Tome IL
alors seulement on est en droit de conclure de leur silence que ce fait n’existoit, pas, ou que cet usage est postérieur au temps dont ils parlent.
Les grands écrivains nous fournissent plusieurs exemples de la juste application de cette règle. C’est par un argument
névalif que Thucydide et Strabon ont conclu avec raison du.
silence d'Homère , qu’au temps de la guerre de Troie, les Grecs ravoient point de nom général qui désignat la nation grecque prise collectivement , et que celui d'Hellènes, employé depuis, dans ce sens, w’avoit point encore cette acception ®. Pline se sert d’un argument semblable pour prouver que la sculpture étoit plus ancienne que la peinture; et de ce qu'Homère, qui parle souvent de statues, de bas-reliefs et de sravures , ne fait mention d'aucun tableau ni d'aucune peinture , il en conclut que l'art de représenter les objets sur un plan, et d'exprimer leur relief par la seule variété des cou-
leurs ;, étoit une chose inconnue dans les temps héroïques ..
Cest ainsi que l’empereur Julien, J. Pollux, et après lui Fréret, ont. tiré du silence d'Homère, qui a donné le détail de tant de jeux et de tant de combats, et qui ne parle ni de cavaliers ni de cavalerie, la conséquence que l'équitation étoit inconnue dans les temps héroïques Ÿ. Ces exemples pourroient, être multipliés à l'infini, mais les exemples de l'abus de ees preuves seroient plus nombreux encore. Les ouvrages d’'Homère sont regardés avec raison eomme la source des anciennes traditions, mais ils ne les contiennent pas toutes , el on a étrangement abusé de son autorité pour nier l’existence d’une foule de choses dont il ne devoit pas s’occuper.
@) Thucyd., lib. I. — Strab., lib. VIL — ®.Plin., lib. XXXII, cap. 5.— @) Pollux, 1, 141. — Jul. imper., de Reb. gest. Constan.,
lib. IL.—Fréret, sur l’Origine et l'ancienneté de l’art de l’Equiiation
duns la Grèce.
Ent ! PREMIÈRE SECTION. ‘483 (eg) Pag. v4)1
Hermesianax, poète élégiaque du siècle d'Alexandre , est lé plus ancien poète qui ait parlé de la descente d’Orphée aux enfers, dans une élégie rapportée par Athénée ®, que Rhunkenius a publiée avec des notes à la fin de ses Epistolæ criticæ. 11 donne à la femme d'Orphée le nom d’Agriope.
() Pag. 28.
Il seroit très difficile, dit M. Ouvaroff, de réunir sous un seul aspect les différentes destinations données par les orphiques aux mystères d'Eleusis. Le fonds de la doctrine de ces nouveaux platoniciens étoit un système de théurgie, dans lequel il ne faut pas chercher la précision philosophique. Leur doctrine présente en général une grande fluctuation d'idées. On ne trouve dans les principaux écrits de ces philosophes sur les anciens mystères, que des opinions individuelles qui varient à l'infini , et qui peuvent recevoir une foule d’interpré-tations. Ces nouveaux platoniciens réunirent les principes de Pythagore , de Platon, d'Aristote et d’autres philosophes grecs, à ceux des orientaux, et en y joignant leurs propres combinaisons , ils firent un système obscur, bizarre , plein d’imaginalion, qui fut la dernière forme du paganisme, et qui succomba avec lui. La nature du sujet, l'obscurité des pensées et du style, la mysticité répandue dans toutes les opinions, leur divergence, le défaut de critique , non-seulement dans les ouvrages mêmes, mais dans leurs matériaux, rendent la lecture des écrits de ces philosophes extrêmement difficile. ?
G Athen., lib. XIII, p. 597. = ® Ouvaroff, Essai sur Les Mys-
fères.
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