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SIMPLIFICATION D'USAGES

Les années s'écoulaient , un nouvel esprit commençait i souffler; une mesure purement économique en apparence, vint modifier beaucoup d'antiques usages.

Telle était la complication des droits et redevances de la féodalité , que Ton se serait infailliblement égaré dans ce taillis quasi inextricable de droits , censés , exemptions, franchises, qui s'enchevêtraient de mille façons en chaque pièce de terrain ; si l'on n'avait eu des reconnaissances détaillées et explicites, qui , même, pour conserver leur utilité , devaient se renouveler presque à chaque génération de possesseurs de fiefs» d'abbergataires, d'emphytéotes , etc.

Or, dans la seconde moitié du 17* siècle, LL. EE.a prirent la.

^ (a. Forges de feu Mr. de Hennezel. (b. Forges de Mr. Jérémie YaUoton seigneur Chastellain deVallorbe: il doit pour elles et ses hauts fourneaux, battoir, meule, martinet, sufflager et autres instrumens,9 flor. SI S. censé fixe. (c. Neuf abbergemens de forges: Truan, Glardon, Bulle, Yalloton, Jacquet, Buisson, Matthey etc. (d. Deux autres forges, encore, sous les roches : Truan et Amey. —

« résolution de faire liquider tous les droits, jurisdictions, H» fiefs, censés, diesmes, usages et autres revenus, rière le pays » de Vaud ®* ; pour empêcher les très amples et prolixes réno- » valions spécifiques, selon Tancienne forme, qui entraînaient •» tant de frais, dans le passé. »

Ce grand travail de simplification s'accomplit dans la Terre 4le Romainmotier, en 1669.

Grande avait été jusqu'alors cette mosaïque de droits et (franchises, à Arnex surtout, à raison des propriétés originelles 4e l'ancienne maison d'Arnex, qui étaient de franc alleu, libres de la mainmorte , de censés , en partie de dixmes , etc. La plupart de ces terres avaient,d'abord, passé dans la famille des Jttayor d'Arnex ^^; puis, à l'époque qui nous occupe, tous ses droits, y compris la Mayorie d'Arnex, se trouvaient entre les mains de Daniel Imhofif, Baillif de Grandson. — Un échange fut résolu. — Imhoff céda à LL. EE. toutes les censés et fiefs qu'il possédait en dehors d'Arnex; se réservant les censés perçues dans ce dernier village. Il remit encore les deux tiers de son fief et de son fran4)-alleu à Arnex ; se réservant toutefois dans son ancienne franchise , sa maison d'Arnex et le clos environnant*®.

D'autre part on lui remit le tiers, indivis av.ec LL.EE. ^^, du fief sur tout le territoire d'Arnex, pour percevoir le tiers de tous lods, droits, émolumens et obventions futures. — On lui concéda, de plus, le droit de basse jurisdiction dans sa maison et clos attenant ^.

^ Par le Trésorier Steiger , et Samuel Gaudard , Commissaire général.

^ Par le mariage d'Hugonéte d'Arnex , qui était une héritière, avec Girard Mayor , à la fin du 14®, ou dans les premières années du 15®. Siècle.

^ Cette réserve de franc alleu pour sa maison et un dos d'environ i 8 poses, o'étatt pas ce qu'on nommait le çol du chapon, c'est à dire la jurisdiction omnimode ; mais seulement qu'il ne devait ni hommage, ni part d'hommage pour elle , ni charrois^ ni corvées, ni dixme des légumes etc.

^' Celles-ci ayant les deux autres tiers.

'® La moyenne et haute jurisdiction demeurant à Berne.

Cela détruisait la marqueterie dé» dr^ittr dltens d^ pièces de terre, et rencheyêtrement du fief/ Cett« seconde phaii€^de Texistence des possessions, originaîrement^bres, de l'antique maison d'Arnex ^*, était donc une^împlificatioti'.^ ■•'-■ ' • ■• '

Ce travail s'accomplit plus facilement, encore^ dans les autres villages et bourgs de la Terre.

