‹ Recherches sur le culte de Bacchus, symbole de la force reproductive de laChapitre 20 sur 36 · Tome II. i · texte numérisé non relu

Tome II. i

aa6 THOTH

tronomie y il ëtoit le génie de cette science ^^^ ^ il enseigna même l'astrologie ^^ ; il étoit rinventeur de la musique {rrr) ^^ , il ima^a la lyre : il y avoit sur le mont Hélicon une statue d'Apollon tet de Mercure se livrant un combat sur la lyre ^^\ Mercure donna pour divertissemens aux hommes les exercices gymnastiques , et jparticmlièrement la lutte et la danse, et il leur démontra quelle force^ et même quelle grâce le corps humain peut tirer de ces exercices. Il étoit le même qu'Apollon Muss^géte ^ la • poésie lui étoit consacrée , et Horace appdfe les

<*> Manilîus , lîb. I , v. 34- = ^> Plat. , in Phœdr. — ^lob. , Ec. Phys. = **^ Plttt., de lêid, et Osir.

^^ Pausanîas, lib. IX, cap. 3û. — La lyre h qufttre cordes^ inventée par Mercure , Ait augmentée jusqu'à sept cordes par Apollon (Macrpb*, Satum^ lib. I , cap« 19.) < Choroebos avoit trouve la cinquième , et Hja|[nia le Phrygien la sixième. Suivant Biodore de Sicile , Mercure ne plaça que trois covdes à la lyre qu'il inventa ebez les Egyptiens , pour imiter les trois saisons de l'année é^gyptienne ; on lit tvk contraire dans Lucien, que Mercure a trouvé sur les bords du Nil une tortue morte , dont il a fabriqué xax instrument de musique | en y ajoutant des brancbes , un joug , des cbeviUes , une table sur laquelle il a tendu sept cordes^ Il are de cet instrumeut , dit Lucien , des sons agréables et harmonieux , au point de rendre Apollon jaloux ; la lyre de Mercure fut ensuite placée aux cieux^ On lui attribua l'invention nos-seulement de la lyi^e, mais de la flûte simple (Atben., lib. IV, cap. aS. ). Amphion, quî avoit éjé son disciple, reçut de lui U lyr« et plusieurs autre» dons ( Apôl* lod. , Hb. III. ) : ilr hii élevf le premier nn autel. Les Grecs ont mis beaucoup de rapport e«tre Ampbion ^t Mercure.

ou HERCURE. 2^7

poètes^ viros mercuriales ^*\ A Mëgalo{>oliB il y aVH^t un temple dédié en commun aux Muses ^ à ApoUan et à Mèreow: la statue d'ApôUoay ëtoit de fôttue t^vtét^ ^ oôiâmé lés heritiés ^^\ Il étoit le dieu de réloqueuce ^\ aussi les anciens a^bi^t |>la<^ leà Grades dans le méâie temple que Mëi^ t\ite ^^^ i quel({aèS-'une ont <^a que les aiies atoient élé données à Mercure ^ éonn^e dieu de Moquent, parce qu^il n'y a rien de plus rapide que la parole *>. L'ibis éldit tKmsacrë à Mercure eomine dieu des ariô , des soienées et di l^doqnence ^*^ j Tlbis vit

<*> Hôfàt., lib. n, odè tlVlï, = ^ Pàusaii., !ib. tltl, cap. Sa.

^^ ULtttWce y diétt de l'ëlO^uétiCe, étttit àppelë Â^Miài, tû est, FbréAiù. îl éîxÀt àdôk'ë sèttâ <;e titi-é en ^lu^mii'é fieli^è, et pafticttlièreitletit à Athèdesr , bit sàh 6Ulté ëtôtt cdMmtrà ^êic (;el«i (FApollôn. Êastathe pèliie ^e MèHcti<^ flll pfeeé dëlii le Fôram ; i^uod ibl âivittUM qUiddàfH éH^ et ùàftmltàtioM ititMfn dèHÙtttèum. Silîdây fèiftat*q«ô tfo^ le? ttiàt àgôt*àià§ signifie Irti

homme qtiî ft'ë^itaeiité le tàrûtn , et e^tf avècf th aetieiit sut' Ta^ë-

pénultième , îl signifie le jour où Ton prononce un drs^ddrâk'^. il y a on Jupiter AgOfxeuset uncr Dkae A^nea t'^ércure t^ldil àUssi appelé DiactoroSf id est, Fbcalis et disertus,

