CHAPITRE III
Attributs de Bacchus.
$ 1. Les Thyrses. — ç 2. La Férule. — ( 3. Les ânes consacrés à Bacchus. — $ 4. Le Lierre.
SI. Les Thyrses.
Nous avons vu que les bacchantes portoient les ornemens et les attributs que. Bacchus portoit luimême. Elles étoient, comme Bacchus, armées du thyrse : le thyrse étoit la verge de Bacchus ; on appeloït encore de ce nom le flambeau que l’on portoit en son honneur. (?
La verge de Bacchus s’appeloit aussi {hytha ; alors elle étoit faite de branches et de feuilles de figuier. Quelques-uns prétendent qu’on appeloit de ce nom tout ce qui étoit posé sur les autels de Bacchus ; d’autres donnent ce nom à la feuille de vigne, au lierre, aux branches d’arbres, aux férules , aux victimes, aux couronnes, aux libations faites en l’honneur de Bacchus. ®
(4) On lit dans une épigramme de l’Anthologie : Pani Biton capellam , nymphis rosas , thyrsos Baccho, Triplex sub patulis arborum frondibus domum dedicavit. ( Anthol., Gb. VI, cap. 7 , Ep. XI.) à ® Suidas, v. Thytha.
Le thyrse étoit proprement un petit javelot enveloppé de pampres de vigne ou de feuilles de lierre qui en cachoïent la pointe. On a donné à ce symbole diverses interprétations ; il'étoit enveloppé de bandelettes , parce que les Egyptiens attribuoient le javelot ( et le thyrse est un petit javelot) à Osiris ou au soleil, et les bandelettes à Isis . Quelquefois on attachoit au thyrse de petites outres longues en guise de bandelettes. Suivant Phurnutus ®, le thyrse indique que les pieds des ivrognes ne font pas leurs fonctions : il est donné à Bacchus et aux bacchantes, pour marquer que les grands buveurs ont besoin d’un bâton pour se soutenir, lorsque le vin a troublé leur raison. Les thyrses contenoient des lances cachées ; pour désigner que les repas dans lesquels on se livre à l’excès du vin, se terminent rarement sans quelques malheurs et sans quelques blessures graves, suite des provocations et des 1 injures que proférent si facilement des hommes excités par la fureur et par le vin. Cest de là que Bacchus a été appelé Ménale, et les bacchantes: Ménades Hésychius dit que ceux qui ont perdu la raison dansles fêtes de Bacchus sont frappés du thyrse. Dans les Bacchantesd’Euripide ?, G@, Penthée demande à Bacchus : de quelle main ee tenir le thyrse? de la droite, répond Bacchus, en soulevant le pied droit. Lethyrse
® Pighius, Expl. Myth., ad anni partes. = % Phurnut. , lib. de Natur& deor., de Bacch., cap. 30. = © Euripid. ; Bacch., v. 23 et 54.—Catul., de Aty., v. 19, 24.
THÉBAIN. 389 étoit couronné de branches de lierre ® : on appeloit ceux qui portoient le thyrse, dans les fêtes de Bacchus, À onophores ; le fruit du pin s’appeloit conon. La pomme de pin étoit toujours employée dans les mystères de Bacchus > On la plaçoit au sommet des thyrses : l'arbre de pin a été consacré:à Bacchus, soit parce que Bacchus avoit enseigné à cultiver tous les fruits ® , soit parce que les lieux qui donnent l'arbre à pin produisent aussi du très bon vin , ou, suivant Plutarque, parce que cet arbre adoucit le vin , et que cette liqueur est bien meilleure dans les pays qui abondent en pins ®. La Phrygie produisoit beaucoup d’arbres à pin , aussi étoit-elle consacrée à Cérès aussi bien qu’à Bacchus. On voit Bacchus représenté avec le thyrse sur les médailles de plusieurs empereurs. Pellerin © a publié un beau médaillon de Septime Sévére , frappé sous la préture de Claudianus Terpander , qui représente un sacrifice offert à Bacchus, placé sur un cippe, tenant un pot dela main droite et un thyrse de la main gauche. Dans les sacrifices de Bacchus dieu du vin , on employoit un vase appelé suthum , avec lequel se versoit goutte à goutte du vin ou du lait sur la victime, qui ordinairement étoit une chèvre ou un bouc. On #oit souvent ces vases dans les monumens anciens.
