GERBE D'ETE
La modification d'un autre usage, ne doit point être passée^ sous silence, bien qu*il s'agisse de l'impôt un peu extraordinaire de la moisson on de la Gerbe d'été, perçu avant la conquête, moitié par l'Âumosnier, moitié par les Curés ^.
On trouve d'abord dans une lettre au Baillif , en 1583, les. passages suivans : « Nos sujets de Romainmotier , nous ont fait • voir la charge insupportable de la Gerbe d'été, imposée » anciennement par les religieux du dit lieu, occasion le droit » de tnariage '^ qui fut changé en censé de bled ; demandant » d'abord d'être libérés de ce droit, puis ensuite qu'il fût seule- » ment modifié et autrement, nommé. Jusqu'à présent nous. » ftvions trouvé difficille d'enlever tel droict, mais l'ayant de » près examiné^', avons arrêté de le changer. »
Une seconde pièce contientcette modification. — Les hommes de la Terre de Romainmotier, y est-il dit, doivent prier Dieu pour la prospérité de LL.EE., heu égard à l'humain et favorable traitement qu'ils en reçoivent tous les jours, au grand soulagement des petits et des grands. Notamment, trouvant les censés d'heues pour la moisson, rudes, et imposées par les Prieurs au
oes lignes même nous oopîonsd'un livre de recogaaissances de VauUyon, de 1830^ oe qui suit : «dominus prior, dominuf Rom" •• . habet in tota terra Rom^i menun mixtum imperium et omnimodam juritàicûmem^ altam, mtdiam el hauam^ tptritualem et temporalemf una cum manu moriua ete»
•® Voyez ci-dessus.
" < Qui provenait du droit de première coucliée; > ajoute la pièce originale allemande avec traduction y annexée , en des termes que notre conscience de chr(^niqueur ne nous permet pas de changer.
^ Mot à mot : «mais ayant de près considéi'é Vorigine de cette cense^ et d*où ce nom est dériçé, avons arrêté de la changer.
grand désavantage des hommes de la Terre , et presque insupportables, SI rigueur y était tenue, ont modéré cette censé tani pesante,l'ôtant en partie, et changeant le reste /^ar j9/u« honnête moyen et nom, — Ayani la modification, chaque homme marié ou veuf payait un biche! de fromjenl; (2 quarterons) ^ ^ chaque femme mariée ou veuve un bichet d'avoine. Après la modification , chaque feu , ayant charrue entière, payait un bichet, lliomme de frômeat et la femme d'avoine. Celui qui ne tenait charrue et ne semait plus de six poses , payait seulement lai moitié, l'homme de froment, et la femme d'avoine. Les pauvres n'ayant ni charrue, m biens, ou qui ne semaient plu^
de 3 poses, hommes ou. femmes, payaient 1& deniers. L^mpôl ne se payait plus par personne, mai» par feu ou par charrue.
Ceci était beaucoup plus que la modification de la censé dçsi Clées. L'impôt se trouvait allégé pour tous , pauvres et riclies. (Tétait de la part de Berne une vraie libéralité : Aussi grande était la reconnaissance de la Terre. — Quant à cette étrajDge manière de battre monnaie , qui cependant nétaii pa^. le /ameux « jus domini »^\ on peut voir dans Montesquieu , qu'elfe était usitée, ou quelque chose d'approchant,,dans les sei^oeuriçs ecclésiastiques.