‹ Recherches sur le culte de Bacchus, symbole de la force reproductive de la nature, considéré sous ses rapports généraux dans les mystères d'Éleusis, et sous ses rapports particuliers dans les Dionysiaques et les TriétériquesChapitre 37 sur 41 · ASA NOTES · texte numérisé non relu

ASA NOTES

(j) Pag. 30.

Le mot siwv, eon, se prenoit chez les Grecs en différens sens. I signifioit quelquefois le siècle. S. Jérôme , dans ses Commentaires sur Ezéchiel ® , dit que l’éon ou le siècle est Pespace de soixante et dix ans, ce qui fait à peu près la vie d’un homme ; aussi ce mot étoit pris pour toute la vie , quelquefois pour un long temps indéterminé, plus souvent pour l'éternité, et par analogie pour Dieu ou un être immortel, comme on le voit dans Arrien sur Epictète qui, pour faire entendre qu'il nest qu'un mortel, dit qu'il west pas encore un éon, qu’il faut qu'il vienne et qu’il passe comme l’heure qui est une païtie du jour ®. Les anciens Indiens donnoïient au premier être un nom qui , dans leur langue, répondoit au mot hébreu o/am , qui est souvent employé dans lEcriture pour désigner un temps dont la mesure et la durée sont inconnues; le mot alem, en arabe, a la mème signification, et dans la traduction chinoise du livre de Bad ou F0, qui a été faite dans le premier siècle de l’Église, et que M. de Guignes nous a donnée en français ®, on a substitué au mot indien celui de chi, qui dans la langue chinoise signifie aussi la même chose. Les Perses , selon Théodore de 1 Mopsueste, nommoient le premier Etre Zarouan ou Hozarouan qui, dans leur langue, signifioit proprement la révolution des siècles, terme qui répond proprement au mot io des Grecs. $S. Clément d'Alexandrie appelle le fils de Dieu ou le Verbe Aa VEon infini , et Synesius , dans un de ses hymnes Ÿ, dit que le

Verbe est l'Eon qui ne vieillit jamais. « Le Se aion et le,

» temps chronos, dit S. Clément d'Alexandrie , ne sont pas » la même chose; aion représente à la fois et réunit comme

@ $. Hieronym. , cap. 26. — ® Arrian., in Epic. IL, 6. = ® De Guignes, Hist. des Huns, T. I, lib. UT, P- 226.— (® $. Clem. Alex.

—Synes., Hymn. I, y. 162. LR s

» en un seul instant toutes les parties du temps, le passé, le » présent et l'avenir, c’est-à-dire, que ce terme présente à » ie l’idée d’un être qui a existé, qui existe et qui exis- » tera M), » Ce terme est propre à Dieu qui subsiste toujours de la mêmé manière, sans altération, sans accroissement et sans diminution ; c’est ce qui a fait dire à S. Jean Damascène, que comme le chronos est la durée des êtres fragiles et passagers, l’aion est celle des êtres éternels ®. Ce nom a été communiqué aux substances intelligentes qui sont émanées de lui, tant à cause de leur manière d’être fixe et invariable, qu'a cause de leur durée, surtout dans le système que leur émanation étoit de toute étermité. Le nom d’£ons leur a été donné surtout dans les premiers siècles de l’Église. Tatien dit qu’audelà des bornes qui terminent la distance du ciel à nous est le séjour des Eons ®. Dans Eusèbe, les Fons créés avant le ciel et avant ce monde, rendent leurs hommages à Dieu ®. Synesius l’appelle Ze pére et la vie des Eons, c’est-à-dire, des intelligences émanées de lui, comme il Pexplique lui-même, en ajoutant qu’il est l’intelligence, père des intelligences, l’auteur des dieux, la source des esprits 5). Dans l’école de Pythagore , ces D Men furent appelées des nombres, les pythagoriciens appeloient la divinité /e nombre des nombres ® , et Synesius , à son imitation, appelle Dieu l’unité des nombres immortels et des rois immatériels, c’est-à-dire , le principe très simple des pures intelligences; il l’appelle encore unité des unités, le nombre des nombres, et il dit qu’il est unité et nombre tout ensemble ) ; c’est-à-dire, que le verbe qui est un et simple dans sa naturé est nombre par ses effets, parce que toutes les intelligences émanent de lui. Les pythagoriciens,

