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vinité céleste j Hécait^ itt) fut U lune ^*^ parcourant la partie inférieure du ciel, c'est-à-dire, celle dont le pôle est caché éternellement sous Vhorizon qu'on appeloit les enfers, dont Hécate fut la reine ^- Isis elle-même, considérée sous ce rapport, c'est-à-^lire, comme la lune dans Thémisphère inférieur , ou comme divinité infernale souveraine de la mort et vengeresse des crimes, étoit représentée par les Egyptiens, ayant sur la tête le serpent appelé en Egypte Thermuthis ^^K C'est cet aspic qulsis envoyoit contre les scélérats pour s'en venger ^^^ ; alors il étoit représenté connne le symbole de la justice, et révéré comme un aninoial sacré. Les Egyptiens appelèrent Isis Thermuthis,du nom de ce serpent; et, sous ce nom, ainsi que sous celui de Tithrambo ^^^,
(^' Porphyre^ dançEusèbç, parle des différentes d^pomioa^ lions de la lune , et eutr'autres do nom d'Hécate qui lui fut donné. Eamdem rursus Hecaten nomlnant ohformœ quant in ed eemimus varietatem > cui vis etiam diversà respondeai, itaque sic ea vis triplici forma ^ffiraque atisUnguitur, (Euseb., Hb. III, cap. IQ«)
^' Sophoc, OEdip. Colon. ^ v. i556 :
l^ocUirnam^ reginamqu0impçratumbris, (ApoU» Rhod.^ Ar^n,^ lib. III. )
<5) id est^ morUfffra ( ^lian. , Bist* naU^ lib, IV, cap. 38. ). Invictum hujus serpentis vçnenum est, amplius quatuor horas , quos momorderinty viver^ non possunt (vElian.> lûw?,, et çap, 6».). — plut. , Fit. ^/i/0/iiV.-^UorapoU , JSierogijph. , lib. I , cap, I, — Lucan., Phars. , lib. IX , v. 700.= ^*^ ^an. , de anim., lib. X, cap. 51.;;=^ Suivant Sainte-Croix, les écrivains de ranUqoité ne font aucune mention du nom deXithrambo^ d*ou il conjecture
ISIS. . t47
elle éloit une furie comme Hécate et comme Gérés Despoina. Hécate, qui avoit les attributs de cette Isis, avoit en effet tout 'l'extérieur de ces déesses vengere^es, et Virgile l'associe aux Ëuménides ^^K Elle portoit en main le fouet des furies; deâ serpens siffloient sur sa tétej on appeloit de son nom le po-« teau auquel étoient attachés les coupables dans les prisons ^^\ Elle jouoit probablement un grand rôle dans les scènes magiques de rinitiation> où la doctrine du Tartare et de l'Elysée étoit mise en reprér sentation. S. Epiphane dit que Tithrambo avoit ses initiés ^^ y ses orgies et ses mystères ; comme ceux d'Hécate, ils dévoient être liés à la doctrine des récompenses et des jpeines. On appeloit hécates ces vastes cavités sombres qu'on aperçoit dans la lune ^^^ c'est-là, suivant Plutarque, qu'étoient renfermées les âmes des méchans ^^K En Egypte, près le temple
que cette divinité ne fut connue en iEgypte qu'après que les Grecs eurent frëqueutë ce pays. Jablonski dërive ce nom de Titfarantbo des mots coptes , ii thraembon , irâfurens , furorem indens. (Jablonski, Panth. ctgypt.y T* I, p. îo5, io6.)