Les mythologues et les poètes atiribuoient aux
Euripid., Bacch., v. 938, 1032. — © Athen., Ub.IIT, cap. 7. — ® Plut., Sympos., lib. V.— Quest. 3. = Peller. , Supp. IV, p. 7.
thyrses une vertu magique. Une bacchante, dans Euripide, ayant frappé un rocher de son thyrse, il en sortit sur-le-champ une fontaine d’eau vive ; une autre fit jaillir de la même manière une source de vin. Suivant le même poëte, les bacchantes qui vouloient avoir du lait wavoient qu’à frapper la terre du bout de leur thyrse , eton le voyoit couler de toutes parts; les thyrses étoient environnés de bouquets de miel. Euripide a vouluseulement présenter le tableau de l'abondance qui suivoit partout Bacchus; c’est dans le même sens qu’il dit dans cette même tragédie des Bacchantes : Bacchus est le chef de cette troupe sacrée, évohé. On voit couler dans la plaine le lait, le vin et le nectar des abeilles #, Bacchus étoit appelé Brisœus , mellis inventor ; d’autres font dériver ce nom des nymphes appelées Brisæ, parce que les premières elles avoient fait le miel, et les nymphes étoient les nourrices de Bacchus. Cornutus, l'interprète de Perse, le tire du mot bris, qui signifie jucundus ; Bochart trouve son. origine dans la langue syriaque, où briz doubsa signifie un lac de miel. On célébroit les Néphalies en l'honneur de Bacchus Brysæus : les Néphalies Nnpélix Süoix , sobrium sacrificium , ne se faisoient pas avec du vin , mais avec de l’hydromel; on fais
® Ces vers d'Horace sont dans le même sens : Fas pervicaces est mihi thyadas , Vinique fontem , lactis et uberes Cantare rivos, alque truncis Lapsa Cavis iterare mella. ( Od. 19, nu IL. )
THÉBAIN. 391 soit des libations de miel qui étoient au nombre des offrandes faites à Bacchus.
Lethyrse est, dans les monumens relatifs au théâtre, le symbole de la tragédie, parce qu’elle étoit sous la protection de Bacchus.
$ II. La Férule.
Les bacchantes portoient la férule, qui étoit un des attributs de Bacchus : la férule est une espèce de roseau qui croît abondamment dans les îles de l'archipel de la Grèce. La moelle qu’elle renferme se consume peu à peu et conserve long-temps le feu qu'on y allume, sans brûler le bois qui l'entoure : Prométhée, selon Hésiode, se servit de ce jonc pour dérober le feu du ciel. La férule d'Italie, qui diffère un peu de celle de la Grèce, servoit de canne aux vieillards et de sceptre aux pédagogues ©. Cet usage explique le sens que le mot férule a dans notre langue.
Ce symbole , comme tous ceux relatifs à Bacchus, a recu diverses interprétations. Suivant Phurnutus , la férule que Bacchus tient en main signifie, par l’obliquité noueuse de ses jointures, que les ivrognes chancelans vont decà delà, et les articulations de cette même férule sont l'emblème de Ja loquacité des
du ferulæque tristes ÿ Sceptra pædagogorum. (Martial. , Epig. X.)
