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harmonie, celles chantent les choses divines et » accompagnent leurs chants d’une danse sacrée,
® Plut., Ibid,
@) D’après les principes de cette théologie, il y avoit dans les globes célestes une force double, l’une #7 cognoscendo , l'autre in globo ipso vivificando atque regendo. Chacune des sphères
étoit présidée par une muse au nom de laquelle on avoit uni un
nom de Bacchus , emblême de cette force; par exemple, dans la sphère de Mars, Bacchus Bassaræus et Clio; dans celle de Jupiter , Bacchus Sabazius et Terpsichore; dans celle de Saturne, Bacchus Amphiétès et Polymnie.
® Plut., Sympos., lib. IX, Quest, 14. — ® Origen., Philosoph?, p.27.
sphères, dit Platon dans sa République, roule
un concert agréable : ravies elles-mêmes de leur
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» que dirige la douce mélodie de leurs huit cordes.» Chaque muse , comme autant de sirènes, assise sur son astre , remplissoit donc de son chant mélodieux l’espace céleste qu’elle parcouroit.
« Quel est ce concert mélodieux, qui frappe et » remplit mes oreilles, s’écrie Scipion enlevé dans » les cieux ? C’est, lui répond son guide céleste, » le concert des astres qui, emportés dans leurs » sphères selon les intervalles et les proportions » marquées, produisent la variété des sons graves » et.aigus qui font l'harmonie de l’univers. ©
Duw haut du ciel, le coryphée de l'univers donnoit le signal, et tous les dieux inférieurs s’avançant en mesure, chacun dans leur orbite, achevoient leurs tours et retours périodiques, observant religieusement les distances et les rencontres dans la chorégraphie de l'univers : cette danse étoit figurée par les strophes et les antistrophes des poètes sur le théâtre ; on chercha à peindre de cette maniére les mouvemens et les retours des planètes, comme on chercha à imiter l'harmonie céleste par les hymnes et les chants employés dans les cérémonies religieuses. Dans des vers cités par Eusèbe, on fait dire au dieu moteur de l’univers: « Je suis le pére in- » fatigable et éternel de toutes choses, je suis aussi » la lyre immortelle qui rend les sons harmonieux » résultant de l’action symétrique de toutes les » parties du ciel et de leurs mouvemens. » Les
® Cicer., Somn. Scipion., T. WI, $5,p. 412.
Pythagoriciens appeloient le ciel la lyre de Dieu (; cest cette Iyre symbolique que l’on mit dans les mains Apollon, ame du monde et des sphérés dont il est le lien, c’est cette lyre dont il régloit les accords : c’est lui, dit Martianus Capella , qui placé au milieu des autres sphères, donne le double tétracorde. Le même auteur désigne le système plané= taire sous l’emblême d’une forêt harmonique ® : cette théorie se retrouve dans Alexandre d’'Ephèse et dans le Pimander. Proclus, dans son Commentaire sur le Timée , dit que l’heptade fut consacrée par Apollon, comme renfermant toute symphônie et l’ordre harmonique de l’univers , dont le soleil ou le génie solaire est le lien %; c’est pourquoi on lui dédia le septième jour, qui fut regardé comme sacré, parce qu’on supposoit que c’étoit celui de la naissance d’Apollon, auquel on donnoit lé nom d'Hebdomagène ®. Dans les fêtes du cirque, qui étoient célébrées en l'honneur du soleil, on faisoit sept tours, sepiem curricula ® ; dans les mystères de Mithra, les grades étoient au nombre de sept ®. Autrefois on faisoit usage des sept voyelles pour désigner le système planétaire ©; ces mêmes voyelles , combinées de diverses manières, devenoient autant
% Marsil. Ficin., Com. in Plat. Ennead. 11 HD. 6, capte % Martianus Capella, de Nupüüs philosophiæ, Kb. I, cap. 1.— ® Proclus, ir Tim., cap. 3. = ® plut., Syripos., Ub. VIN, Quest. 1. = % Aulu-Gel., Kb. IE, cap. 10. = (® Plut., v. Zi. — Hieronym., Epist. ad Lætam., v.N,
DIONYSIUS. 6 219 de formules de prières et d’invocations mystiques ; elles formoient méme entr’elles une espèce de gamme ou d'échelle musicale ©. Dans les vers rapportés par Eusébe que nous venons de citer, on fait dire au premier Etre: « Moï, dont sept voyelles répétent sans » cesse le nom et vantent la gloire. » Les Gnostiques, qui avoient emprunté beaucoup d'idées des Egy- “ptiens et des pythagoriciens, disotent aussi que chaque planète rendoit un son, et que toutes ensemble elles formoient l’heptacorde; le soleil étoit le mèse. ®
Cette doctrine de l'ame universelle, motrice du ciel, à laquelle Pythagore avoit appliqué son systéme des nombres, ne fut pas chez les Grecs une simple: opinion philosophique: elle fit partie de leur religion, comme elle faisoit partie de celle ‘des Orientaux ; elle entra non-seulement dans le mythe de Bacchus ® et dans celui d’Apollon ®, mais encore dans celui de Pan, dont la flûte aux sept tuyaux inégaux exprima la même idée ®. La statue d’Apollon Isménien, dont Proclus nous donne la descri-
Demetr., Phaler., sec. qu = CE) Nicomach. , Harmonic.,, hib. III, p. 33.
G) Les dieux touchés des peines et des maux attachés à notre espèce, dit Platon, nous donnèrent Bacchus et les Muses pour former ensemble des chœurs dont il est le chef. |
&) Les Indiens faisoient aussi de leur Vichnou un musicien céleste.
G Musagetes Apollo colitur , est unitas ad harmoniam in universo. ( Proclus, ad Platon.)
ption > prouve la liaison que les Anciens établissoient entre ce dieu et le système de l’harmonie universelle ®, La cérémonie qui se pratiquoit tous les neuf ans au temple d’Apollon Isménien , rappeloit la théologie des neuf Muses; aussi les neuf Muses se distribuoient-elles la No de tous les ouvrages de génie où régnoient l’ordre et l’harmonie, elles les eurent sous leur direction, et Apollon ou
Bacchus leur chef, par une conséquence toute natu-
relle, inspira les poëtes et les artistes, et fut regardé comme le dieu des beaux arts et des belleslettres.