^'^ Ifoctumisque Hécate trivils ulaîata per urbes Et dira ultrices. ( VîrgiL , JËneid, , IV , v. (Sog. )
Servius fait cette remarque sur ce vers : Hecaten autem mvoaat causé idtionis , undh etfurias vocat,
^^ Hesychius, V. Éxars.^ ^^^ S. Ep. loc. cit. = ^*^ Plut. , de Jacie in orbe lunœ , p. 944»
^ Les rapports de la lune avec cette divinité ont sans dottle fait naître cette idée philosophique , mais elle n^est pas passée dans les religions. (Sainte-Croix, i»fy5f.</M^«ga/i., T. I, p. 179.)
l4S CÉRÈS
de cette divinité, étoient des portes sacrées qu'on appeloit portes du Cocyte et du Léthé ; tous les spectres que Virgile place à l'entrée des enfers, sont évoqués par Hécate ; les statues d'Hécate sont souvent à tête de cheval, comme celles de la fameuse Cérès Despoina des Arcadiens. Eschyle et Euripide ^^^ lui donnent même Fépithète de Despoina ^^: Cérès, mère d'Hécate, s'apptloit Deo j c'est aussi le nom que poi tela mère de Despoina dans Pausanias®^ j cette déesse ou la lune inférieure, et Diane ou la lune supérieure, fotmoient le cortège de Cérès Despoina, qui se trouvoit entre ses deux filles. Près du temple de Despoina étoitune espèce de table isiaque: c'étoit une plaque où l'on avoit gravé tout ce qui étoit relatif à l'initiation; et, en effet, Hécate ^*^ n'étoit que Proserpine, divinité qui tenoit le second rang dans les mystères d'Eleusis,. miais Proserpine . considérée sous le rapport d'une puissance divine qui punit les coupables. Les Grecs placèrent les enfers au centre de la terre, et ils y placèrent aussi le lieu des cliâtimens après la mort; Proserpine, comme fille de la Terre , désignant en général tout ce qui est renfermé dans son sein, présidoit nécessairement à la distribution des peines dues aux crimes ^*^ ; on
^*^ Euripid., Med, = ^ Vénus porloît aussi le nom de Despoina. (Euripid. , Phœn,^ v. 633.,) = ® Pausan.^ ArccuL = ^^ Hécate est vis illa quœ occulte ad inferiora corpora agit. = ^^ On sëparoit rarement les prières et les invocations à la terre mère et celles aux dieux infernaux. ( Suéton. , Vit. Claud. , cap. 33. )
lui donna l'empire des ombres ; le lugubre cyprès lui fut consacré ^^^ j on lui sacrifia une vache noire et stérile ^^^ j on lui donna le noip de Junon infernale ou avernale ou stygienne, pour marquer son empiré aux enfers ^^^ j elle annonçoit la mort ^^^ , elle coupoit le cheveu fatal ^^^ j elle étoit vengeresse des crimes, comme Hécate qui, ainsi que Proserpine ,. J)ortoit le nom de DaeirUy nom qui fut donné dans les mystères d'Eleusis au- ministre particulier de cette déesse, appelé Fhiérophantide de Proserpine. ^^^ Lorsque les Grecs séparèrent dans le culte public Proserpine d'Hécate, ils imaginèrent plusieurs généalogies de cette dernière divinité^ celle qui la fait naître de Jupiter et de Gérés paroît la plus autcienne. Le culte d'Hécate chez les Grecs ne paroît pas remonter à une époque très reculée; Homère ne <iit pas un seul mot de cette divinité^ il est vrai qu'on parle d'Hécate dans la théogonie, mais corn-
^*^ Servius , ad Mneid, , lib.'ïll , v. 68i.= ^ Virgil., Mneid., lib: IV, V. aSi. = ^^ Virgil. , Mneid., lib. VI , v. iSS.-^Ovid. , Met., lib. XIV , V. 1 14. = ^*^ TibuL, Eleg, V, lib. III, y, 5. =» ^^ Virgil. , Mneid. , lib. I V , v. .698 , 699.— Stat. , S^lv. I , lib. 11^ V. 147.