^^ plut* ^ JWii^^ 3 Gomment <m doit ëdouteré — Eunapius^-^Il avoitle sui^nom àe Prœ retins ^ oomrtie.dieu de l'éloquonoe^ ut SUUor elo/fuerUke ei lUtérarutitd

^^ MerùoriUm alatumjingiini ^ quia sernlçne nihU est velodus,, undè Hom&ns verba alula vocaê ( Georgt , Godinus, ). Et sertiei emissum volât irrevoeabiUf verbunu

( Horat. ♦ lib. I , Epist. i8. )

^^ S. Clëra^ d'Alexandrie dit que F Ibis paroît avoir donne aux Egyptieti» la première idée du nçmbre et de la mesÙFe. Les égyptiens firent de l'Ibis le symbole de la première lettré ,

!l^8 THOTH

si long-temps que les Egyptiens regardoient cet oiseau comme immortel y et qu'ils en avoient fait le symbole de la glaire que les grands talents acquièrent et qui les immortalise ^^\ L'éloquence, dit Cicéron, est la compagne delà paix et des doux loisirs, la fille d'un état bien constitué ; c'est donc avec raison qu'on a fait Mercure dieu de l'éloquence, et son caducée symbole de la paix ^^ : aussi Mercure fiitil appelé Acacesius ^^^ : l'éloquence mâle et énergique paroît avoir été plus particulièrement consacrée à Mercure ^^^ : Mercure dieu de l'éloquence étoit représenté le bras gauche élevé , dans l'atti-

mais c'ëtoit parce que l'ibis e'toit consacre à Mercure* Le mois de.tboth, ou le premier mois de l'année égyptienne y est désigné sur la table Isiaque par l'ibis ( fig. lo. ) ; il est suivi d'Isis assise sur son trône. On dîsoit que dans le combat contre les géans , Mercure- avoit pris la forme de l'ibis. Il nous est resté un fragment d'un ancien bjmne à Hermès : Oh Hermès , ibiforme , guide de la raison , auteur des lettres et de toute espèce de mesures.

^^ Mian. , lib. X. -r Martianus Capella , lib. II. = ^^ Gcer., in Bruto,

^ Voici l'interprétation que Pburnutus donne an nom ^Acacesius : Quodnon ad maie faciendum etnocendum , sed ad servandum potius , factus est sermo ; undè et hjrgeia y idestj salus iUi cohabitare dicilur, il étoit adoré sous ce nom k Mégalopolis : une statue en marbre est tout ce qui restoit de son temple du temps de Pausanîas. (Pausan. , lib. VIII, cap. i40

**^ Eustatb. , Com. in Iliad, , lib. I, p. a4» Observa orationem illam quidem vehementem ac fortem , quœ pro vi et efficacia agendi, gravitateque ^ atque y ut ita dicam, viril i pondereœsti-

ou MtoRCTJRE. aag

tude de quelqu^un qui déclame ^^^ : on lui sacrifioit ^*^ les langues des victimes, non-seulement comme dieu de l'éloquence, mais comme interprète des dieux ^^^ ; quelques-uns ont cru que la langue étoit consacrée à Mercure, parce qu'elle devoit être soumise à la raison et à la prudence ^^^ : Plutarque , dans ses préceptes du mariage , dit que les anciens avoieut uni le culte de Mercure à celui de Vénus, parce que sans le secours de la parole, sans ce moyen précieux de communiquer ses sentimens , ses idées , ses peines et ses plaisirs , les liens du mariage seroient bien^ foibles et bien peu durables. Phurnutus explique a peu -près dans le même sens cette alliance de Mercure et de Vénus : les grâces du discours et là persuasion, dit-il, assurent le triomphe des amans» ^^^

