‹ Recherches sur le couvent de Romainmotier et ses possessionsChapitre 36 sur 47 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

taéceâsité ne Texigeait pias. M. Guizot, en effet , dit que les Plaids locaux continuèrent à être actife «tir les frontières de Gaule et en Germanie.

En somme:

Soit par les institutions, soit par les orages passagers de l'histoire, à nous connus; le sort des sujets du Prieuré ne fut pas très fâcheux^

On ne saurait ne pas voir une longue période prospère » ou du moins très supportable , dés la fin des grandes luttes du Monastère-romain avec les Grandson, les Salins^ les Sires de JouK, l'Evêque de Lausanne , c'est-à-dire depuis le milieu du 12" siicle, jusqu'au commencement du 15% Des Prieurs actife, bien intentionnés, vivant au milieu de leurs siqets, ne pesaient point trop sur eux. Des liens d'affection et de bienveillance les unissaient -^ Tels furent Waucher, Etienne (IV) , Raynauld, Aymon, Gaufred , Willerme de Montricher, Arthaud Âllamand« Henry de Sivirier> et surtout Jean de Seyssel » le point culminant de cette période prospère.

Vais bientôt les fléaux vinrent fondre avec fureur sur le Prieuré: les années de«lérilité et de disette ^ les pestes multipliées, une mortalité inaccoutumée, y promenèrent à l'envi la souffrance et le découragement , malgré les efforts du bon Prieur Jean de Juys. -*- Pour comble de maux le Prieuré tomba en Commende; puis vinrent les tribulations de la guerre de Bourgogne. Les liens entre le Seigneur et les sujets se relâchèrent. De hauts bénéficiers Comihendataires devinrent de trop grands Seigneurs pour résider encore dans le Prieuré : Jean Louis de Savoie , François de Savoie , Michel de Savoie^ Claude d'Estavayer , se faisaient remplacer par des Vicaires généraux ; tandisf que des admodiateurs cherchaient par des exactions de détail à augmenter leur fortune; et que, d'autre part, le relâchement s'introduisait dans le Cloître.

Nous aurions tort cependant , d'asseoir sur le Couvent luimême , un jugement définitif d'après le malencontreux règlement de victuailles de 1512.

tout dégénère ici b*ii, Uni eêt grande la misère de l'homme , et juger des C(^véfiU par leur décadence » serait Irè» in)ii4t4« On sait quels services ils ont rendus dans Torigine. — » La vi^. des moines était partagée entre le travail manuel » VéUide et la dévotion. « Leê molfl^s bénédictins, dit M. Guizoi, ont été les ii déàricbéur» de l'Earojpa. » Et ailleurs : c la pensée morale ^ » la discipline générale de la règle de Saint-Benoit de Nunûe w d(N[it fsévèreê ^ mais dans le détail de la vie elle est humaine » et modérée < plus humaine et phis modérée que les loia

• rômained, que les lois barbares, que les mœurs g^étalesdtt «^ temps ; et je ne doute pas que les frères renfermés dani » rintérieur d'un Monastère , n'y fussent gouvernés pat u^a y ayjtoritéj à tout prend^e^ plus raisonnable, et d'une manîèrd

* moins duré ^'ils ne l'eussent été dans la société civile. » Malheureusement la rélbrma de Benoit d'Aniano vint y

mélanger des pratiques minutieuses^ des observances puériles qui en altérèrent l'esprit primitif. C'est là le germe de plusteuri des coutumes les plus étranges de notre Couvent.

Lé relâchement monastique ne s'introduisit même que beaucoup plus tard, k en juger par un thermomètre qui ne trompé ^ères, la considération publique. -^ Le Couvent n'eût pas été robjet à'un respect si profond des Seigneurs ses voisins, au 13* siècle , s'il eût mis de côté son esprit primitif^. -^ La fin dtt 15^ siècle parait avoir été l'époque où lerdichement le plus grave s'introduisit. ,

Un des reproches les plus sérieux adressés, eti général, aux moines , c'est la cessation d» iraivaU des mtms, ^ Mais le mo« nient du défrichement en grand passa assez vite. Chaque Monastèra devint la métropole d'une population laïque consi* dérable , de villages, de bourgs remplis de tultivateurs > aux* quels avait été concédé le terrain qui les nourrissait, et qui avaient, pour vivre > besoin de labourer le patrimoine monasti-

