SORCELLERIE
Le Colloque de R&mainmotiêr , était extraordinairement assemblé (le 9 Février 1653) j par LL. EE. pour chercher les moyens d'extirper le règne de Satan « qui ravage parmi leurs suj^. » Berne demande , d*abord : si c'est une preuve suffisante de sorcellerie d'avoir tenu discours ensemble de ce vice, de jour et non de nuit, à laseité, quand les illusions diaboliques se font? — Le Colloque répond qu'il est assemblé pour en conférer sans qu'on puisse l'accuser de ce crime. Mais que si, de jour, des personnes avouent avoir commis,^ ou vouloir commettre des actes de sorcellerie, et avoir fait mourir gens ou bêtes par les poisons , on les. croit coupables.. Toutefois un seul accusateur ne doit suffire, mais deux ou trois .être requis^ et leur témoignage bien pesé. Mais une seule accusation est suffisante pounemener l'examen par devant Taccusateur ; vu que de telles confrontations a sont quelquefois efficacieuses à amener les coulpables à confession, »
<A0 c YQQg iQQ demandez^ disait noble Reymond Arpeao au Commissaire général, en 1661 , mes recognaissances rurales , je voua prie de croire que mon frère aine ayant eu tous nos papiers en main , et moy demeuré en b^^âgeet hors du pays ; iceluy estant mort de peste, sa maison fust à la mercy des cureurs, ou plutôt volettrs ^ qui sous prétexte de nettoyer la dicte maison > bruslèrentla pluspart des droicts et papiers en faisant des parfums, comme cela est cogneu par ceux du lieu. (Bursins.)
Berne demande ensuite : si la marque au corps^ sondée avec une épingle, sans qu'il en sorte du sang et que la personne le sente , doit être tenue pour une marque sufâsante de sorcellerie? — Le Colloque est d'avis que non, veu qu'elles peuvent être faites par la violence de Satan, sans le consente» ment des marqués , comme il appert en des enfans et peut arriver à d'autres. Mais ce doit être un sujet d'examinée iceux.
On croit voir dans ces réponses le bon sens nationarau travers de la croyance générale, alors, à la sorcellerie*". — On peut voir dans Grenus *i^, les précautions que Berne, en l'an 1652 , c'est-à-dire antérietirement à la présente consultationv recommandait dans cet examen des marqués : onysentpresque^ un remords. — On frémit, en effet, à la pensée de la légèreté des-indices sur lesquels on a brûlé et torturé jadis. Mais souvent, péut-êtk*e , ritiaagination des sorciers ne fit que prêter une forme sensible, aux mouvemens de leur coeur.