Mercure fut non-seulement l'auteur , mais le dépositaire de toutes les connoissances humaines ^^ : Sanchoniaton le fait le grammateus , le scribe de Saturne ; Diodore de Sicile le fait le grammateus

matur, masculino nomine Mercurium appellari. — Eumdem etiam dictum volant Hermem , videlicet ab interpretando , eo quod animi nosiri sensa enunciemus et interpretemur, ^^^ Cabinet du duc d'Orlëans, Pierr. grav,, T. I, p. q5, ^^ lÀnguas in ignés jecerunt, dit Homère : c' étoit la dernière partie et la fin du sacrifice. Ce sont les Mëgariens qjii les premiers établirent cet usage. = ^'^ SchoL Aristoph. , ad Plutum ^ acl. V, scen. 4- — Athen., lib. I, cap. i4. = ^*^ Natalis Comes., lib. V , q. 44^' = ^^ Phurnutus , de JVat. deor. , p. 53. =. *^ Diod. Sic, lib. I. — Lactant.> lib. I, cap. 6»

d'Owis ^*K Daqs les ^i4pmres 4u t^mpfe d^ jy&a- 4^ab> Tboth è tçte d'iJjia est $quv wt r^résonté daw l'a^QQ d'éwi?^, t^papt 4w« ws maui3 u« stylet ^ un \A\ou à er%î|g wrwwté d'uwe espèce de lan'r tf me ^^ s da»a plusieurs moeunieas du temple de Yih dq Philé, Thoth tieqt » I21 wâ» tw>e tige cre'nelée, U est 4<Kî€in>pagj^© d'Hwus et d'Isis et wivi d'wa pr^tTe qui pQ?te un vqlumep ^^^ à U m^ia ^^^ Oa trouve trèa fréq^emroeot sur les mpnuwe»* égyp-^ tiofts TlK^h écmwt de* biéroglypbe^ou faisant d^ marques avec uu stylet ^ïi?^ui»e tige crwelée. Gomme auteur de to^.les les décaïuyertes dto« les lettre*, lict arU «t les scieeee^, eoiowe d4pq$itwe de toutes le$ cQowiçsancei* humaioes , et çQllseq^emme^t oonrae sywibQle de re'tablia^emeiit de h wciété, de Torigine de Tordre, de la justice, et des I4e<i« qui evk découlent ^^^ , Mercure fut appela Com^mms

^*^ Ow^k fbèdrci d^ ?lAUtt>,Merçtirci en ^gpçj^ |'a<çr few»- 7wa/çj/i. = ^^ Descripi. d'Egypt,, Aiafiq^. de D^ndemhy p. ^i$.

^^^ Suivant Diodore de Sicile , un épervier apporta aux prêtres de Tbèbes, par Pordre d'Isis, un livre dont la couverture étoit de couleur pourpre , dans lequel étoit contenues les lois et les cérémonies de la religion; c'est pourquoi les écrivains sacréii portent sur leur tête une bande de -pourpre et la figure d*tm épervier ( Piod* de Sîc^, ia>. \\, ). » ^^ 98scf4pt. d^Mgypt.^ Jniiq. , T.I, f^ ^i.

^^ ^slhem ( Suasoma ad artes^) ejtp*ii»ja ^mû l«k staJ^ilité f 1 k l^o^i^ur que donae auai sociétés bti^^in^ (j'^aJ^UstsçmiWl do» ^Pts. Ildity en parbtnt de,]||lerçare : E^k ^nim hilaH^^i»^ aOMir bus omilis^ baû inmiUur^ mç KndUnfUfi Jfg^rtUœ ^ H^ qmdraniat referai : qua maxime Jlguin res ipm sinbUis ,tLtqm ImmQhUis ret^