ivrognes, qui 4, pour ainsi dire, ses articulations,
dit Euripide. ()
Bacchus voyant que le passage de livrognerie :
aux rixes étoit facile, défendit le bâton dans ses réunions , et ordonna de porter des férules, avec Icsquelles on pouvoit repousser les attaques, mais avec lesquelles on ne pouvoit pas se tuer ®. C’est pourquoi chez les Anciens il'‘est souvent fait mention des férules lorsqu'il s’agit de Bacchus ; Aristide
prétend que la férule est l'embléme de la puissance :
de Bacchus ®. Il reçut le surnom de Narthécoporus, du mot grec vépônë, qui signifie férule : la férute de Bacchus suffit pour punir les ivrognes, dit Plutarque © ; mais s’il châtie avec coltre, au lieu de ce dieu charmant, qui bannit les chagrins et inspire la joie, il n’est plus qu’une divinité cruelle et furieuse. Suivant le méme Plutarque, les Anciens avoient consacré à Bacchus l’oubli et la férule, pour faire entendre qu’il ne faut pas conserver le souvenir des fautes commises dans l'ivresse, c’est à quoi fat allusion ce proverbe : Je hais un convive qui a de la mémoire. On faisoit de la férule un attribut de Pluton : Euripide appeloit, dit-on, les férules contumellosæ , parce que c’est une pâture très agréable aux ânes, et un poison pour lés jumens. ®
4) Circum autem ferulas contumeliosas sanctificemini. ( Euripid., Bacch., v. 113, 1 14.) @ plut., Sympos., lib. VII, Quest. 10.—Diod, Sic., lib. IV, cap. 2.— % Arist., Orat. in Bacch. — ® Plut., Traité de la colère. = % Plin., lib, XX, cap. 2.—Jib, XXIV, cap. 1.
THÉBAIN. 393 G III. Les ânes consacrés à Bacchus.
Les ânes étoient consacrés à Bacchus : lon se rappelle le rôle qu’ils jouent dans la guerre de Bacchus contre les Géans, dans son expédition des Indes , dans l’histoire des Silènes et des Satyres. Voici d’autres faits relatifs à Bacchus , dans lesquels figurent les ânes , et qui rendent raison de la conséCration de ces animaux à cette divinité : 1° Ilsmontrérent aux Naupliens la manière de tailler la vigne LE 2° ils réveillèrent Vesta à qui Priape ou Bacchus tendoit des pièges pendant qu’elle dormoit ©. Ils étoient admis dans les mystères de Vesta, à Rome, et la véritable raison étoit sans doute que Vesta étoit la même divinité que Cérès, Cybèle ou la terre, dans les sacrifices de laquelle ils étoient admis. Les boulangers chargeoient un âne des pains qu’ils offroient à Vesta le sixième jour des ides de juin :
Æcce coronatis panis dependet asellis. ®
Priape voyoit avec plaisir le sang de l’äne couler sur son autel , parce que son cri l’avoit empêché de satisfaire sa passion avec la déesse qu’il avoit trouvée endormie ; l’âne en porta sur-le-champ la peine :
Morte dedit pænas auctor clamoris ; et hæc est Hellespontiaco victima grata deo.
Récemment on voyoit encore à Rome, auprés de
4) Pausanias, #2 Corinth. = e) Lactance, lib, I, cap. 31. —
la porte Flaminia , Priape ayant à sa droite une tête d'âne , avec la hache des sacrificateurs, et une pareille à sa gauche avec un long couteau; ce symbole étoit relatif à une pratique superstitieuse des Etrusques. Le tête d’un âne dépouillée de la peau, suspendue sur une terre labourée et ensemencée, avoit, selon eux, la vertu de préserver les semences de tout accident. Suivant Hygin, les Anciens attachoient aussi des têtes d’ane avec un cep de vigne aux colonnes du lit, pour exprimer le plaisir qu'ils yavoient goûté. On ajoutoit à la tête d’âne une sonnette, pour lui donner plus de ressemblance avec l’âne de Silene, qui en porte toujours une sur les monumens. L'on voit sur plusieurs monumens Silène, le pére nourricier de Bacchus, descendu de son âne, quil conduit par la bride, et y ayant fait monter par honneur le dieu son élève, 3a Un âne ailé reconduisit Vulcain dans le ciel : cette fable signifie, suivant Aristide, que la puissance de Bacchus est telle, qu'il rend Ds et adroit l’âne, cet amimal si stupide ®, 4° Dôn les temples de TU , en Sicile, on voyoit une tête d'âne , devant laquelle les femmes soupçonnées d’adultére Snraials de leur i innocence. 5° À la naissance de Bacchus, l'âne porta ce dieu nouveau-né; les bacchantes l’enveloppèrent dans une corbeille couverte, et le chargèrent sur un âne. 6° On raconte que Bacchus ayant été rendu furieux par Junon, s'enfuit dans la Thesprotie. Il se rendoit à Dodone
& Arist. » Orat. in Bacch.