^^^ Eschyle est le premier auteur qui ait appelé Proserpine Daéira , et ensuite Apollonius de Rbodes ; c'est de là que vient le Daeiritès de J. FoUux. Il y avoit , dit Pollux , daps les mystères d'Eleusis, un prêtre inférieur nommé Z>aetnYè5 , qui paroSt avoir été un ministre particulier de Proserpine ( Pollux , Ono^ mast., lib. I, cap. i, $ 5. — VandaL, -«^/itt'^., p. 49^0 • Ce prêtre ne diffëroit pas de celui qu'on nommoit T hiérophante de Proserpine , dit le scholiaste de Théocrile. ( IdylL, n© 8, 36. )
l50 CBRÈS
meni fixer l'époque de cet inextricable ouvrage , qu'on nomme la Théogonie d'Hésiode, de ce chaos où Ton ne sauroit découvrir que deux morceaux raisonnables, celui-là même sur Hécate et l'ingénieuse faUe de Pandore* D'ailleurs Fauteur du mor« ceau sur Hécate la représente plutôt comme une divinité bienfaisante que comme une déesse infernale , et en lui donnant le caractère général de la divinité , cet auteur ne développe-t-il pas des idées tliéologiques qui semblent appartenir à des temps peu éloignés , et à u»e époque avancée de la civilisation. L'établissement du culte d'Hécate est nécessairement postérieur à celui de Proserpine , dont il n'est qu'^n démembrement , et le culte de Proserpine lui-même est chez les Grecs beaucoup plus récent que celui de Gérés. ^*^
Ces déesses étant le symbole de la lune , à laquelle les Anciens^ attriboôîent de grandes vertus et des effets heureux et malheureux, le juste eflProi qu'elles
(^ ni^dore âe Sleile nous dit qu^a^anl la naissance de FroserpinA, ta culture -el l'usage des grams «voient été enseignés a^ux hommes par Cérè» ( Dii^. Sic, , lib. V, $ Sy. ) ; c'est»à-dire qu'avant que les Grecs eussent imaginé le culte de Proserpine, les terres avoient dé}^ éiéi ensemencées , et leurs produits em-fkiyéa. aux bescéns de la vie. C'est pourquoi , lorsqu'ils eurent ajouté le eul^ de Proserpine à celui de Cérès , ils appelèrent la mère ^t la fille , les déesses aux deux »om5 , Fancienne et la nouvelle t>eQ ( Ëuripid. , Phçet^, v. 689, 695. — Schol., ihid, -r^Jnscriziott-i ^^oifue^i S, Q', Viseont't, p. 52,). Bans une inscription vapportëe par Chaiidler, Philoxène est qualifiée d*hiéro* phaotide de 1» nouvelle déesse.
inspiroient comme divinités vengeresses, fit ajouter a cette idée nécessaire de la vengeance des crimes , tontes les superstitions que peuvent enfanter k crainte et la crédulité. Les Anciens les considérèrent comme des instrumens passifs de Faveugle destin ^^^; leur colère ne fut plus redoutable seulement aux coupables /ils la craignirent non-seulement pour leur propre famille, pour tous les hommes et pour tous les animaux , mais encore pour lenrs récolte* ^et pour toutes les choses auxquelles ils attachoient quelque prix ; ils lui attribuoient les ravages causés par les élémens , les fléaux dont ils étoient affligés , quelque naturels qu41s fusant. La fureur ou la folie ^^^, la cécité ^^\ les maladies épidémiques,^et tous
^^ Faiorum cujusqae ôrdo ac vis est Hécate , quœ diin^ nltus in morialia corpora infundiiur ( Hesiod. , Theog. ). :=:: ^ Sophoc., Aj., fur, , v. 173.— Eustathe^ lUad» a ^ p. 87.r- Koimiis, Dionys^i lib* XLIV.