ou «ERCVRE. 23 1

Men^urius. L'Egypte a ëtë cii^yii$ée fax les prêtres ^t par le système des initiations : tout ce qu'ils ia^ veoioieiit^ tout ce qu'ils composoient^ tout ce qu'ils ordonnoient^ toutes les lois qu'ils faisoieut^ enfin tous leurs Jtrayaux^ ilslesntettoient en commun^ comme Communis Mercurius; ces travaux n'appa^rtesoient pas a leurs auteurs^ mais soi corps entier des prêtres érudits qui les approuvoient d'abord et les donnoieujt ensuite sous le nom de Thoth divinité qui^ ^vant eux^ présîdoit à leur collège, et qui étant la source et le perfectionuement des sciences et de toutes les coimoissances humaines , l'emblème de la raison et de l'intelligence, étoit présenta par eux comme leur législateur. Tout livre , dit Jamblique , composé par les prêtres étoit consacré à ce dieu qui présidoit à toute entreprise : de là le nombre incroyable des livres hermétiques ^*^ ; lorsqu'il paroissoit quelques productions nouvelles, elles étoient

ditur; car ractivîté , le mouyement de Mercure n*ont pas une qualité opposée à ses institutfo&s , elle leur est au contraire favorable.

^^ Deus eloquentiœ prœses^ Mercuriu.s olim recte existimatus est , sacerdotibus omnibus esse communis , quique verœ de dûs scienliœ prœest ,. unus est idemque in universis. Quare et nostri majores y suce sapientiœ inventa, Uli dedicahant propria sua commentaria omnia Mercurii nomine inscrihentés ( Jamblic. , de Myst, jEgypt. ) . Voici les observations judicieuses de Thomas Gale sur ce passade de Jamblique : In yEg^pto^ quidquid in artibus fuerat inventum^ probari opportuit a communi cànsessu eruditorum ; tîim demum sine auctoris nomine inscribebatur co' lumnis et in adytis sacris reponebatur, Hinc tantus librarum

u32 THOTH

inscrites, sans noms d'auteurs ^ sur des colonnes ou dans les adytes secrets des temples ^^\ Suivant Jablonski ^^^ , le mot Thoth ^^^ , dans la langue égyptienne, signifie proprement colonne sur laquelle on inscrivoit toutes les découvertes dans les sciences, dans les arts, dans les lettres, dans la philosophie, toutes les lois, toutes les inventions, de quelque nature qu'elles Aissent, toutes les observations et tous les ùàis dignes de* passer à la postérité ^^K Les Egyptiens donnèrent à Phta dieu, suprême le nom dellioth, lorsqu'ils le considérèrent sous le rapport de ces inventions , qui lui appartenoient comme à l'esprit infini, générateur et^ conservateur de toutes choses ^^\ On inscrivit sur des

Mercuno inscriptorum numerus, Imltati sunt hoc PyihagorœU omnia sua inventa Pjrthagorœ nomine insigniebant , sua subirahehtes.

^^ Lactant.^ de falsa religione ,lih. I , p. 1 13. C'est ce qu'exprime Lucaîn ( PharsaL , lib. XlII. ), Phœnices primi , etc. = = ^^ Jablopski, Panth. yEgypt, lib. V, p. i8o,= ^ Moïse emploie le mot thaauth dans l'histoire de Loth , pour signifier colonne ( Gènes, XL VI , 25. ).

**^ Proclus, in Tim, Platonis yhh. I. — Cet usage appartient à la plus haute antiquité. Manéthon le fait remonter aux temps voisins du ddluge {Apud SynceL , in Chron, , p. 4o.) : il en est de même d'Ammien Marcellin ( lib. XXII , p. iBo. ). Achilles Tatius et Martianus Capella , qui le font remonter k une très haute antiquité ( Per immensa spatia sœculoi^um. ) , Fattribuent aux Egyptiens. ( Petavii Uranolog, , p. 121.)