THÉBAIN. 395 pour consulter l’oracle de Jupiter sur les moyens
de recouvrer sa raison : arrivé au bord d’un grand
lac qu'il ne pouvoit passer, deux ânes se présenté rent à lui, il monta sur l’un d’eux et traversa le lac sans être atteint par l’eau. Etant arrivé au temple de Dodone, il fut sur-le-champ délivré de sa fureur: il témoigna sa reconnoissance aux deux ânes, et pour les récompenser 1l les mit au nombre des constellations . 70 L’âne étoit destiné à porter tout ce qui concernoit les mystères ®.. Ce rit étoit égyptien, comme la plupart des rites observés dans les mystères, surtout dans ceux d’Eleusis. Typhon, après sa défaite s’étoit enfui sur un âne, et V’âne étoit devenu par cette raison l’objet de la haine publique. Sous le nom de Seth, l’âne eut dans cette contrée des mystères particuliers, et sa présence étoit absolument nécessaire dans les mystères @’Isis . Suivant SE. Epiphane, ce m’étoit pas proprement läne qu'on désignoit sous le nom de Seth, c’étoit Typhon dont l'âne étoit le symbole ou le représentant G), Les adorateurs du dieu Sérapis, surtout , avoient les ânes tellemen& en horreur, qu’ils ne pouvoient même pas souffrir le son des trompettes, parce qu’ils y trou-
W Hyg., Astron. poet. XXUHI.
@) Tum, per jovem, ego sum asinus portans mysteria.
Sed non feram hanc oneris molem diutius. (Aristoph., Ran., v. 159, p. 120. — Schol., ad h. l.— Suid., et Hésych., ir voce dyos dper uucépua.— 9 Plut., deTsid. et Osir.= Minut. Felix, Ed. Rig., p.24. = ® $. Epiph., Wb. I, p. 1075.
396 BACCHUS voient quelque ressemblance avec la voix de ces ani-
maux. Les coplies précipitoient les ânes du haut d’un rocher.
$ IV. Le Lierre.
La tête de Bacchus étoit ceinte de lierre; le lierre spécialement consacré à Bacchus, étoit celui à fruit doré, comme Pline s'exprime d’aprés Dioscoride et Théophraste : les Botanistes modernes l’appellent Æedera Dionysios. Bacchus étoit couronné de lierre, par une foule de raisons, suivant les mythologues, soit comme inventeur de cet arbuste, soit en mémoire de Cissus qui ayant fait une chute en sautant, tandis qu’on célébroit les orgies, mourut, et fut métamorphosé en lierre, ou parce que le lierre, toujours-verd , est l’'embléme de la jeunesse de Bacchus, ou parce qu’il a un certain esprit qui trouble la raison : aussi les bacchantes se portoientelles droit sur le lierre, le déchiroient et le dévoroïient %; ou parce qu'il est contraire à tous les remédes contre l’ivrognerie ©, ou parceque Bacchus encore enfant, fut caché par sa nourrice sous des feuilles de lierre, afin qu'il ne tombât pas en la puissance de Junon ®. Suivant Plutarque, Bacchus apprit à ceux qui se sentoient animés de ses fu-
® plut., Quest. rom, CXXII. — % Ex. Varr,, Serv. ad Pirg. Ecl. VIII. = % Ovid., Fast. , v. 769, 770.