Voici ce qu'étaient devenus les usages du botirg du Rdmainmotier. Il devait: — pour rabbergement du^oui«f5 florins;

Pour la réduction de toutes menues cènsei^ei^eVa&t dues èh deniers, froment, avoine, huile ^ chapon^; tant è* eause de la Clergie, que de la Pitance: (du Couvent) ,' de rAumoneriè , de la Chantrerie (chant des Psaumes), etc., IBflorinsi " *

Chaque charrue entière doit un bidiet de frôme^st'ptir et un d*avoine ; chaque demi charrue la moitié, et le quart de charrue à proportion. - ... , . .. ■

Pour la moisson : ceux qui sèment au moin» O-poses doivent un bichet de froment, pour 3 poses, un demi bichet; les autres 18 deniers. ... ;

Les charrois pour les vins' de Bursins et la réparation des bâtimens, et les corvées de charrue trois fois Tan.

La dixme des agneaux.

Enfin, LL. EE. ont le fief et la directe seigtietiiiei ftvnc^lods au huitième denier et ventes, au lieu de r^neietmé'maiMiol^.

Il y aloin de ces usages,déi669, au pittoresque dëscoutumes, de 1266.

Cette simplification d'usages, ne s'accomplit pas dans la Terre de Romainmotier seulement.

En 1662, Berne, trouvant des difficultés dans la" posi^esision de dixmes qui se lèvent sur les jurisdictions d'àutirui; eèdeà Jaques François de Lavigni, Seigneur de Berolk , en augmentation de fief noble , la dixme qui se lève sur cette seigneurie,

^^ {^ modification: hommage aa'Prieitr de •RôlHrtr!iimdli8r,!-ca 1258. -^ (p. 27 et 28.) 2® modification: échange do frànc-alleu contre un tien du fief d'Arnexet?. en 1669.

à cause de Rômaictmotier^ ; et ce; pour utteceâse fixe dé Vtois muids et deu^, moitié méssel, moitié avoine, rendus à Apt)Ies''. — Ainsi était élagué tout embarras de perception.

Le Couyent n'avait jamaië eu qu^tine part en là seigneurie' de Maliens et Ballens,

Désjà ,eti 1559, Hans Steiger , Seigûeur' de Rblle , Mont-levieulx, Mont-le-grand et Bière, avait qûel<)ues droits surBaltens. Puis,en 1580, en la discussion des bieni^ de Jaques de Menttion, Soldeur de Duzilli, et de feu Claude de Mènthon-, Seigneur dé Lavigny, son frère, on remit à Jean Steiger, Mvoyfer de Berne,. Baron de Ro lie, etc., les seigneuries que ces deiix fk'ères^pos* sédaient à Ballens et Bière ^*, pour 300 escus d'or au soleil marqués au cuing du roy de France. — Ces biens passèrent par alliance à la famille patricienne de Weiss.

Or, les droits de fiefs et censés de LL. EE. à Mollens et Ballens étaient entrelacés à ceux de Sigismond Weiss : source fréquente de difficultés; celui-ci proposa donc, en 1679, un échange. Ces propositions réitérées en 1702, et soumises alor» à un examen spéciaP^, furent mises à exécution en 1705. — Berne réservant ses droits de souveraineté, arrière fief, etc., remit au Seigneur de Mollens ses possessions seigneurisdes à Mollens, dérivées, soit de Tancien Prieuré de Romainmotier, soit de TAbbaye de Joux , soit de celle de Bonmont s car les droits de ces troiis maisons religieuses s'y rencontraient ^. En échange,le Seigneur de Mollens remit à LL. EE. l'omnimode jurisdiction , le fief, et des censés à Ballens ^'^ : assujettissant à

" Soit les deux tiers , indivis pour le tiers restant avec le dit Seigneur.

'^ Sans réserve de eas d'ovailleu — Apples était TEglisé paroissiale.

^'^ Soit : hommages , jùrisdictions, censés , lods^ etc.

^ Du Commissaire Roland de Romainmoticr

^ En tout: 58 quarterons annuels de messel, 117 d'ftVoine à ras, et 48 florm» 7 S. /(. L^omgneld nouvellement réintroduit à Mollens, soit 46 pots par char de vin qui, s'y débite; avec fiefs etc. et le pouvoir d'établir à Mollens un coiw sistoire à part , ainsi qu'il se pratiquait à Ballens (pour Mollens).

'' Savoir : 1 '/4 quarteron froment, 9^8 de messel, 93'/3 d'avoine, SVecba-

5Sâ

rarrière-fief ce qu'il réputait être de franc-allod ; et jetant encore 500 florins dans la balance. — Ainsi plus d'enchevêtrement de seigneuries : celle de Ballons est à Berne , celle de Hollens à de Weiss. Ils vivront en bons voisins , dont les domaines ont subi un bornage récent.