'^ Voyez la diarte dfe iîOO dTeôIon de Grandson^ «ire il« lcMsaroik> Mf Vkownmr à lux fait en receçant son fils moine, p. 288.

ffa&. — Mais ce qui fit surtout cesser le tratail manud > ce fut» chose singulière , le préjugé général. Les fonctions sacerdotales étaient entourées de tant de yénération, que les moines une fois agrégés au clergé, devenus prêtres, on ne voulut plus les voir quitter, ou les saintes études, ou la célébration des aima mystères, pour des travaux dignes d'un 4erf. Telle était déjà la fcHTce du préjugé du temps de Pienre k vénérable^au 12' siècle, qu'ayant voulu ramener le travail mamiel dans les Monastères de son Ordre: a attendu, disait-il, que Toisiveié est ennemie de rame » ; il dut déclarer qu'il ne le renouTelait que partiellement. êi seulement alors que les gens du nèck ne paueaient e» éire les témeins^^.

On demandait surtout aux mmnes l'étude des saintes lettres ; or on connaît la réputation peu littéraire "des Cloîtres romands: « Saint^Maurice , Payerne, Romainmotier , ont à peine produit un écrivain, » dit Muller* Cependant quelques hommes distîn* gués en firent partie > Jean de Seyssel , et l'Ëvêque de Siwier^ par exemple , en état l'un et l'autre de transmettre leurs idées à la postérité ^^. Pouvons-nous même décider qu'ils ne l'aient point fait, et que leurs écrits ou ceux de quelque autre doitré n'attendent, en un ohscur réduit, la main qui les rendra à la lumière?— - Lors.de l'invasion bernoise tout ce qui se rattachait au tem^ jadis fut dispersé , ou mis peut-être a couvert d'at« teintes profanes avec un rdigieux empressement. Nous ne possédons aucun écrit des moines de Romainmotier, il est vrai, mais nous ne pouvons décider qu'il n'en existait pas.

En toi^ cas, il est un talent fort prisé de nos jours que l'on ne peut refuser à Romainmotier : celui de faire prospérer tes

^' « Ex aliqua sahem parle, ubi honeste remoto conspecta secularium fieri potest. » -^ Abhaye de Cluny par M» Lorain.

*' n était aussi de Romainmotier et frère d*an moine,8ÎBon moine lui-même, cet Aymon Aymonod « eximiut doctor utritttque juris » et conseiller doeal en 1453. n est mentionné dans les mémoires de la société d* Archéologie de Genève5 tome I, p. 109.

affaires. Le Couvent était sans contredit excellent administralenr; pas un conflit, pas une difficulté dont il ne se retirât avec avantage: il mettait toute circonstance à profit avec une activité et une habileté singulières. Et sans passer en revue toutes les preuves de cette assertion, le seul fait de son accroissement continu et successif dès le moment de sa. fondation à celui de sa sécularisation , la mettra en relief. Il était donc plutôt homme d'afl'aires et bon politique que lettré.

* Etre bon politique , bon administrateur , est peu sans doute pour un Couvent, pour un établissement religieux fondé pour l'avancement du règne de Dieu. « Mon royaume n*est pas de ce monde » a dit le Maître, et jamais cette parole n'a été méconnue impunément par ses serviteurs. Trop riche, trop influent était

^ le Prieuré, pour que les préoccupations du siècle n'usurpassent pas une majeure part de sa vie; et si nous avons parlé d'abord de l'existence politique et féodale du Monastère-romain , c'est qu'elle est, en général, bien plus, apparente que sa vie religieuse.

Le Couvent n'était pas cependant sans quelque lumière. Preuve en soient les phrases suivantes de la fin du 15* siècle***. « La fragilité humaine et l'immense pente au mal sont des » sources d'amertume pour les hommes ; cependant le Souve- » rain auteur de toutes choses leur accorde affluence de toutes » grâces daas cette vallée de misères. » — La miséricorde , la vérité et le vrai salut de tous est notre Seigneur J. C. au nom duquel nous rendons grâces à Dieu le Père tout puissant. — « Nous croyons convenable et utile de présenter au Très-Haut, » des prières dévotes qui lorsqu'elles sont sincères ne sauraient » être inefficaces. Afin que nous puissions être couverts de la

*^ Nous ne mentionnons pas le respect de Jean de Seyssdi pour la loi de Diea,qiii l'engagea, en 4403, à mettre au Samedi la cour de justice qui se tenait le Dimanche ; ni, à plus forte raison, plusieurs actes anciens empreints d'un véritable esprit religieuse ; nous restons ddbs Page du relâchement et de Tobscurité la plus grande.