GS. Clem. Alex., Pæœdagog. 1, p. 94.—Strom., 1, p. 298:— 2 Damascen., de Orthod. fid. — ® Tatian., Orat. contra gentes. , n° 35. — %® Euseb., de Laud, constant., p. 606.— ®) Synesius, Hymn. II, v. 162.—Hymn,. IV, v. 71. — @ Hiéroclès, ir carm. aur. Pythag.,

p.229. = V Sÿnesius, Hymn. IL, v. 71.—Hymn. II, v. 174.

les platoniciens et Hermès Trismégiste, avoient personnifé l'éternité et en avoient fait une divinité; ils disoient que le temps est sonimage. Le poète Claudien Ÿ nous en a donné une description dont Boccace a donné une interprétation dans ses Généalogies. L/Eon et les Eons furent aussi personnifiés par les hérétiques des premiers temps de l'Eglise, et particulière ment par les gnostiques et les basilidiens : ces hérétiques leur donnoient des noms barbares.

(&) Pag. 31.

« Protogonos, le premier-né de l'univers, dit Orphée, » s’élevant dans l’éther avec des ailes lumineuses, ayant en sa » main les clefs du ciel, de la terre, des eaux, pour ouvrir les » portes de la vie à tous les êtres, qu’il appelle d’une voix » mugissante , enfin tenant lui seul le gouvernail de Puni- » vers. »

Ces traits, et d’autres encore, se trouvent dans deux hymnes d'Orphée , dont l’un adressé au premier-né Phanès, a tous les traits qu’on donne ailleurs à l'amour principe ; l’autre adressé à l'Amour , a tous les traits qu’on donne au premier-né Phanès.

(4 bis.) Pag. 33.

ÎL est très difficile de connoître la véritable doctrine et la véritable théogonie d’'Orphée. Suivant le poëme des Argonautes qui porte son nom, et qui bien qu'il ne soit pas de lui, ne laïsse pas d’être fort ancien , comme l’a prouvé Rhunckénius (©) it nécessité et le temps existoient avant tout. Nous avons donné dans le texte la théogonie d'Orphée , telle qu’elle est présentée par Proclus dans son Commentaire sur le Timée de Platon. On trouve dans le poème des Argonautes, par Apollonius de

() Claud., ÆElog. Stilic., p. 72. = % Rhunkénius, Ep. Sec. ,

Fr …

un: : bat

Rhodes , une autre théogonie que ce poète fait chanter à Orphée; ilparoît que c’est la théogonie de Phérécyde, qui est expliquée plus clairement dans le passage de Celse rapporté par Origène . Dans cette théosonie, Ophionée et Eurynome étoient ce que sont Uranus et la terre dans la théogonie d'Hésiode. Athénagore © rend compte d’une autre théogonie qu’il attribue aussi à Orphée, suivant laquelle Pocéan ou l’eau avoit existé avant tout; l’eau forma un limOn : l’eau et le limon produisirent un serpent qui avoit trois têtes, dont l’une étoit celle d’un dieu qui se nommoit Chronos ou Hercule. Ce dieu produisit un œuf, cet œuf s'étant rompu par l'effort qu'il fit pour le mettre au jour, sa partie supérieure forma le ciel,

sa partie inférieure forma la terre.

(2) Pag

Les règles de la critique étoient peu connues ou du moins très négligées par les plus célèbres philosophes du paganisme ; on les voit tous citer sous le nom d’Orphée, de Musée, d'Eumolpe et des autres poètes antérieurs à Homère , des ouvrages fabriqués par les nouveaux Platoniciens, et donner comme authentiques des oracles supposés par ces mêmes philosophes, ou plutôt par les sectateurs de la secte orphique qui joignoit des dogmes égyptiens ct chaldéens à quelques points de Pancienne doctrine de Pythagore. Comme les auteurs de ces oracles et de ces vers philosophiques supposoient la spiritualité, la toute-puissance du Dieu suprême, que plusieurs blämoient le culte des intelligences inférieures, condamnoient les sacrifices et faisoient quelquefois allusion à la trinité platonicienne, les chrétiens crurent quil leur étoit permis d'employer ces autorités dans la controverse avec les payens, pour les battre par leurs propres armes. Le reproche de nou-