^^ Tradebant Mgyptii ^ Vulcanum JVili JlUum Jiiisse , gui phi- Içsophiœ aperuerit principia , cujus antislites sacerdotes ac pror

ou MERCURE. 233

tablettes et on plaça dans des archives les inscriptions de ces colonnes , d'où furent tirés les livres sacrés des Egyptiens, et dans lesquelles Pythagore , Platon , Eudoxe et d'autres grands hommes de la Grèce puisèrent leur science et leur philosophie. ^^^

Mercure joue dans la théologie phénicienne le même rôle que dans la théologie égyptienne : Sanchoniaton qui nous a transmis la théologie des Phéniciens l'appelle Trismégiste , le secrétaire et le conseiller de Saturne j par son conseil Saturne forge des armes et prend parti contre le* ciel , il invente les caractères sacrés. Sanchoniaton terminé ainsi : « Celui que les Egyptiens ap|)ellent Thoth, illustre » chez les Phéniciens par sa sagessf , donna le pre- » mier aux hommes des lois et des leçons sur la » religion et sur le culte des dieux, éclairant ainsi » le peuple qui fusqu'alors avoit été plongé dans » l'ignorance j il jeta, il est vrai , sur la théologie' » un voile allégorique qui la couvroit de son » ombre. » A ce dernier trait surtout on reconnoît le génie de l'ordre sacerdotal personnifié sous le nom de Thoth.

phetœ appellahantur ( Diogen. Laert. , in Principio Hist. Philosopha — Euseb. 4 in Chron. — Scaliger^ p. 7. ). L'auteur anonyme des quinze livres hermétiques qui ont paru à Athènes , introduit comme interlocuteur un prêtre, qui attribue à Hercule, le niême que Phta , toutes les inventions de Mercure. ^*^ Jamblic. , de Mysier, Mgypt.

«34 THora

5 VI. Lss bornes furenJt mises sous la sauvegarde de Mercure. — Ces homes appelées Hermès*

Mercure étant rinventeur de tout ce qui tient à la civilisation , les bornes qu'on établit lors de la oaissance de Fagriculture pour distinguer les terres, et représenter les droits qu'ont sur elles ceux à qui elles appartiennent; furent placées tout naturellement sous la protection de ce dieu^ les peuples mirent même les bornes ou frontières qui les séparoient, sous la sauvegarde de Tboth ou Mercure protecteur des l)6rnes. Les pierres placées sur les limites^ sur les chemins ou devant les habitations^ ayant été consacrées à Mercure comme au gardien commun de tous les Ueux, lorsqu'on convertit ces pierres en statues, on crut naturellement qu'elles dévoient représenter Mercure dans cette enfance de l'art. Les hommes contens d'avoir exprimé la ressemblance de la figure humaine , de la poitrine , et des parties sexuelles laissèrent le resté du tronc informe ; c'est ainsi que dans l'Amérique et dans les terres australes qui sont actuellement connues, les nations barbares commencent leurs statues par la tête ^*^ et les

^ U paroit ^e ce ibl aussi Fà«age des Gkvees : àam^ le» phi» beaux temps de l'art , les autistes ôaissment d'abmrd lai tète et de là passoient aux autees pavties. La siatae de Jttpîter de M^gare , dont les guerres du Péloponnèse înteFrempipent Fexëe»tion , n'eut de fini que le visage. ( Pausan. , AUie, — Wiaekelm., HisU de VArt. , T. I , p. 5; . )

ou MBRCORE. 1»35

épaules^ et négligent le reste ^^K Après le perfection* i^ement àe^ arts^ on conaerva U forme antique pour Jies statuas de Mercure placées dans tes lieux puhlica^ ou sur les limites des héritages > et on leur donna le nom d'Hermès'; quoique ces statues appartinssent à la grossièreté du premier àge^ on les a présentées dans la suite comme le fruit do la sagesse des an-^ cians^ et on leur a donné une foule d'interprétations plus ou moins métaphysiques ^ plus ou moins ingé-nieuses ^^K Les anciens avoient coutume de repré* sentar ces hermés^ tantôt âgés et barbus^ kabenies re^tm pudenSuj tantôt jeunes et sans barbe^ habentes d^Je^ta pude^ndm; ceux qui étoient destinés à serTÎr d^ lii9iites aux propriétés avoient souvent deux faces^ qui étoient tournas vers chacun des héritages auxqmis ila servoient de bornes : ce qui paroît *étre l'origine du Janus des Latins , divinité qui a beaucoup de ressemblance avec le Mercure des Grecs , et dont la statue fut placée dans le foruiu comme l'était GfiUe de Mercure dans k Grèce. Us furent l'un et loutre les portiers et les messagers des hommes et des dieux ^ ils présidoicnt au chemin et au forum y