» rosée de la miséricorde. — De la libéralité gratuile de Dieu » procède notre existence : s'il ne faisait subsister la nature, elle » retomberait dans le néant dont elle a été tirée par la Créa^- » tion. — Rien ne peut se faire dignement sinon par l'opéra- » tion, et au moyen de la grâce divine » **'*.

En 1500 , le Curé d'Agiez ayant, à la grande su^ur de son visage, élevé dès les fondations à la toiture,une maison habitable^ et planté d'arbres une pièce de terre voisine ; les donne à son Eglise, vu que les Curés ses prédécesseurs ne pouvaient résides à Agiez par delîaut d'habitation, et en désirant qu'à l'avenir ils puissent mieux veiller sur le troupeau qui leur est confiéa Désirant aussi que lorsqu'il aura été éloigné de son adminis^ tration (a villicatione) il puisse , par la concession de la miséricorde divine, recevoir dans le ciel une demeure spirituelle**^.

Ces rayons du soleil de justice réjouissent l'âme , lorsqu'ils viennent à percer les obscures ténèbres , les sombres nuages, qui ne le voilent que trop souvent. — On aime à voir ces vérités éternelles traverser les siècles,en dépit des superstitions qui les entourent , comme des cimes de montagnes dépassant tous les nuages : mais combien souvent ceux-ci nous cachent le ciel !

D'abord, la croix dé Christ, cet abîme de justice et de miséricorde, cette pierre angulaire de l'Evangile , est habituellement négligée , on la laisse au second plan , on n'y fixe point ses regards, elle est comme un rouage inutile dans l'œuvre du salut. Ce sont les saints qui sont mis en évidence : tel est leur nombre et la place qu'ils occupent, qu'ils la font réellement disparaître. — Disposition malheureusement assez naturelle Su l'Eglise de Rome.

'*' Fondations pieuses de Ju.ys^ de Dyvone, Aymonod etc.

**• n fonde en même temps un autel à l'honneur de Saint-Barthélemi Apôtre, à Agiez^ pour le salut de son âme et de son père, de sa mère, de sa sœur et de tous ses bienfaiteurs. — Les pasteurs d'Agiex doivent aimer la mémoire de ce bon Curé dont ils habitent la maison.

SIO

D'autre part, si le culte Téritabte procède du cœur, la prépuce i Toffice divin lorsque le cceur est absent, n'est qa'an phari* saîsine.Ge n'est donc pas sans surprise, que Ton voit établir ssms cesse dans les fondations pieuses du moyen âge, que les moines ou autres ecclésiastiques présens aux ofCees religieux dmui t&ute leur durée, auront seuls part à la distiibution des revenus. On dirait des écoliers que Ton veut retenir à quc^e leçon insipide. C'est que les auteurs de fondations pieuses, atten^ iatent de bons résidtats de la célébration régulière des messes el divins offices, en dépit des dispositicms qu'y ai^portaient le» of&oians^'. --C'est un exenq^lede cette influence presque magi« que» que Ton a i^Hivent accusé l'Eglise romaine d'attijbui^ i l'accomplissement matériel de cérémonies.

Aussitôt que Ton fait un pas bors de la vérité du sahil fruit de la seule miséricorde divine, en Cbrist ; et de la foi se traduisant en bonnes œuvres dans la vie pratique, en allumant dans le cœur l'amour et une crainte filiale ; on entre dans un taillis inextricable de conséquences fScbeuses. Aussi , grand était l'abus de ces donations pieuses lorsque les réformateurs attaquèi'ent , comme étrangères à la Bible, les croyances an purgatoire et à l'efficace des prières pour les morts qui les entraînaient à leur suite. Non-seulement ces donations se fhisaient pour guérison de sa propre âme , maïs encore pour celle de ses bienfeiteurs, de ses prédécesseurs et même de ses mceesseurs, — Qui ne voit qu'avec cette extension , et privées de l'admirable jeu de coiïtrepoids moraux qui ne permettent pas au vrai disciple du Cbrist de dire : « péchons afin que h l^âce abonde, » elles devenaient un véritable encouragement i l'impénitence, etqu'une tentation trop naturelle devait être ceHe

'^^ Comme les parens attendent pour leurs fils quelque utilité, même d'une instruction reçue avec répugnance.