^ Qu'Isis , dan» su colère , dit Jajéoal ( Safyr^ XIII ,¥.91.) linippe non corps, lé tourmente à son gré , qu'elle frappe mes jtvac de wm sistre. Les anciens croy oient qu'elle privoit de la vue ceux qui se servoient de son nom pour appuyer de faUx sermens : Te ôfntUpotens et omfùparens dea cacum reddat ( ApuL, Met. Vlil* ). Cette tradition appartient à l'Egypte et à Isîs Tengeresse de» crimes en gënévat^ et des faux sermeus en particulier i It^s- Grecs ont adopta ce genre de supplice , et l'ont appliqué à nne foule de personnages ^ tels qu'OEdipe , Tirésias^ Përmrus, Lyeargue de ThraCe , Thamiris , Phynëe^ Ancbise^ Stésickore. Le commenta tenr de l'Anthologie. ( p.< a 1 4<' ) oou^ecisre qoe cette tradîtioa a pour origine f ob^z- les Greês y Tlûs* levé d« poète tragique Théodeete qui , sur U fîn de sa vie ^
l 52 CÉRÈS
les maux qui pèsent sur la triste humanité^ ne furent plus que les effets de la colère de Tithrambo , de Némésis^.de Proserpine on d'Hécate. L'imagination déréglée des Anciens s'est exercée surtout sur Hécate, que les platoniciens regardoient comme le premier d'entre les mauvais génies. Ils lui ont donné un aspect terrible , une longueur de queue énorme , que quelques-uns ont portée jusqu'à un demi-stade j ses pieds avoient la forme du serpent, elle avoit une tête de gorgone, sa chevelure se.composoit de dragons et de vipères^ les uns sifiloient sur sa tête, d'autres embrassoient son col , quelques-uns descendoient sur ses épaules ; plusieurs cliiens enragés la suivoient. ^^^
Elle étoit même représentée sous la forme du chien, et le plus souvent avec la tête de cet animal ^^ :
fut frappe de cëcitë, et qui avoit applique' à quelques fables de ses tragédies, et produit sur la scène, certains faits qu'il avoit puisés dans les livres sacrés des Egyptiens.
^*^ Les allégoristes ont cru que les chiens enragés, dont Hépate étoit accompagnée ^ étoient Fembléme des peines et des calamités que le destin impose aux mortels.
^^ Plutarque , dans son Traité d'Isis et iTOsiris, donne un motif de ce symbole. Suivant lui , les rapports qu' avoit Hécate avec les âmes délivrées des corps, ont fait comparer cette divinité grecque avec {FAnubis ou le Mercure des Egyptiens. Il ajoute qu'Anubis , chez les Egyptiens , avoit les mêmes pouvoirs qu'Hécate chez les Grecs. Anubis , dit*il, étoit également céleste et inferùal \ on le représente comme Hécate avec une tête de chien. On lui sacrifioit deux coqs de différentes couleurs , parce qu'il étoit le symbole des choses célestes et in*
ISIS. i53
Orphée dit que des trois têtes d'Hécate, la première étoit une tête de cheval, la seconde de chien, et la troisième de sanglier. On a encore représenté Hécate avec une tête d'homme, une tête de chien et une tête de cheval ^*^ : elle aimoit, dit-on, à être invoquée sous les noms de taureau, de cheyal, de lion ^^^; elle avoit quelquefois six mains qui tenoient un glaive, des poignards, des cordes, des torches, une couronne et une clef ^^\ Enfin elle étoit revêtue des formes affreuses des Titans, de Typhon et des géants : ce spectre hideux avoit toujours Tair menaçant des furies ^^^ ^ il prenoit plusieurs formes, on lui donnoit alors le nom d'Empusa (uu) ; sous ces formes diverses il se présentoit aux malheureux pour les tourmenter ^^^, et il épouvantoit les jeûnes vierges ^^\ Tous les spectres effrayans, tous les fantômes destinés à jeter l'épouvante dans les âmes , étoient censés être l'ouvrage d'Hécate et être envoyés par elle. On leur donnoit en général le nom d'Hécatéens : de là vint son influence sur les spectres affreux de là magie , et sa surintendance sur tous les enchantemens opérés par les puissances ténébreuses. Par la même
females. ÀDubis^ comme Hëcate, étoit appelé chthonien (Schol. Theoc, IdjrlL II, v. ra.). Les Grecs donnoient à Hécate le titre de gardienne y que portoît aussi Anubis. (Théocr., Idyll. — Diod. aie. , lib. I , $ 7. )
^^ PierriusValer., lib. IV, p. 5i.= ^ Schol. ApoU., lib.lll, ad vers. 860.= ^^ Schol. Théocr., ad Idyll. II, v. 12.= **^ Schol. ApoUod., lib. III , ad vers 860. = ^^ Harpocration , Saidas , Hesychius. V. Empousa. = ^ Grég, Naz. , Carmifia.