@) Origen., contra Celsum, lib. VI. — (®) Athénag. , Legat. pro Christ, , cap. XVIII.

veauté étant celui sur lequel les payens insistoient le plus , les chrétiens , pour détruire ce reproche , alléguoient non-seulement des morceaux du faux Orphée, du faux Musée et des oracles de la Sybille, mais encore des endroits d'Homère , d’Hésiode, et même des poètes dramatiques, quand ils croyoient Y découvrir des traits semblables en quelques points à leur doctrine. L/usage qu’on faisoit alors de ces mêmes autorités , rendoit cette façon de raisonner tout à fait populaire ; lorsque le christianisme fut devenu la religion dominante, on n’employa plus ces sortes de preuves que par une sorte d’égards pour ceux des chrétiens qui n’en étoient pas encore désabusés, et pour ne pas paroître abandonner tout d’un coup la méthode, suivie par les premiers apologistes du christianisme,

(n) Page 47.

Tristan ® donne une médaille représentant d’un côté l'effigie de la paix avec cette inscription : EIPHNH NYCAEON APE Nysæorum , et de l’autre un Bacchus nud passant son bras par-dessus sa tête, et s'appuyant du bras gauche sur un trépied. Gette médaille appartenoit aux lhabitans de Nyse que Diodore place d’après Homère , entre le Nil et la Phénicie. Cest là qu'étoit l’antre célèbre où Bacchus fut porté par Mercure d’après l'ordre de Jupiter, et où il fut nourri par les nymphes. Il y avoit un oracle de Bacchus , Comme le prouve le trépied de la médaille; c’est de cet oracle que Lucain parle en ces termes :

Sed mihi jam numen, nec si te pectore vates ÆAccipiam , cyrrhœæa velim secreta moventem.

Sollicitare deum , Bacchumque avertere Nysa.

® Euseb., Præp. Ev, —:5, Aügust., Contra Faust.—Fréret. = @ Tristan., Com. Hist. , T, IL, p. 209.

PREMIÈRE SECTION. : 489 4 à (o) Pag. 50.

On attribuoit, dit Danville Ÿ, la fondation de Nysa à Dionysius ou Bacchus dans son expédition dans l'Inde, et les traditions indiennes font mention de Nysada Buram , cest-

à-dire, ville de Nysa et d’un héros qui en est sorti. Ptolémée nous en donne la position sous le nom de Nagara en ajoutant que son nom est aussi Dionysiopolis. On connoît Nagar pour un terme Indien qui désigne une ville en général.

La ville de Nysa étoit située au pied du mont Méros. Danville entre dans de grands détails sur cette ville @ et il en détermine la position exacte d’après Ptolémée, qui est entiérement d'accord sur ce point géographique, avec le géographe turc, avec l’histoire de Timur, et avec la géographie indienne écrite en langue Tamule sous le nom de Puwana Seccaram.

M. de Sainte-Croix, dans son ouvrage sur les historiens d'Alexandre © avoit nié l'existence de la ville de Nysa et du mont Méros, mais sa critique étoit dénuée de tout fondement : ce qui a pu jeter M. de Sainte-Croix dans cette erreur, c’est la préoccupation où 1l étoit que l'expédition de Bacchus dans les Indes étoit fabuleuse , et il a été conduit par cette idée vraie à croire que les lieux auxquels on avoit fait Papplication de cette fable étoient également fabuleux, avec d'autant plus de raison que la plupart des villes ou montagnes de Nyses ont été imaginées par les poètes; mais il n’est pas moins vrai que beaucoup de villes de ce nom ont existé réellement, et dans le nombre est la Nysa de l'Inde qui existe toujours : aussi Danville remarque-t-il que, bien que lexpédition de Bacchus dans les Indes soit fabuleuse, il n’est pas moins avantageux à la géographie de retrouver un lieu illustré par

‘) Danvil., Géogr. gncienne, T. I, p. 539.=— ® Danvil., Eclairc. sur la carte de l'Inde, p.21. — O) Ste-Croix, p. 2441 , édit, de 1775.

des fables aussi reculées, ou pour parler plus éxactement,

par l'application qu'Alexaudre en a fait à ces lieux; et c’est

ce que la position de Nagar nous procure ici.