<•> Thëodor. de Bry, T. I, America, n» i8, 20. — Cook, Jwwsihfm Voyage » Bb. ÏV , cap. 3 > — lih. II > cap* S^—rb^ge dé^i^rs{er, Bh; I > cap. i4 > "^ Bb. U , cap. y.-^^cheffiwr, Letpan«^»dbap% 10, p. io4> io8,

^ Q», peut voit fiUP ces iiklttrprétatiotts , Phum«t«s {de Natwr. Deor* , cap. 16. -^ Soidas, v. ËpfMjai.'-^Platarfiié , an seni sit gerenda re^ublica. -^ ServmSj ad jEneid, , \xk. vlll , v. i38.^— Macrob., Satum. , lib. I, cap. ig.

a36 THOTH

ils créèrent les arts et les cultes. Si , comme on le dit y la statue de Janus fut placée dans le forum parNuma Pompilius^ cette statue ne pouvoit être qu'un tronc de pierres, puisque Varron affirme que les anciens Romains, pendant plus de 170 ans, adorèrent les dieux âans simulacres ^^^ Janus fut aussi le dieu du commerce , il avoit le bâton des voyageurs comme Mercure, et la clef comme gardien des portes; il est peint tantôt jeune, tantôt barbu, il porte quelquefois le chapeau de Mercure. Mercure a souvent deux faces : Apulée les lui donne l'une d'or et l'autre noire, comme messager des dieux célestes et infernaux ^*^ 5 mais les différences sont encore plus grandes : Mercure divinité égyptienne, emblème de l'activité, de l'intelligence et de la raison, et père de la science , étoit un dieu inconnu aux Aborigènes de l'Italie. Les Italiens ont fait conmie les autres peuples qui ont admis une grande partie du culte des étrangers; en réunissant plusieurs superstitions en une, ils ont conservé beaucoup de choses qui leur étoient particulières : Janus est une ancienne divinité de l'ItaUe , il n'est pas Mercure , mais il a avec lui des rapports d'autant plus grands

^^ Varro, apvd S. Augast., Cw. Dei, lîb. IV. C'est ce que disent aussi Plularque { Fît, Num. , cap. 8. ) , él S. Clem. Alex., {Strom., lib. I, p. i5.). Il est en effet probable que les Romains n'élevèrent aucune statue aux dieux jusqu^à l'époque de Tarquin l'Ancien , qui mourut l'an de Rome 1 76 , et qui le premier appela à Rome des artistes de rEtrurie.^

^^^ ApuL, Metam.y lib. I.

^ ou MERCURE. lï^J

que les Romains accueilloient tout ce qui appartenoit à la Grèce, cherchoient à se l'approprier et à accommoder les anciennes divinités du Latium avec la mythologie grecque.

On appeloit ces statues ou Hermès âcizoisç xai &X€ipe(i y id est , sans pieds et sans mains. Alcibiade fut accusé d'avoir mutilé ces statues qui étoient en grande vénération à Athènes ^^^ , et de leur avoir eoupé la tête , le col et les parties viriles ; Juvénal fait allusion à ces statues ainsi mutilées auxquelles il compare certains personnages entichés de leur vaine noblesse, sans talents, sans vertus, à charge à la société.

At tu Truncoque aimillimus hermœ.

5 VII. Mercure étolt le dieu du commerce, — // établit les lois commerciales, les poids et mesures. — Comme dieu ducommerce^ il fut le dieu du vol, de t usure et de V imposture, — Cette extension est due au mépris que les Romains avoient pour le com^ • fnerce et les commerçaris, — Chez les Grecs il étoit le dieu du vol , mais seulement de ceux faits avec adresse. — Il présidoit à la recherche des effets perdus; il ûvoit sa part dans les trésors trouvés* — // présidoit au tirage au sort.

