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l'hommage des poëtes *”. Sur le chemin de l'Hélicon qui conduisoit au bois des Muses, on voyoit les statues d’ Apollon, des Muses et de te ; maisils célébroient aussi Bacchus particulièrement , comme le prouvent ces vers d’Ovide :
Tlla dies hœæc est, qué te celebrare poetæ , (Si modo non fallunt tempora) Bacche , solent: etc. ©?
Les fêtes de Bacchus célébrées par les poètes, étoient aussi solennelles que celles qu’ils célébroient en l’honneur d’Apollon, mais avec cette différence,
w'ils se couronnoient de lierre au lieu de laurier , et qu'ils faisoient des libations de vin sur ses AE Perse , dans son Prologue, abandonne les déités de la pâle Pirène ® , Les tb de l’'Hélicon, à ceux
G) Zucain les réunit, quand il dit à Néron :
| Nec, si te pectore vates Accipiam., cirrhæa velim secreta moventem Sollicitare deum, Bacchumque avertere Nysa. (Lucan., Bell. civ., lib.I, v. 65.)
® Ovid., Eleg, III, lib. V, v. 1.
Œ Tu tamen e sacris hederæ cultoribus unum Numine debueras sustinuisse tuo. ( Ovid., ibid., v. 15.) — Ovide invoque ensuite Bacchus comme le protecteur des poètes : Fer, bone liber, opem (Ibid. , v. 35.): Huc ades , et casus releves , pulcherrime, nostros, Unum de numero me, memor, esse tuo. ( Ibid., v. 43.)
. ® La fontaine de Pirène, située près de Corinthe, étoit consacrée aux Muses.
dont un lierre flexible caresse les images ©”. On plaçoit dans les bibliothèques les statues ou les bustes des poëtes illustres, et ils étoient couronnés de lierre , tels étoient ceux qui ornoient le beau por-. tique qu'Aüguste avoit fait construire dans le temple d’Apollon , sur le mont Palatin. Les poètes chantoient en l’honneur de Bacchus un hymne solennel ®. Ils le célébroient surtout parce que le vin excite le génie , aussi Bacchus avoit-1l Le surnom de Atddoraos. dE | « La maison de Polytion, dit Pausamias, est » maintenant consacrée à Bacchus, qui a reçu le » surnom de Melpoménus, comme Apollon celui » de Musagéte, et par la même raison. © »
%) Heliconiadasque , pallidamque Pirenen Illis relinquo, quorum imagines lambunt * Hederæ sequaces. (Pers., Prol.) :
@) L’ode dix-neuvième d’Horace paroît avoir été faite pour cette fête. !
G) Nulla placere diu nec vivere carmina possunt Quæ scribuntur aquæ potoribus. ( Horat. , Hb.T, Epist. 19). — C’est dans le même sens que Martial dit :
Possum nil ego sobrius : bibenti Succurrunt mihi quindecim poetæ. (Epigr., lb. 11, Epigr. 7.) —On lit dans l’Anthologie :
Vinum est instar equi gestat tollitque poetas.( Anthol.græc., hb.1, £pigr. Sôter. ) te —Dans Pindare : Audax est ad poculum sermo.
—Et dans Lucien : Pariter cum vino ingrediente loquendi accedit fiducia.
® Pausan., Attic.
Nous avons déja vu que cette maison, placée s sur la voie sacrée, appartenoit au culte de Bacchus EÉleusinien; cest comme premier principe, présidant à l’harmonie universelle, qu’il y étoit adoré. Ce premier principe, ce principe producteur, d’après le système théologique des Grecs et des Orientaux, étoit l’ame universelle qui embrassoit la nature enüére, et qui par une extension continue et proporportionnelle de sa substance , étoit distribuée dans toutes les parties de l’univers : cette suprême intelligence y exécutoit ses lois générales , qui varioient partout selon les rapports de composition, de mouvement, de distance, qui caractérisent les parties a gouverner; C’est ainsi que l’ame de l’homme exerce ses différentes fonctions selon les organes du corps qu’elle anime. L'idée de lame du monde est indiquée par la nature; nos sens reconnoiïssent une force agissant dans tout, $ souvernant tout, présent partout : c’est pourquoi Le poëtes, dés AE temps les plus reculés, personmifièrent tout, au ciel et sur la terre, et les philosophes théologiens. déi-
fièrent toutes les parties de l’univers. Pythagore,
qui avoit adopté le système de lame universelle, découvrit ? par un de ces heureux hasards qui n’ar- . rivent qu'aux hommes de génie, les nombres harmoniques qu'il cherchoit depuis long-temps, c’està-dire, les rapports proportionnels des sons harmoniques, ou plutôt la proportion des nombres qui représentent les consonnances de l’échelle musicale. Cette découverte eut un grand éclat, on voulut
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Vappliquer à tout; et comme nos sens nous appren-
nent aussi que tout est en harmonie dans le systéme général de l'univers, les parties de lame universelle furent distribuées selon les lois harmoniques, qui étoient connues avec certitude ®. Je n’entrerai pas dans le détail des applications que les pythagoriciens firent de ces lois au système du monde, mais ils obtinrent , pour résultat de leurs calculs, Paccord parfait ou le concert de toutes les parties de lunivers.
À ces idées les pythagoriciens raltachoibtit celles
des anciens théologiens, suivant lesquels les muses
présidoient à l’univers. Les théologiens lavoient divisé en trois régions : 1° celle des étoiles fixes ; 2° celle des planètes ; 3° celle des corps sublunaires. Dans le principe , les muses ne furent qu'au nombre de trois, et chacune d’elles avoit sous sa garde Pune des trois régions qui composent l’univers ®. Les deux muses qui présidèrent à la région des étoiles et à celle des planètes, conservérent entre les étoiles et les planètes une harmonie parfaite et un accord con- ‘ stant; mais celle qui gouverna les corps sublunairés et qui dirigea toutes les substances mortelles, leur
% Une corde, tendue dans toute sa longueur, rend un son; pressée dans sa moitié précise, elle donne l’octave, dans son tiers elle rend la quinte, dans son quart la quarte, dans son huitième le ton, dans son dix-huitième le demi-ton. Il est aisé,
* d’après ces principes, de trouver les nombres - harmoniques,
le Das, nombre étant donné.
@ plut., Sympos., lib. IX, CL 14.
imprima harmonie autant que leur nature le permettoit, par le moyen de l'instruction, du chant et de la cadence ®. Ces trois régions de l’univers furent placées et distribuées entr’elles suivant les propor-
tions harmoniques @), Les pythagoriciens adoptérent
surtout le système plus récent des théologiens, qui placerent le soleil , représenté par Apollon ou par Bacchus, au centre du monde planétaire, d’où il présidoit au mouvement des sphères, et donnoit Pimpulsion à chacune d’elles ©. Cette théologie est celle des prêtres de l'Egypte et de la Chaldée, qui représentoient Dieu sous l’embléme d’un musicien entretenant le concert éternel du monde, lequel ne
se soutenoit que par l’harmonie ©. « Chacune des )