'^Tescompter en jouissances mondaines ii yalour supposée de ces donations pieuses ?

Et d'autre part, cette source abondante, et toujours ouverte, de rich««$e8, ne devitit pas éU'fi aanfl injQbaence £kh£UAe sur le ministère du clergé et sa vie. C'était une amorce à la cupidité: en plaçant leur trésor dans ce monde oay fixait leurs coeurs. Puis, cette cupidité une fois excitée , quelle tentation pour eus de flatter les riches , de les circonvegiir et de négliger les pauvres dont ils n'attendaient rien ! Et quoi de plus propre à faire germer chez ceux-ci l'amertume ? Dans le sanctuaire même, leur pauvreté était donc pour eux une cause de défaveur;^ et plus do moyens de salut étaient entre les mains des riches,, en dépit des paroles de l'Ecriture Sainte.

On peut néanmoins penser que, chez plusieurs, ces donations^ pieuses procédaient des mêmes sentimens qui engagèrent Marie à répandre un parfum précieux aux pieds de Jésus. Il est doux de croire qu'au fond de cette religiosité mal éclairée se trouvait une foi sincère , germe d'une plante céleste. — Les donateurs aimaient beaucoup à rappeler Texemple de l'économe infidèle. Ainsi le frère Claude Michaudi , Grand Cellérier de Romainmotier (1492) , après avoir rappelé la parole de Saint- Paul, que nous n'avons pas ici bas de cité permanente , mais que nous recherchons celle qui est à venir » croit ne pouvoir mieux disposer des biens acquis pendant sa carrière monasti-^ que, qu'en les abandonnant à l'Eglise à laquelle il est lié, et cela, pour suivre le conseil du Seigneur qui loua l'économe ** infidèle parce qu'il s'était fait de ses biens des amis qui pussent Taccueillir , et afin qu'il puisse se présenter à Dieu dépouillé de tout , comme il convient à une moine , et s'asseoir dans les demeures éternelles.

Au reste, n'y avait-il pas quelque chose à réformer lorsque, au dire de plusieurs , le Temple de la paroisse considérable et

"■^ P'illicum, proprement le May or infidèle.

importante de Romainmotier était, en 1511 , privé des saintes écritures **^.

*^ Dans mi înTentaireda mobilier de cette Sgliae, on lit : « on petit livre en parchemin où sont les Epitres et les Evangiles, bien ancien », (bene anticam) ftU tovUfoU n'ni.pai dam VEglmmau dam le Prieuré, ef pltmewn affirment qu'il appartient au Prieuré,

DOIDIATION BERNOISE.

L'heure du Prieuré a sonné : L'organisation remarquable, les chartes impériales , les souvenirs de liberté de cet antique Monastère ne peuvent lui faire trouver grâce. N'y voyant qu'un arbre chargé de fruits qu'il est temps de cueillir, les Bernois en deviennent Seigneurs immédiats , comme des autres biens ecclésiastiques, ce qui n'était pas un petit avantage.

Et ce n'était point une conquête peu importante que celle du Prieuré , avec toute l'étendue que nous lui connaissons. D'autant que , n'ayant pas à supporter les charges très considérables de l'entretien du Couvent^, Berne en retirait beaucoup plus de profit qu'aucun Prieur. Âjoutons-y la forte censé des Clées payée jadis au Duc de Savoie ; et des revenus encore, que ni Prieurs ni Ducs n'avaient touchés : ceux det legs pies, des dons pour guérison de Vâmê , faits jadis aux Eglises et aux Chapelles. Et tandis que ce plateau de la balance est si chargé, nous ne trouvons qu'un contrepoids en vérité bien léger : les frais du culte le plus simple et le plus éloigné de toute pompe.

* Le via seul, très cher alors, deyait être une énorme dépense.

Et qu'on ne croie pas les donations pieuses de peu de conséquence : la somme de celles qui sont parvenues à notre connaissance, calculée à un taux modéré, s'élève à près de deux cent mille livres de notre monnaie , encore ne calculons-nous qife celles de la paroisse de Romainmotier , et plusieurs nous sont inconnues sans doute ^. — C'est que l'argent avait à cette époque une valeur que Tabondance des mines d'Amérique n'avait point encore dépréciée; et que les donations pieuses étaient productives '.