Mercure qui présidoit à tout ce qui est action et intelligence, avoit particuhèrement le commerce dans ses attributions. Cet attribut de présider au gain

^^ Suivant Pausaoias , les Athéniens donnèrent les premiers la forme carrée aux statues de Mercure , et c'est d'eux que les autres peuples ont appris à représenter ainsi les Hermès.

a38 " JTHOTH

Ta fait appeler par* Aristophane le plus utile des dieux^^^ : il fut encore appelé Sitophaio^^ parœ qu'il conduit bien les affaires et qu'il est le diea de l'adresse et du commerce; Hegemonios, porte qu'on a besoin dans toutes les etxtreprises d'être guidé par ce dieu^ c'est-à-dire y d'avoir pour guide oetle qualité si raroi que nous appelons esprit de conduite ^ et qui est le résultât d'un jugement sidn^ d'une grande prévoyance , et d'une rate sagacité. D'après les pierres gravées antiques ^^ qui ont éié dds caabets de negocians ^ et qui représentent Mercure^ tous ses attributs ont été appUqués au commerce ; la paix le fait fleurir, et un négociant doit avoir l'art de persuader : cela Sô trouve exprimé par le caducée qui est le symbole de Féloquéttce et de la concorde. La bourse signifie que l'argent est le premier mobile, l'ame et le but du négoce j k tortue qu'on ïié doit former aucune entreprise qu'après y avoir réflécbi mûrement, et le coq qu'il faut mettre de la vigilance et l'activité dans l'exécution ^^\ On

^** Amfoph. , Mark. , V. ï 175.*— Pei-»e , Sàfyf. Vï , V. 5l : Sum tibi Mercurius , venté deus hue êgo , ut illè pihgUa^, Je àtiis poor TOUS le dieu des bonnes aubaines ; je viens à vous comme 00 tûptéBèùid lfer<»re , unft boiifBâ à la main. f 'y

^ Ifaneltey Piertâs gravées f 29.

<3> i^ coq convenoit à Mercure sous trois rapports t i o comme dieu soleil , dont le coq étoit regarde comme le précurseur^ ^o Qomme présidant aux jeux gymnajstiquesi cet oiseau fier et courageux se plaisant aux combats ; 5o à cauie d» 1« ingilanet dont il estrembléme.

ou MERCURE. 'à3g

voilde» bu&tes de Meroare placés au*dessus de deux mains qui se joignent en signe de bonne toi^ et d'où sortent des têtes de pavot/ symbole de l'abondance. ^*^

Mercure établit les lois du commerce : ainsi que les poids et les mesures dont il étoit le gardien ^^^ les poids des anciens représentoient souvent une tétè de Mercure ^^\ A Rome, comme dieu du commerce, il avoit ses temples près les mar»chés {sss) ^^^ : pr'ès la porte Capène à Rome étoit la fontaine de Mercure. Si l'on veut croire ceux qui en ont fait l'épreuve, dit Ovide, elle recèle la divinité, (t Là vient le marchand à la tunique » ceinte , et de son urne purifiée, bien purifié lui- » ihême, il puiie l'eau qu'il doit emporter, il )) trempe dans cette eau une branche de laurier » avec laquelle il arrose tous les objets qui doivent » passer à de nouveaux maîtres^ Il arrose aussi ses » cheveux avec lé tâmeàu expiatoire, et d'une voix » accoutumée à tromper, il adresse sa prière au » dieu. ^^^ »

Les fraudes qui se commettent souvent dans le commerce, et plus encore peutrêtre la mauvaise opinion que les Romains avoient des comm^ans et le mépris qu'ils faisoient de cet état^ ont probablement fait imaginer que Mercure ëtoit le dieu des

^^ Ibid,, Gk Sa. as ^^ f^ubretti, Ânsaripté^ cap. 6^ n^ 171. = ^^ Mus. Florèra. ,T. Il , p. r53. Il j a de semblables monumens parmi ceux qu*«n a déoouverts à Heroolattoni*

^ Vitrate , Acûd., Iksctipî. hisL , T» 1 , p «00. *= ^> Ovid., Fast.,\{h.V , V. 673.