l54 CÉRÈS
raison^ elle avoit sous sa protection les plus célèbres magiciennes qui juroient par elle, et à laquelle elles disoient être redevables de leur science ^*\ Les breuvages qui contenoient un poison mortel , lui étoicnt consacrés ^^^ j non-seulement Hécate présidoit aux arts magiques, mais, après ces opérations, on lui faisoit des sacrifices parliculièr» dont Apollonius de Rhodes nous a donné l'horrible description ^. On lui préparoit dans les carrefours tous les mois au renouvellement de la lune, des repas affreux; tout ce qui s'y pratiquoit eloit regardé coiinne une espèce d'expiation ^*^ D'après ces idées superstitieuses , les Egyptiens et les Grecs faisoient une grande affaire d'apaiser ou de se rendre favorables, la lune, Tithrambo , Proserpine ou Hécate. Quels rapides et monstrueux progrès ne fait pas la superstition? Est-ce bien la même divinité dont Hésiode a parlé en ces termes : « Jupiter a accordé à Hécate les plus grands » honneurs et les faveurs les plus insignes. Elle ' » étend son empire sur, la terre , sur la mer prow fonde j elle embrasse le ciel et tout ce qui existe, w Ce pouvoir lui fut accordé par Satkfne ; elle en » jouissoit déjà sous le règne du lumineux Cœlus , » et tous les immortels lui portoient le plus grand » respect Jupiter ne lui ravit aucun des droits » qu'elle obtint sous Saturne et sous les titans.
^*> Apoll. Rhod. , Ar^n. ] lib. UI , v. Sag, 33. = ^^^ Apul. , Met.^ lib. IX. 3= ^ Apoll. Rhod., Argon., lib. III. = ^*^ H«mersthuis not., ad Lucian,^ T. I, p. 33o. — On apj^eloit ces repas triakas, ( Harpocr. , voce Tpia,)
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» Déesse bonne ^ facile > bienfaisante, elle exauce^ les » prières, dispense les richesses, répand Vabon- )) dance, parce qu'elles sont en son pouvoir. Ceux » qu'dle honore, elle les fait briller dans les assem- » blées du peuple; elle assure le triomphe des » guerriers , les comble de gloire ; quand les rois » rendent la justice, elle prend place avec eux sur u leur trône ; elle donne le prix aux Athlètes. Le n pilote, les navigateurs qui fendent avec peine )) Tonde écumeuse, invoquent Hécate , la déesse » exauce leurs prières, et elle leur accorde des » richesses qu'elle enlève à ceux qui ont encouru » sa haine. Aidée de l'industrieux Mercure, elle n pénètre dans les étables , accroît les troupeaux de }è boeufs, de chèvres ^ de montons à l'épaisse toison. » Le fils de Saturne lui confia l'empire sur l'en- » "Êince^ a peine les honunes respirent, à peine leurs M jeux s'ouvrent à la lumière, ^t déjà Hécate leur » prodigue ses tendres soins. ^^ >»
Hécate, outre son caractère sj>écial , avoit donc comme toutes les autres déesses , le caractère général de la divinité. Aussi étoit-elle mise au rang des dieux Cabires, comme Isis et Cérès ^'^^ : l'antre de Zérinthe dans la Samothrace^ était consacré à
^*^ Hësiod., Theog., \,^i6^ 45©. — La déesse GënétbjUis avoit le même emploi» et les chîeas lai ëtoienl consacrés comme k Hécate. ( Hesjchius. V. Généthylis. )
^ Une inscription trouvée dans File de Délos , met Isis au nombre des Dioscures. : Isidiy Anubidi , Harpocrati Dioscuris. etc.