Si, encore, en s'emparant des biens, on eût respecté les objets d'art ; mais bien peu furent conservés. Le Couvent même fut démoli. Sous prétexte d'une réforme religieuse, combien de monumens des anciennes mœurs furent dénaturés L

' Prenons pour point de comparaison le prix «Tune journée de charrue qui était estimé alors, 3 S. 6 d^ et de nos jours au moins 8 francs : le Sol avait donc irae Taleur de 23 batz. — • Or la sonirae des donations pieasef de la paroisse de llomai«m«tîer ett 4« 4170 lUpres 8 Sels, Hlàiatcpant mi looyeii d'une êkapU règle de troi» :

i Sol: S13 batz :: 8^00 Sois (e.àd. 4170 pCW)i m.

«^ Nous 9XQug h réponse : idi^W fr« d^ aoVre monaaie, Non seulement Té-

cbelle de proportipu n'est pas exagérée , joais eU^ est plutôt trop C»ibW. £o

ll(36,en effet, unjporç gras était estimé â4So/s;et en ISSlyune cpupe de frome»! de reçenu anmiuel se payait 30 Sols ; on aurait donc acheté une coupe (4 quarterons) de froment, pour 1 Sol et demi ; 30 Sols pour un reçenu annuel d*une îBoupe de froment H!

' Quelques biens des Chapelles (ureot rendus aux faovUes des fondateurs : en 1550, par ex..5Françoi6 et Claude Thomasset d^Agiez^ reconnaissent <6 Sols de renteannuellejpourla sufferte d*une Chapelle par 2etir< ancêtres édifiée â VEglise ê^uégiez^ et àleurs mains tenue avec appartenances et énolumens, sou^Iacenst susdite.* — CcAte Chapelle -avait été Mevée, en 4454 , par ^nthwne Coêson, chre et Mtffmr d^^te, âf lunAeiiy de Ditu, èà la Sainte Viargt «tf^moim» Cipium mpe^ rtorum» sous le vocable de Saint Sébastien martyr. — Noble Amé^lé^ Tfat^* masset en épousant sa fille, hérita de ses biens, y compris la Mayorie d'Âgiez.

eonnne si Ton eût touIu rom^e tout lien entre le passé et ravenir *.

Après leur c(mquête, dont la facilité iaouïe s'explique eepen* dant quelque peu ^, les Bernois placàrent incontinent un Ballif à Romainmotier : ce fut Adrien de Bubenberg, Tundes derniers de son illustre maison. — Puis ils euToyèrent une commission composée de Michel Ouspurger, Hans Rudolf de Graffenried et Sulpicius Hailer, pour l'expédition des Mégooes (affaires) urp«nief en leur pays nouvellement conquesté.

C^x-ci voulant attacher au nouvel ordre de choses la Commune de Romainmotier qui était comme le cœur de la Terre de ee n(nn, hii firflit des concessions qui domièrent une face toute nouvelle à ses finances ^ ; et Berne manifesta aussi» tôt Tesprit qui l'animait, en promettant de maintenir ces concessions , sauf son bon plaisir envers ses cbiers et fèaulz. -^ La mésne politique fut suivie avec les Àrquebutiers de la

* Ub greaîer de os nom fal Utt sur som méaie empIaoeiiKat, et «veése» vatérianx, dsntplasîean recooDaissaUes encore*

4549 pear vag h»mme qa*oB nyt en #uvi<e pour dearodié le monatier de h perroche.

^ (a Dans les idée» du temps^d'abord, l'hypothèque de Saint-Julien était valide, (b lies guerres de Bourgogne avaient laissé une désorganisation et une impression profonde de découragement^ et la petite Patrie de Yaud n'espérait pas, sans doute, résister à ces «cruels Suisses» qui avaient renversé le trône d'un si puissant SoU' Terain, —

(e On était fatigué à l'excès de la faiblesse déplorable du gouvernement de Sa- Toie et de son abandon complet à ce moment , et Ton ne craignait pas une Suzeraineté plus forte ; sans penser que celle-ci aurait les défauts de cette qualité : de se passer de toute Suzeraineté l'idée n'en venait guères alors à personne.