M. de Sainte-Croix paroît, dans la suite, avoir davantage

approfondi cette matière el avoir cédé au grand nombre de preuves qui établissent l'existence de Nysa et du mont Méros; car, non-seulement il n’a pas reproduit cette opinion dans la

Le" LA e . . .

dernière édition qu'il a donnée de son examen des historiens

d'Alexandre, mais il paroït en reconnoître la fausseté, lors- P. 3 .

qu'il dit: « Alexandre arriva à Nysa entre le Cophène et

llndus ; il accorda la paix à cette ville, en considération | de son fondateur: on ne voit pas sans quelque surprise les actions d'Hercule et de Bacchus, transportées dans des lieux où leurs noms même navoient jamais été connus... La Îlatterie et la vanité portèrent les Macédoniens à croire aux exploits d'Hercule en Asie, et à accréditer la fable des Voyages de Bacchus aux Indes: ils vouloient par là faire naître l’idée d'un parallèle entre ces deux divinités et Alexandre dont ils partageoient la gloire. La fondation de Nysa, sa constitution aristocratique, la description du mont Méros , et le sacrifice qu’Alexandre y fit en l'honneur de Bacchus, avec son armée couronnée de lierre , sont des choses auxquelles Arrien ne dédaigne pas de s'arrêter ».

M. de Sainte-Croix ajoute : « Suivant Strabon ©, il n'ya

que Mégathènes et un petit nombre d’autres qui aient Cru à ces voyages de Bacchus et d’Hercule aux Indes. Mais les Voyages de Bacchus aux extrémités de l'Asie ne sont pas dus aux Macédoniens, qui accompagnoient Alexandre , puisqu'on les retrouve dans une tragédie d'Euripide qui florissoit un siècle avant l’arrivée de ce prince aux Indes. Les Macédoniens ont faussement appliqué à certains lieux de la haute Asie et de l'Inde les détails de toutes ces histoires concernant Bacchus et Hercule, contraires à la tra-

( Strab. , lib. XV, p. 473.

PREMIÈRE SECTION. | AOX

.» dition mythologique; voilà, sans doute ce que Strabon a » voulu faire entendre, autrement il se contrediroit. »

Je crois malgré l'autorité de M. de Sainte Croix , que Strabon ne s’est nullement contredit, et Fréret a eu raison d'avancer d’après Strabon que les voyages de Bacchus aux extrémités de l'Asie étoient dus aux Macédoniens; on ne trouve nullement ces voyages dans le passage d’Euripide cité par M. de Sainte-Croix, le voici: Relinquens autem Lydorum auro abundantes agros , et Phrygum ; Persarumque apricos cam. pos, et urbes MT et hyemalem terram M edorurm accedens , et À rabiam felicem et Asiam universam ; quæ ad salsum mare jacet, mixtis græcis et barbaris simul, populosas habens turribus bene munitas urbes, ad hanc primum vent civilalern gr@æCOTumM , illicque versatus , agens choros et constituens mea sacra, ué sim manisfestus deus hominibué. Primas vero Thebas hujus terræ græcanicæ ululatu complevt, etc.

Ce passage n’a évidemment aucun rapport avec les voyages et les fables du Bacchus Indien. Le poète grec a voulu seulement rappeler une tradition vraie, c’est Pintroduction du culte de Bacchus divinité Asiatique dans la Grèce: nous avons vu que le culte de Bacchus étoit répandu dans toutes les parties de l'Asie, et qu'il en avoit été apporté dans la Grèce par les colonies étrangères, c’est tout ce qu'a voulu dire Euripide qui cite les principales contrées de PAsie, les seules qui fussent alors connues des Grecs, la Lydie, Ja Phrygie, la Perse, la Bactriane, la Médie, VArabie et les bords de la Méditerranée, c’est-à-dire, VAsie mineure et Ja Syrie, Asia, quæ ad salsum mare jacet, mixtis græcis et barbaris simul. |

Quant à Nysa, deux savans de nos jours, le Major Rennel et M. Barbier du Bocage ont confirmé l'existence de Nysa ct