l56 CÉRÈS
Hécate ^^^j Némésis elle-même avoit ce caractère général qu'Hésiode donne à Hécate : Ammien Marcellin appelle Némésis l'arbitre de toutes choses ^^\ Strabon dit; qu'elle étoit une grande déesse à laquelle les dieux avoient accojpdé une puissance suprême ^^\ Sous ce rapport général, Némésis étoit ainsi qu'Hécate , et les autres déesses, la mên;>e que la Fortune : Glaudien et Nonnus lui attribuent la roue et le gouvernail ^^\ Les anciens distinguoient deux /Fortunes , l'une aveugle , l'autre très clairvoyante ; c'est à cette dernière qu'étoient assimilées Isis et Cérès protectrices des mortels et leurs bienfaitrices. Toutes les figures d'Isis ont les attributs de la Fortune y dit Winckelmann ^^^ ; la Fortune portoit sur sa tête les insignes d'Isis, comme on le voit sur une
^^^ On rendoit à Venus , dans l'antre de Zérinthe , les mêmes honneurs qu'à Hécate. (Suidas. — Lycophr., Alex, y v. 449-) ^> Aramian. Marcel., lib. XIV. = ^ Strab. , lib. XIII.
^*^ Konmis, Dionys,^ lib. VIII. — Sed Dea quœ nimiis ohslat Jihamnusia voiis ingemuù, Jlexitque rotam (Claudian-, inStilicon^). Crédita est Nemesis, ultrix scelerum , prœmlatrix bonorum , arbitra rerum , justiciœ Jilia , ex abdita quadam œternitate , terrena omnia despectans; pennas ei tribueruni antiquiy item gubernaculam et rotam , ut summâ velocitate eam singuUs adesse , cunctaque ejus numine régi signijicareni , Martianus Nemesin putat eamdem esse ac Forturiam ( Apul., Met, , lib. XI, p. 364, not. 8.)» Némésis étoit appelée Rhamnusia, de Rhamnus , bourg de FAtlique, oii cette déesse a voit un temple et une belle statue, ouvrage d'Agoracrite , élève de Phidias.
(*> Winckel. , Hiat, de Vart. , T. I , p. i48.
ISIS, iSy
statue qui a été donnée par Beger ^^^ : les cornes étoient ses indices, comme elles étoient celles d'Isis ; sur quelques monumens anciens, la Fortune a le modius sur la tête , elle tient un gouvernail , une corne d'abondance et un globe, elle a un astre derrière elle, elle a sur sa tête un croissant, iin soleil, quelquefois le bonnet phrygien. Enfin on lui donnoit tous les attributs d'Isis (w) , de la déesse Syrienne^ de Junon ^^^ et de toutes les déesses mères ^^^ : la Fortune étoit la même que Cérès, dit Dion Clirysostôme ^*^, et en effet on voit sur quelques monumens la Fortune avec des épis de bled et d'autres attributs de Cérès. Cette identité a été imaginée pour montrer que toutes les richesses viennent de la terre.
On donnoit à Hécate , comme aux autres divi-
^^^ Beger, Thés. BPand.^ T. III, p. agS.
