suas] dans le lieu nommé Wau (Waut), ou autrement làvallée Qlen (sive alio nomine valis Qlen); et dans le désert du mont des fours (in heremo in monte de furno) qu'il s'était approprié par droit de premier occupant ,, suivant la coutume du Jura^''^. Humbert fait cet abandon après avoir d'abord inquiété le Couvent à ce sujet.

Ce fut l'origine de possessions notables.

Wau et la vallée Qlen devinrent, au IS" siècle, l'Abbergement de Waut et Chantegrue, non loin du Lay Dam/j.WattWter (aujour-

^' « In quodam homine Enguizone de Morlens,^ — Témoins : Rodulphus et €ono, Monachi, Walcherias et Philippus de Grantione (Grandson), Rotbertus de Giesio (Ceys) , Ebrardusde Arguel; — Novembre, Tan de rîncarnatiott HH. Etienne, Prieur.

*'® « Qua sibi quasi de franco jiire occupasse et vindicasse sicut se habet jurensis consuetndo confidebant (monachi) » . Cartut, — Histoite des sires dé SalinSy /, 36.

d'huile lac Samt'Painl). Et les « investiturfle ■ da Monastère, allèrent croissant en nombre et en importance , comme le prottTe la charte suivante.

«Nos, Jehan Cnens de Borgoigne , sire de Salins, fecons » savoir à tous ces qui verront les présentes lettres, que nous n aurions* donné et oultrée en pure et perpétuelle aumône à )»|Dieu et à Saint-Pierre et à Saint-Pol, et à Prieur et à Couvent » de Romainmotier , ce que en Waut prés dou Lay Dampvaul- » tier ...» (nous appartient) « et laisé (laissé) retenir à dit » Prieur et au Couvent tant d'aberieurs (abbergataires) comme » illourwendra» (viendra); «lesquels aberiours leur quittons de » tôt en tôt, saulve notre garde et notre avoerie, et la justice » corporal, sans ravoir» (les biens des condamnés) «que doit » demorer à dit Prieur et à Couvent» "*.

Deux ans plus tard , en 1557 , le Couvent mit fin à des contestations au sujet de limites avec le Monastère du Mont Sainte Marie, autre voisin du Lay Damp Waultier. — Or ce Monastère peut être considéré comme un rejeton de notre Prieuré ^ car son origine remonte à cette prise de possession , par droit de premier occupant , du désert du Mont des fours , que nous avons vue. Cette solitude , où Ton construisit ce que plus tard on a appelé le village des fours , servit de retraite à une colonie de Romainmotier composée de frères convers voués à la vie ascétique, et qui avaieut à leur tête un Chapelain ou Pa^t^r (capellanus, pastor animarum) , choisi indistinctement parmi les religieux de Mont Benoit, du Lac de Joux et de Romainmotier. — Us ne suivaient aucune régie monastique particulière.

*'' « En témoignage de laquelle chose nous avons mis nostre seel pendant en ces présentes lettres. Ce fut fait Tan de l'incarnation Jésus-Christ, que oonit par mil et II* cinquante et cinq ou mois de may.

Cette charte de Jean de Chàlons, dit Tantiqne , tirée des Archives <k la maison de Chalons (coté 52, copie da commencement dut 6^ siècle), m'a été communiquée par M. Duvernois.

lorsqu'en 1199 Gaucher (IV], sire de Salins, répandant sur eux ses libéralités, conTertitleur modeste habitation en une Abbaye soumise à Tordre de Citeaux , qui prit le nom de Mont Sainte- Marie. Dès cette date à Tan 1245^ le Monastère, situé dans une horrible solitude (in loco valde horrido ac remoto a gentibus), fut transféré sur un emplacement moins austère. Cette translation était déjà effectuée en grande partie en Tan 1230, où l'Abbé du lac de Joux intenta une action à celui de Sainte-Marie» motiTéesur ce que les bâtiments du nouveau Monastère étaient érigés sur terre de Joux. Ce dernier consentit à payer , à ce titre, une indemnité de 35 livres. — Puis ?int^ en 1257, Taccord avec Romainmotier mentionné plus haut , et dès lors ces trois congrégations vécurent dans la meilleure intelligence'^^^.