. joint leur autorité à celle de Danville. Je conclus avec une

sorte d'assurance , dit le major Rennel Ÿ , que la rivière Cow de la géographie turque, et le Cow-Mull de Baber qui passe par Nughz….. est la rivière. de’Cophènes ® ; après son arrivée eu pont, Alexandre fit une excursion par terre dans le pays situé sur la rive occidentale de l’Indus , pour visiter la ville de Nysa: l’on dit qu’alors il pénétra dans le pays situé entre les deux rivières de Cophènes et d’Indus. M. Barbier du Bocage,

dans son analyse de la carte des marches et de empire d'A

lexandre ®, dit : « Je reconnois avec le major Rennel, ce fleuve (le Cophènes ) dans celui qui est appelé aujourd’hui Cow et qui passe à Ghizni et à Nughz, Vancienne Nysa.

(p) Pag. 100.

Il y avoit aussi à Sparte, un temple de Bacchus aux Marais, situé dans l’intérieur même de la ville, ‘du côté du faubourg, qui étoit autrefois marécageux. « Le sol de » la ville de Sparte, dit Strabon, est bas sans être ce- » pendant nulle part marécageux. Autrefois le faubourg » Pétoit, c’est pourquot il portoit le nom de ZLimnæ, et le » temple de Bacchus aux Marais nétoit ainsi appelé que, » parce qu'il éloit en effet sur un terrain plein d’eau, au » lieu qu’à présent , il est sur un terrain see ®. » I] y avoit aussi à Sparte un temple de Diane aux Marais, qui étoit

appelé Limnœum ®, parce qu’il étoit placé dans les Marais

où étoit le temple de Bacchus. Ce temple portoit le nom de temple de Diane Orthie aux Marais , pour le distinguer du temple de Diane, simplement nommée le temple de Diane aux Marais qui éloit sur les frontières de la Laconie et de la Messénie : c’est là que les deux peuples célébroient en

® Rennel, Descript. de l'Inde, T. II, p. 219. — ® Jbid., p. 228 = G) Barbier du Bocag., p. 831. = ® Strab., lib. VIII, cap. 5, $1, p. 562.= ® Strab., lib. VI, p. 561,

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commun une fête solennelle, et offroient des sacrifices ; c’est là que les Messéniens furent accusés par les SA d’avoir violé les vierges qui s’y étoient rendues pour sacrifier.

(g) Pag. 104.

Proclus Ÿ appelle le cratère, veritatis craterem.

On peut voir dans Pouvrage de Kreutzer intitulé Dionysius , Heidelberg. 1709 , toutes les idées mystiques que les anciens et particulièrement les orphiques et les Nouveaux Platoniciens ont attachées aux cratères et en général aux vases qu'ils avoient donnés pour attributs à toutes les divinités.

On peut voir sur le même sujet et surtout sur les amphores et les cratères de pierre , symboles des nymphes et de Bacchus, les chapitres 12. 13. 14. de Porphyre. ®

On lit dans un passage d’Eratosthènes cité par Athënée © : « Il s’étoit fourni d’un phialée pour rendre ses hommages aux » dieux. On ne se servoit pas alors de cyathe ni de cotyle. » On présentoit aux divinités un cratère, non d'argent ni » enrichi de pierreries, mais fait de la terre du promontoire » Golias. Toutes les fois qu’on l’avoit rempli en faisant des » libations aux dieux avec le phiale, les assistans se versoient » lun après l’autre le vin qu’on venoit de méler, en pui- » sant avec le cymbion, comme on le pratique encore chez » nous dans les repas qu’on appelle phédities ; mais s'ils vou- » loient boire davantage, on mettoit auprès d'eux les vases » appelés cetyles, qui sont de la plus belle forme et très » commodes pour boire. Or, ceux-ci étoient faits de la même PMÉCTLE-))

Crésus, dit FA ® , envoya à Delphes, avec beaucoup d’autres présens, deux cratères extrêmement grands ;

Proclus, ir Theolog. Plat. , cap. 30, 32. — (® Porphyr., de Antro nympharum, p. 13, 14. — W) Athen., lib. XI, CAP. 9. — ( Hérod., lb: 1, cap. 51,

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