(4 Enfin, sansdoute.^la présence 4ans l'armée bernoise de la moitié, peu s'en fautj du pays envahi contribua à Caire tomber bien des répugnances.

^ Entr'autres la maison de Cure dont on fit une auberge, le four etc. En 1474 la ville de Romr. perçut 4 fl. 8 s. 10 d. En iS39 le reveno est déjà de 120 fl iOa.

— 1486 . . . . 14 fl. 7 g. — d. — 1552 . • . W7 fl. —

— 1509 . . ?1 fl. 11 8. — d. — 15T8 . f«B9 fl. —

— ISlf .... ' 8fl. 11 s. — d.— i«i4 4153IL-*- •^1554 .... 2ifl. 4f. 6d.-*tô(BSS . . 3919 fl. etc.

Terre ^ : en 1554 encore, les revenus de la Chapelle de Saini' Biaise furent, sur leur requête , amodiés dux arquebusiers de Romainmotier pour la somme de 25 florins annuels , et ce,, pour Venir etenance de leur maisùn d*acquehutier^.

En général, la politique adroite de Berne , en abbergeant et donnant en empbytéose à un grand nombre de personnes des parcelles du domaine du Couvent , intéressa trop de gens au maintien du nouvel ordre de choses pour que l'ancien eût quelque chance de retour '.

On s'attendait si peu à la réforme dans le Couvent , quen 1536 encore, le Grand Cellérier Ânthoyne de Bygnin accensa perpétuellement, avec le consetiteftent du Prieur et des religieux , le moulin de Romainmotier , qui menaçait ruine ; et la ferme en devait être payée à lui et à ses successeurs dans le dit office *°. — Cela fait penser, d'abord, à cet oiseau qui croit échapper aux chasseurs en cachant sa tête dans le sable. Il est probable cependant que le Couvent se reposait sur une convention faite le 10 Mars de cette année avec Fribourg ; par laquelle le Prieur se plaçait sous son patronage , lui conférait le droit de présentation à sa charge , et consentait à payer

' Ceux*^ supplient les commis et ambassadeurs de Berne, leur voloyr ouitroyer ung don gracieux pour le jeu de la Âquebute, ainsi comment en tous pays conquis et bonnes villes d*ycellui aves ouUro}es, et ce affin de mieux en mieux se puissent exercer pour tous servir etc. — On leur donna deux pièces de futayne à tra^e annuellement à Vaquibute avec toute la Terre : Le 20 Janvier 1538.

^ La Chapelle de Sainte- Jnne fondée à l'endroit où Saint Vincent avait prêché, devint à son tour la Grange de dixme : nom que la maison porte encore à Croy.

' On pourrait en citer des exemples à l'infini. — Abbergement du bois do grand Ghasney à la Commune de Croy ; du bois du petit Ghasney à la Commune de'Bofflens etc. etc.

'° 4 muids de froment, 4muids messel, 6 coupes d'orge, 3 coupes de froment blanc <ad pisandum» pour la cuisine du Couvent, 24 S. pour acheter des amandes (amygdalas) <pro de coquendo» dans la cuisine du Couvent. De plus un bon porc gras, pour lequel on a Vusage de payer 24 S.

annuellement 600 livres aux Eglises de Fribourg ^^ — Les registres de la Commune de Romainmotier» font quelque mention de ce fait. On alla à Fribourg à cette occasion , et Ton fit un gîte de 62 florins ". — Toutefois le Camérier de Romainmotier vendit alors, à Orbe, des ornemens pour quelques centaines de florins *^.

Le Couvent était alors composé : outre Théodtde de Rida^ bachelier (baccalaureus) de droit canonique,Prieur et Seigneur de Romainmotier , qui mourut avant la réforme ; de François Mugueret Sous prieur et Âulmonier, François de Longe-Combe Camérier , Denis Ribours Doyen , Claude de Treytorens Infirmier , Pierre de Murs Chantre , Anthoyne de Bygnin Grand Cellérier, Jean Martignier, Meyre ou Marius Tissot, Jean Pelardi, prêtres ; Louis Cohenderii , Jaques de Rida et Michaêl Buisson, novices**.

