‹ Recherches sur le culte de Bacchus, symbole de la force reproductive de la nature, considéré sous ses rapports généraux dans les mystères d'Éleusis, et sous ses rapports particuliers dans les Dionysiaques et les TriétériquesChapitre 21 sur 41 · PURE SE RE · texte numérisé non relu

PURE SE RE

» des Dionysiaques, dit ce scholiaste, avoit lieu » deux fois par an : le premier, lorsque les alliés ap- » portoient leurs tributs à Athènes ; le second au lieu » appelé Lénéum , lorsqu'il n’y avoit pas d’étran- » gers à Athènes. » L'autre passage est de l’auteur ancien de largument du discours de Démosthène contre Midias : « Chez les Athéniens, on célébroit » deux espèces de Dionysiaques, les grandes et les » petites ; les petites avoient lieu tous les ans, et les » grandes éous les trois ans ; dans le temps des fêtes » des pressoirs , pour lesquelles chaque tribu nom- » moit un chorège qui fournissoit aux frais des » chœurs des enfans et des hommes faits. » Apollodore, Etienne de Byzance et beaucoup d’autres anciens écrivains confirment ces autorités et ne font aucune distinction des Lénéennes et des Dionysiaques champêtres. J. Scaliger, Casaubon , Ez. Spanheim et la plupart des savans modernes ne les distinguent pas davantage; loin de la, ils ont tous reconnu positivement que les Bacchanales champêtres étoient les Lénéennes et ils les ont appelées de ce nom: Lenœus Agon, Bacchi in Agris, dit Etienne de Byzance. Suivant le témoignage de l’auteur de la vie d’Aristote que Ménage a fait imprimer dans ses notes sur Diogène Laerce ®, ce philosophe avoit composé un ouvrage sur les Dionysiaques , et le titre du livre cité par l’auteur de sa vie, prouve qu’Aristote ne reconnoissoit que deux Dionysiaques: Auovuctaréy doruxdy et Anvaimy . ® Diogen. Laert., Not, Menag., T. IT, p. 201.

Dans toutes les fêtes de Bacchus célébrées à Athènes ®, on donnoiït des représentations théàtrales ; Paulmier qui veut qu’il y ait eu trois Dionysiaques à Athènes, prétend que lés représentations théâtrales n’avoient lieu que dans deux de ces solennités: savoir , les Dionysiaques urbaines et celles des champs, et qu’elles n’avoient pas lieu dans les Anthestéries ou Lénéennes, du moins du temps d’Aristophane et dans les siècles suivans. C’est au contraire du temps d’Aristophane qu’il est prouvé que les jeux scéniques avoient lieu aux Lénéennes; si Paulmier n’eut pas eu les yeux fascinés par le préjugé qu'il y avoit trois solennités publiques en l'honneur de Bacchus à Athènes, voyant que toutes les pièces d’Aristophane avoient été jouées dans deux solennités seulement , il en auroit naturellement conclu qu’il n’y avoit que deux Dionysiaques à Athènes. Il cite ensuite un passage de Diogène Laerce qui détruit son système au lieu de Pétablir ® : Diogène Laerce dit-que les jeux scéniques se donnoient aux Dionysiaques, aux Lénéennes , aux Panathénées et aux Chrytres : les Panathénées étoient une fête de Minerve, et comme les Chytres n’étoient que le troisième jour de la solennité des Lénéennes , il s'ensuit que, d’après Diogène Laerce, il ny avoit que deux espèces de Bacchanales ; il faut donc conclure d’après ces autorités et celles

@ Palmer., ad Theophr., p. 618, = © Diogen. Laert., lib. IE, $ 56.

que Von pourroit invoquer et qui présentent toutes la même conséquence, qu’il n’y avoit d’autres Dionysiaques champêtres que les Lénéennes.

Eh! que seroit-ce de l’autorité d'Hésychius, le seul auteur qui ait distingué les Dionysiaques champêtres et ait porté le nombre de ces fêtes à trois , si son texte étoit corrompu? Kuster, aprés avoir remarqué qu'Hésychius, dans ce passage, est en contradiction avec tous les écrivains , qui disent que les Lénéennes étoient les Dionysiaques des champs, déclare positivement que cet endroit d’'Hésychius estcorrompu. Îl veut qu'après les mots Dionysiaques des champs, on lise xut éxaheiro .nvaia, appelées Lénéennes, parce que les Lénéennes et les Dionysiaques champêtres étoient la même fête : ainsi il y auroit eu transposition du mot pnvos qui ayant été placé devant Afvouos, doit se rapporter au mot laonSokévos ; cette transposition a forcé l'éditeur de changer le mot Aivaix en celui de Anveudivos. Ainsi d’après cette correction qui est très vraisemblable, Hésychius lui-même n’admettroit que deux Dionysiaques, celle des champs dans le mois léncon, et celle de la ville dans le mois d’élaphébolion.

Il me semble que Rhunckenius auroit pu présenter son système d’une manière plus plausible en s'appuyant sur ce passage de Démosthène : Cum Bacchi festivitas in Piræo est, et comædti et tragædi ; et cum lenœæa pompa est, et tragædi et comædi ; et cum in urbis liberalibus pompa est , et pueri, et comes, et comædi et tragædi. On auroit

tort néanmoins de conclure de ce passage, que du temps de Démosthène, les Athéniens célébroient trois solennités en l’honneur de Bacchus , et qu’on donnoit des jeux scéniques dans ces trois solennités. La fête célébrée au Pirée étoit une des deux plus anciennes solennités célébrées à Athènes ; mais ce n’étoit pas une troisième fête, ce n’étoit pas une fête différente des deux premières Dionysiaques. Le savant Spanheim va prendre le soin de lever lui-même tous les doutes qui pourroient rester sur cette question d’aprés ce passage de Démosthène: « Du temps » de Thucydide, dit Spanheim ® , les Lénéennes » étoient tombées en oubli, comme le prouvent » plusieurs passages d'auteurs anciens. Elien nous » apprend que Socrate descendoit au Pirée pour y assister à la représentation des pièces d’Euripide. » Le Pirée n’étoit qu'à quarante stades de distance » d'Athènes ; lorsque la ville fut devenue plus po- » puleuse, cet intervalle se couvrit d'habitations et et l’on y érigea un théâtre de Bacchus, dont parlent Thucydide et Xénophon. Il arriva donc que la pompe des Dionysiaques les plus anciennes, qui » se célébroient dans le temple de Bacchus Limnœus, dans la partie supérieure de la ville d’Athe- » nes, fut transportée au Pirée après la construc- » tion du temple de Bacchus dans cette partie de la ville, d’où la distance de la citadelle d'Athènes » n’étoit pas trés considérable par les longues mu- \

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