L'édifice gothique, aux mille détails» était peu à peu remplacé par une construction moderne, moins pittoresque, plus simple et d'un usage conunode. Un nouvel esprit soufflait de toutes parts; un nouvel âge était éclôs : car tout se met peu à peu à l'unisson sur la terre , et souvent un changement de peu d'apparence trahit une révolution profonde.

VILLAGES DETRUITS

Chose remarquable ! nombre de villages dont l'eiistence est parfaitement prouvée, soit par actes, soit par traditions locales; ont disparu : quatre, entr'autres, dans les seules possessions de Romainmotier.

Le plus considérable paraît avoir été Jolens, mentionné^ comme paroisse (en 1228), alors que Morges, dont il fut voisin et qui l'absorba, n'existait pas encore.

pons, une gerbe de paille et 6 fl. 10 S. 7 den. — Jt, le fief sor le penchant oriental de la montagne de Ballens.— /f. les focages: (2 q*. messe! et 4 d'avoine par feu) soit maintenant 48 q*. messel et 96 d^avoine. -- Jt, Les fournages sur 7 maisons : chacune 1 qn. messel. — //. Deux moutons gras annuels pour la dixme des naissans, soit, en échange, 15 fiorint, — /l. 2 Sols par feu, pour la panaterie (panne, bois de construction.)

'^ CartuL de Lausanne,

L'Eglise et le cimetière de Jolens sont encore mentionnés en 1318. Le nom seul de la localité subsiste. -« Il y avait une famille féodale de Jolens.

Le village de Torclens ( Turquens, en 11 39), avec Chapelle qui dépendait de TEglise deMollens, était assez voisin de Pampigny, et donna lieu à plusieurs transactions entre le Couvent et les sires de Montricher ^. — Quelques ruines le rappellent seules aujourd'hui.

Lanffrey , était voisin du bourg de Romainmotier. En 1405, déjjà^ une seule j>erspnne de ce village devait la censé des Clées*^; et en 1571, ilest di^ : «/ç village de Laf^ffirey vacque e^n'y a personne. »

Une tradition o^^^is répandue le fait détruire pour sorcellerie' Son nom est demeuré à son ancien emplacement ^^.

Enfin le village de Verney ou du Fernay non loin de Bursins, îifX le dernier à disparaître *^, par un incendie "'. — Aujour*d'hui un moulin seul de ce nom subsiste» et quelques ruines, entre Bursins et Dullit.

Le disparition de ce$ villages révèle, sans doute, l'agglomération de la population acti^Ue, et nop sa diininution.

9' Éa 1 565, il «st encore parié • cda diesme da TorcÏMis^ i^céêulÀiné kiiâr £ii certaines tenues près Montricher ei^WîHararboton. »

*^ Affnonoi de Lcuiffctfy appartenant à une iamUIe- distinguée ^^ qnoiqtté; hon qualifiée noble, qui s* éteignit au 1 6^. siècle.

'^ On y fit,il ya peu d'années, des fondes coûteuse» pdur troovér de Tdr ! (Jvfôn liie pàrdoniie de cites i ce sujet Qiie tradition locale ex, de U mytholfgt^ du Jura. ~ Un grand coffre et une vmtmiie pleine d'or y avaient été détoilf verts , et déjà même on était parvenu à sortir le coffre de terre , lorsqu'un des travailleurs, oubliant que le nom du Bon Dieu ne devait pas être prononcé ^ s'écria : Dm sai héni lo çaitze frou (Dieu soit béni le voici dehors) ! Aussitôt le cofire s'abîma. — Là aussi doit exister un tonneau de vin 4pnt le b|ois«st entièrement consumé de vétusté , mais remplacé par une épaisse couche ^ l^j^^re ^quel il a «ervi jadis de mpule. -- Qui sait, si la traditioi^ sur la^ destrui^ion de ce village ne repose pas sur un fondement vrai : cailloq; /caché. spus la fnojisse de l'imagftation populaire.

*^* A la' fin du 15"*^ sièele, le moulin seul subsistait, mais le village se relevé car, en 1570, il y avait 8 feus à Vernay.

*** iHctionnaîre Levade p. âP30.

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