Plusieurs embrassèrent la réforme. Meyre Tissot fut le premier moine qui se maria : le Réformateur LeComte bénit son union à Giez, en mai 1538 *^. D'autreS Fimitèrent. En 1543,

*^ Chrpniquear 1556. p. 251. Cependant à ^mex on foulait aux pieds left insignes Fribourgcoises, et Ton attaquait dans le temple les objets de l'adoration des Catholiques. — Ihid,

'* L'année 1 535 (vieux slyle, sans doute, an prins à Vincamaiion, comme on disait alors. L'expédition bernoise était terminée à la mi-Février 1536 nouveau style) :< Computu||||e gîeto occasione sa2/te<œ(Ia saillie !) dominorum bernensium qui cum armis bellicis fuerunt nsque ad portam de la Cltt$az et usque etf usezy et combnserunt multas ecclesias et castra. Reddicti sumus dominorum fribuf^ gen$ium.9 — Etrange latin, qui signifie, sans doute: nous nous sommes rendus aux Seigneurs de Fribourg, — On dépense : Pro eundo apud Friburgum: sex scutos solis (au soleil) valentes 28 flor. 6 S. — 1 currusvini: 22 florins. — Les Curés de la Terre, les Communes, divers particuliers, entr'autres le seigneur de "Wnippens, payèrent pour ce gîte. — La même année on trouve : pro expensis pro eundo pro bello 4 fl. 7 S. Papyrus Communit,

*' Chroniqueur.

'* Peut être djautres encore étant absens ne sont pas nommés dans les actes.

'" Lecomte, dans sou Journal, le nomme David.

Berne « accorda à Jehan Martigniêr et autres de sa qmUté, n qu'ayant accepté la chrétienne réformation et en mariage » acquis des enfans, ils fussent quictes du droict que soûlaient » avoir les Prieurs sur les biens des moynes après leur trespas, • ains de pouvoir tester. » — C'était, sans doute ^ à cause du vœu d'abdication de la propriété de leur règle monastique ; ou bien, parce que ne pouvant avoir d'héritiers légitimes il y avait échûte de leurs biens par mainmorte.

Il paraîtrait que , conformément à un ancienne tradition , un certain nombre de moines , ne voulant pas accepter cette réforme , s'enfuirent en Tranche-Comté dans les seules possessions qui leur restassent encore , et que l'ancien Prieuré de Romainmotier continua d'y exister , bien mutilé sans doute. Aussi, en 1626, dom Guillaume Simonin, Âbbé de Saint-Vincent de Besançon et Archevêque de Corinthe, prenait encore le titre de Prieur de Romainmotier. — - Peut-être même la réforme fit elle revivre le Prieuré du Lay'damp''Vautier,cvj^ on trouve, en 1704» un Prieur de Saint-Potnt *®.

Le Couvent parait cependant avoir subsisté quelque temps encore à Romainmotier même, car une censé devait être payée par la ville aux jadis religieux, « tant diu que le dict Couvent dureraz, soyent peult soyent proupt»^''.

Dans ces premiers temps l'usage des pièces de théâtre religieuses ne fut pas supprimé , comme chacun ^it : témoin le sacrifice d'Abraham composé par Théodore de Bèze. — Des représentations analogues eurent lieu à Romainmotier ^^. « Mais ces drames, qui naguères servaient aux prêtres à char-

*' Nom moderne du Lay damp vautier. — Si. Poiol eat bbo Commane do 440 habitaMS. — JVof«f de Mr, DuvernoM.

" En 1539 le landy dePasques, pour W. leBallif, M', le Chtotre et sa compagnie quand Ton parla à Mess, les religieux, 12 8. — Papyr, Commuait,

*^ 1549. «Une livre de sug (suiQ achetée pour les ^nief« (é<{aipemens, armes) après Vistoyre, — Don fait pour •Vhystoireauxjoyeurs 9 fl. 4 S. — Papyrus Communit.

T» mer les regards du peuple, se sont tournés contr*etix. On » représente à Beaulmeâ » la Chrétienté malade à la fbçon T^ luthérienne. A Lîgnerolle) on joue Za prophétie de Jérémie t% « la destruction de Jérusalem; et a Romainmotier le manège » de Sara: toujours en dérision des prêtres» Ces spectacles « durent depuis dix heures du matin jusques à quatre heures » après oiidi ; on y déploie une grande magnificence » et ils » amènent un grand peuple» ^^. — Bientôt la réforme fut accomplie eu dépit d'une introduction bien indigne d'elle^.

Des modifications majeures dans les tisagës de la Terré dé Romainmotier, eurent lieu.

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