^^ Apulée ne distingue pas la Fortune de Junon , qu'il appelle Fortuna videns,
*' C est pourquoi le prêtre d'Isis, dit Apulée, étant sur le point d'être initié : In tutelam receptus est Fortunée sedvidentis , quœ suœ lucis splendore cœteros etiam deos illuminât, — Plutarque a dit : Naturam quœ omnîa gîgnit, alii Foriunam , alii sa^ pientiam arbitrantur , et ailleurs : Cornucopiœjbrtunœ nonjrugibus semper Jlorentibus refertum , sed largissime omnia pro' fundens , quœ omnis terra ^ omne mare ^ omnia Jlumina, metalla , portusque feront. On voit souvent trois épis entre les cornes de la chèvre Amalthée. Isis a conservé le même caractère <laBS tous les pays oii son culte a été porté ; une inscription ' trouvée en Hollande en 1 624 , porte ces mots : Isidi,frugiferœ. ccelesU.fortunœ, bono evento,
<*^Dion Chrys., OraU de Fortund LXIV
l58 ' CÉRÈS
uités le surnom d'Enodia; on lui élevoit des statues sur les grands chemins ^^^ ; elle étoit gardienne des maisons y et des familles ^^ ; on lui élevoit des autels et des statues devant le seuil de la porte ^ comme on le faisoit à Mercure y à Apollon y à Bacchus , aux dieux Pénates j et à tous les grands dieux: c'est avec le même caractère que Proserpine portoit le nom de Soteira chez les Grecs ®^ et qu'on trouve plusieurs médailles romaines ayant pour exergue t Pro^ serpinœ servatrici ou salutari ^\ Elle étoit même placée y ainsi que Gérés et Isis afù rang des divinités iatriques, et on l'invoquoit pour la conservation de la santé. Les Egyptiens adoroient Isis comme inventrice d'un grand nombre de remèdes salutaires ^^^ : elle inventa surtout Pathanasias phar*
^*^ Artëmidor.> Oneirocritica ^ lib. II , cap. 2. — On tournoit cbacun des trois corps ou visages de la déesse en face d'une me ou d'un grand chemin. ( Ovid. , Fast, , lib. I, v. i4i , 142. — Walkenaer, odAmmon,, lib. II > cap. 19.)
^ Les Athéniens appeloient cette déesse , omnium prœsidem ^t puerorum nutricem. Eschyle a dit : Domina Hécate , regiarum custos œdiwn ; et on lit dans Aristophane :
In vestibulis exœdificet quisque vir Sibi tribunal perquam parvulum
Velut Hecateum ubique antè januas. ( Aristoph. , in Vespw» V. 798.)
^^ Paasan. , Arcad, = ^*^ Fabretti , InscHpi. , cap. 6 , p. ^jo. =r ^^ Plurimos vero occulis capios^ ont aiia corporis parle laborantes , si ad deœ opem confugerimt , in pristinum siairnn restitutos esse (Diod. Sic, lib. I.). Isis est appela êahaaris , anr une inscription donnée par Gruter.
maçon diyec lequel nou-seulenoent elle rappela Horus à la vie, mais elle lui donna l'immortalité. Elle avoit eu une connoissance profonde de la médecine ^^^ y et surtout de la médecine empyrique j on van toit ses découvertes, et le grand nombre de guérisons qu'elle avoit opérées ^^^ j c'est, d'elle qu'Horus apprit l'art de la médecine. Elle prenoit plaisir à apparoitre , pendant le sommeil aux malades qui imploroient son secours. ^*^
Tous les emblèmes disis représentoient la puissance, la force ^ la bienfaisance de cette déasse^ mère de tous les êtres, qui les anime ,les nourrit , les soutient tous et à qui ils doivent l'abondance : tels sont le sistre (xx) , la barque, le lotos (jj), les feuilles de palmier (j^aa), la ciste sacrée, la robe variée , le vaisseau, , l'amphore ou vase appelé hydria, le croissant, le tau, le calathus, la persea type du silence et de la vérité ^*^, la noix de pin (bbi^)y ribis {ccc) , les abeilles type très fréquent
^*^ nam passe mederi
Picta doçel tempUs midta tahella iuis, ( Tibul. )
^ NaU Com.^ p. SSg. = ^ Diod. Sic, , lib. I, 5 a5. — Un monument ancien , cité par Tomasinus , prouve , par Finscripûou qui est à la base du monument, qu'Isis est la déesse de la santé. ( Manus Eneœ CecropU votum refisrentis dilucidatia , Pv56.)