QuantàTAbbergementde WautetChantegrue: en 1289, Jean de Châlons, sire d*Arlay, et Hugues son frère, font un échange avec les religieux de Romainmotier. — Ceux-ci cèdent tout ce qu'ils possèdent k La Rivière et k Dampierre , en hommes, meix, censés, terres, etc.; et les Châlons donnent, en revanche, tout ce qu'ils possèdent ddnis VAbbergement de Chantegrm, et en Waut'"^; plus 12 hvres de rente assignées sur un puits de sel à Salins, avec acte de revers*''*. — Les Châlons donnent enfin aux habitans de Waut et Chantegrue un pâturage*''^ et l'usage en des forêts, pour construction , charronnage , et pour « Inur besognies » , mais non pour en vendre bu donner.

A Waut et Chantegrue les religieux de Romainmotier ont, par le même accord , toute seigneurie et jurisdiction , sauf

*7* Totius abbatiae suae habitaculum transferre voleËant et jam pro magna parte transtalerant, en 4 230.

Tons ces détails ont été puisés par M. Duvernois aux sources originales.

*'' Spécialement un pré appelle le Gumon de la Rivière.

^'* A défaut de ce payement, ce que les religieux donnent en échange tour demoreit ohligiê,

^7<^ Jusqu'à la fontaine de Berot ou ni ei» (les Châlons), ni les bars ne peuvent faire pasturer..

{'exécution des condamnés à mort, que les Châlons se réservent pour la garde ,* mais le jugement en appartient aux religieux; et, dans les trois jours après leur requête, le Chastellain de Noserey doit recevoir le délinquant tatnu, sans avoir rien à réclamer à ses biens meubles ou héritage. — Si après les trois jours le condamné s'échappe , on n'en peut faire un grief aux religieux ni à leur nonce. Et toutes les fois que le malfaiteur s'échappera, soit avant, soit après le jugement, si le maire des relîg^ux veut, lui quatrième, jurer que c'est sans leur coulpe , on en croira le serment, et à plus ils ne pourront être menés *'^.

Cette transaction n'est que le développement explicite de 1» donation de 1255 (v. s.).

Cette seigneurie plus complète que celle de Bannens et Sainte- Colombe,, rappelle l'accord de Romainmotier avec les Cossonay sur Wufflens la ville.

L'effet de cet accord fut durable *".

Nous ne connaissons pas les possessions de Romainmotier à Dampierre, mais celles de la Rivière étaient considérables^ car, en 1280 , le Couvent y avait un Mayor ou receveur, cbargéi d'y percevoir la taille, des reveaus divers, des censés"®.

*'^ Oddes Arcevesques de Besançon scelle de son sceau pendant en témoignage de vérité à la requête des deux partis. — i 289.

*77 L'acte est laudé par Othe$^ Cuena (Comte) Palatin de Borgonie^ et Vire de- Salins , TMçeu de Jean et Hugues de Ch. sus dits. —-En 4320, l'official de> Lawanne le confirme par son vidimus. — En 1431 , Philippe duc de Bourgognedonne ordre que Ton paye, après 1 6 ans d'interruption , les k% livres assignées. « sur la «aultnère de Salins provenant d'échange, par Lois de Châlons, Prince » d'Orange et Seigneur d'Arlay » : sans doute il avait confirmé l'acte de Jean et, Hugues. — Une chapelle paroissiale fut élevée à Waut : nous y reviendrons.

*^^ Mais le « dominus » de La RiçiÀre était alors Guillerme'de la Baume (de Balma).

Une famille Meyteê de la Rivière reconnait : que si leurs ancêtres ont en dc»> droits sur la Mayorie et « reciveria sea receptione > de la taille, censé etc.^ des religieux de Romainmotier à La Rivièie* ces droits n'existent plus ; reconnais-

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