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24o THOTH

voleurs ^^\ C'est aussi comme dieu du commerce et de toute sorte de lucre dont on lui oflFroit le dixième que Mercure à Rome fut le dieu de l'usure et de Vimposture ^*\ Dans le Satyricon de Pétrone Trimalcion qui faisoit le commerce ^^ .et l'usure,

<*> On lit dans une' ëpigramme latine {Anth. lat., T. Il, p. 288. ) :

Abite hinc , pessimifures , Abite hinc vestro cwn Mercurio Petasaio caduceatoque.

Et dans Ausone ( EdjrL no 347. ) :

Mercurio Jurto probat ungues semper acutos ; Ariiculisque aciem non sinit imminui.

£t ailleurs (No374j n. i»)*

Inter virtutes quod nomen Mercurio ],„>Jur, ^ Comme dieu des voleurs , il fut appelé Klsicriiç y idest^ doli et fraudis artifex,

^ La prière qu'Ovide fait adresser à ce dîen par les marchands qui vont l'invoquer à la porte Capène , prouve le mépris, que les Romains avoient pour cette profession : Ablue prœteriti perjuria temporis , inquit ,

Ablue prœterita perfida verba die.

Sive ego tefeci testent ^ Jalsqque citavi ,

Non audituri numina magna Jovis ,- Sive deum prudens alium divamque JefeUi ;

Abstulerint celeres iipproba dicta noti.

Et pereant veniente die perjuria nobis :

Nec curent superi , si qua locutus ero, Da modo lucra mihi , da facto gaudia lucro :

Et face ut emptori verba dédisse juvet, Talia Mercurius poscentem ridet ab alto.

Se memor ortjrgias surripuisse boves. ( Ovid, , Fast, , lib. V.v. 681.)

ou MERCURE, ayjl

est un ardent adorateur de Mercure ^^^ ,• mais chez les Grecs c'étoit comme dieu de radresse(^x^) que Mercure ^'toit le dieu du vol : aussi n'e'tdit-il <rae ie dieu des vols faits avec adresse, farta jocosa <*\ U amusa les dieux dès sa naissance en dérobant à Neptune son trident, à Mars son épe'e , à Apollon son arc et ses flèches, à Vuleain ses tenailles; ayant défié l'Amour à la lutte , il le renversa sur le champ par ruse, et tandis que Vénus Tembras^t et le félidtoit sur sa victoire, il détadha sa ceinture • il vola le se^tiîe de Jupiter 'qui rioit de ttmt son cœur ^^\ Maïa sa mère étant à ae baigner avec ses soeurs, il leur vola leufs habits , et s'amusa longtemps de leur embarras ^*>, Il éa est des opinions religieuses , comme de toutes les choses qui sont à la disposition de l'esprit humain , l'esprit dérive d'idées en idées: de là tant de superstitions si peu analogues à leur origine, mais partout généralement adoptées.

Comme dieu du lucre et du commerce, les anciens donnoient à Mercure sa part dans les trésors trouvés • il présidoit à la recherche des effets perdus. Eschyle dans les Suppliantes ^^> , appelle Mercure iiaaxyipioç, ùwestigator; ^t lorsqu'on vouloit avoir part à une trouvaille qu'un autre venoit de faire en voli-e présence, on disoit Mercure est commun. Dans le

^ Pëtron., Satjrric. , p. 258. = ^ Expertes furandi homine$ hac imbuit uHe Mercurius ( Prudens. ). = (3> Lucian., DMag. Deor. VII. = <*> SchoL Homer. , Iliad. XXlY.^Acad. Inscr. \ T. V, p. 5i. = <s) Eschyl. , Sup., act. V, scen. 2.

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