^^^ Apul. , MçU On couronnoit les vainqueurs aux Dionysiaques > des feuilles de la persea y plante qui étoit consacrée k Isis , et k laquelle l'eau du Nil peut seul convenir. ( Pignonus mens. Isiaca^ p. 69, — Callizâno ap, Atfmn.,^ lib. V. )
l6o CÉRÈS
sur les médailles dTEpliése en l'honneur de Diane , la huppe (ddd), la chatte , le serpent ou Taspic, l'hirondelle , la tête et les cornes de vache, la tête de lion, la dépouille du faucon pécheur qui lui sert d'ornement sur la tête , la poule de Numidie ou la poule Pintade (eee) , la colombe, la grenouille du Nil , le cynocéphale {fffy On voyoit souvent sur la tête d'Isis les têtes des animaux révérés dans chaque nome ou canton de l'Egypte , ce qui indiquoit qu'elle étoit la divinité de tout le pays. Elle partageoit avec Osiris la puissance qu'il exerçoit sur la nature; les (élémens unis par la génération leur étoient séumis ^^\ Ce sont les deux grandes causes qui mettent l'activité, la vie et l'ordre dans les différentes organisations que subissent les élémens j ce sont les deux puissans modérateurs , les créateurs des effets produits par l'action génératrice qui se développe dans le monde; ce sorit les principes de bien et d'activité fécondes; enfin ce sont les deux grandes divinités de l'Egypte ^ conune les divinités d'Eleusis étoient les grands dieux de la Grèce, épithète qui leur est donnée exclusivement par Sophocle ^^ Gérés avoit, comme Isis, tous les
" ^^ La Chausse ( Mus. Rom. , û^, 34. ) donne une médaille qui ^ éié aussi donnée par Pierre Bellori, représentant Isis entre les quatre élémens désignés par une scaraandre, un aigle > un dauphin et un lion , dont elle étoit la reine , comme mère de la nature ; car y disoit Cicéron , les élémens forment toys les corps , tous sont composés de feu , d'air, d'eau et de terre. ^^ Sophoc, OEdip. Colon., y. 'jiS.
ISIS. i6i
caractères de mère souveraine de la nature ^^^ ; les Grecs lui donnoient le nom de très ancienne , que les Egyptiens 4onnoient à Isis ^K Les cérémonies de ses mystères y et les préparations pour l'initiation étoient les mêmes que pour les mystères d'isis ^\ G'étoit dans le temple même d'Isisqueles habitans d'Hermione célébroient les mystères de Gérés ^^^ j elle avoit le timon , le sceptre et la foudre ^*^ ,
^^^ Demeier dea , omnium regina (Eunpid. , Phœnic. , v. 691 .). Ceres omniapascens. Quod Ceres mate rvideatur omnium slirpium etanimalium (Philo. , de Viid contemplativâ^ p, 890. ). Non terra mulierem , sedterram mulier imitatur , qUàm poetœ rectè omnipa* rentem^ frugijeramque nominare consueverunt , ut generationis , perpetuationi^que causam^tamstirpium quam animalium (Philo.). = ^ Biod. Sic. , lib. I , § 11. — Cicer., in Verr. IV , cap. 4o. = ^^ Apul., Met. =^*^ Pausan. , Corinth.^ lib. I, cap. ï5. On Yoyoit aussi h. Hermione les ruines d'un ancien temple consacré à la déesse de Sais et à son fils , mais la Neith ou Minerve de Sais étoit Isis , et sou fils étoit Horus ( Pausan. , Corinth, , cap. 35. — Plut. , de Isid. et Osir. ) Ce qu'il y a de remarquable, c'est que , quoique l'ancienne ville d'Hermione eût été détruite, les habitans alloient célébrer les mystères dans le temple d'Isis: la ift)uvelle ville étoit à environ quatre stades de l'ancienne.
Plutarque dit qu'lsis étoit regardée comme l'épouse de Bacchus. Gela est confirmé ps^ une médaille antique donnée par Spanhe^m, où Bacchus et Isis sont placés sur un char traîné par deux centaures « dont le premier joue de la flûte;' l'amour est placé sur le dos de l'autre centaure , qui tourne la tête pour regarder les deux amans (Spanh. , de usu Numism., T. I , p. ^280^ disse j^. Y.).
^^ Spanheim, ad CalUm., hymn. in Cer,, p. 955. — Montfaucon, Aniiq. ExpL , T, I , p. 42 • — Cabin, de Slosch , no 249 > 267.