THÉBAIN. 307 xeurs à se couronner de feuilles de lierre, à cause de la vertu qu’elles ont d’empécher qu’on ne s’enivre , Les poëtes étoient couronnés de lierre, comme étant consacrés à Bacchus, comme aimant le vin, et comme étant animés de la fureur poétique. Le lierre toujours verd, est l’emblême de l'éternité qu’obtient la poésie ®. Callixène met l’if parmi les couronnes des bacchantes ®, et Pline dit que l’if est une plante semblable au lierre Ÿ: les bacchantes garnissoient de lierre leurs thyrses et leurs coiffures. Les Grecs croyoient que le premier Lierre avoit paru à Acharnes, où le culte de Bacchus étoit en grand honneur; dans les pompes de Bacchus on lui placoit une ombelle composée de fewlles de vigne et de feuilles de lierre: souvent les couronnes de Bacchus étoient composées de feuilles de vignes, de:pampres et de! rameaux de figuier. Le médecin Philonide cité par Athénée ®, donne pour origine aux couronnes de Bacchus, la nécessité de soulager ceux qui avoient la tête frappée des fumées du vin : il prétend que le plus facile de tous, celui que la nature sembloit indiquer, parut être de la serrer. On se servit d’abord d’un lien; de ce lien on passa aux couronnes de lierre, qui croît partout en grande quantité, d'autant plus qu'il ne déplait pas à la vue, qu’il ombrage bien le front par ses larges feuilles ét ses
® Tert., de Cor.milit., cap. 7. = ® Serv., ad XIII, Ecl.
Pirgil. — ® Athen., lib. V, cap. 7. — ® lin, lib. XVI, cap. 34. = ® Athén., lib. V, cap. 15.
espéces de grappes: d’ailleurs 1l soutient une tension assez considérable, et 1l rafraichit sans répandre d’odeur assoupissante; c'est pourquoi on a consacré cette couronne à Bacchus, voulant qu’il füt le médecin des maux qu'il cause par le vin, comme il a été l'inventeur de cette liqueur. Les Grecs appeloient Kittos, le lierre consacré à Bacchus; une espèce de poison qui portoit le nom de Kittos, lui étoit également consacré, probablement, à cause de l’analogie du nom. Plutarque donne lépithète de Kirropo= podvres, portant le lierre, à de jeunes débauchés, parce que dans la débauche on portoït des couronnes de lierre en l’honneur de Bacchus. Le lierre consacré à Bacchus, lui a fait donner le nom de Corymbifer. ®
Bacchus avoit pour attribut une coupe au lieu d’un bouclier ® : cette coupe étoit de lierre © et s’appeloit cyssibium ® ; mais cette coupe étoit si grande qu’on pouvoit s’en servir comme d’un bouclier. Marius, après sa victoire sur les Cimbres, but dans la coupe de Bacchus ®,; non dans une de
4 Plut., Traité de l'Educat.
® Festa Corymbiferi celebrabat Græcia Bacchi. ( Ovid., Fast., Lib. VI.) |
Les corymbes sont de petites baies qui naissent en grappes sur le lierre.
@ Aristid., Orat. in Bacch. — ® Macrob. , Lib. V, Saturn., Cap, 21.— ® Athen., lib. XI, cap. 8.— © Plin., lib. XXXIII, cap. 9.—Valer., lib. III, cap. 4.
THÉBAIN. . 309 ces coupes qu'on appeloit dionysiaques, à cause du genre de leur ciselure , mais dans une de ces grandes coupes que Virgile attribue à Silène nourricier de Bacchus.
( Zé gravis attrita pendebat cantharus ansa. (Virg., Ecl. VI, V.17:)
Le cotyle étoit un des principaux vases de Bacchus (Pollux, kb. VI, cap. 6.) : les Anciens appeloient cotyle tout ce qui étoit concave (Athen., lib. XI, cap. 8.—Schol. Homer., ad Iliad. +., v. 34.). Les cotyles, d’après l'opinion d’Athénée, étoient les mêmes vases que les phiales. Aristote dit (Arist., Poet., cap. 21.): Similiter se habet phiala ad Bacchum et clypeus ad Martem , dicet ergo clypeum phialam Martis ;-et phialam clypeum Bacchi. Ces vases énormes étoient en général consacrés aux héros qui , suivant les fictions de l’antiquité, s’en servoient au lieu de vaisseaux : Hercule alla à Erythée dans la coupe (phiala) du soleil, qu'il avoit obtenue de Nérée.
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